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L’ensemble des phrases de cet article ont été adaptées à partir d’attaques faites par les supporteurs et/ou membres de l’ADQ envers le PQ et le PLQ durant les 10 dernières années, ainsi que quelques critiques de journalistes envers le PQ. J’ai seulement inversé les mots PQ/PLQ avec ADQ et vice versa. J’ai aussi changé, par exemple, les mots ‘Mario Dumont’ pour ‘Pauline Marois’, ‘Bernard Landry’ pour ‘Gilles Taillon’ et des mots comme ‘publique’ pour ‘privé’ ou ‘gauche’ pour ‘droite’. Il s’agit d’un petit article humoristique et bien sûr je n’endosse pas l’ensemble des propos, je trouve simplement drôle que ce que l’on pouvait dire du PQ il y a 5 ans, on peut maintenant le dire de l’ADQ.

Je suis vraiment tanné des vieux partis, je suis tanné tanné tanné et surtout de ceux qui sont pris dans une idéologie de droidroite inflexible. Au lieu de s’encrouter dans de vieux partis dogmatiques aux programmes sclérosés comme l’ADQ, voire fossilisés, et qui ne peuvent plus être modifiés par la suite, Pauline Marois, elle, est capable de changer les politiques se son parti du jour au lendemain, quand elle le veut, dès qu’elle perçoit un changement dans l’opinion des gens (1). À mon avis il faut garder en mémoire que le PQ représente la seule voie d’avenir du Québec. L’ADQ ne semble pas avoir la capacité de faire preuve d’innovation en proposant des idées nouvelles pour faire avancer un Québec immobile et statique. Ce vieux parti qu’est l’ADQ manque d’imagination, de vision et de courage. Car ils songent d’abord à être élus avant de prendre en charge la société. (3) Le PQ, contrairement à l’ADQ, nous a présenté la réalité quant à la situation du système de santé. Il n’y a aucune autre alternative qu’un système public pour résoudre les graves problèmes en santé au Québec. Vous pouvez rêver d’un système public à la saveur libéral, où le privé s’infiltre en catimini. Ou alors vous pouvez rêver à un système de santé magique avec l’ADQ et l’intervention miraculeuse du privé qui semble avoir la capacité de faire apparaître des infirmières. Mais de retour dans la réalité, rien ne changera ou à peine (3). C’est sans parlé de l’appui incessant des médias de droite comme ces radio-poubelles. Ça fait déjà depuis quasiment un an que, fouillez-moi pourquoi, fort probablement pour plaire aux amis qui donnent des contrats de pubs de l’ADQ, les radios de Québec et leurs amis travaillent jours et nuits à détruire le PQ et à varger dessus d’une façon hypocrite et délibérée dans leur journalisme jaune et biaisé. (4) Comme l’ADQ n’a toujours eu qu’une seule véritable idée en tête (la destruction de l’état québécois), elle doit faire croire à la population indécise sur cette question qu’elle a d’autres projets, d’autres valeurs. (5) Les adéquistes ne savent plus quoi faire. Ils attendent un chef comme les chrétiens attendent le Messie. Mais voilà, on l’attend depuis plus de 2000 ans, déjà! (5) À l’issue d’une session très difficile pour le gouvernement, c’est l’ADQ et Gilles Taillon qui sont dans le pétrin. Les problèmes du chef adéquiste étaient déjà nombreux. Ils se multiplient depuis vendredi avec la démission d’Éric Caire, de loin le meilleur marqueur de l’ADQ depuis le début de l’année. (9) Oui, on réalise de plus en plus chaque jours que les adéquistes n’aiment pas le leadership de Gilles Taillon. Est-ce son leadership ou son manque de grandes compétences? (5) Déjà au printemps, je disais que Gilles Taillon ne serait pas un miracle. (5) L’homme qui s’est littéralement donné pour l’avènement de la droite, Gilles Taillon, l’homme, a démissionné. Il a abandonné, découragé; non pas parce qu’il n’a guère toléré d’être poussé hors du bateau qu’il avait lui-même co-construit, mais parce qu’il n’acceptait pas les motifs qui faisait de lui un politicien désuet. (6) L’an prochain,le 15 novembre, célèbrera-t-on le départ de Gilles Taillon? Comme plusieurs autres, il n’a pu survivre au monstre mangeur de chefs qu’est l’ADQ! (7) Une semaine difficile pour le chef de l’ADQ. J’imagine que le clan adéquiste table sur un revirement rapide de la situation. (8)

Mais pourquoi s’obstine-t-on à faire voter les ti-vieux Alzeimer? Pour les faire voter ADQ? (2) L’ADQ est devenu le clône du PLQ sur la scène provincial. (10). En plus, certains députés de l’ADQ questionnent ouvertement la pertinence de l’ADQ. (11)

Merci à tous les blogueurs, commenteux de droite, et journalistes spécialisés dans l’analyse des problèmes du PQ pour m’avoir fournis ces merveilleuses phrases qui s’appliquent aujourd’hui à l’ADQ :

(1) http://elodiedmartin.wordpress.com/

(2) http://www.tymmachine.blogspot.com/?cx=partner-pub-…

(3) http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales…

(4) http://droitemonde.blogspot.com/2009/05/la-troisieme-voie.html

(5) http://www.cheznouscestpaspauline.com/category/blogroll

(6) http://quebecblogue.com/archives/2005/07/17/landry-le-kamikaze/

(7) http://lejournaldejeanmelancon.blogspot.com…

(8) http://www.vigile.net/Tel-un-phenix-Boisclair-renaitra-t

(9) http://www.cyberpresse.ca/actualites/…

(10) http://www.cyberpresse.ca/actualites…

(11) http://tymmachine.blogspot.com/2008_03_01_archive.html

Roman Polanski, Pédophilie et art, Europe vs Amérique

Samedi, 10 octobre, 2009
publié par le TViste 3:28

La récente histoire judiciaire avec Roman Polanski m’a rappelé un extrait de la télé française que j’avais écouté il y a quelques années. L’extrait nous montre à quel point la vision de la pédophilie peut être différente en Europe qu’en Amérique. C’est aussi sur le thème de cette différence que portait un récent papier par Stéphane Baillargeon dans Le Devoir. Le journaliste y fait une liste assez exhaustive des différentes réactions des politiciens en Europe qui sont en contraste total avec les réactions des éditorialistes américains.

L’extrait vient d’une émission qui s’appelle On n’est pas couchés, il s’agit de l’émission du dimanche en France, qui remplaça Tout le monde en parle. Les invités sont généralement des politiciens, des artistes, des auteurs, qui viennent défendre leurs œuvres devant les critiques de l’émission : Éric Zemmour, Éric Nauleau, et Michel Polac (qui est maintenant décédé). Voici l’extrait :

En gros, Michel Polac, qui est critique dans cette émission, commence par critiquer le livre de l’invitée Daniela Lumbroso. Il dit ensuite se sentir obligé de déclarer ce qui le lit à l’invitée, une histoire s’étant passée il y a quelques années alors que Michel Polac publiait son journal. Dans celui-ci, il était écrit que Michel Polac s’était déjà masturbé sur un jeune homme de 10 ou 11 ans alors qu’il en avait 40 :

Oui, j’ai vécu cela à 14 ans avec I. J’ai défailli comme on disait au XVIIIe siècle, rien qu’en frôlant son ventre nu avec mon ventre. (…) De même avec un autre I. à 28 ans, il avait 18 ans environ, mais ce fut moins foudroyant car je l’avais pris pour un tapin : et enfin à 40 ans, avec ce curieux gamin un peu bizarre, sauvage, farouche, un rien demeuré, fils de paysan, orphelin peut-être, qui devait avoir 10, 11 ans, peut-être moins, et qui m’a si étrangement provoqué jusqu’à se coucher nu dans ma chambre d’hôtel en me racontant une obscure histoire de relation sexuelle avec un homme de son entourage et je me suis rapproché de lui, et il était nu sur le côté, et j’ai seulement baissé mon pantalon et ai collé mon ventre contre son cul, et j’ai déchargé aussitôt, en une seconde, dans un éblouissement terrible, et il a eu un petit rire surpris comme s’il s’attendait à ce que je le pénètre, il paraissait si expérimenté, si précocement instruit, tout en ignorant ce que cela signifiait, tout en étant capable de préciser ce qu’il savait ou voulait.

Or dans le vidéo, quelle est la défense de Michel Polac ? Il dit tout d’abord que l’invitée est une conne glacée, qu’elle ne sait pas lire, qu’elle est de mauvaise foi, qu’elle est une nunuche, qu’elle s’est attardée à 10 lignes plutôt qu’au livre en entier. Tout ça ne constitue pas une défense terrible. Si l’acte a été fait, il a été fait, peu importe l’importance en proportion dans son journal. Quand Michel Polac affirme qu’elle ment sur l’extrait, l’invitée dit : ‘Mais si, vous allez le retrouver.’ et Laurent Ruquier, l’animateur, lance une blague : ‘Retrouver le petit garçon, peut-être pas!’. Et quelle a été la réaction des français à la révélation de cette information sur Michel Polac ?

J’ai demandé à mon ami français. Ça n’a pas scandalisé les gens de savoir ça ? Il a pu garder son poste ? J’ai soulevé l’exemple de Gilles Proulx, ici, qui avait été congédié parce qu’il avait soulevé la possibilité une fois qu’une victime de viol l’avait cherché. Mon ami français m’a répondu ceci : ‘Tu sais, c’est Michel Polac, et puis il était vieux alors on allait quand même pas se lancer dans une chasse à la sorcière, personne ne voulait s’en prendre à lui de toute façon et c’est normal.’

On est pas loin de l’argumentaire des défendeurs de Roman Polanski comme Christian Mistral. Ces gens ne cessent de nous rappeler que les évènements se sont passés il y a 30 ans. Ils ne cessent de victimiser le criminel. Ils nous rappellent dans chacun de leurs argumentaires que Roman Polanski était un grand homme qui allait chercher son Prix, pire encore, ils traitent les gens qui sont pour l’application de la justice d’incultes ou, disent-ils, nous sommes confus (écouter à partir de 15:00).

Tout ça s’ajoute aux auteurs européens tels que Frédéric Mitterand (aussi ministre de la culture) qui décrit sa participation au tourisme sexuel avec de  »jeunes garçons » : son gouvernement le supporte, les  »jeunes garçons » en question étaient tous majeurs disent-ils.

Est-ce faire un amalgame que de parler de tout ces évènements tel que le suggère Frédéric Beigbeder ? Je ne crois pas. Si les artistes et auteurs européens ne veulent pas être associés à ces actes de pédophilie, ils devraient simplement prendre position contre les pédophiles, sans laisser de doute. C’est ce que plusieurs artistes québécois avaient fait suite à l’annonce que Guy Cloutier était pédophile. Ils se sont dissociés publiquement, et aujourd’hui on ne se souvient même plus qu’ils avaient déjà été amis. En prenant la défense d’accusés dans des histoires judiciaires en cours, les artistes qui prennent position publiquement risquent de laisser croire au public qu’ils ne considèrent pas la pédophilie comme un crime grave. Qu’ils cessent de nous accuser de faire des amalgames et d’être confus quand c’est eux-mêmes qui amplifient cette confusion.

Celui qui est confus si vous voulez mon avis, c’est Christian Mistral quand il fait l’apologie du bon vieux temps dans cet extrait (18:30). Il y a 25 ans, dit-il, c’était une autre époque. Le crime commis par Roman Polanski n’était pas vu comme aussi grave à l’époque et il ne faut pas juger un vieux crime avec les critères d’aujourd’hui. Wow. On en vient presque à espérer que le Doc Mailloux revienne nous crier après à la radio qu’il reste un fond d’appui latent aux pédophiles au Québec.

le TViste

Christian Mistral est l’écrivain (si votre définition d’écrivain se limite à quelqu’un qui écrit des livres) qui s’était ridiculisé en 2008 à Tout le monde en parle. Pour ceux qui ont la mémoire courte, voici des extraits :

http://www.youtube.com/watch?v=8ou8Tf3S5Hk

http://www.youtube.com/watch?v=9JqCNdYj5eg

Dès l’entrevue, on comprenait bien que l’homme n’acceptait pas l’opposition. Alors qu’il venait de divaguer sur certaines questions qu’il n’aurait pas voulu posées par Guy A. Lepage, la journaliste présente à l’émission lui demandait : quelles sont ces questions que vous ne voulez pas qu’il pose ? Il lui répondait avec violence ‘on a pas élevé les cochons ensemble à ce que je sache’, lui demandant de ne pas continuer à le questionner sur ces secrets qu’il prétendait lui-même cacher. Ensuite, il disait qu’il avait au moins une quinzaine de secrets qu’il ne voulait pas révéler. Ce qu’il y a de plus drôle, c’est qu’il avait déjà parlé à la journaliste au début de l’entrevue et ses questions ne semblaient pas le déranger. C’est seulement quand elle s’est mise à le questionner sérieusement qu’il a répondu avec violence. On apprenait aussi lors de cette entrevue qu’il avait été condamné 4 fois entre 1994 et 1996 pour des actes violents envers une femme. ‘Êtes-vous sûr que c’était 4, je croyais que c’était 3′, disait-il nonchallament. Plus tard dans l’entrevue, il comparait Éric Lapointe à une vidange (après quoi il s’excusait en disant qu’il voulait faire une blague avec ‘vie d’ange’).

Or les instincts de censeur du Mistral ne ressortent pas seulement lorsqu’il est contrarié à la télévision, il semble que sur le Net ce soit la même chose. Son blog est depuis quelques temps sous surveillance par Blogger, le service de blogs gratuits de Google, si bien qu’il est impossible d’accéder au blog sans visionner un avertissement qui nous apprend que plusieurs plaintes indiquent que le site contient des propos offensants, et qu’en y accédant nous comprenons bien que ces propos ne sont pas endossés par Blogger. Personnellement, c’est la première fois que je vois Blogger aller aussi loin. Mais ce n’est pas tout : le Mistral se donne le droit de censurer les messages qui vont contre sa propre opinion. Ainsi, lorsque l’on écrit un commentaire sur ce blog, on doit attendre quelques jours afin que le Mistral prenne le temps de les lire, et qu’il décide soit de les jeter aux poubelles, dans les cas où il est contrarié, soit de le publier dans les cas où les propos vont dans le sens qu’il veut bien. Dans un article récent, il offrait son support à Roman Polanski en laissant croire que la pédophilie n’était pas un crime grave, surtout quand ça fait des années et que le juge impliqué dans la décision est un gros méchant. Et encore plus quand le criminel est un Artiste. Certains détails sur l’histoire Polanski n’étaient pas vraiment exposés dans l’article; entre autres le fait que Roman Polanski a lui-même plaidé coupable pour ces crimes avant de fuir la justice. J’ai donc cru bon écrire un premier commentaire pour indiquer mon désaccord avec cet appui :

Vous vous rabaissez en soutenant ainsi aveuglément quelqu’un qui est suspecté d’un crime grave. Il suffit de laisser le procès se dérouler normalement, et s’il est trouvé coupable, la dernière chose à faire serait de justifier ces crimes par son statu.

L’écrivain répond par un brouillon rempli de métaphores plus ou moins pertinentes :

Fascinant. Votre commentaire est irréprochable, en phase parfaite avec à peu près tous les autres qu’on peut lire à peu près partout en blogosphère occidentale, rédigés en langues romanes, saxonnes ou scandinaves, depuis le refus obtus de s’informer des faits jusqu’à l’impératif pleutre paraphe pseudonymisé que pissous et poltrons de tous poils préfèrent à leurs propres patronymes.

Mais vous vous distinguez du troupeau pavlovien de perroquets parlants dont les pets répétés passent pour libre-pensée: en effet, vous êtes le premier à prétendre en plus que moi, MOI je prendrais position aveuglément!

Pauvre Polanski, pris en pleine hystérie de potences, prisons perpétuelles, pendaisons publiques et autres punitions populaires. Doit s’ennuyer de la Pologne éviscérée. Doit réaliser qu’en vérité le fascisme a gagné…

Le Mistral pense au pauvre Polanski plutôt qu’à la pauvre victime. Une sorte de solidarité syndicale entre ex-criminels j’imagine. J’ai répondu de manière très polie à son commentaire impertinent en expliquant plus clairement mon point de vue et j’ai attendu. 1 jour. 2 jours. Finalement d’autres commentaires publiés plus tard que le mien ont commencé à apparaître sur le site. J’ai compris que je venais d’être victime de censure. Par un écrivain. Plutôt paradoxal. Je ne publierai pas le commentaire censuré ici puisque je n’avais pas gardé de copie de sauvegarde (je suis naif, j’ai tendance à croire qu’on ne peut être censuré en 2009 au Québec). En gros, j’expliquais qu’il fallait laisser le système de justice analyser la question et que c’est l’essence même de la justice que de s’appliquer de manière égale à tout le monde.

Jusque là j’avais accumulé assez envers cet homme pour en parler brièvement dans un article, mais ce soir il a dépassé les bornes. Dans un article récent d’analyse politique bidon dans lequel il prétend que Denis Coderre deviendra premier ministre du Québec et fera l’indépendance du Québec, Noisette Sociale a fait un commentaire, rien de méchant :

Je crois moi aussi que si l’indépendance arrive un jour, elle arrivera probablement de la manière dont on s’en attend le moins… Par contre, je ne nous souhaite pas Denis Coderre comme premier ministre du Québec. Je n’en voudrais pas non plus comme maire, ni même comme commissaire scolaire.

:-P

Et le Mistral de répondre :

Les dix derniers premiers ministres, t’en aurais pas voulu non plus, pas pu les imaginer, les concevoir, les absorber, anyway farme donc ta yeule pis réfléchis pis après viens parler.

Beaucoup de classe cet écrivain. Au fond c’est peut-être Renart l’éveillé qui a trouvé le commentaire le plus pertinent face à toute cette violence :

le TViste

Taux de participation et hypocrisie québécoise.

Mercredi, 10 décembre, 2008
publié par le TViste 9:24

Je ne souscris pas aux analyses des journalistes, des commenteux de nouvelles, et des commenteux en herbe qui écrivent dans les pages d’opinions des journaux pour dire que le bas taux de participation de la dernière élection est dû au cynisme, à l’incapacité des jeunes à se retrouver dans les politiques, à l’absence de la représentation proportionnelle, et autres conneries.

Les gens savaient très bien que les sondages indiquaient Jean Charest comme gagnant. Et ça leur convenait. Ça ne les dérangeait pas trop que les libéraux soient majoritaires. En n’allant pas voter, ils ont clairement pris position pour la réélection de Jean Charest pour un autre 4 ans de souffrances. C’est ça l’hypocrisie québécoise : on ne veut pas dire qu’on a voté Charest, alors on le laisse passer en n’allant pas voter, sachant très bien que sa machine de vote et son électorat sont bien préprogrammés à voter libéral depuis 50 ans et pour les 500 prochaines années. Les analystes politiques eux-mêmes vous le diront : le nombre absolu de votes libéraux ne change pas d’années en années. C’est le vote pour les autres qui varie et qui fait en sorte que l’on perd ou que l’on gagne. En n’allant pas voter, les Marie-France Bazzo de ce monde se placent en situation très pratique pour leur propre personne : ils ne peuvent être accusés d’avoir voter libéral, mais ils savent bien que ce faisant ils assurent une victoire aux libéraux. Bande d’hypocrites, vous nuisez au Québec, ayez au moins le courage de l’assumer et d’aller voter pour votre parti préféré : le parti libéral.

Mais il y a pire encore, il y a le discours des jovialistes recycleux de canettes de jus qui se félicitent d’avoir enfin envoyé un député de Québec Solidaire à l’assemblée nationale. Pas suprenant que Jean Charest nous félicite de cet ‘ajout important aux voix démocratiques de l’assemblée nationale’, il sait très bien que Québec solidaire ne peut que piger dans l’électorat du Parti Québécois, et ça l’arrengerait bien si un pourcentage de péquistes à la prochaine élection passeraient du côté QS. Aussi bien élire le parti libéral pour les 20 prochaines années la prochaine fois, ça nous éviterait du trouble à chaque 4 ans. Et qu’est-ce que vous pensez qu’Amir Khadir va apporter à l’assemblée nationale ? Une vision de gauche ? On en a une depuis presque 40 ans une vision de gauche à l’assemblée nationale et ça s’appelle le Parti Québécois. C’est lui qui nous a ammené plusieurs droits syndicaux, plusieurs projets hydro-électriques dont Hydro-Québec International et le transfert de 50% des dividendes d’Hydro-Québec au gouvernement québécois, les garderies à 5$, la Société de l’assurance automobile, la loi sur le financement public des partis politiques, et la Charte de la langue française. Amir Khadir va nous dire ce que l’on sait déjà : que si on mettait plus d’argent dans les écoles, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent dans les hopitaux, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent pour les itinérants, il y en aurait moins, que si on mettait plus d’argent dans les éoliennes, on aurait plus d’électricité. Les grands politiciens de gauche, ce ne sont pas ceux qui ont nécéssairement eu de la compassion pour tout le monde et qui ont voulu distribuer de l’argent à droite et à gauche, souvent ce sont plutôt ceux qui ont su faire faire aux québécois, dans les limites du réel et avec les moyens que l’on a, des progrès significatifs soit en améliorant leurs conditions de vie ou leur richesse collective. En passant, pour ceux qui l’auraient oublié, Pauline Marois fait partie de ce groupe.

Pour les quelques illuminés d’entre vous qui croient que Françoise David et Amir Khadir croient en la diversité des voix à l’assemblée nationale, lisez donc cette déclaration qu’a faite Françoise David au Journal Métro de Montréal le jour de l’élection :

« Si on peut dire ‘exit’ l’ADQ, je me dirai que cette élection n’a pas été inutile [...] « 

Vous voyez bien que la seule diversité des voix qui intéresse Mme David, c’est la diversité de sa propre voix. De plus il semble qu’elle ait renchéri lors de son discours. Eh bien mes amis, vous l’avez eu votre diversité. Vous avez un beau petit député de Québec solidaire dans votre chère assemblée nationale. Maintenant payez vos frais scolaires augmentés, et vos factures d’électricité qui grimpent, parce qu’après tout vous avez quand même élu un gouvernement du parti libéral.

le TViste

Démocratie canadienne et télévision HD.

Mercredi, 3 décembre, 2008
publié par le TViste 8:58

Depuis le salissage de la tradition d’utilisation en cas d’urgences et d’exceptions du discours à la nation, salissage effectué par Paul Martin en 2005, le discours à la nation est devenu un outil comme un autre, qui n’a pas trop de valeur, et qui peut nous faire perdre notre temps royalement. Ce soir, le premier ministre Stephen Harper a décidé de nous diffuser un autre discours à la nation qui ne nous a rien appris, nous a servi à rien, et dans lequel il n’a même pas été capable d’être honnête. Tout ce que Harper a dit dans ce discours, on se le fait marteler par les analystes politiques depuis 1 semaine. La question à laquelle il aurait pu répondre, c’était à savoir si oui ou non il allait visiter la gouverneure générale pour déclencher le congé de Noel et éviter un vote de confiance défavorable. Il ne nous l’a même pas dit, les analystes ont dû lire entre les lignes pour nous dire qu’il n’y avait pas de doute là-dessus. Il semble donc que notre destin est entre les mains de la représentante de la reine d’Angleterre.

Alors à quoi ça nous sert nous, de prendre 8 minutes de notre temps pour écouter ces folies. Une petite introduction toute cute sur l’histoire du Canada et la tradition canadienne qui fait des envieux partout dans le monde, et une attaque contre les ’séparatistes’ québécois, avec lesquels, dit-il, il ne pourrait former une alliance, car ce serait dangereux pour la stabilité du Canada. Bon premièrement on est au Québec, et en 2008. À part une coupe de perdus, je ne crois pas que personne n’ait vraiment peur des méchants séparatistes qui pourraient faire s’effondrer le beau Canada.

Le message qu’on a là c’est le contraire de ce qui fait l’attrait du Web 2.0 : dans le web 2.0, vous avez les faits, vous avez des blogueurs qui vous disent ce qu’ils pensent de ces faits, vous avez Wikipédia qui montre le consensus, et vous avez les commentaires sur les blogs qui montrent les opinions de milliers d’autres personnes. Or ici ce qu’on a c’est une cassette dans laquelle il n’y a pas de faits, pas d’opinion, pas de consensus, pas de commentaires, pas rien. Le vide total.

Pour ce qui est de la réponse de Stéphane Dion, elle avait au moins le mérite de parler plus concrètement de la situation politique, mais même là, avez-vous appris quoi que ce soit ? Moi j’ai appris que les caméraman du parti libéral étaient des incompétents. D’abord parce qu’ils ont mélangé les cassettes francophones et anglophones, ce qui fait que les médias ont obtenu le vidéo en retard. Deuxièmement parce qu’ils ont cadré Stéphane Dion de la gorge aux cheveux, un cadrage que je n’ai jamais vu dans aucune annonce publique ni entrevue de toute ma vie. À voir la qualité de la vidéo lors de cette annonce, je suspecte que la vidéo a été tournée en 4:3 et ensuite transférée en 16:9 en coupant le bas, quel amateurisme. Ça résulte en un Stéphane Dion pris à la gorge par le cadrage, ce qui n’a rien de bon pour nous rassurer sur sa situation politique. Avec le retard qu’il y a eu dans la livraison de la cassette aux médias, j’imagine le monteur du parti libéral :

- C’est vraiment la meilleure prise qu’on a ?

C’est la performance de Gilles Duceppe qui est à souligner. Il a su bien commenter et bien résumer les raisons pour lesquelles il appuit la coallition. Les deux autres, ils auraient pu simplement caller une conférence de presse.

le TViste

Ce que je vous raconte dans ce billet n’a pas été abordé dans les médias traditionnels, ni dans d’autres blogs pour le moment. C’est un scoop.

Les chefs Jean Charest et Pauline Marois ont tous les deux visité l’Université de Montréal. Jean Charest vendredi, et Pauline Marois, aujourd’hui à midi (voir le vidéo plus bas). Cependant leurs méthodes respectives ont été diamétralement opposées : Pauline Marois est entrée par la porte d’en avant, en offrant l’occasion à tous les étudiants de se présenter à son discours, et même de discuter avec elle, une preuve d’ouverture à tous les étudiants qui démontre un confort et même une acceptation de l’opposition. Des partisans libéraux étudiants auraient très bien pu venir casser le party, et Pauline Marois a décidé de faire face à cette possibilité avec courage. Jean Charest, quant à lui, a demandé une rencontre secrète dans des locaux universitaires avec comme seul public des partisans purs et durs du parti libéral, sans informer la communauté étudiante de son arrivée. La lettre suivante le prouve. Elle a été envoyée aux étudiants de l’École Polytechnique de l’Université de Montréal APRÈS le passage de Jean Charest à leur école :

Adresse de retour :Communications <Communications@polymtl.ca>
Sujet : [sc-etudiants] Annonce de Jean Charest à Polytechnique
À : destinataires inconnus@

Bonjour,

Nous désirons vous informer que le premier ministre du Québec, Jean
Charest, est venu faire une annonce ce matin à l’École Polytechnique.
C’est pour des raisons de sécurité et à la demande de l’équipe de M.
Charest que nous avons évité d’en informer la communauté avant la tenue
de l’événement
. Espérant que cette visite n’a pas trop perturbé les
activités académiques qui se déroulaient ce matin.

Nous vous remercions à l’avance de votre compréhension et vous invitons
à regarder les bulletins télévisés pour en savoir plus sur cette annonce
qui touche les étudiants étrangers.

/Service des communications et du recrutement
École Polytechnique de Montréal/

J’ai mis en gras le passage qui indique clairement que l’équipe de Jean Charest a expressément demandé à l’École Polytechnique de garder secret le fait qu’il allait passer faire un discours à l’École Polytechnique sur les étudiants étrangers, discours qui est décrit ici. Ça nous donne une idée du genre d’homme et de l’équipe qui entoure l’homme. On s’en fout que tout soit artificiel et qu’il n’y ait pas de vrai public : on va monter une fausse foule, avec des faux applaudissements, et pourquoi pas des faux étudiants étrangers. L’important c’est que les caméras pointent bien vers Charest, et dans le clip de 10 secondes que vous verrez aux nouvelles, on aura pas le temps de vous expliquer qu’il n’y avait personne pour écouter Charest à part le responsable du nettoyage de toilettes de son autobus de campagne. En gros, Charest qui se promène à travers le Québec pour faire des beaux discours, ça ne fait aucun sens. On pourrait aussi bien filmer le tout en studio à Montréal. Est-ce que le même genre de tactique est utilisée lorsqu’il discourt devant des travailleurs ? S’agit-il d’acteurs payés qui se salissent un peu le visage avec de l’huile pour faire plus ‘travailleurs’ ? Et quand il va dans les CPE, est-ce que ce sont des vrais enfants ? Et quand il est devant des caisses de légumes, est-ce que ce sont des vrais légumes ?

Je n’ai pas la réponse à ces questions. Par contre, une chose que je sais, c’est que son passage à l’Université de Montréal, c’était de la poudre aux yeux. Un effort actif a été entrepris pour cacher sa venue puisque son équipe savait très bien que les étudiants ne supportent pas Jean Charest. Vous me direz que c’est de bonne guerre. D’accord. Mais s’il n’aime pas les étudiants et que les étudiants ne l’aiment pas, pourquoi se pointe-t-il à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal et prétend-il faire des annonces importantes pour les étudiants ? S’il croit qu’il est impossible pour lui de se promener sur un campus sans se faire insulter, pourquoi prétend-il dans son discours faire avancer les études post-secondaires et la recherche universitaire ? Simplement une question d’image. On a un premier ministre en carton. Du devant tout semble correct, mais de côté, on s’aperçoit vite que c’est une planche de carton.

Et est-ce que nos chers médias en feront mention de cette fumisterie ? Non. On dira simplement : Jean Charest était de passage à l’École Polytechnique. C’est ce qu’on écrit ici, ici, ici et ici. À la limite, je dirais que c’est presque de la fraude, de pouvoir s’approprier comme ça le nom de l’École Polytechnique comme symbole pour sa campagne, et ce sans oser affronter ce qui est à la base de toute université : les étudiants. Il faut aussi questionner le comportement de l’École Polytechnique dans cette affaire : pourquoi aurait-elle à se laisser imposer un baillon par un candidat aux élections ? Cette collaboration à outrance ne laisse-t-elle pas croire à un appui au parti libéral de la part des gens qui ont pris la décision de s’auto-censurer dans la direction de l’École ?

Du côté Pauline Marois, nous avons eu une visite en règle que j’ai filmée aujourd’hui. Voici le vidéo. J’ai coupé une bonne partie du discours qui portait sur des attaques contre Charest et la position de Pauline Marois sur la langue et sur l’économie verte, mais vous aurez surement l’occasion d’entendre ces sujets dans les nouvelles. J’ai laissé la partie sur la souveraineté.

le TViste

Le débat des chefs du Québec et Buzzz.tv

Mardi, 25 novembre, 2008
publié par le TViste 11:02

Ce soir j’ai essayé la nouvelle expérience web Buzzz.tv. Le principe est simple : à tout moment, on peut cliquer sur : J’aime, J’aime pas, ou Je signale un moment fort.

Il y a environs 1200 participants en ligne et les statistiques sont comptabilisées en temps réel, ce qui fait qu’on peut avoir une idée instantanée de l’avis du public. Ça pourrait être intéressant éventuellement, surtout si ça peut regrouper un public diversifié et de toutes horizons. Et si ça s’étend à autre chose qu’un débat politique. Le fait que ce soit un débat politique, ça laisse place à la partisanerie. Moi-même membre du Parti Québécois, bien sûr que j’avais plus tendance à cliquer sur J’aime lorsque Pauline Marois parlait que lorsque Jean Charest parlait. De plus, considérant que la technologie est présentement sujette à un ‘buzzz’ dans la blogosphère, on a toutes les chances d’avoir une sur-représentation des jeunes, et ça me surprendrait qu’il y ait eu un grand nombre de 60 ans et plus hier soir à cliquer à chaque 10 secondes sur J’aime lorsque Jean Charest parlait. Il ne faut donc pas s’énerver avec la significativité des résultats, ce n’est pas un sondage scientifique, et ça doit rester clair.

Cependant il en ressort plusieurs données intéressantes. D’abord, les gens adorent lorsqu’il y a des interactions et des attaques. Le nombre de votes, autant dans J’aime que J’aime pas, augmente considérablement, et l’augmentation du ‘Je signale un moment fort’ est très claire lorsque les chefs s’attaquent. Deuxièmement, le style agressif de Mario Dumont et de Pauline Marois a été apprécié. Il est fort probable que les partisans de Jean Charest soient sous-représentés dans Buzzz.tv (et peut-être dans la sphère numérique aussi).

C’était les résultats pour les premières questions, juste après l’introduction. On voit un creux qui correspond à l’intervention de Jean Charest.

Quand le débat devient un peu plus chaud dans une section sur les emplois perdus entre autres dans le domaine forestier :

On voit les résultats de 2 attaques dirigées vers Jean Charest. D’abord par Mario Dumont, qui score beaucoup dans la section orange (Je signale un moment fort) et aussi dans la section verte (J’aime). Pauline Marois crée un plus faible impact sur ‘Je signale un moment fort’ mais attire un peu plus de sympathie. Dans d’autres parties du débats, c’était l’inverse : Mario Dumont attirait un peu plus de ‘J’aime’ surtout dans les parties où il se posait en rassembleur. Pauline Marois a aussi déclencher à plusieurs reprises des ‘Je signale un moment fort’ accompagnés d’une montée du ‘J’aime’.

L’expérience était très intéressante. Je crois qu’il y aurait place pour un peu plus que ces statistiques. Pourquoi ne pas y inclure des réactions vidéos, du chat style IRC ? Tout ça est déjà disponible et possible à réaliser. Et pourquoi se limiter à 3 boutons ? Pourquoi pas des boutons ROFL ou WTF ?!? Cependant l’idée est géniale et j’ai adoré y participer. Je vous y invite la prochaine fois!

le TViste

Apprendre à gagner

Mercredi, 15 octobre, 2008
publié par le TViste 12:10

Que vous soyez américains, français, ou même canadiens, il arrivera un jour où vous aurez la chance d’éduquer vos enfants à la politique. Vous leur apprendrez alors à étudier les différentes options qui s’offrent à eux, et à en choisir une. Dans certains cas, vous leur apprendrez même qu’il est possible de s’impliquer politiquement et d’aider à la campagne du parti qui aura été choisi. Et finalement, au soir de l’élection, vous leur apprendrez qu’en politique, on peut perdre et on peut gagner. Si vous êtes québécois, vous n’aurez peut-être pas la chance de leur apprendre que l’on peut gagner, vous ne pourrez leur apprendre que la défaite.

Si vous êtes québécois, vous apprendrez que votre propre peuple s’est nié sa propre existence à 2 reprises. Si vous êtes québécois, une victoire aux élections fédérales, ça n’existe pas. En fait, la meilleure option est une victoire de la plus grande quantité de députés bloquistes, et cela a été confirmé par les électeurs, qui ont pour une sixième élection consécutive, élus une majorité de députés du Bloc québécois. Mais en haut du décompte des députés du Bloc, on verra toujours un autre parti, que ce soit le parti conservateur ou le parti libéral, qui fera élire assez de députés pour former le gouvernement. Les gens de ces partis nous disent qu’il faut se sortir de cette situation : qu’il faut voter pour eux afin d’avoir des députés et des ministres du gouvernement. L’argument est un peu boiteux; en l’utilisant, on présente l’élection comme un outil pour envoyer des gens au top. Mais ces partis se sont-ils demandés pourquoi ils ne réussissaient pas à obtenir une majorité de députés au Québec depuis la création du Bloc ? Peut-être que ce qu’ils présentent comme idées n’intéressent pas les québécois, et peut-être que les québécois considèrent une élection comme une chance d’exprimer leurs idées, et non comme un simple outil pour peupler le conseil de ministres de québécois. Comme le disait Gilles Duceppe, nous préférons des députés debouts dans l’opposition que des députés à genoux dans le gouvernement.

Mon souhait le plus cher est que les québécois se prennent en main pour former un pays où ils pourront assumer à la fois leurs bons et leurs mauvais coups. Où on pourra débattre entre nous de la direction que le gouvernement doit prendre. Dans un grand pays comme le Canada, notre voix ne sera jamais assez importante pour contribuer réellement aux lois et à la gouvernance du pays. Vous aurez beau élir 75 députés conservateurs, vous ne changerez pas le parti conservateur. Je suis plutôt à gauche dans le spectre politique, mais je m’en fou de ne pas réussir à faire élir un gouvernement de gauche de toute ma vie. Tout ce que je désire, c’est de pouvoir créer un pays avant de mourrir, et si possible enseigner à mes enfants qu’en politique, on peut perdre. Et on peut gagner.

le TViste

RDI et l’abus des analystes politiques

Dimanche, 14 septembre, 2008
publié par le TViste 8:48

Il fut une époque où le commentaire politique était réservé aux colonnes des journaux. Depuis plusieurs années, des canaux de nouvelles en continue tels que RDI et LCN sont apparus, ce qui a créé une augmentation de la demande pour des analyses ‘plus profondes’ de l’actualité; on ne répètera pas pendant 24 heures le même bulletin de nouvelle d’une heure. C’est ce vide à remplir qui est responsable pour l’agglutinement des commenteux de nouvelles et analystes politiques, ces journalistes professionnels spécialisés dans la dilution de la sauce politique, dans l’étirement de celle-ci jusqu’au point où elle ne goûte plus rien. De leur propre confession, leurs divagations ne s’adressent pas à tout le monde : on les a déjà entendu dire que tel ou tel évènement était très intéressant pour les journalistes du monde politique, mais qu’il aurait très peu d’impact sur le vote. Eh bien messieurs, et mesdames, si ce n’est pas intéressant, pourquoi en parlez-vous pendant 15 minutes ? La réponse est simple : il faut remplir l’émission, on ne peut pas faire une émission raccourcie parce que l’on a rien d’intéressant à dire. S’en résulte un endettement intellectuel, défini par Dany Laferrière comme ce qui arrive lorsque l’on parle ou écrit trop avec une intelligence limitée.

L’analyste politique se doit d’être objectif, ce qui a pour conséquence qu’il ne prendra pas position sur les sujets de fond. Afin de rester dans sa zone de confort, il aura le réflèxe de se contenter d’une analyse superficielle de la ’stratégie’ politique. L’exception à cette règle est Le club des Ex (RDI), un très bon exemple de ce que devrait être l’analyse politique : une analyse par des gens qui sont prêts à prendre position sur les enjeux de fond, avec un commentaire et une analyse de la stratégie politique qui deviennent alors secondaires. En nous mettant des analystes politiques qui sont tenus à l’objectivité et à la non-partisanerie, c’est un peu comme si on nous mettait une bonne soeur catholique pour animer une émission de sexologie, ça marche pas. Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que ne pouvant pas commenter les enjeux de fonds, ils sont réduits à faire une analyse stratégique, un peu comme si la politique était un jeu de hockey, et que les commentateurs nous expliquent le jeu en faisant des dessins de flèches rouges et bleus sur l’écran. Nous sommes en droits de nous inquiéter que l’exercice démocratique qui déterminera le prochain gestionnaire des milliards de dollars collectés par nos impôts soit considéré par les têtes d’affiches des canaux d’information comme une game de hockey.

On parle souvent du cynisme de la population envers la politique. Pas surprenant que les gens soient devenus cyniques alors que leurs premières sources d’informations pour les nouvelles politiques s’appliquent à nous convaincre à grands coups de Chantal Hébert et de Michel C. Auger que l’important en politique, c’est l’image, c’est la petite chicane, c’est l’erreur de campagne, c’est d’avoir des belles journées parfaites sans anicroches, c’est de tenir les membres de son parti en lesse, c’est la planification de l’apparence. Ces experts de l’image, on peut les écouter pendant des heures, et on n’a toujours rien appris d’autre que les chimères qu’ils auront décidés de s’inventer dans leurs propres esprits désaxés. Ils nous disent que la population comprend mal le plan vert de Stéphane Dion, mais dans leurs longues heures d’apparition télévisée n’ont jamais pris le temps d’en parler ne serait-ce qu’une minute. Si il y a quelque chose que vos auditeurs ne comprennent pas, pourquoi ne pas leur expliquer ? Sommes-nous si stupides ? Je ne demande pas une lecture partisane du texte, mais n’est-ce pas possible d’aller un peu plus en profondeur que de dire : ah les gens ne l’ont pas compris en une clip de 10 secondes, alors ils ne comprendront jamais.

Ils ont fait le même coup de l’analyse de l’image au Bloc Québécois mercredi dernier alors que Jacques Brassard, un chroniqueur de droite, écrivait un torchon dans lequel il remettait en cause l’existence du Bloc Québécois. Jusqu’ici, it’s business as usual, il n’y a pas d’élection pendant laquelle on n’ait pas remis en question l’existence du Bloc Québécois, un parti qui a pourtant rallié des majorités importantes au Québec depuis sa naissance. De plus, l’attaque venant d’un vieux chroniqueur de droite, on a de la difficulté à s’en surprendre. Jacques Brassard fait partie de cette génération qui ont vu la révolution tranquille, qui y ont participé, dans son cas qui se sont fait élire sous les gouvernements du Parti Québécois de 1976 à 1998, et qui tout à coup, bogue de l’an 2000 ou autres explications, tel un vin mal conservé, tournent au vinaigre et alors qu’ils approchent la retraite deviennent pro-droite, admirateurs des américains, anti-kyoto, contre l’intervention de l’état. En bref, ils se seront battus pour l’égalité tant que c’était à leur avantage, et appuient maintenant le chacun pour soi alors qu’ils sont riches. Fermeture de la paranthèse, vous comprenez qu’il n’y a dans cette nouvelle aucune nouvelle : un gars de la droite qui chiale contre le Bloc et qui remet en question son existence. Mais nos analystes politiques désaxés n’aiment pas le vide, ils veulent construire, ils veulent des belles structures d’idées, peu importe si c’est bâti sur un sable mou.

On en arrive donc, par un exercice mental douteux, à ce grand titre : Gilles Duceppe critiqué de l’intérieur. Soit j’ai manqué quelque chose, soit il nous faut réviser en profondeur la signification des mots intérieur et extérieur. Juste un rappel comme ça, l’intérieur d’un kiwi par exemple, c’est la chair verte. Et l’extérieur, c’est la pelure brune. Et la boîte de patates pilées en flocons, à côté du kiwi, ça, on considère ça comme l’extérieur. Mais je blague, ce n’est pas la définition de l’extérieur et de l’intérieur qui fait défaut chez nos analystes politiques, c’est qu’ils avaient besoin d’une nouvelle. Or, ‘Vieux de la droite continue de chialer’, ce n’est pas une nouvelle. ‘Gilles Duceppe critiqué de l’intérieur’, ça mon ami, c’est un titre.

le TViste

Je n’aime pas les libéraux. Je n’aime pas les conservateurs. Je n’aime pas Stephen Harper. Je n’aime pas Stéphane Dion. Et je n’aime pas les publicités. Mais ce que je n’aime pas plus que tout c’est de me faire prendre pour un cave dans une publicité négative du Parti Conservateur sur Stéphane Dion.

Nos chers analystes politiques nous aurons à peu près tout dit sur les publicités négatives du Parti Conservateur : qu’elles sont négatives, que les québécois n’aiment pas les publicités négatives, qu’elles sont rythmées, qu’elles sont agressives, qu’elles montrent le type de stratégie du Parti Conservateur pour le reste de la campagne. Ils auront oublié le principal : elles s’appuient sur des faussetés.

1er mensonge : Stéphane Dion n’a jamais dit qu’il hausserait la TPS. Il était peut-être contre la baisse de TPS à l’époque où elle a été baissée, mais de là à rehausser la TPS à 7% après qu’elle ait été diminuée, c’est complètement ridicule.

2e mensonge : La taxe sur le carbone. Stéphane Dion a parlé d’une taxe neutre, ce qui signifie que ce qu’il prendrait au niveau de l’imposition du carbone, il le remettrait par une autre voie, alors pourquoi prétendre dans cette campagne de publicité que la taxe sur le carbone est une augmentation de vos taxes.

En plus, les conservateurs se permettent d’essayer de ramener le passé centralisateur de Stéphane Dion, et sa non-reconnaissance de la nation québécoise, comme si eux ils étaient les champions de la défense des intérêts québécois à cause d’une soi-disant reconnaissance de la nation québécoise écrite sur un coin de table, et qui n’a jamais mené à quelque gain concret que ce soit pour le Québec.

Je ne continuerai pas d’énumérer les défauts de ces publicités, ça me donne l’impression que je prends la défense de Stéphane Dion, une idée difficile à supporter pour un souverainiste comme moi. Mais je crois que la malhonnêteté des Conservateurs est un sujet qui devrait commencer à vous inquiéter. Que vous vous excitiez à l’idée d’avoir un gouvernement de droite pour enfin vous libérer de ce que les Fillion de ce monde appellent le monopole de la gaugauche québécoise, à la limite, je suis prêt à le supporter. Mais êtes-vous vraiment prêts à avoir un menteur à la tête d’un gouvernement majoritaire canadien ? Voyant ce qu’il est prêt à faire pour obtenir ce poste, incluant le mensonge, la démagogie dont il fait preuve dans ces publicités, êtes-vous vraiment prêt à vous soumettre aux lois et à la gouvernance de cet homme pendant 4 ans ?

Dites-moi ce que vous en pensez.

le TViste