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Ce que la droite ne nous dit pas par rapport aux publicités gouvernementales.
Les gens de droite sont convaincus que le Québec est sous le joug de socialistes qui veulent contrôler chacun des aspects de leur vie. Un de leurs arguments pour démontrer que l’état du Québec veut contrôler nos vies: les publicités télévisées que le gouvernement commande. Jeff Plante se plaignait récemment dans un vidéo des publicités qui nous encourageaient à aider les vieilles personnes à traverser la rue. Ian Sénéchal, dans un billet récent, fait une liste des publicités commandées par le gouvernement ces dernières années (même une de 1984). Le ciel est bleu félicite l’article qui dénonce le méchant état québécois qui investit notre argent dans des publicités qui ne fonctionnent pas et dont le but n’est pas toujours clair. Ian Sénéchal, suite à une approximation grossière, en vient à la conclusion que chaque québécois se prive d’un café par année pour pouvoir payer ses publicités et nous exprime à quel point il aurait préféré boire un bon café chaud. Hmmmmm…
Détruisons quelques mythes tirés directement de l’article.
« Ne soyons pas dupe, ces publicités ne fonctionnent pas ou du moins, ne valent pas leur investissement. »
Il y a quand même quelque chose de contradictoire dans cet argument, d’abord les droitistes nous disent qu’ils ne veulent pas être contrôlés par des publicités, d’un autre côté ils nous disent que la publicité ne contrôle personne. Or c’est faux. Un des meilleurs exemples est la lutte contre le tabagisme. Celle-ci consiste en des campagnes publicitaires et d’information à long terme combinée aux différentes lois sur le tabac, incluant celles qui obligent les compagnies à l’impression de messages sur les paquets de cigarette. En 1995, on évaluait à 38% le nombre de fumeurs. Ce nombre a chuté à 25% en 2005 puis entre 20 et 22 % en 2006. La réduction du nombre de fumeur d’environs 17% seulement depuis 1995 est essentiellement attribuable aux campagnes d’information; il n’y a pas de nouvelles données scientifiques depuis 1995 qui indiquent des choses surprenantes sur le tabac. En 1995, les effets cancérigènes du tabac étaient déjà connus. Qu’est-ce que ça peut représenter 17% de fumeurs convertis en non-fumeurs pour le Québec ? Ne serait-ce qu’en se limitant à la question monétaire, c’est des milliards de dollars de sauvé. C’est d’abord des travailleurs plus en forme, plus efficaces, qui coûtent moins cher en frais de santé, et qui plutôt que de mourir à 40-50 ans d’un cancer du poumon peuvent travailler encore pendant 10 à 20 ans. Ne vous inquiétez donc pas, monsieur Sénéchal, votre café n’aura jamais été aussi bien investi. Et je n’ai qu’abordé la question de l’argent; on pourrait parler de bonheur, de famille, de l’entourage.
« Parfois, on se demande même quel est le but de la publicité. Regardez la numéro 1. C’est complètement inutile. »
Ian Sénéchal faisait référence à une publicité qui encourage les gens à aimer la vie. Je ne vois pas le problème qu’il a avec l’idée d’encourager les gens à aimer la vie, à s’assurer que leur vie est plaisante. Les dépressions, les suicides, les burn-outs, tous ces problèmes viennent d’un manque de joie, de passion, ou d’organisation dans la vie émotionnelle des gens. Je ne dis pas que certains cas ne sont pas des maladies physiques affectant le cerveau contre lesquelles on ne peut faire rien d’autre que de prescrire un médicament, mais je crois qu’une partie importante de ces problèmes peuvent être améliorés par des facteurs environnementaux et par l’encouragement à prendre son bonheur en main.
Les publicités, c’est aussi un moyen de financer la culture
Finalement, soyons francs, personne au Québec ne veut d’un univers télévisuel limité à quelques chaînes contrôlées par un géant. Pour maintenir la diversité actuelle des canaux télévisés, un investissement de l’état est nécessaire. Non, malgré tout ce que la droite nous dira, le marché n’injectera jamais assez d’argent ni en télévision, ni en musique, ni en cinéma pour maintenir la qualité et la diversité actuelle de la culture québécoise. Si vous remettez entre les mains de Honda et des soupes Aylmer la culture québécoise, attendez-vous à une réduction autant de la quantité que de la qualité. Donc le gouvernement doit envoyer de l’argent aux producteurs et distributeurs télévisés. Une des manières avec laquelle il le fait, et c’est loin d’être la plus grosse somme, c’est simplement d’acheter des publicités à un peu tout le monde. Ainsi on fait d’une pierre deux coups: sensibiliser la population à des faits de santé et de société extrêmement importants et en profiter pour financer les chaînes télévisées, généralement au prorata de leur popularité puisque les publicités coûtent un prix qui est généralement proportionnel à l’importance de l’auditoire. Ça me semble un bon investissement, hautement efficace, et ça marche. Puis, après tout, vous êtes toujours dans un pays libre; si vous ne voulez pas suivre les recommandations de l’annonce, rien ne vous y force.
Jeff Plante et son appel à la nation
Après sa recette de « sirloin » de porc aux « blackberries » et au poivre de la semaine dernière, Jeff Plante nous sort un nouveau vidéo, apparemment lui aussi filmé directement de sa webcam ou sa caméra personnelle. Le nouveau Pierre Côté des pauvres aborde cette fois une question beaucoup plus sérieuse que la cuisson du filet de porc, il veut une quatrième voix pour le Québec. Une quatrième voix ? allez-vous me demander, alors même que l’on se demande si une 3e peut survivre ? Oui. Parce que pour certains extrémistes de la droite économique comme Jeff Plante, la 3e voix qu’est l’ADQ n’est pas assez à droite. Suggère-t-il la création d’un nouveau parti politique ? Pas tout de suite. Il parle plutôt d’une discussion nationale sur la droite au Québec. Pas la petite droite. Le genre de meeting de droite dans lequel Mario Dumont serait refusé à l’entrée. Jeff Plante dit qu’il organisera une première rencontre à Montréal avec un certain groupe (il utilise le « nous » et le « on », mais on ne sait pas si le groupe en question est formé d’une seule personne ou d’autres). Il félicite et invite des groupes tels que Martin Masse et les Québécois Libres, les libertariens, l’institut Fraser et la ligue des contribuables. Tous des gens qui rêvent de nous voir payer 4000$ à l’hôpital quand on se casse une jambe. Si son rêve se réalise, ces gens seront tous autour d’une table le 28 novembre à Montréal pour discuter de l’avenir de la droite québécoise. Jeff Plante souhaite ainsi se constituer une « base intellectuelle » pour son mouvement, ce qu’il n’a visiblement pas pour le moment.
Jeff Plante a donc suivi mot pour mot la proposition de Sylvain Bouchard, un animateur de radio de droite de Québec comme il s’en produit en série maintenant à Québec. Effectivement, l’animateur Bouchard lançait dans une entrevue du 3 novembre 2009 l’idée suivante :
[...] moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que là anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça. [...] Tu pars de quoi là, un mouvement de réflexion citoyen. Faut que ça vienne de la base. Et là tu réfléchis. Tu fais une coupelle de forums, d’échanges, d’évènements, moé c’est ça que j’voudrais faire.
Étrangement, Sylvain Bouchard était déjà celui qui avait sorti des informations privilégiées sur Jeff Plante, par exemple lorsqu’il se lança dans la course à la chefferie de l’ADQ. Eh oui mes chers amis, il semble qu’il s’en passe plus qu’on pourrait le croire dans les coulisses des radios de Québec concernant la droite québécoise lorsque les micros ferment.
Entre autres vomissures supplémentaires, Jeff Plante nous offre une contestation de ce qu’il appelle la sainte-évangile, le dogme des changements climatiques. « Ah non avant c’était réchauffement climatique pis là c’est changements climatiques. » nous dit-il, comme si cet argument avait quelque poids que ce soit. Ça nous montre à quel point nous avons affaire à un dinosaure. Cette droite, ce n’est plus la droite adéquiste, c’est la droite républicaine, celle qui remettra en question même le fait scientifique le plus appuyé dans l’ensemble du domaine des sciences écologiques: le fait que la planète se réchauffe.
Il se plaint aussi de l’intervention de l’état dans nos vies. Entre autres, il conteste le fait que l’état tente de nous convaincre d’aider les vieux à traverser la rue (?????) et de nous convaincre de ne par rouler trop vite en automobile (!).
On assiste donc à une division de la droite au Québec, ce qui ne peut qu’être une bonne nouvelle. Que l’ADQ survive ou non, le mouvement de Jeff Plante contribuera à radicaliser la droite québécoise, ce qui la relèguera probablement bonne dernière aux élections, battue par le Parti Vert et Québec Solidaire. Alors même que Jeff Plante critique le fait que les gens de droite sont isolés au Québec, son initiative et ses idées indigestes pour la majorité des québécois contribueront à l’isoler davantage. Mais je m’arrête là, loin de moi l’idée de le convaincre de s’arrêter; je ne voudrais surtout pas qu’un groupe de droite profite de mes conseils politiques gratuitement. De toute façon, ils n’aiment pas ça la gratuité.
Il est temps de se débarasser des vieux partis comme l’ADQ.
L’ensemble des phrases de cet article ont été adaptées à partir d’attaques faites par les supporteurs et/ou membres de l’ADQ envers le PQ et le PLQ durant les 10 dernières années, ainsi que quelques critiques de journalistes envers le PQ. J’ai seulement inversé les mots PQ/PLQ avec ADQ et vice versa. J’ai aussi changé, par exemple, les mots ‘Mario Dumont’ pour ‘Pauline Marois’, ‘Bernard Landry’ pour ‘Gilles Taillon’ et des mots comme ‘publique’ pour ‘privé’ ou ‘gauche’ pour ‘droite’. Il s’agit d’un petit article humoristique et bien sûr je n’endosse pas l’ensemble des propos, je trouve simplement drôle que ce que l’on pouvait dire du PQ il y a 5 ans, on peut maintenant le dire de l’ADQ.
Je suis vraiment tanné des vieux partis, je suis tanné tanné tanné et surtout de ceux qui sont pris dans une idéologie de droidroite inflexible. Au lieu de s’encrouter dans de vieux partis dogmatiques aux programmes sclérosés comme l’ADQ, voire fossilisés, et qui ne peuvent plus être modifiés par la suite, Pauline Marois, elle, est capable de changer les politiques se son parti du jour au lendemain, quand elle le veut, dès qu’elle perçoit un changement dans l’opinion des gens (1). À mon avis il faut garder en mémoire que le PQ représente la seule voie d’avenir du Québec. L’ADQ ne semble pas avoir la capacité de faire preuve d’innovation en proposant des idées nouvelles pour faire avancer un Québec immobile et statique. Ce vieux parti qu’est l’ADQ manque d’imagination, de vision et de courage. Car ils songent d’abord à être élus avant de prendre en charge la société. (3) Le PQ, contrairement à l’ADQ, nous a présenté la réalité quant à la situation du système de santé. Il n’y a aucune autre alternative qu’un système public pour résoudre les graves problèmes en santé au Québec. Vous pouvez rêver d’un système public à la saveur libéral, où le privé s’infiltre en catimini. Ou alors vous pouvez rêver à un système de santé magique avec l’ADQ et l’intervention miraculeuse du privé qui semble avoir la capacité de faire apparaître des infirmières. Mais de retour dans la réalité, rien ne changera ou à peine (3). C’est sans parlé de l’appui incessant des médias de droite comme ces radio-poubelles. Ça fait déjà depuis quasiment un an que, fouillez-moi pourquoi, fort probablement pour plaire aux amis qui donnent des contrats de pubs de l’ADQ, les radios de Québec et leurs amis travaillent jours et nuits à détruire le PQ et à varger dessus d’une façon hypocrite et délibérée dans leur journalisme jaune et biaisé. (4) Comme l’ADQ n’a toujours eu qu’une seule véritable idée en tête (la destruction de l’état québécois), elle doit faire croire à la population indécise sur cette question qu’elle a d’autres projets, d’autres valeurs. (5) Les adéquistes ne savent plus quoi faire. Ils attendent un chef comme les chrétiens attendent le Messie. Mais voilà, on l’attend depuis plus de 2000 ans, déjà! (5) À l’issue d’une session très difficile pour le gouvernement, c’est l’ADQ et Gilles Taillon qui sont dans le pétrin. Les problèmes du chef adéquiste étaient déjà nombreux. Ils se multiplient depuis vendredi avec la démission d’Éric Caire, de loin le meilleur marqueur de l’ADQ depuis le début de l’année. (9) Oui, on réalise de plus en plus chaque jours que les adéquistes n’aiment pas le leadership de Gilles Taillon. Est-ce son leadership ou son manque de grandes compétences? (5) Déjà au printemps, je disais que Gilles Taillon ne serait pas un miracle. (5) L’homme qui s’est littéralement donné pour l’avènement de la droite, Gilles Taillon, l’homme, a démissionné. Il a abandonné, découragé; non pas parce qu’il n’a guère toléré d’être poussé hors du bateau qu’il avait lui-même co-construit, mais parce qu’il n’acceptait pas les motifs qui faisait de lui un politicien désuet. (6) L’an prochain,le 15 novembre, célèbrera-t-on le départ de Gilles Taillon? Comme plusieurs autres, il n’a pu survivre au monstre mangeur de chefs qu’est l’ADQ! (7) Une semaine difficile pour le chef de l’ADQ. J’imagine que le clan adéquiste table sur un revirement rapide de la situation. (8)
Mais pourquoi s’obstine-t-on à faire voter les ti-vieux Alzeimer? Pour les faire voter ADQ? (2) L’ADQ est devenu le clône du PLQ sur la scène provincial. (10). En plus, certains députés de l’ADQ questionnent ouvertement la pertinence de l’ADQ. (11)
Merci à tous les blogueurs, commenteux de droite, et journalistes spécialisés dans l’analyse des problèmes du PQ pour m’avoir fournis ces merveilleuses phrases qui s’appliquent aujourd’hui à l’ADQ :
(1) http://elodiedmartin.wordpress.com/
(2) http://www.tymmachine.blogspot.com/?cx=partner-pub-…
(3) http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales…
(4) http://droitemonde.blogspot.com/2009/05/la-troisieme-voie.html
(5) http://www.cheznouscestpaspauline.com/category/blogroll
(6) http://quebecblogue.com/archives/2005/07/17/landry-le-kamikaze/
(7) http://lejournaldejeanmelancon.blogspot.com…
(8) http://www.vigile.net/Tel-un-phenix-Boisclair-renaitra-t
(9) http://www.cyberpresse.ca/actualites/…
Éric Caire planifie ses stratégies selon ce qu’il entend dans les radios de Québec.
L’ADQ est le meilleur exemple d’amateurisme politique au Québec depuis le Ralliement créditiste du Québec, qui voulait imprimer de l’argent pour sortir les gens de la pauvreté. Pendant des années encore, les bêtises de ces pionniers de la stupidité politique serviront d’exemple de quoi ne pas faire dans les classes de sciences politiques des universités québécoises. J’ai toujours cru que les stratèges de l’ADQ se tiennent près d’une vieille radio brune avec des crayons et du papier et syntonisent l’un ou l’autre des affreux postes de radios de droite de la ville de Québec dans le but de prendre le pouls de la seule partie de la population qui les supporte encore (les animateurs. de radio. de droite. de Québec). Aujourd’hui je suis tombé par hasard sur une séquence d’évènements qui pourraient bien prouver cela.
Je ne repasserai pas sur le soap opera auquel nous avons eu droit à l’ADQ cette semaine. En résumé, l’ADQ est dans le trouble, Éric Caire a perdu la course à la direction par 1 vote, le deuxième vote de majorité ayant été fait par Infoman au nom d’Omar Bongo, il est fâché, il quitte l’ADQ avec un autre député pour siéger comme indépendant. C’est dans la conférence de presse qu’Éric Caire donnait que j’ai été choqué par un premier détail. Éric Caire nous informe de manière très classique de la situation: il quitte l’ADQ, il siège comme indépendant, il reste ouvert à intégrer d’autres partis à la prochaine élection, etc… Mais les journalistes nous rapportent une partie de la conférence de presse qui me semble complètement out of nowhere. Mais vraiment out of nowhere. Voici comment Antoine Robitaille du Devoir nous rapporte la chose :
Quant à l’idée selon laquelle Éric Caire songerait à fonder un nouveau parti, le principal intéressé n’a pas semblé très enthousiaste, hier. Il a décrit la tâche comme étant au-dessus de ses forces: «Ce n’est certainement pas M. Picard et moi qui serons les seuls instigateurs de ça. Ça va prendre une volonté très forte, parce qu’organiser un parti politique, financer un parti politique, structurer un parti politique, recruter des candidats, élaborer un programme, c’est un travail qui est colossal.»
Il a toutefois lancé un appel du pied à des personnes en vue: «J’espère [...] que les lucides vont arrêter d’être des gérants d’estrade puis vont sauter sur la patinoire. Si vraiment ils croient [...] à leur manifeste, bien il va falloir qu’ils aillent un peu plus loin.»
Pour ce qui est du premier paragraphe, je suis d’accord: impossible de créer un 5e parti au Québec. 4 c’est déjà trop. Mais c’est le deuxième paragraphe qui m’a frappé. Éric Caire lance un appel à … à qui ? à Superman ? à Alice au pays des merveilles ? Non. Aux Lucides. (je clique sur la date et heure de mon ordinateur et je vérifie bien qu’on est en 2009). Éric Caire lance un appel aux lucides, alors qu’il quitte l’ADQ, en 2009. Il n’y a qu’une expression pour exprimer mes émotions quand je lis ce bout de texte, et c’est une expression anglaise : WTF ?!? C’était aussi la réaction de Pierre Fortin, un des lucides, qui était surpris qu’un tel appel soit lancé aux signataires d’un texte écrit il y a 4 ans et dont on n’a jamais entendu parler depuis :
Joint hier soir, un des signataires du manifeste des lucides, l’économiste Pierre Fortin, semblait surpris des propos d’Éric Caire. «Des gérants d’estrade, ça chiale à chaque match du Canadien. Nous, on n’a presque pas dit un mot depuis quatre ans!» M. Fortin ne voit vraiment pas la tête d’affiche principale du groupe, Lucien Bouchard, se lancer «dans une troisième carrière».
Mais où Éric Caire a-t-il pris l’idée complètement folle que les lucides pourraient revenir tels des superhéros en politique pour s’associer à un parti de gérants de stations-services et de clubs vidéos de droite ? C’est fou. Ça ne fait aucun sens. Les gens du manifeste des lucides sont complètement inactifs en politique depuis des années. Ils profitent de leur »retraite » de la vie politique (et je serais le dernier à leur demander de revenir). Par quel genre de processus maudit quelqu’un a-t-il entré cette idée dans la tête d’Éric Caire.
C’était l’état de mon questionnement ce soir. C’est en me baladant sur Internet que je suis tombé complètement pas hasard sur un extrait d’une émission de Sylvain Bouchard sur la station de radio FM93, de Québec. Il faut l’écouter. Il faut l’écouter en entier.
L’extrait a été enregistré le 3 novembre 2009. Le psychodrame de la démission d’Éric Caire n’avait donc pas encore eu lieu. À 2:34, l’animateur Sylvain Bouchard dit :
Moi je pense qu’il faut qu’il siège comme indépendant.
3 jours plus tard, Éric Caire annonce qu’il siègera comme indépendant. Bon, disons qu’il s’agit de stratégie politique générale, ce n’est pas si exceptionnel que ça.
À 2:50, l’animateur de l’émission dit:
Et là il aurait les coudées franches pour peut-être regarder dans l’avenir, moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que la anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça.
3 jours plus tard, Éric Caire dit qu’il ne pense pas fonder un nouveau parti. Sens commun me direz-vous, normal qu’Éric Caire pense la même chose que l’animateur de radio, c’est ce que tout le monde pense. D’accord.
Mais le clou du spectacle est à 3:10 :
Ouvrons les horizons, à même d’anciens péquistes, des libéraux, n’importe qui. Y’en a plein des gens dans le PQ actuellement qui sont plus à droite et malheureux. Y’a des anciens péquistes qui sont sortis du parti qu’on a découvert qu’ils n’étaient pas si à gauche que ça. Des Joseph Facal, des Jacques Brassard, des Lucien Bouchard, des François Legault.
Et à 5:10, Sylvain Légaré semble se plaindre du fait que des gens comme Joseph Facal ne se soient pas joints au parti pendant la course à la direction de l’ADQ.
Dans un monde idéal là, un monsieur comme Facal ou des gens de cette trempe là, à la fin de la course tu te dis y vont se greffer à nous, mais ça s’est pas produit.
Intéressant. Joseph Facal et Lucien Bouchard : les têtes d’affiches ayant signé le manifeste des lucides. Jacques Brassard et François Legault, des gens connus pour faire parti du volet économique péquiste ou anciennement péquiste. Le premier aurait probablement signé le manifeste si on lui avait offert, et le deuxième l’aurait probablement signé s’il avait eu la liberté politique de le faire.
Donc dans un extrait de radio de 3 minutes daté du 3 novembre 2009, on entend un animateur dire qu’Éric Caire devrait siéger indépendant, qu’il ne devrait pas se lancer dans la création d’un nouveau parti, et qu’il serait intéressant que les lucides se mêlent activement de la politique. 3 jours plus tard, le vendredi 6 novembre 2009, Éric Caire fait une conférence de presse dans laquelle il annonce qu’il siégera indépendant, qu’il ne se lancera pas dans la création d’un nouveau parti, et qu’il serait intéressant que les lucides se mêlent activement de la politique. Argumentez comme vous voulez sur le fait que les 2 premières correspondances relèvent du hasard. Mais l’idée du retour des lucides, jamais dans 100 ans. Cette idée folle qu’Éric Caire a lâché out of nowhere en fin de conférence de presse, qui ne faisait aucun sens, elle a été inspirée par un animateur. de radio. de droite. de Québec.
le TViste
Taux de participation et hypocrisie québécoise.
Je ne souscris pas aux analyses des journalistes, des commenteux de nouvelles, et des commenteux en herbe qui écrivent dans les pages d’opinions des journaux pour dire que le bas taux de participation de la dernière élection est dû au cynisme, à l’incapacité des jeunes à se retrouver dans les politiques, à l’absence de la représentation proportionnelle, et autres conneries.
Les gens savaient très bien que les sondages indiquaient Jean Charest comme gagnant. Et ça leur convenait. Ça ne les dérangeait pas trop que les libéraux soient majoritaires. En n’allant pas voter, ils ont clairement pris position pour la réélection de Jean Charest pour un autre 4 ans de souffrances. C’est ça l’hypocrisie québécoise : on ne veut pas dire qu’on a voté Charest, alors on le laisse passer en n’allant pas voter, sachant très bien que sa machine de vote et son électorat sont bien préprogrammés à voter libéral depuis 50 ans et pour les 500 prochaines années. Les analystes politiques eux-mêmes vous le diront : le nombre absolu de votes libéraux ne change pas d’années en années. C’est le vote pour les autres qui varie et qui fait en sorte que l’on perd ou que l’on gagne. En n’allant pas voter, les Marie-France Bazzo de ce monde se placent en situation très pratique pour leur propre personne : ils ne peuvent être accusés d’avoir voter libéral, mais ils savent bien que ce faisant ils assurent une victoire aux libéraux. Bande d’hypocrites, vous nuisez au Québec, ayez au moins le courage de l’assumer et d’aller voter pour votre parti préféré : le parti libéral.
Mais il y a pire encore, il y a le discours des jovialistes recycleux de canettes de jus qui se félicitent d’avoir enfin envoyé un député de Québec Solidaire à l’assemblée nationale. Pas suprenant que Jean Charest nous félicite de cet ‘ajout important aux voix démocratiques de l’assemblée nationale’, il sait très bien que Québec solidaire ne peut que piger dans l’électorat du Parti Québécois, et ça l’arrengerait bien si un pourcentage de péquistes à la prochaine élection passeraient du côté QS. Aussi bien élire le parti libéral pour les 20 prochaines années la prochaine fois, ça nous éviterait du trouble à chaque 4 ans. Et qu’est-ce que vous pensez qu’Amir Khadir va apporter à l’assemblée nationale ? Une vision de gauche ? On en a une depuis presque 40 ans une vision de gauche à l’assemblée nationale et ça s’appelle le Parti Québécois. C’est lui qui nous a ammené plusieurs droits syndicaux, plusieurs projets hydro-électriques dont Hydro-Québec International et le transfert de 50% des dividendes d’Hydro-Québec au gouvernement québécois, les garderies à 5$, la Société de l’assurance automobile, la loi sur le financement public des partis politiques, et la Charte de la langue française. Amir Khadir va nous dire ce que l’on sait déjà : que si on mettait plus d’argent dans les écoles, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent dans les hopitaux, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent pour les itinérants, il y en aurait moins, que si on mettait plus d’argent dans les éoliennes, on aurait plus d’électricité. Les grands politiciens de gauche, ce ne sont pas ceux qui ont nécéssairement eu de la compassion pour tout le monde et qui ont voulu distribuer de l’argent à droite et à gauche, souvent ce sont plutôt ceux qui ont su faire faire aux québécois, dans les limites du réel et avec les moyens que l’on a, des progrès significatifs soit en améliorant leurs conditions de vie ou leur richesse collective. En passant, pour ceux qui l’auraient oublié, Pauline Marois fait partie de ce groupe.
Pour les quelques illuminés d’entre vous qui croient que Françoise David et Amir Khadir croient en la diversité des voix à l’assemblée nationale, lisez donc cette déclaration qu’a faite Françoise David au Journal Métro de Montréal le jour de l’élection :
« Si on peut dire ‘exit’ l’ADQ, je me dirai que cette élection n’a pas été inutile [...] «
Vous voyez bien que la seule diversité des voix qui intéresse Mme David, c’est la diversité de sa propre voix. De plus il semble qu’elle ait renchéri lors de son discours. Eh bien mes amis, vous l’avez eu votre diversité. Vous avez un beau petit député de Québec solidaire dans votre chère assemblée nationale. Maintenant payez vos frais scolaires augmentés, et vos factures d’électricité qui grimpent, parce qu’après tout vous avez quand même élu un gouvernement du parti libéral.
le TViste
Le débat des chefs du Québec et Buzzz.tv
Ce soir j’ai essayé la nouvelle expérience web Buzzz.tv. Le principe est simple : à tout moment, on peut cliquer sur : J’aime, J’aime pas, ou Je signale un moment fort.
Il y a environs 1200 participants en ligne et les statistiques sont comptabilisées en temps réel, ce qui fait qu’on peut avoir une idée instantanée de l’avis du public. Ça pourrait être intéressant éventuellement, surtout si ça peut regrouper un public diversifié et de toutes horizons. Et si ça s’étend à autre chose qu’un débat politique. Le fait que ce soit un débat politique, ça laisse place à la partisanerie. Moi-même membre du Parti Québécois, bien sûr que j’avais plus tendance à cliquer sur J’aime lorsque Pauline Marois parlait que lorsque Jean Charest parlait. De plus, considérant que la technologie est présentement sujette à un ‘buzzz’ dans la blogosphère, on a toutes les chances d’avoir une sur-représentation des jeunes, et ça me surprendrait qu’il y ait eu un grand nombre de 60 ans et plus hier soir à cliquer à chaque 10 secondes sur J’aime lorsque Jean Charest parlait. Il ne faut donc pas s’énerver avec la significativité des résultats, ce n’est pas un sondage scientifique, et ça doit rester clair.
Cependant il en ressort plusieurs données intéressantes. D’abord, les gens adorent lorsqu’il y a des interactions et des attaques. Le nombre de votes, autant dans J’aime que J’aime pas, augmente considérablement, et l’augmentation du ‘Je signale un moment fort’ est très claire lorsque les chefs s’attaquent. Deuxièmement, le style agressif de Mario Dumont et de Pauline Marois a été apprécié. Il est fort probable que les partisans de Jean Charest soient sous-représentés dans Buzzz.tv (et peut-être dans la sphère numérique aussi).
C’était les résultats pour les premières questions, juste après l’introduction. On voit un creux qui correspond à l’intervention de Jean Charest.
Quand le débat devient un peu plus chaud dans une section sur les emplois perdus entre autres dans le domaine forestier :
On voit les résultats de 2 attaques dirigées vers Jean Charest. D’abord par Mario Dumont, qui score beaucoup dans la section orange (Je signale un moment fort) et aussi dans la section verte (J’aime). Pauline Marois crée un plus faible impact sur ‘Je signale un moment fort’ mais attire un peu plus de sympathie. Dans d’autres parties du débats, c’était l’inverse : Mario Dumont attirait un peu plus de ‘J’aime’ surtout dans les parties où il se posait en rassembleur. Pauline Marois a aussi déclencher à plusieurs reprises des ‘Je signale un moment fort’ accompagnés d’une montée du ‘J’aime’.
L’expérience était très intéressante. Je crois qu’il y aurait place pour un peu plus que ces statistiques. Pourquoi ne pas y inclure des réactions vidéos, du chat style IRC ? Tout ça est déjà disponible et possible à réaliser. Et pourquoi se limiter à 3 boutons ? Pourquoi pas des boutons ROFL ou WTF ?!? Cependant l’idée est géniale et j’ai adoré y participer. Je vous y invite la prochaine fois!
le TViste


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