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Si La Presse n’exi… on s’en fout.
Je viens de lire un billet très intéressant de Michelle Blanc dans lequel elle révèle un courrier électronique qui lui a été envoyé et qui, semble-t-il, a été envoyé à plusieurs blogueurs québécois. La lettre est brève, ça vient du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse et ça demande aux blogueurs de diffuser ce vidéo intitulé « Si La Presse n’existait pas ». Ainsi l’aristocratie journalistique en période trouble demande au bon peuple de la blogosphère qu’elle snob en temps normal de bien vouloir participer à leur vaine entreprise de publicité virale pro-syndicale. Même moi qui suis biaisé pro-syndical, ça me fait rire. Je suis de gauche et je prendrais la défense d’à peu près n’importe quel groupe de travailleurs en grève – j’appuierais les pingouins du Biodôme pour la semaine de 4 jours, mais les journalistes, de La Presse en plus, non!
Pourquoi ?
En gros, pour leur comportement snobinard envers les blogueurs. Même leurs blogueurs supposément ouverts à la blogosphère comme Patrick Lagacé attaquent les initiatives de journalisme citoyen. En effet on voit la blogosphère tellement basse à La Presse que l’on considère qu’un journaliste qui ose apparaître sur un même plateau télévisé ou studio de radio qu’un blogueur est un traître, c’est Patrick Lagacé lui-même qui le révélait dans cette entrevue avec Christiane Charrette. Oui mes amis de la blogosphère, les journalistes de La Presse nous considèrent plus bas que leurs animaux de compagnie, car au moins à eux acceptent-ils de parler!
Une voix en moins pour la démocratie ?
Désolé de vous décevoir les amis, mais la démocratie ne s’est jamais mieux portée. Probablement plus d’une fois par jour, 1 blogueur québécois démarre un blog et ajoute ainsi une voix de plus à la démocratie. Plus ça va, moins la diversité des voix est un problème. Au contraire, c’est quand les 3 journaux québécois monopolisaient le marché de l’information qu’il nous manquait des voix. Si vous voulez me convaincre que la disparition de La Presse serait une grande perte pour le Québec, dites-moi ce que nous perdrons. Dans le vidéo qu’ils envoient, ils parlent des manchettes sur Vincent Lacroix et sur les compteurs d’eau, ensuite ils parlent des éditorialistes, puis ils terminent par les mots croisés (sérieusement.). D’abord, ce n’est pas La Presse qui a découvert le scandale financier Norbourg, c’est l’autorité des marchés financiers. Tout ce que La Presse a fait c’est de bénéficier de ce scandale en le mettant à la Une plus d’une fois. Les blogueurs auraient pu en parler en masse – autant que les gens sont prêts à en entendre parler. Les éditorialistes ? Si l’on mettait sur un plan les différentes idées qui sont exprimées par l’ensemble des éditorialistes de La Presse versus l’ensemble des blogueurs québécois, on s’apercevrait que les opinions des éditorialistes ne sont qu’un sous-ensemble de la diversité québécoise, et que la blogosphère couvre beaucoup mieux cette diversité. Pour ce qui est des mots croisés, je règlerai la question très rapidement : http://www.mots-croises.ch.
Michelle Blanc conclue par un excellent conseil. « Je dis souvent qu’il faut se monter une communauté avant d’en avoir besoin. » Malheureusement pour les journalistes de La Presse, il est tout simplement trop tard. Il fallait participer à la communauté web plusieurs années à l’avance pour avoir notre support. Les gens de cette communauté ont un sixième sens pour détecter l’opportunisme. Ce qui me fait penser à quelque chose. Les élections québécoises s’en viennent dans environs 3 ans. Ça serait peut-être une bonne idée d’informer les dirigeants des partis politiques québécois qu’ils ont ici un exemple duquel ils pourraient apprendre: on ne crée pas une communauté web en 1 semaine. Si, par exemple, le Parti Québécois veut être prêt pour les élections dans 3 ans, il doit commencer tout de suite à bâtir sa communauté. Est-ce que quelqu’un proche de Pauline Marois pourrait lui faire le message ? Ça serait trop triste, en 2012, de voir un autre échec d’intégration des politiciens québécois au web. Je suis très sérieux, faites-lui le message, ça presse. Dans 1 an il sera déjà trop tard.
Ce que la droite ne nous dit pas par rapport aux publicités gouvernementales.
Les gens de droite sont convaincus que le Québec est sous le joug de socialistes qui veulent contrôler chacun des aspects de leur vie. Un de leurs arguments pour démontrer que l’état du Québec veut contrôler nos vies: les publicités télévisées que le gouvernement commande. Jeff Plante se plaignait récemment dans un vidéo des publicités qui nous encourageaient à aider les vieilles personnes à traverser la rue. Ian Sénéchal, dans un billet récent, fait une liste des publicités commandées par le gouvernement ces dernières années (même une de 1984). Le ciel est bleu félicite l’article qui dénonce le méchant état québécois qui investit notre argent dans des publicités qui ne fonctionnent pas et dont le but n’est pas toujours clair. Ian Sénéchal, suite à une approximation grossière, en vient à la conclusion que chaque québécois se prive d’un café par année pour pouvoir payer ses publicités et nous exprime à quel point il aurait préféré boire un bon café chaud. Hmmmmm…
Détruisons quelques mythes tirés directement de l’article.
« Ne soyons pas dupe, ces publicités ne fonctionnent pas ou du moins, ne valent pas leur investissement. »
Il y a quand même quelque chose de contradictoire dans cet argument, d’abord les droitistes nous disent qu’ils ne veulent pas être contrôlés par des publicités, d’un autre côté ils nous disent que la publicité ne contrôle personne. Or c’est faux. Un des meilleurs exemples est la lutte contre le tabagisme. Celle-ci consiste en des campagnes publicitaires et d’information à long terme combinée aux différentes lois sur le tabac, incluant celles qui obligent les compagnies à l’impression de messages sur les paquets de cigarette. En 1995, on évaluait à 38% le nombre de fumeurs. Ce nombre a chuté à 25% en 2005 puis entre 20 et 22 % en 2006. La réduction du nombre de fumeur d’environs 17% seulement depuis 1995 est essentiellement attribuable aux campagnes d’information; il n’y a pas de nouvelles données scientifiques depuis 1995 qui indiquent des choses surprenantes sur le tabac. En 1995, les effets cancérigènes du tabac étaient déjà connus. Qu’est-ce que ça peut représenter 17% de fumeurs convertis en non-fumeurs pour le Québec ? Ne serait-ce qu’en se limitant à la question monétaire, c’est des milliards de dollars de sauvé. C’est d’abord des travailleurs plus en forme, plus efficaces, qui coûtent moins cher en frais de santé, et qui plutôt que de mourir à 40-50 ans d’un cancer du poumon peuvent travailler encore pendant 10 à 20 ans. Ne vous inquiétez donc pas, monsieur Sénéchal, votre café n’aura jamais été aussi bien investi. Et je n’ai qu’abordé la question de l’argent; on pourrait parler de bonheur, de famille, de l’entourage.
« Parfois, on se demande même quel est le but de la publicité. Regardez la numéro 1. C’est complètement inutile. »
Ian Sénéchal faisait référence à une publicité qui encourage les gens à aimer la vie. Je ne vois pas le problème qu’il a avec l’idée d’encourager les gens à aimer la vie, à s’assurer que leur vie est plaisante. Les dépressions, les suicides, les burn-outs, tous ces problèmes viennent d’un manque de joie, de passion, ou d’organisation dans la vie émotionnelle des gens. Je ne dis pas que certains cas ne sont pas des maladies physiques affectant le cerveau contre lesquelles on ne peut faire rien d’autre que de prescrire un médicament, mais je crois qu’une partie importante de ces problèmes peuvent être améliorés par des facteurs environnementaux et par l’encouragement à prendre son bonheur en main.
Les publicités, c’est aussi un moyen de financer la culture
Finalement, soyons francs, personne au Québec ne veut d’un univers télévisuel limité à quelques chaînes contrôlées par un géant. Pour maintenir la diversité actuelle des canaux télévisés, un investissement de l’état est nécessaire. Non, malgré tout ce que la droite nous dira, le marché n’injectera jamais assez d’argent ni en télévision, ni en musique, ni en cinéma pour maintenir la qualité et la diversité actuelle de la culture québécoise. Si vous remettez entre les mains de Honda et des soupes Aylmer la culture québécoise, attendez-vous à une réduction autant de la quantité que de la qualité. Donc le gouvernement doit envoyer de l’argent aux producteurs et distributeurs télévisés. Une des manières avec laquelle il le fait, et c’est loin d’être la plus grosse somme, c’est simplement d’acheter des publicités à un peu tout le monde. Ainsi on fait d’une pierre deux coups: sensibiliser la population à des faits de santé et de société extrêmement importants et en profiter pour financer les chaînes télévisées, généralement au prorata de leur popularité puisque les publicités coûtent un prix qui est généralement proportionnel à l’importance de l’auditoire. Ça me semble un bon investissement, hautement efficace, et ça marche. Puis, après tout, vous êtes toujours dans un pays libre; si vous ne voulez pas suivre les recommandations de l’annonce, rien ne vous y force.
Jeff Plante et son appel à la nation
Après sa recette de « sirloin » de porc aux « blackberries » et au poivre de la semaine dernière, Jeff Plante nous sort un nouveau vidéo, apparemment lui aussi filmé directement de sa webcam ou sa caméra personnelle. Le nouveau Pierre Côté des pauvres aborde cette fois une question beaucoup plus sérieuse que la cuisson du filet de porc, il veut une quatrième voix pour le Québec. Une quatrième voix ? allez-vous me demander, alors même que l’on se demande si une 3e peut survivre ? Oui. Parce que pour certains extrémistes de la droite économique comme Jeff Plante, la 3e voix qu’est l’ADQ n’est pas assez à droite. Suggère-t-il la création d’un nouveau parti politique ? Pas tout de suite. Il parle plutôt d’une discussion nationale sur la droite au Québec. Pas la petite droite. Le genre de meeting de droite dans lequel Mario Dumont serait refusé à l’entrée. Jeff Plante dit qu’il organisera une première rencontre à Montréal avec un certain groupe (il utilise le « nous » et le « on », mais on ne sait pas si le groupe en question est formé d’une seule personne ou d’autres). Il félicite et invite des groupes tels que Martin Masse et les Québécois Libres, les libertariens, l’institut Fraser et la ligue des contribuables. Tous des gens qui rêvent de nous voir payer 4000$ à l’hôpital quand on se casse une jambe. Si son rêve se réalise, ces gens seront tous autour d’une table le 28 novembre à Montréal pour discuter de l’avenir de la droite québécoise. Jeff Plante souhaite ainsi se constituer une « base intellectuelle » pour son mouvement, ce qu’il n’a visiblement pas pour le moment.
Jeff Plante a donc suivi mot pour mot la proposition de Sylvain Bouchard, un animateur de radio de droite de Québec comme il s’en produit en série maintenant à Québec. Effectivement, l’animateur Bouchard lançait dans une entrevue du 3 novembre 2009 l’idée suivante :
[...] moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que là anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça. [...] Tu pars de quoi là, un mouvement de réflexion citoyen. Faut que ça vienne de la base. Et là tu réfléchis. Tu fais une coupelle de forums, d’échanges, d’évènements, moé c’est ça que j’voudrais faire.
Étrangement, Sylvain Bouchard était déjà celui qui avait sorti des informations privilégiées sur Jeff Plante, par exemple lorsqu’il se lança dans la course à la chefferie de l’ADQ. Eh oui mes chers amis, il semble qu’il s’en passe plus qu’on pourrait le croire dans les coulisses des radios de Québec concernant la droite québécoise lorsque les micros ferment.
Entre autres vomissures supplémentaires, Jeff Plante nous offre une contestation de ce qu’il appelle la sainte-évangile, le dogme des changements climatiques. « Ah non avant c’était réchauffement climatique pis là c’est changements climatiques. » nous dit-il, comme si cet argument avait quelque poids que ce soit. Ça nous montre à quel point nous avons affaire à un dinosaure. Cette droite, ce n’est plus la droite adéquiste, c’est la droite républicaine, celle qui remettra en question même le fait scientifique le plus appuyé dans l’ensemble du domaine des sciences écologiques: le fait que la planète se réchauffe.
Il se plaint aussi de l’intervention de l’état dans nos vies. Entre autres, il conteste le fait que l’état tente de nous convaincre d’aider les vieux à traverser la rue (?????) et de nous convaincre de ne par rouler trop vite en automobile (!).
On assiste donc à une division de la droite au Québec, ce qui ne peut qu’être une bonne nouvelle. Que l’ADQ survive ou non, le mouvement de Jeff Plante contribuera à radicaliser la droite québécoise, ce qui la relèguera probablement bonne dernière aux élections, battue par le Parti Vert et Québec Solidaire. Alors même que Jeff Plante critique le fait que les gens de droite sont isolés au Québec, son initiative et ses idées indigestes pour la majorité des québécois contribueront à l’isoler davantage. Mais je m’arrête là, loin de moi l’idée de le convaincre de s’arrêter; je ne voudrais surtout pas qu’un groupe de droite profite de mes conseils politiques gratuitement. De toute façon, ils n’aiment pas ça la gratuité.
Il est temps de se débarasser des vieux partis comme l’ADQ.
L’ensemble des phrases de cet article ont été adaptées à partir d’attaques faites par les supporteurs et/ou membres de l’ADQ envers le PQ et le PLQ durant les 10 dernières années, ainsi que quelques critiques de journalistes envers le PQ. J’ai seulement inversé les mots PQ/PLQ avec ADQ et vice versa. J’ai aussi changé, par exemple, les mots ‘Mario Dumont’ pour ‘Pauline Marois’, ‘Bernard Landry’ pour ‘Gilles Taillon’ et des mots comme ‘publique’ pour ‘privé’ ou ‘gauche’ pour ‘droite’. Il s’agit d’un petit article humoristique et bien sûr je n’endosse pas l’ensemble des propos, je trouve simplement drôle que ce que l’on pouvait dire du PQ il y a 5 ans, on peut maintenant le dire de l’ADQ.
Je suis vraiment tanné des vieux partis, je suis tanné tanné tanné et surtout de ceux qui sont pris dans une idéologie de droidroite inflexible. Au lieu de s’encrouter dans de vieux partis dogmatiques aux programmes sclérosés comme l’ADQ, voire fossilisés, et qui ne peuvent plus être modifiés par la suite, Pauline Marois, elle, est capable de changer les politiques se son parti du jour au lendemain, quand elle le veut, dès qu’elle perçoit un changement dans l’opinion des gens (1). À mon avis il faut garder en mémoire que le PQ représente la seule voie d’avenir du Québec. L’ADQ ne semble pas avoir la capacité de faire preuve d’innovation en proposant des idées nouvelles pour faire avancer un Québec immobile et statique. Ce vieux parti qu’est l’ADQ manque d’imagination, de vision et de courage. Car ils songent d’abord à être élus avant de prendre en charge la société. (3) Le PQ, contrairement à l’ADQ, nous a présenté la réalité quant à la situation du système de santé. Il n’y a aucune autre alternative qu’un système public pour résoudre les graves problèmes en santé au Québec. Vous pouvez rêver d’un système public à la saveur libéral, où le privé s’infiltre en catimini. Ou alors vous pouvez rêver à un système de santé magique avec l’ADQ et l’intervention miraculeuse du privé qui semble avoir la capacité de faire apparaître des infirmières. Mais de retour dans la réalité, rien ne changera ou à peine (3). C’est sans parlé de l’appui incessant des médias de droite comme ces radio-poubelles. Ça fait déjà depuis quasiment un an que, fouillez-moi pourquoi, fort probablement pour plaire aux amis qui donnent des contrats de pubs de l’ADQ, les radios de Québec et leurs amis travaillent jours et nuits à détruire le PQ et à varger dessus d’une façon hypocrite et délibérée dans leur journalisme jaune et biaisé. (4) Comme l’ADQ n’a toujours eu qu’une seule véritable idée en tête (la destruction de l’état québécois), elle doit faire croire à la population indécise sur cette question qu’elle a d’autres projets, d’autres valeurs. (5) Les adéquistes ne savent plus quoi faire. Ils attendent un chef comme les chrétiens attendent le Messie. Mais voilà, on l’attend depuis plus de 2000 ans, déjà! (5) À l’issue d’une session très difficile pour le gouvernement, c’est l’ADQ et Gilles Taillon qui sont dans le pétrin. Les problèmes du chef adéquiste étaient déjà nombreux. Ils se multiplient depuis vendredi avec la démission d’Éric Caire, de loin le meilleur marqueur de l’ADQ depuis le début de l’année. (9) Oui, on réalise de plus en plus chaque jours que les adéquistes n’aiment pas le leadership de Gilles Taillon. Est-ce son leadership ou son manque de grandes compétences? (5) Déjà au printemps, je disais que Gilles Taillon ne serait pas un miracle. (5) L’homme qui s’est littéralement donné pour l’avènement de la droite, Gilles Taillon, l’homme, a démissionné. Il a abandonné, découragé; non pas parce qu’il n’a guère toléré d’être poussé hors du bateau qu’il avait lui-même co-construit, mais parce qu’il n’acceptait pas les motifs qui faisait de lui un politicien désuet. (6) L’an prochain,le 15 novembre, célèbrera-t-on le départ de Gilles Taillon? Comme plusieurs autres, il n’a pu survivre au monstre mangeur de chefs qu’est l’ADQ! (7) Une semaine difficile pour le chef de l’ADQ. J’imagine que le clan adéquiste table sur un revirement rapide de la situation. (8)
Mais pourquoi s’obstine-t-on à faire voter les ti-vieux Alzeimer? Pour les faire voter ADQ? (2) L’ADQ est devenu le clône du PLQ sur la scène provincial. (10). En plus, certains députés de l’ADQ questionnent ouvertement la pertinence de l’ADQ. (11)
Merci à tous les blogueurs, commenteux de droite, et journalistes spécialisés dans l’analyse des problèmes du PQ pour m’avoir fournis ces merveilleuses phrases qui s’appliquent aujourd’hui à l’ADQ :
(1) http://elodiedmartin.wordpress.com/
(2) http://www.tymmachine.blogspot.com/?cx=partner-pub-…
(3) http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales…
(4) http://droitemonde.blogspot.com/2009/05/la-troisieme-voie.html
(5) http://www.cheznouscestpaspauline.com/category/blogroll
(6) http://quebecblogue.com/archives/2005/07/17/landry-le-kamikaze/
(7) http://lejournaldejeanmelancon.blogspot.com…
(8) http://www.vigile.net/Tel-un-phenix-Boisclair-renaitra-t
(9) http://www.cyberpresse.ca/actualites/…
Éric Caire planifie ses stratégies selon ce qu’il entend dans les radios de Québec.
L’ADQ est le meilleur exemple d’amateurisme politique au Québec depuis le Ralliement créditiste du Québec, qui voulait imprimer de l’argent pour sortir les gens de la pauvreté. Pendant des années encore, les bêtises de ces pionniers de la stupidité politique serviront d’exemple de quoi ne pas faire dans les classes de sciences politiques des universités québécoises. J’ai toujours cru que les stratèges de l’ADQ se tiennent près d’une vieille radio brune avec des crayons et du papier et syntonisent l’un ou l’autre des affreux postes de radios de droite de la ville de Québec dans le but de prendre le pouls de la seule partie de la population qui les supporte encore (les animateurs. de radio. de droite. de Québec). Aujourd’hui je suis tombé par hasard sur une séquence d’évènements qui pourraient bien prouver cela.
Je ne repasserai pas sur le soap opera auquel nous avons eu droit à l’ADQ cette semaine. En résumé, l’ADQ est dans le trouble, Éric Caire a perdu la course à la direction par 1 vote, le deuxième vote de majorité ayant été fait par Infoman au nom d’Omar Bongo, il est fâché, il quitte l’ADQ avec un autre député pour siéger comme indépendant. C’est dans la conférence de presse qu’Éric Caire donnait que j’ai été choqué par un premier détail. Éric Caire nous informe de manière très classique de la situation: il quitte l’ADQ, il siège comme indépendant, il reste ouvert à intégrer d’autres partis à la prochaine élection, etc… Mais les journalistes nous rapportent une partie de la conférence de presse qui me semble complètement out of nowhere. Mais vraiment out of nowhere. Voici comment Antoine Robitaille du Devoir nous rapporte la chose :
Quant à l’idée selon laquelle Éric Caire songerait à fonder un nouveau parti, le principal intéressé n’a pas semblé très enthousiaste, hier. Il a décrit la tâche comme étant au-dessus de ses forces: «Ce n’est certainement pas M. Picard et moi qui serons les seuls instigateurs de ça. Ça va prendre une volonté très forte, parce qu’organiser un parti politique, financer un parti politique, structurer un parti politique, recruter des candidats, élaborer un programme, c’est un travail qui est colossal.»
Il a toutefois lancé un appel du pied à des personnes en vue: «J’espère [...] que les lucides vont arrêter d’être des gérants d’estrade puis vont sauter sur la patinoire. Si vraiment ils croient [...] à leur manifeste, bien il va falloir qu’ils aillent un peu plus loin.»
Pour ce qui est du premier paragraphe, je suis d’accord: impossible de créer un 5e parti au Québec. 4 c’est déjà trop. Mais c’est le deuxième paragraphe qui m’a frappé. Éric Caire lance un appel à … à qui ? à Superman ? à Alice au pays des merveilles ? Non. Aux Lucides. (je clique sur la date et heure de mon ordinateur et je vérifie bien qu’on est en 2009). Éric Caire lance un appel aux lucides, alors qu’il quitte l’ADQ, en 2009. Il n’y a qu’une expression pour exprimer mes émotions quand je lis ce bout de texte, et c’est une expression anglaise : WTF ?!? C’était aussi la réaction de Pierre Fortin, un des lucides, qui était surpris qu’un tel appel soit lancé aux signataires d’un texte écrit il y a 4 ans et dont on n’a jamais entendu parler depuis :
Joint hier soir, un des signataires du manifeste des lucides, l’économiste Pierre Fortin, semblait surpris des propos d’Éric Caire. «Des gérants d’estrade, ça chiale à chaque match du Canadien. Nous, on n’a presque pas dit un mot depuis quatre ans!» M. Fortin ne voit vraiment pas la tête d’affiche principale du groupe, Lucien Bouchard, se lancer «dans une troisième carrière».
Mais où Éric Caire a-t-il pris l’idée complètement folle que les lucides pourraient revenir tels des superhéros en politique pour s’associer à un parti de gérants de stations-services et de clubs vidéos de droite ? C’est fou. Ça ne fait aucun sens. Les gens du manifeste des lucides sont complètement inactifs en politique depuis des années. Ils profitent de leur »retraite » de la vie politique (et je serais le dernier à leur demander de revenir). Par quel genre de processus maudit quelqu’un a-t-il entré cette idée dans la tête d’Éric Caire.
C’était l’état de mon questionnement ce soir. C’est en me baladant sur Internet que je suis tombé complètement pas hasard sur un extrait d’une émission de Sylvain Bouchard sur la station de radio FM93, de Québec. Il faut l’écouter. Il faut l’écouter en entier.
L’extrait a été enregistré le 3 novembre 2009. Le psychodrame de la démission d’Éric Caire n’avait donc pas encore eu lieu. À 2:34, l’animateur Sylvain Bouchard dit :
Moi je pense qu’il faut qu’il siège comme indépendant.
3 jours plus tard, Éric Caire annonce qu’il siègera comme indépendant. Bon, disons qu’il s’agit de stratégie politique générale, ce n’est pas si exceptionnel que ça.
À 2:50, l’animateur de l’émission dit:
Et là il aurait les coudées franches pour peut-être regarder dans l’avenir, moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que la anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça.
3 jours plus tard, Éric Caire dit qu’il ne pense pas fonder un nouveau parti. Sens commun me direz-vous, normal qu’Éric Caire pense la même chose que l’animateur de radio, c’est ce que tout le monde pense. D’accord.
Mais le clou du spectacle est à 3:10 :
Ouvrons les horizons, à même d’anciens péquistes, des libéraux, n’importe qui. Y’en a plein des gens dans le PQ actuellement qui sont plus à droite et malheureux. Y’a des anciens péquistes qui sont sortis du parti qu’on a découvert qu’ils n’étaient pas si à gauche que ça. Des Joseph Facal, des Jacques Brassard, des Lucien Bouchard, des François Legault.
Et à 5:10, Sylvain Légaré semble se plaindre du fait que des gens comme Joseph Facal ne se soient pas joints au parti pendant la course à la direction de l’ADQ.
Dans un monde idéal là, un monsieur comme Facal ou des gens de cette trempe là, à la fin de la course tu te dis y vont se greffer à nous, mais ça s’est pas produit.
Intéressant. Joseph Facal et Lucien Bouchard : les têtes d’affiches ayant signé le manifeste des lucides. Jacques Brassard et François Legault, des gens connus pour faire parti du volet économique péquiste ou anciennement péquiste. Le premier aurait probablement signé le manifeste si on lui avait offert, et le deuxième l’aurait probablement signé s’il avait eu la liberté politique de le faire.
Donc dans un extrait de radio de 3 minutes daté du 3 novembre 2009, on entend un animateur dire qu’Éric Caire devrait siéger indépendant, qu’il ne devrait pas se lancer dans la création d’un nouveau parti, et qu’il serait intéressant que les lucides se mêlent activement de la politique. 3 jours plus tard, le vendredi 6 novembre 2009, Éric Caire fait une conférence de presse dans laquelle il annonce qu’il siégera indépendant, qu’il ne se lancera pas dans la création d’un nouveau parti, et qu’il serait intéressant que les lucides se mêlent activement de la politique. Argumentez comme vous voulez sur le fait que les 2 premières correspondances relèvent du hasard. Mais l’idée du retour des lucides, jamais dans 100 ans. Cette idée folle qu’Éric Caire a lâché out of nowhere en fin de conférence de presse, qui ne faisait aucun sens, elle a été inspirée par un animateur. de radio. de droite. de Québec.
le TViste
Pierre Côté et son nouveau type de journalisme.
Je connaissais les tweets de Pierre Côté et je savais qu’il avait une option ’suivez-moi live sur une map Google’, que je trouvais bizarre. Je n’en savais pas plus sur lui, mais une discussion sur son blog avec Patrick Lagacé (kick1972) m’a amené à découvrir son projet RealTime Réalité. La discussion avec Patrick Lagacé, en gros, c’est que Pierre Côté voulait faire une entrevue avec Patrick Lagacé. Patrick Lagacé a refusé en disant qu’il ne pouvait parler au nom de tout ses collègues en grève en pleine négociation alors qu’il n’est pas représentant syndical. Pierre Côté a ensuite dit à Patrick Lagacé que son journalisme était en train de mourir, suggérant que c’était le journalisme de Pierre Côté qui allait remplacer la vieille méthode.
Ça a piqué ma curiosité et j’ai commencé à visionner quelques vidéos sur son blog. Extrêmement intéressant. En gros le principe est le suivant: on peut suivre Pierre Côté 24 heures sur 24. Nos dons Paypal contribuent à son salaire. De son côté, il se promène d’évènement en évènement pour filmer les discours des politiciens, les vaccinations H1N1, n’importe quoi! Pour ceux qui n’ont pas besoin de le suivre en »Realtime », les vidéos sont mis sur qik (une sorte de YouTube), le tout accessible gratuitement. Résultat : Plutôt que d’avoir la petite ‘cut’ de 10 secondes de Jean Charest ou Louise Harel qui prononcent leur punch line, on a tout. Il semble que Pierre Côté porte la caméra à sa tête ou quelque chose du genre, en tout cas on le voit entrer dans la conférence de presse, on le voit attendre avec les journalistes, on voit les responsables des communications des politiciens préparer la scène, on voit l’arrivée des politiciens, on voit l’ensemble du discours des politiciens, on voit les questions posées par les journalistes, on voit le visage des journalistes quand ils posent les questions. Ça c’est intéressant. J’adore le fait que l’information est ainsi libérée; une information avec un filtre journalistique bien sûr puisque Pierre Côté, en choisissant les évènements qu’il filme, impose un certain filtre, mais l’information est tellement moins filtrée qu’à l’habitude qu’on se sent rafraîchit des vieilles rengaines journalistiques habituelles, des formules toutes faites qu’on a l’impression d’avoir entendu 20 fois.
Patrick Lagacé, dans son commentaire, crache littéralement sur le style :
[...] c’est en essence un croisement entre les morceaux de tape qui n’ont pas trouvé leur place vers la diffusion d »Occupation Double et filmer le boucher qui fait de la saucisse.
C’est vrai que le matériel est brut, mais je sais pas pour vous, moi je préfère ça. Sérieusement, ce qu’une jeune journaliste de 25 ans, aussi sexy soit-elle, veut me dire devant une file d’attente pour la vaccination H1N1, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Un bon footage bien filmé de l’évènement, sans trop de description, ça m’intéresse. Après s’il y a des longueurs, pas de problèmes je peux jouer avec le curseur du vidéo et passer sur les parties qui ne m’intéressent pas. Au moins j’ai un vidéo complet, et si je me pose la question »Qu’est-ce que madame Harel avait reçu comme question du journaliste avant de faire cette déclaration ? » eh bien je peux facilement le savoir.
Patrick Lagacé continue son attaque :
Le journalisme meurt ? « Ton » journalisme en direct où le BIP de la boîte vocale d’un PR qu’on appelle « fait partie de l’histoire », comme quatre minutes à voir une reporter de CBC répéter son stand-up sur Saint-Laurent, bruits de truck en prime, c’est ça, le nouveau monde du journalisme ?
Oui Monsieur Lagacé. Pourquoi pas ? Les médias se sont toujours dirigés vers une offre de l’évènement de plus en plus brut. Des pamphlétaires du 19e siècle jusqu’à la prétention à l’objectivité dans les histoires racontées dans la presse écrite du 20e siècle. Puis les nouvelles télévisées du soir qui montrent carrément l’évènement. Puis les chaînes de nouvelles en continue qui nous montrent l’évènement en live. Les gens sont intéressés à la réalité. Les gens sont intéressés à voir le comportement d’un politicien qui est en train de se placer pour faire son discours. Pourquoi le journaliste devrait-il cutter le discours d’un politicien selon ce qu’il juge intéressant ? Pourquoi le citoyen n’aurait pas droit de sélectionner les parties du discours qui l’intéresse ? Et pourquoi ne pourrait-il pas écouter l’ensemble du discours quand ça lui plaît ?
Patrick Lagacé accuse ensuite Pierre Côté de ne pas savoir ce dont il parle :
Comme tu ne comprends rien quand tu écris que les syndicats de La Presse « cachent » de l’information, en refusant de te parler pour commenter les négos.
C’est que Pierre Côté accusait les syndicats de La Presse de refuser de lui accorder une entrevue, ou de lui donner accès à un journaliste qui pourrait répondre à ses questions pendant 5 à 10 minutes. Patrick Lagacé dit qu’il ne s’agit pas de contrôle de l’information, que c’est simplement que le sujet de La Presse n’intéresse personne. Pas d’accord Monsieur Lagacé. Refuser toute forme de contact avec quelqu’un, lui empêcher l’accès à un employé c’est du contrôle de l’information. Alors quand Pierre Côté dit que les syndicats contrôlent l’information qui sort, c’est vrai. On peut être pour ou contre, mais il a raison. On peut dire que c’est un contrôle acceptable. Mais c’est un contrôle. Et c’est vrai que dans le monde du journalisme on va snobber les journalistes citoyens, et pas à peu près. C’est vrai qu’on va leur mettre tous les bâtons possibles dans les roues. Vous l’avez dit vous-mêmes dans une entrevue avec Christiane Charrette et le blogueur de la Clique du Plateau, le simple fait que vous ayez participé à une émission de radio avec un membre de la blogosphère non-corporative et non-journalistique vous fera passer pour un traître auprès de vos collègues. Si l’aristocratie journalistique est prête ainsi à réprimander un de leur membre pour simplement avoir osé adresser la parole à un blogueur, j’imagine qu’ils ne seront pas particulièrement intéressés à répondre aux questions d’un blogueur journaliste-citoyen. De là le contrôle de l’information, et de là les difficultés auxquelles Pierre Côté devra faire face, toujours pris à justifier son existence alors qu’un journaliste de La Presse n’a jamais à le faire. On en voit en masse des exemples de ça. Pendant l’attente de Louise Harel, il faut voir les communicateux et journalistes corporatifs demander avec scepticisme à Pierre Côté : ‘C’est pourquoi ça ?’.
Enfin de l’innovation. Enfin quelque chose de rafraîchissant dans le monde du reportage, un monde si longtemps paralysé par la stupidité, le vide, et le sensationnalisme. Est-ce que c’est LE journalisme du futur ? Franchement, je n’aurais pas de misère à le croire. L’aristocratie journalistique corporative ne pourra s’en vouloir qu’à elle-même si elle se fait dépasser par ce que Patrick Lagacé appelle des bouts de tape inintéressants.
Roman Polanski, Pédophilie et art, Europe vs Amérique
La récente histoire judiciaire avec Roman Polanski m’a rappelé un extrait de la télé française que j’avais écouté il y a quelques années. L’extrait nous montre à quel point la vision de la pédophilie peut être différente en Europe qu’en Amérique. C’est aussi sur le thème de cette différence que portait un récent papier par Stéphane Baillargeon dans Le Devoir. Le journaliste y fait une liste assez exhaustive des différentes réactions des politiciens en Europe qui sont en contraste total avec les réactions des éditorialistes américains.
L’extrait vient d’une émission qui s’appelle On n’est pas couchés, il s’agit de l’émission du dimanche en France, qui remplaça Tout le monde en parle. Les invités sont généralement des politiciens, des artistes, des auteurs, qui viennent défendre leurs œuvres devant les critiques de l’émission : Éric Zemmour, Éric Nauleau, et Michel Polac (qui est maintenant décédé). Voici l’extrait :
En gros, Michel Polac, qui est critique dans cette émission, commence par critiquer le livre de l’invitée Daniela Lumbroso. Il dit ensuite se sentir obligé de déclarer ce qui le lit à l’invitée, une histoire s’étant passée il y a quelques années alors que Michel Polac publiait son journal. Dans celui-ci, il était écrit que Michel Polac s’était déjà masturbé sur un jeune homme de 10 ou 11 ans alors qu’il en avait 40 :
Oui, j’ai vécu cela à 14 ans avec I. J’ai défailli comme on disait au XVIIIe siècle, rien qu’en frôlant son ventre nu avec mon ventre. (…) De même avec un autre I. à 28 ans, il avait 18 ans environ, mais ce fut moins foudroyant car je l’avais pris pour un tapin : et enfin à 40 ans, avec ce curieux gamin un peu bizarre, sauvage, farouche, un rien demeuré, fils de paysan, orphelin peut-être, qui devait avoir 10, 11 ans, peut-être moins, et qui m’a si étrangement provoqué jusqu’à se coucher nu dans ma chambre d’hôtel en me racontant une obscure histoire de relation sexuelle avec un homme de son entourage et je me suis rapproché de lui, et il était nu sur le côté, et j’ai seulement baissé mon pantalon et ai collé mon ventre contre son cul, et j’ai déchargé aussitôt, en une seconde, dans un éblouissement terrible, et il a eu un petit rire surpris comme s’il s’attendait à ce que je le pénètre, il paraissait si expérimenté, si précocement instruit, tout en ignorant ce que cela signifiait, tout en étant capable de préciser ce qu’il savait ou voulait.
Or dans le vidéo, quelle est la défense de Michel Polac ? Il dit tout d’abord que l’invitée est une conne glacée, qu’elle ne sait pas lire, qu’elle est de mauvaise foi, qu’elle est une nunuche, qu’elle s’est attardée à 10 lignes plutôt qu’au livre en entier. Tout ça ne constitue pas une défense terrible. Si l’acte a été fait, il a été fait, peu importe l’importance en proportion dans son journal. Quand Michel Polac affirme qu’elle ment sur l’extrait, l’invitée dit : ‘Mais si, vous allez le retrouver.’ et Laurent Ruquier, l’animateur, lance une blague : ‘Retrouver le petit garçon, peut-être pas!’. Et quelle a été la réaction des français à la révélation de cette information sur Michel Polac ?
J’ai demandé à mon ami français. Ça n’a pas scandalisé les gens de savoir ça ? Il a pu garder son poste ? J’ai soulevé l’exemple de Gilles Proulx, ici, qui avait été congédié parce qu’il avait soulevé la possibilité une fois qu’une victime de viol l’avait cherché. Mon ami français m’a répondu ceci : ‘Tu sais, c’est Michel Polac, et puis il était vieux alors on allait quand même pas se lancer dans une chasse à la sorcière, personne ne voulait s’en prendre à lui de toute façon et c’est normal.’
On est pas loin de l’argumentaire des défendeurs de Roman Polanski comme Christian Mistral. Ces gens ne cessent de nous rappeler que les évènements se sont passés il y a 30 ans. Ils ne cessent de victimiser le criminel. Ils nous rappellent dans chacun de leurs argumentaires que Roman Polanski était un grand homme qui allait chercher son Prix, pire encore, ils traitent les gens qui sont pour l’application de la justice d’incultes ou, disent-ils, nous sommes confus (écouter à partir de 15:00).
Tout ça s’ajoute aux auteurs européens tels que Frédéric Mitterand (aussi ministre de la culture) qui décrit sa participation au tourisme sexuel avec de »jeunes garçons » : son gouvernement le supporte, les »jeunes garçons » en question étaient tous majeurs disent-ils.
Est-ce faire un amalgame que de parler de tout ces évènements tel que le suggère Frédéric Beigbeder ? Je ne crois pas. Si les artistes et auteurs européens ne veulent pas être associés à ces actes de pédophilie, ils devraient simplement prendre position contre les pédophiles, sans laisser de doute. C’est ce que plusieurs artistes québécois avaient fait suite à l’annonce que Guy Cloutier était pédophile. Ils se sont dissociés publiquement, et aujourd’hui on ne se souvient même plus qu’ils avaient déjà été amis. En prenant la défense d’accusés dans des histoires judiciaires en cours, les artistes qui prennent position publiquement risquent de laisser croire au public qu’ils ne considèrent pas la pédophilie comme un crime grave. Qu’ils cessent de nous accuser de faire des amalgames et d’être confus quand c’est eux-mêmes qui amplifient cette confusion.
Celui qui est confus si vous voulez mon avis, c’est Christian Mistral quand il fait l’apologie du bon vieux temps dans cet extrait (18:30). Il y a 25 ans, dit-il, c’était une autre époque. Le crime commis par Roman Polanski n’était pas vu comme aussi grave à l’époque et il ne faut pas juger un vieux crime avec les critères d’aujourd’hui. Wow. On en vient presque à espérer que le Doc Mailloux revienne nous crier après à la radio qu’il reste un fond d’appui latent aux pédophiles au Québec.
le TViste
Christian Mistral: un écrivain raté qui s’acharne sur les lecteurs de son blog.
Christian Mistral est l’écrivain (si votre définition d’écrivain se limite à quelqu’un qui écrit des livres) qui s’était ridiculisé en 2008 à Tout le monde en parle. Pour ceux qui ont la mémoire courte, voici des extraits :
http://www.youtube.com/watch?v=8ou8Tf3S5Hk
http://www.youtube.com/watch?v=9JqCNdYj5eg
Dès l’entrevue, on comprenait bien que l’homme n’acceptait pas l’opposition. Alors qu’il venait de divaguer sur certaines questions qu’il n’aurait pas voulu posées par Guy A. Lepage, la journaliste présente à l’émission lui demandait : quelles sont ces questions que vous ne voulez pas qu’il pose ? Il lui répondait avec violence ‘on a pas élevé les cochons ensemble à ce que je sache’, lui demandant de ne pas continuer à le questionner sur ces secrets qu’il prétendait lui-même cacher. Ensuite, il disait qu’il avait au moins une quinzaine de secrets qu’il ne voulait pas révéler. Ce qu’il y a de plus drôle, c’est qu’il avait déjà parlé à la journaliste au début de l’entrevue et ses questions ne semblaient pas le déranger. C’est seulement quand elle s’est mise à le questionner sérieusement qu’il a répondu avec violence. On apprenait aussi lors de cette entrevue qu’il avait été condamné 4 fois entre 1994 et 1996 pour des actes violents envers une femme. ‘Êtes-vous sûr que c’était 4, je croyais que c’était 3′, disait-il nonchallament. Plus tard dans l’entrevue, il comparait Éric Lapointe à une vidange (après quoi il s’excusait en disant qu’il voulait faire une blague avec ‘vie d’ange’).
Or les instincts de censeur du Mistral ne ressortent pas seulement lorsqu’il est contrarié à la télévision, il semble que sur le Net ce soit la même chose. Son blog est depuis quelques temps sous surveillance par Blogger, le service de blogs gratuits de Google, si bien qu’il est impossible d’accéder au blog sans visionner un avertissement qui nous apprend que plusieurs plaintes indiquent que le site contient des propos offensants, et qu’en y accédant nous comprenons bien que ces propos ne sont pas endossés par Blogger. Personnellement, c’est la première fois que je vois Blogger aller aussi loin. Mais ce n’est pas tout : le Mistral se donne le droit de censurer les messages qui vont contre sa propre opinion. Ainsi, lorsque l’on écrit un commentaire sur ce blog, on doit attendre quelques jours afin que le Mistral prenne le temps de les lire, et qu’il décide soit de les jeter aux poubelles, dans les cas où il est contrarié, soit de le publier dans les cas où les propos vont dans le sens qu’il veut bien. Dans un article récent, il offrait son support à Roman Polanski en laissant croire que la pédophilie n’était pas un crime grave, surtout quand ça fait des années et que le juge impliqué dans la décision est un gros méchant. Et encore plus quand le criminel est un Artiste. Certains détails sur l’histoire Polanski n’étaient pas vraiment exposés dans l’article; entre autres le fait que Roman Polanski a lui-même plaidé coupable pour ces crimes avant de fuir la justice. J’ai donc cru bon écrire un premier commentaire pour indiquer mon désaccord avec cet appui :
Vous vous rabaissez en soutenant ainsi aveuglément quelqu’un qui est suspecté d’un crime grave. Il suffit de laisser le procès se dérouler normalement, et s’il est trouvé coupable, la dernière chose à faire serait de justifier ces crimes par son statu.
L’écrivain répond par un brouillon rempli de métaphores plus ou moins pertinentes :
Fascinant. Votre commentaire est irréprochable, en phase parfaite avec à peu près tous les autres qu’on peut lire à peu près partout en blogosphère occidentale, rédigés en langues romanes, saxonnes ou scandinaves, depuis le refus obtus de s’informer des faits jusqu’à l’impératif pleutre paraphe pseudonymisé que pissous et poltrons de tous poils préfèrent à leurs propres patronymes.
Mais vous vous distinguez du troupeau pavlovien de perroquets parlants dont les pets répétés passent pour libre-pensée: en effet, vous êtes le premier à prétendre en plus que moi, MOI je prendrais position aveuglément!
Pauvre Polanski, pris en pleine hystérie de potences, prisons perpétuelles, pendaisons publiques et autres punitions populaires. Doit s’ennuyer de la Pologne éviscérée. Doit réaliser qu’en vérité le fascisme a gagné…
Le Mistral pense au pauvre Polanski plutôt qu’à la pauvre victime. Une sorte de solidarité syndicale entre ex-criminels j’imagine. J’ai répondu de manière très polie à son commentaire impertinent en expliquant plus clairement mon point de vue et j’ai attendu. 1 jour. 2 jours. Finalement d’autres commentaires publiés plus tard que le mien ont commencé à apparaître sur le site. J’ai compris que je venais d’être victime de censure. Par un écrivain. Plutôt paradoxal. Je ne publierai pas le commentaire censuré ici puisque je n’avais pas gardé de copie de sauvegarde (je suis naif, j’ai tendance à croire qu’on ne peut être censuré en 2009 au Québec). En gros, j’expliquais qu’il fallait laisser le système de justice analyser la question et que c’est l’essence même de la justice que de s’appliquer de manière égale à tout le monde.
Jusque là j’avais accumulé assez envers cet homme pour en parler brièvement dans un article, mais ce soir il a dépassé les bornes. Dans un article récent d’analyse politique bidon dans lequel il prétend que Denis Coderre deviendra premier ministre du Québec et fera l’indépendance du Québec, Noisette Sociale a fait un commentaire, rien de méchant :
Je crois moi aussi que si l’indépendance arrive un jour, elle arrivera probablement de la manière dont on s’en attend le moins… Par contre, je ne nous souhaite pas Denis Coderre comme premier ministre du Québec. Je n’en voudrais pas non plus comme maire, ni même comme commissaire scolaire.
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Et le Mistral de répondre :
Les dix derniers premiers ministres, t’en aurais pas voulu non plus, pas pu les imaginer, les concevoir, les absorber, anyway farme donc ta yeule pis réfléchis pis après viens parler.
Beaucoup de classe cet écrivain. Au fond c’est peut-être Renart l’éveillé qui a trouvé le commentaire le plus pertinent face à toute cette violence :
…
le TViste
Jacques Demers: notre honte nationale au sénat.
Jacques Demers est passé à Tout le monde en parle hier et les rapaces si sauvages lorsqu’il s’agit de gars comme Jeff Fillion ont décidé qu’il y passait sans trop de difficultés. La première chose qu’on apprend dans cette entrevue c’est que Jacques Demers ne prend position pour aucun parti mais qu’il voue une loyauté totale à Stephen Harper à cause que »c’est lui qui a fait de [Jacques Demers] un sénateur ». En gros Stephen Harper est tellement désespéré quant à sa situation au Québec qu’il en est rendu à acheter ses votes un par un au coût de 130,000$ / année, pris directement dans votre poche de contribuable. Grosse réflexion politique : Ah il m’a donné une job alors je vais voter pour lui. C’est ainsi que les systèmes les plus injustes et les plus corrompus de l’histoire de l’humanité ont été maintenus pendant des millénaires, et Jacques Demers, tel un mollusque apolitique, ne fait pas entorse à la tradition. Jacques Demers nous innonde ensuite de ses bonnes intentions : il est là pour représenter les enfants abusés et les analphabètes au sénat. Mais on s’aperçoit vite que les chemins de l’enfer sont pavés de bonne volonté : Jacques Demers nous expose sa pensée politique (si pensée il y a) lors d’une entrevue d’un format très pertinent menée par Guy A. Lepage.
Êtes-vous pour ou contre l’avortement ?
Jacques Demers a été bien briefé, et il ne prend position sur rien très clairement. Il dit qu’il aimerait d’abord étudier au cas par cas. »Voir le dossier ». Monsieur Demers, ce genre de réaction est innaceptable au Québec. La politique publique du Québec depuis plus de 40 ans c’est d’offrir un accès libre à l’avortement indépendamment du dossier; indépendamment des idées religieuses préconçues (le fait que vous spécifiez être catholique en début de réponse est très inquiétant); et finalement indépendamment de ce que tout sénateur a à dire sur la question. En ce sens votre réponse est totalement dans la lignée du parti conservateur : on ne prend pas position mais on travaille progressivement et sournoisement pour nuire à l’accessibilité. Une personne qui n’est pas capable d’affirmer clairement qu’elle est pour l’accès à l’avortement dans une phrase simple et sans équivoque n’est pas digne de représenter le Québec à un parlement.
Êtes-vous pour ou contre la peine de mort ?
À cette question, la maladresse et le manque de connaissances de Jacques Demers sont à faire rire ou à faire pleurer, c’est vous qui choisissez. Le Québec et le Canada ont choisi d’abolir la peine de mort. C’est une question réglée et même si il n’est pas interdit de ramener le débat, c’est complètement ridicule comme sénateur de dire : Ah oui moi ce qui me touche, ce sont les abuseurs d’enfants et dans ces cas-là je ramènerais la peine de mort. Vive le moyen-âge, moi ce qui me touche ce sont les meurtriers en série, est-ce que je peux les tuer ? Ah moi je préfère les fraudeurs financiers, je peux les tuer ? Non moi je trouve que ce sont les gens accusés de sorcellerie qu’on devrait tuer. La peine de mort à la carte, votez pour votre préféré. 1$ par appel.
Le sénat n’est-il pas une institution désuète ?
Ici Jacques Demers nous donne une belle grosse réponse de joueur de hockey : Non Dany, je te jure que j’y suis allé et que j’ai vu que les gars travaillaient pour vrai. Phoauoauauoauaouaoua. Monsieur Demers, un hamster qui coure dans une roue, ça travaille fort, pourtant ça ne fait pas avancer l’humanité. Le sénat est tellement désuet qu’il n’a plus personne qui défende son maintien tel qu’il est présentement. Votre propre chef Stephen Harper a en partie basé sa popularité sur ses promesses de réforme du sénat. On le voit clairement dans votre réponse, vous n’avez pas les capacités intellectuelles nécessaires à une vraie réflexion sur le sénat et c’est en nommant des gens comme vous sénateurs que l’on s’assure que l’institution ne sera jamais remise en question de l’intérieur.
Si l’homme a des difficultés à comprendre et à fournir des réponses simples à des concepts simples tels que l’avortement, la peine de mort, et la désuétude du sénat, imaginez quand viendront les vraies questions de démocratie comme avec la loi C-61 qui permet aux multinationales de la musique de poursuivre des citoyens canadiens pour des dizaines de milliers de dollars pour avoir téléchargé une seule chanson en mp3 sur Internet. Comme on dit, on est dans marde.
P.S. Pas fort cette publicité sur laquelle on voit Jacques Demers recommander ‘Le centre du camion’ et sur laquelle on peut lire : Dites-leur que c’est le COACH et SÉNATEUR qui vous envoit. Jacques Demers vient de créer un précédent : un sénateur peut maintenant utiliser son poste de sénateur pour promouvoir certaines compagnies. Jacques Demers se retirera-t-il du vote si une loi concernant l’industrie des voitures ou camions est présentée au sénat ?
Taux de participation et hypocrisie québécoise.
Je ne souscris pas aux analyses des journalistes, des commenteux de nouvelles, et des commenteux en herbe qui écrivent dans les pages d’opinions des journaux pour dire que le bas taux de participation de la dernière élection est dû au cynisme, à l’incapacité des jeunes à se retrouver dans les politiques, à l’absence de la représentation proportionnelle, et autres conneries.
Les gens savaient très bien que les sondages indiquaient Jean Charest comme gagnant. Et ça leur convenait. Ça ne les dérangeait pas trop que les libéraux soient majoritaires. En n’allant pas voter, ils ont clairement pris position pour la réélection de Jean Charest pour un autre 4 ans de souffrances. C’est ça l’hypocrisie québécoise : on ne veut pas dire qu’on a voté Charest, alors on le laisse passer en n’allant pas voter, sachant très bien que sa machine de vote et son électorat sont bien préprogrammés à voter libéral depuis 50 ans et pour les 500 prochaines années. Les analystes politiques eux-mêmes vous le diront : le nombre absolu de votes libéraux ne change pas d’années en années. C’est le vote pour les autres qui varie et qui fait en sorte que l’on perd ou que l’on gagne. En n’allant pas voter, les Marie-France Bazzo de ce monde se placent en situation très pratique pour leur propre personne : ils ne peuvent être accusés d’avoir voter libéral, mais ils savent bien que ce faisant ils assurent une victoire aux libéraux. Bande d’hypocrites, vous nuisez au Québec, ayez au moins le courage de l’assumer et d’aller voter pour votre parti préféré : le parti libéral.
Mais il y a pire encore, il y a le discours des jovialistes recycleux de canettes de jus qui se félicitent d’avoir enfin envoyé un député de Québec Solidaire à l’assemblée nationale. Pas suprenant que Jean Charest nous félicite de cet ‘ajout important aux voix démocratiques de l’assemblée nationale’, il sait très bien que Québec solidaire ne peut que piger dans l’électorat du Parti Québécois, et ça l’arrengerait bien si un pourcentage de péquistes à la prochaine élection passeraient du côté QS. Aussi bien élire le parti libéral pour les 20 prochaines années la prochaine fois, ça nous éviterait du trouble à chaque 4 ans. Et qu’est-ce que vous pensez qu’Amir Khadir va apporter à l’assemblée nationale ? Une vision de gauche ? On en a une depuis presque 40 ans une vision de gauche à l’assemblée nationale et ça s’appelle le Parti Québécois. C’est lui qui nous a ammené plusieurs droits syndicaux, plusieurs projets hydro-électriques dont Hydro-Québec International et le transfert de 50% des dividendes d’Hydro-Québec au gouvernement québécois, les garderies à 5$, la Société de l’assurance automobile, la loi sur le financement public des partis politiques, et la Charte de la langue française. Amir Khadir va nous dire ce que l’on sait déjà : que si on mettait plus d’argent dans les écoles, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent dans les hopitaux, elles seraient meilleures, que si on mettait plus d’argent pour les itinérants, il y en aurait moins, que si on mettait plus d’argent dans les éoliennes, on aurait plus d’électricité. Les grands politiciens de gauche, ce ne sont pas ceux qui ont nécéssairement eu de la compassion pour tout le monde et qui ont voulu distribuer de l’argent à droite et à gauche, souvent ce sont plutôt ceux qui ont su faire faire aux québécois, dans les limites du réel et avec les moyens que l’on a, des progrès significatifs soit en améliorant leurs conditions de vie ou leur richesse collective. En passant, pour ceux qui l’auraient oublié, Pauline Marois fait partie de ce groupe.
Pour les quelques illuminés d’entre vous qui croient que Françoise David et Amir Khadir croient en la diversité des voix à l’assemblée nationale, lisez donc cette déclaration qu’a faite Françoise David au Journal Métro de Montréal le jour de l’élection :
« Si on peut dire ‘exit’ l’ADQ, je me dirai que cette élection n’a pas été inutile [...] «
Vous voyez bien que la seule diversité des voix qui intéresse Mme David, c’est la diversité de sa propre voix. De plus il semble qu’elle ait renchéri lors de son discours. Eh bien mes amis, vous l’avez eu votre diversité. Vous avez un beau petit député de Québec solidaire dans votre chère assemblée nationale. Maintenant payez vos frais scolaires augmentés, et vos factures d’électricité qui grimpent, parce qu’après tout vous avez quand même élu un gouvernement du parti libéral.
le TViste
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