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Apprendre à gagner
Que vous soyez américains, français, ou même canadiens, il arrivera un jour où vous aurez la chance d’éduquer vos enfants à la politique. Vous leur apprendrez alors à étudier les différentes options qui s’offrent à eux, et à en choisir une. Dans certains cas, vous leur apprendrez même qu’il est possible de s’impliquer politiquement et d’aider à la campagne du parti qui aura été choisi. Et finalement, au soir de l’élection, vous leur apprendrez qu’en politique, on peut perdre et on peut gagner. Si vous êtes québécois, vous n’aurez peut-être pas la chance de leur apprendre que l’on peut gagner, vous ne pourrez leur apprendre que la défaite.
Si vous êtes québécois, vous apprendrez que votre propre peuple s’est nié sa propre existence à 2 reprises. Si vous êtes québécois, une victoire aux élections fédérales, ça n’existe pas. En fait, la meilleure option est une victoire de la plus grande quantité de députés bloquistes, et cela a été confirmé par les électeurs, qui ont pour une sixième élection consécutive, élus une majorité de députés du Bloc québécois. Mais en haut du décompte des députés du Bloc, on verra toujours un autre parti, que ce soit le parti conservateur ou le parti libéral, qui fera élire assez de députés pour former le gouvernement. Les gens de ces partis nous disent qu’il faut se sortir de cette situation : qu’il faut voter pour eux afin d’avoir des députés et des ministres du gouvernement. L’argument est un peu boiteux; en l’utilisant, on présente l’élection comme un outil pour envoyer des gens au top. Mais ces partis se sont-ils demandés pourquoi ils ne réussissaient pas à obtenir une majorité de députés au Québec depuis la création du Bloc ? Peut-être que ce qu’ils présentent comme idées n’intéressent pas les québécois, et peut-être que les québécois considèrent une élection comme une chance d’exprimer leurs idées, et non comme un simple outil pour peupler le conseil de ministres de québécois. Comme le disait Gilles Duceppe, nous préférons des députés debouts dans l’opposition que des députés à genoux dans le gouvernement.
Mon souhait le plus cher est que les québécois se prennent en main pour former un pays où ils pourront assumer à la fois leurs bons et leurs mauvais coups. Où on pourra débattre entre nous de la direction que le gouvernement doit prendre. Dans un grand pays comme le Canada, notre voix ne sera jamais assez importante pour contribuer réellement aux lois et à la gouvernance du pays. Vous aurez beau élir 75 députés conservateurs, vous ne changerez pas le parti conservateur. Je suis plutôt à gauche dans le spectre politique, mais je m’en fou de ne pas réussir à faire élir un gouvernement de gauche de toute ma vie. Tout ce que je désire, c’est de pouvoir créer un pays avant de mourrir, et si possible enseigner à mes enfants qu’en politique, on peut perdre. Et on peut gagner.
le TViste
Pour être président américain, il faut les connaissances d’un spécialiste en stratégie militaire.
Un petit mot sur le débat télévisé des candidats à la présidence américains en attendant le nôtre, c’est incroyable: ils ont passé la moitié du débat à parler des pays qu’ils n’attaqueraient pas, des pays qu’ils attaqueraient, des comportements qu’ils allaient adopter avec les différents chefs des nations. Je ne vois pas la question militaire occuper plus de 10% du débat ici au Canada, et on se limite généralement à : Nous allons augmenter les budgets militaire, ou Nous allons diminuer les budgets militaires. Aux États-Unis, le président doit non seulement parler du budget, il doit avoir des connaissances très poussées au niveau de la stratégie militaire. Incroyable! Qu’on ne se surprenne pas que ce pays soit toujours en guerre!
le TViste
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