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La suggestion de Gérald Larose.

Lundi, 22 février, 2010
publié par le TViste 3:28

Gérald Larose a lancé une idée récemment suite au livre pro-diffusion des signes religieux de Charles Taylor: si il y a une liberté de religion, il y a aussi une liberté de conscience politique, et ces deux droits sont d’égal importance selon la Charte. Alors l’ensemble des recommandations de Charles Taylor s’appliquent non seulement au religieux mais aussi au politique. Il propose donc de prendre le texte de Charles Taylor et Jocelyn Maclure et de remplacer les termes religieux par des termes politiques. Comme il n’a pas pu le faire dans son billet, je vous le fait ici. Je crois que c’est assez pour donner la frousse aux tenants de la diffusion par les employés de l’état de leur propagande religieuse sur les heures de travail. J’ai mis en italique les mots qui ont été changés :

La raison le plus souvent invoquée pour interdire le port de macarons politiques par les agents de l’État est que ceux-ci représentent l’État et doivent conséquemment incarner les valeurs dont il fait la promotion. L’État étant théoriquement neutre par rapport aux différentes appartenances politiques des citoyens, ses représentants doivent se faire l’exemple de cette neutralité.(…)

Il importe à ce stade de rappeler, avant d’examiner cet argument de plus près, que l’interdiction pour les agents de l’État de porter des macarons et casquettes politiques a un prix double, à savoir la restriction de la liberté de conscience et d’appartenance politique des personnes visées, mais aussi, potentiellement, celle de l’égalité dans l’accès aux emplois de la fonction publique et parapublique. Or, si aucun droit n’est absolu, une démocratie libérale doit toujours avoir des raisons fortes pour porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux.

Est-ce que l’apparence de neutralité visée par la règle interdisant le port de macarons et casquettes politiques visibles chez les agents de l’État constitue une raison forte?

Si l’apparence de neutralité est importante, nous ne croyons pas qu’elle justifie une règle générale interdisant le port de macarons et t-shirt politiques visibles chez les agents de l’État. Ce qui importe avant tout est que ceux-ci fassent preuve d’impartialité dans l’exercice de leurs fonctions. Un employé de l’État doit chercher à accomplir la mission attribuée par le législateur à l’institution qu’il sert; ses actes ne doivent lui être dictés ni par ses croyances politiques ni par ses croyances philosophiques, mais par la volonté de réaliser les finalités associées au poste qu’il occupe. Or, pourquoi penser que la personne qui porte sur elle un t-shirt du parti québécois est moins susceptible de faire preuve d’impartialité, de professionnalisme et de loyauté envers l’institution que la personne qui n’en porte pas? Pourquoi, alors, nous arrêter aux manifestations extérieures de l’opinion politique?

Ne devrait-on pas aussi, en toute logique, exiger des employés de l’État qu’ils renoncent à toutes convictions de conscience, instaurant ainsi une version moderne du serment du Test? Ce serait évidemment absurde. On voit mal pourquoi il faudrait penser, a priori, que ceux qui affichent leur appartenance politique sont moins capables de faire la part des choses que ceux dont les convictions de conscience ne sont pas extériorisées ou le sont de façon moins visible (pensons au port du petit macaron ‘Je suis souverainiste’). Pourquoi refuser la présomption d’impartialité à l’un et l’accorder à l’autre?

Les agents de l’État doivent être évalués à la lumière de leurs actes. Font-ils preuve d’impartialité dans l’exercice de leurs fonctions? Leurs allégeances politiques interfèrent-elles avec l’exercice de leur jugement professionnel? Il est possible d’évaluer la neutralité des actes posés par les agents de l’État sans restreindre de façon systématique leur liberté de conscience et d’appartenance politique. Par exemple, ce qu’il faudrait proscrire, dans le cas d’un employé portant un drapeau canadien comme veston et faisant du prosélytisme au travail, ce serait le prosélytisme et non le port du drapeau canadien recouvrant tout son corps, qui n’est pas en soi un acte de prosélytisme.

Il se peut que des citoyens soient choqués par la vision d’un agent de l’État affichant un macaron disant ‘Je vote Parti Québécois’, peu importe les compétences de ce dernier. Mais comment s’explique cette réaction? Est-il possible que, dans bien des cas, elle provienne d’une suspicion, voire d’une intolérance, envers les partis souverainistes en général ou envers le Parti Québécois en particulier? Devrions-nous restreindre le libre exercice de la politique de certains citoyens sur cette base? Dans les sociétés diversifiées au sein desquelles une multiplicité de partis et de rapports à la politique se côtoient, il faut plutôt miser sur un apprentissage du vivre-ensemble qui favorise la compréhension et le respect mutuels. Or, comment pourrait-on s’habituer à des macarons de plus petits partis avec lesquels la majorité n’est pas familiarisée si un certain nombre de professions-clés sont fermées à ceux et celles pour qui l’allégence politique doit se traduire par le port de tels macarons? Une impartialité politique plus sévère ne risque-t-elle pas de favoriser le repli communautaire plutôt que l’intégration? (…)

Voici le futur que les Charles Taylor de ce monde entrevoient: se faire enseigner par une institutrice amenant chaque matin sa pancarte d’élection municipale, se faire donner un permis de conduire par un employé arborant un beau macaron nous indiquant qu’il est souverainiste, et se faire transplanter un rein par un médecin qui insiste pour porter un sarrau aux couleurs du drapeau canadien. Vive la liberté de conscience.

Charles Taylor n’est pas un philosophe.

Lundi, 22 février, 2010
publié par le TViste 12:55

Triste spectacle ce soir à Tout le monde en parle, alors que finalement se démasquait l’imposteur qui s’était fait engager à la commission Bouchard-Taylor sous le titre de philosophe.

Si on était en 1950 et qu’on posait la question à un philosophe: « Êtes-vous pour ou contre les droits des homosexuels ? ». Et si le philosophe répondait: « Bien sûr que non, ce serait contre le cadre juridique auquel nous avons été habitué. », sentiriez-vous que vous avez été bien servi ? Diriez-vous de l’homme qui vous donne cette réponse qu’il s’agit d’un bon philosophe ? Non. Parce que si la philosophie sert à quoi que ce soit, c’est certainement de nous permettre de penser hors du cadre des lois. Si on commande une commission pour commenter le cadre juridique sur un sujet ou un autre, la pire des choses serait que la personne engagée se limite à penser à l’intérieur du cadre des lois. Comment peut-on prétendre à la fois avoir un droit de regard et une autorité morale pour faire des recommandations au législateur et d’un autre côté ne pas se permettre de penser en dehors du cadre légal créé par ce législateur ? Pour poursuivre mon exemple de 1950, si aucun philosophe ne se serait permis de penser à l’extérieur du cadre des lois de l’époque, la sodomie serait encore aujourd’hui interdite. Hors ce que Charles Taylor a démontré ce soir à Tout le monde en parle, c’est qu’il est incapable de penser à l’extérieur du cadre légal canadien actuel. Et par conséquent il s’invalide lui-même comme philosophe intéressant pour commenter ou suggérer quoi que ce soit au législateur, puisque pour lui les lois actuelles sont des dogmes. Lui demander de s’occuper de la commission sur les accommodements raisonnables, c’était comme de demander à une soeur catholique de trancher la question à savoir si Dieu existe. La réponse était connue d’avance et n’amène rien.

Guy A. Lepage a mené une excellente entrevue qui a permis de faire ressortir ce point. Il a commencé avec les questions faciles pour lesquelles on connaissait déjà les réponses de Taylor. Une employée de la fonction publique peut-elle porter le voile ? Oui. Une enseignante peut-elle porter le voile pendant son travail ? Oui. Une étudiante peut-elle porter le voile à l’école ? Oui. Ainsi Charles Taylor se montre très permissif; que des employées de l’état diffusent leur propagande religieuse au public et à nos enfants, sur des heures de travail payées de nos propres poches, ça ne le dérange aucunement. Mais Guy A. Lepage a posé la question qui fait mal: Doit-on permettre la polygamie ? Et à cela Charles Taylor répond: « Bien sûr que non », et Guy A. Lepage lançant un « Pourquoi ? », il répond « C’est le cadre juridique auquel nous avons été habitué ».

C’est cette réponse qui décrédibilise tout le reste. Parce qu’on se rend compte que Charles Taylor, malgré ses longues études à l’Université Oxford et ses nombreux écrits traduits en de nombreuses langues, n’est pas un libre penseur. Pour lui, la présence d’une loi au moment présent est suffisante pour rendre caduque tout questionnement d’un comportement. Ce n’est pas avec ce genre de mentalité que l’on fait des révolutions. En fait ce n’est même pas avec ce genre de mentalité qu’on aurait pu créer la charte des droits et libertés, parce qu’il se serait trouvé quelqu’un pour dire que les homosexuels n’ont pas de droits, et que c’est « le cadre juridique auquel nous avons été habitué ». C’est l’ironie dans tout ce cirque philosophique: le grand défenseur de l’acceptation de l’autre et des droits et libertés des personnes religieuses garanties par la charte des droits et libertés n’aurait même pas eu le niveau intellectuel pour créer la charte qu’il défend maintenant avec autant de passion.

Mais Monsieur Taylor, pourquoi la polygamie ne devrait-elle pas être permise ? Si trois personnes consentantes vivent une relation saine, pourquoi n’auraient-elles pas les mêmes droits que toutes les autres ? En plus, généralement ces relations se vivent dans la sphère privée! Quand on y pense et que l’on compare avec les autres droits que vous défendez comme le droit de diffuser de la propagande religieuse dans une école primaire en portant le voile devant des enfants, il me semble que la polygamie pratiquée à la maison, sans déranger personne, me semble tout à fait raisonnable.

Bien sûr ce texte n’en est pas un d’appui à la polygamie. Pour moi autant la propagande religieuse en institution gouvernementale que la polygamie devraient être interdites. Je voulais seulement soulever cette contradiction incroyable de l’homme qui d’un côté dit qu’une enseignante peut diffuser activement sa pensée religieuse à des enfants, mais d’un autre trouve tout à fait normal d’interdire une relation à 3 comme il en existe déjà et pour lesquelles il n’y a pas vraiment d’impact sur la vie publique, et tout ça simplement parce que « c’est le cadre juridique actuel ». Ça remet les choses en perspective, et moi ça me fait penser que les divagations tardives d’un vieux philosophe en contradiction avec lui-même ne constituent pas nécessairement la meilleure des bases pour créer des politiques publiques sur l’immigration qui font du sens.

Quand Pauline Marois est passée, ç’a été un soulagement. Malgré l’opposition qu’il pouvait y avoir de la part de Monsieur Taylor, je crois que Pauline Marois a su bien expliquer quelque chose: qu’on ne peut pas décider que 75% des québécois ont torts. Que si 75% des québécois pensent qu’il y a un problème avec les accommodements religieux, c’est peut-être qu’il y a vraiment un problème et qu’il est légitime de se questionner. N’en déplaise aux moutons des chartes comme Charles Taylor, qui voudraient bien réduire le questionnement fondamental qui est posé par la population à une genre d’hallucination collective dans laquelle tout le monde fait fausse route, sauf lui.

Notre temps des fêtes 2009-2010 se sera déroulé en laissant un gros vide au niveau de la revue humoristique de l’année. Plutôt que de faire un seul Bye Bye qui soit bon, on a éparpillé les efforts à gauche et à droite, ce qui a mené à une multitude de petites émissions humoristiques inintéressantes. Rappelons qu’au début de l’année, un groupe de terroristes armés de mauvaise foi et d’armes de culpabilisation massive avaient fait des pressions pour annuler la production du Bye Bye 2009 afin qu’il ne nous reste plus rien en cette société qui nous différencie des américain ou des autres. Ils ont réussi.

Une offre de remplacement intéressante aurait pu venir de l’Adieu 2009 des Super Matozoides auquel était associé quelques bon noms du milieu de l’humour. Malheureusement, l’écriture a fait défaut. Les blagues tombent à plat et ratent l’essentiel. Pourquoi faire une blague-chanson sur le départ de Latendresse et sa blonde alors que s’il y a une blonde du Canadien de Montréal qui mérite son sketch c’est celle qui anime La maison de Maxim Lapierre. L’imitation de Falardeau, très mauvaise et sans contenu. Falardeau avait sa personnalité, il donnait en masse de stock à l’humoriste qui aurait voulu le parodier. De le dépeindre simplement comme un gars qui sacre, ça donne rien, Falardeau c’était plus que ça. C’était un révolté. C’était un insoumis, et il méritait mieux comme imitation. Il y avait aussi moyen de faire un meilleur sketch sur Stephen Harper. Il y avait aussi un bien plus gros travail à faire avec Michaelle Jean. Mauvaise idée que de cacher sa personnalité sous un sketch à chanson. Les références à Earl Jones, sans intérêt fait comme ça. Il faut vite s’affairer à trouver de la relève québécoise en écriture de sketchs humoristiques, sinon on se retrouvera devant rien quand les gars de RBO décéderont.

Puis il y avait le CIAO 2009, qui s’appelaient d’abord ByeBye2009.com et qui ont reçu des menaces légales de Radio-Canada pour qu’ils cessent d’utiliser le nom Bye Bye. Si Radio-Canada voulait se montrer à la hauteur du Bye Bye, qu’ils en produisent un. S’ils ne veulent pas en produire, qu’ils laissent les gens libres d’en créer un. Ceci étant dit, le CIAO 2009 traîne aussi de la patte, tout comme l’Adieu 2009 des Super Matozoides. La personnification des années 2008, 2009 et 2010 par des acteurs, pas intéressant. Il y avait des fautes d’orthographes assez primaires comme ‘Véronique Cloutier et Louis Morissette tentes de se sortir de la merde’. Le temps passé sur les questions de mise en demeure de la part de Radio-Canada était beaucoup trop grand. On peut faire un clin d’oeil, mais faire 2-3 sketchs là-dessus, c’est ridicule. C’est la même chose qui s’est passé avec Pierre Côté au début, il passait tellement de temps à parler de trucs techniques qu’il oubliait de produire un vrai contenu. Les producteurs de contenu web doivent s’enlever de la tête que les gens sont intéressés à entendre leurs complaintes quant aux aspects techniques auxquels ils sont confrontés. Les imitations d’Anne-Marie Losique auraient pu être combinées à un propos intelligent, mais ça n’a pas été le cas. Les références à la politique québécoise passaient à côté de la track. La première étape pour écrire un sketch d’humour à saveur politique, c’est de comprendre la politique et de comprendre la société québécoise, ce qui fait visiblement défaut chez les jeunes écrivains d’humour québécois. Les réalisateurs qui étaient filmés entre chaque sketch, ça ne menait nulle part. L’hommage aux militaires canadiens morts à la fin, ça faisait pitié. Les Bye Bye de RBO se moquaient de l’armée canadienne, ils ne leur rendaient pas hommage. Et le retour constant des mêmes personnages fictifs tout au long du vidéo n’apportait rien. Aussi, comment peut-on prendre 5 minutes pour parler de Lady GaGa, alors que plusieurs sujets importants concernant la société québécoise n’ont pas du tout été abordés ? Tiger Woods, Lady GaGa, Michael Jackson, le Québec sera dépouillé de toute sa spécificité culturelle lorsque cette génération dénationalisée écriront les sketchs d’humour de demain.

Pourtant ces initiatives étaient bien filmées et les bouts musicaux étaient biens faits. Le problème de la télévision du web n’est pas tant la qualité technique que l’intelligence du propos. On voit clairement le résultat du système d’éducation québécois, qui a été très bon à former des jeunes qui donnent l’impression qu’ils s’intéressent au monde; des jeunes qui recyclent gentiment leur canne de jus, qui disent avoir des valeurs, mais qui sont incapables d’exprimer le pourquoi, le comment, et qui sont incapables d’intégrer ces valeurs à un propos intelligent, choquant, ou même simplement intéressant. On a formé une génération à être très agile avec l’ordinateur, capables d’utiliser Adobe Premiere Pro, mais incapables d’avoir leur propre opinion sur le monde autre que le je veux sauver la planète qu’on leur a rentré dans la tête.

Ceci étant dit à propos de la télévision du web, la télévision traditionnelle n’a pas été à la hauteur non plus cette année. Les sketchs de RBO à Tout le monde en parle étaient peut-être ce qu’il y avait de meilleur, mais c’était trop peu. C’est sans parler du pathétique Dieu Merci! spécial avec la même formule ridicule qui fait de cette émission l’une des pires du cortège télévisuel québécois actuel. Jamais l’improvisation n’aura-t-elle été autant dépouillé de son intérêt.

L’avenir est sombre pour l’humour québécois. J’attends une lumière.

le TViste

Le cours de religion n’a jamais été un lieu d’apprentissage très intéressant pour moi. Au mieux, c’était le cours facile, niaiseux, celui que tout le monde passait. Même à 12 ans, j’avais détecté que les professeurs qui enseignaient ces cours n’étaient pas particulièrement munis intellectuellement. Quand on regarde l’histoire de ce cours de religion ou des cours de Formation Personnelle et Sociale (FPS), leur pendant non-catholique, on s’aperçoit qu’ils ont depuis le début été l’instrument du gouvernement et d’une partie de la société pour inculquer des valeurs, parfois trop agressivement, dans la tête des enfants. Au début, c’était la religion catholique. Le cours de religion catholique était alors intégré à des passages à l’église; même la première communion était animée par un groupe formé d’enseignants et de gens de l’église. Puis, dans les années 1990, les sociétés occidentales étant confrontées à un grave problème de maladies transmises sexuellement, on fit un essai: si on utilisait le cours de FPS pour enseigner l’hygiène sexuelle à nos enfants. L’idée n’était pas mauvaise; surtout qu’il s’agissait d’un enjeu de santé publique et non d’un enjeu idéologique : personne ne peut être pro-MTS, un effort pour les combattre de la part des écoles ne pouvait donc qu’être apprécié. Et ça a bien marché: les taux de transmissions de plusieurs MTS ont chuté, si bien que certaines MTS ont été considérées comme disparues du Québec, bien que celles-ci font maintenant une réapparition depuis que les efforts de sensibilisation ont ralentis légèrement. Le problème avec cette expérience réussie, c’est qu’elle a fait réaliser à un certain groupe d’éducateurs et de planificateurs de programmes que le cours de religion ou d’éthique religieuse, appelez-le comme vous le voulez, pouvait être utilisé comme un instrument de remodelage de la pensée des jeunes, ouvrant ainsi la porte à ce que l’on appelle la reingénierie sociale: construire la pensée et les comportements des jeunes un peu comme on planifie la construction d’un immeuble.

Après l’essai réussi des MTS, les ingénieurs sociaux se sont penchés sur la question de l’environnement. Encore là, qui pourrait s’opposer à l’environnement ? On veut tous vivre sur une planète durable, n’est-ce pas ? Oui, mais même moi qui appuis à 100% les efforts de récupération et de diminution des déchets gazeux et autres, je déteste quand même quand les militants voulant aller dans ce sens utilisent comme outil quotidien la désinformation. Si l’on veut convaincre les jeunes de recycler, ne passons pas par quatre chemins. Présentons-leur des données scientifiques solides comme on le ferait avec un adulte. Ça en fera non seulement des citoyens plus conscients de l’importance de l’environnement et en même temps de meilleurs débatteurs, des gens plus vifs intellectuellement. Or quand on lit le contenu de ces cours où l’on veut pusher l’environnementalisme, ce n’est pas ce que l’on voit. Prenez ce site web produit par Claude Leblanc, avec des contributions de Daniel Gougeon. Le site web est destiné à aider les enseignants en éthique religieuse pour la construction de leurs cours. On y lit :

Jusqu’à maintenant dans ce chapitre, nous nous intéressons à la façon dont les différentes représentations du monde répondent aux grandes questions D’où vient le monde? Où va-t-il? Qu’est-ce que j’y fais? À cette dernière question, la Bible offre une réponse : « Remplissez la terre et dominez-la  » (Gn 1, 28). Mais ce passage doit être interprété dans le sens d’une  » gestion prudente et responsable des ressources plutôt que dans celui d’une domination offensive et dévastatrice.

Hilarant de lire l’explication du professeur. Quand on écrit dans la Bible: ‘Remplissez la terre et dominez-la’, il s’agit d’une logique expansionniste, militantiste et même militariste de la religion catholique. On retrouve la même logique dans la religion musulmane. Il est impossible, sachant la date à laquelle ces textes ont été écrits, que la personne qui ait écrit cela puisse avoir penser un instant à une ‘gestion prudente et responsable des ressources’. On se retrouve donc devant un constat que même un aveuglé catholique pourrait faire s’il avait moindrement d’honnêteté intellectuelle : la Bible est périmée, elle n’est plus pertinente socialement. Mais plutôt que de l’avouer et de la mettre aux poubelles, là où elle devrait être, on fait de la réingénierie: on modifie les idées plus ou moins honnêtement, parce que de toutes façons l’important n’est pas la vérité, c’est l’objectif d’inculcation des valeurs que l’on s’est fixé.

Reste que lorsque l’on pèse le pour et le contre des efforts agressifs de sensibilisation des jeunes à la question de l’environnement, on pourrait presque venir à la conclusion que ç’a été une bonne chose. Finalement, les jeunes sont extrêmement conscientisés, ils incitent même leurs parents à adopter la récupération.

Le problème vient quand l’on tente d’appliquer le même genre d’efforts agressifs de réingénierie sociale à des questions idéologiques, politiques et culturelles. Or c’est précisément ce que le nouveau cours d’éthique et culture religieuse tente de faire. Devant les succès passés à modeler la pensée de la jeunesse, certains édukators ont décidé d’harmoniser les différentes cultures formant la société québécoise, avec le but avoué de créer des jeunes québécois qui lorsqu’ils sortiront de leur formation, ne se plaindront pas des demandes d’accommodements raisonnables. Le dogme que l’on tente d’inculquer à la prochaine génération n’est donc pas qu’il faille mettre des condoms lors de relations sexuelles, ni qu’il faille récupérer nos contenants, mais bien qu’il faut accepter que des cultures qui ont des valeurs en totale opposition aux valeurs québécoise peuvent vivre librement sur notre territoire sans que l’on ait notre mot à dire.

Pourquoi je vous parle de tout cela ? C’est un papier d’Antoine Robitaille dans le Devoir cité par Patrick Lagacé qui montre un extrait du livre d’éthique et culture religieuse. Ce livre est écrit par Daniel Gougeon, qui participait aussi au site Internet que j’ai cité précédemment. L’extrait montre en une seule question non seulement une faute d’orthographe mais aussi le ridicule du cours lui-même :

Consigne: Indiques tes caractéristiques, tes goûts et tes intérêts.
Je suis un : Garçon Une fille Je ne sais pas encore

Patrick Lagacé a retiré sa critique de la chose malheureusement, simplement parce qu’il s’était trompé dans son premier article en affirmant que le livre était approuvé par le ministère, alors qu’en fait le ministère n’approuve pas spécifiquement le contenu des livres. Détail technique malheureux, parce qu’en retirant son article, Lagacé retire une critique qui aurait été pertinente. Il donne aussi raison à des gens comme Mario Asselin, qui se plaignent du fait que l’on ait pas laissé la parole à l’auteur du livre. C’est ce qu’il fait dans son article, et on s’aperçoit vite que ça n’aura pas servi à grand chose de lui laisser la parole puisqu’il ne sait pas se défendre. Voilà ce qu’il a de si important à dire pour sa défense :

Je suis très surpris et je pense que si l’on veut faire l’évaluation d’un matériel pour un cours donné dans le cadre du programme d’éthique et de culture religieuse, il y aurait lieu de dépasser le réflexe si détestable de beaucoup de journalistes de prendre un petit passage, de le sortir de son contexte et de le monter en épingle. Je vois que même Patrick Lagacé, dont je lis presque tous les articles, n’échappe pas à ce réflexe. C’est bien dommage. Voici l’histoire de ce petit bout de phrase: voilà 19 ans, lorsque j’ai commencé à enseigner au collège, on m’a confié un groupe en tant que tuteur. Je ne me souviens plus si c’était en 4e ou en 5e secondaire. J’ai donc conçu pour ces jeunes de 15-16 ans une fiche recto-verso sur une feuille de format 8 1/2 X 11 po. qu’ils devaient remplir et qui me servirait de base pour un dialogue lors d’une première entrevue. La question sur leur identité sexuelle figure sur la 2e ou la 3e ligne. Elle n’occupe qu’un espace d’une ligne, mais le questionnaire touche l’ensemble des goûts, des activités et du profil de l’élève, y compris ses ambitions académiques et les personnes qui lui servent de modèle dans la vie et cette fiche-questionnaire occupe deux pages entières. Je me sers encore de ce questionnaire aujourd’hui dans le cadre de mes fonctions ; il n’a pas changé depuis 19 ans et personne n’en a jamais fait de scandale.

Donc premièrement on apprend que la question est utilisée depuis 19 ans. Ce qui signifie que pendant 19 ans, le professeur n’a pas réalisé qu’il y avait une faute de conjugaison au mot ‘Indiques’. Plutôt inquiétant. Puis il nous noit dans une explication technique du format des feuilles qui ont été utilisées, explication qui ne sert à rien puisque qu’il n’indique pas que le 3e choix à la question du sexe de l’étudiant a été ajouté par erreur. Ce n’est pas une mise en contexte qui aiderait, M. Gougeon: si la question est là, elle est là. Vous n’avez pas été mal cité. On comprend bien que le questionnaire doit aborder d’autres questions, ce n’est pas ça le point. Le point c’est de savoir si d’offrir à l’étudiant d’inscrire qu’il n’a pas encore choisi son sexe est une méthode pédagogique reconnue, si cette méthode produit des résultats désirables ou indésirables sur l’identité sexuelle future des enfants. Vous êtes bien mal placé pour faire la leçon à Patrick Lagacé.

On obtient le fond de la pensée de cet homme dans un feuillet appelé L’éducation des jeunes aux valeurs : Points de vue d’intervenants du milieu scolaire par Guy Lusignan, dans lequel Daniel Gougeon est interrogé. À une question concernant la frontière bien étroite entre relativisme et endoctrinement, il répond: ‘il y a endoctrinement seulement quand on adopte un seul point de vue et que l’on souhaite que tous y adhèrent.’ Donc pour M. Gougeon, un endoctrinement partiel n’est pas si grave; tant que l’on ne convainc pas l’ensemble des étudiants de nous suivre dans une propagande biaisée, c’est correct.

Quand on voit le genre de démunis intellectuels qui sont responsables de ces cours, on finit par se demander si cela ne serait pas mieux de simplement arrêter de donner ce cours. Que l’on laisse l’enseignement des valeurs aux parents et aux professeurs de matières qui ont de l’allure comme les sciences et le français, plutôt que de laisser à des deux de piques la responsabilité de modeler la pensée des jeunes selon leurs propres priorités.

S’il y a une pollution visuelle détestable en tout temps à Radio-Canada, c’est cet effort de réduction de l’ensemble sociologiquement distinct du Québec à l’une des cultures secondaires du Canada, au même titre que les francophones de la Sasketchewan, les asiatiques de Vancouver, les arabes de Montréal, en bref une belle petite tradition folklorique parmi les autres. On n’hésite pas à produire en quantité disproportionnée des documentaires sur les francophones de l’Alberta, sur la vie des immigrants dans telle ou telle province; on nous présente un beau Canada où le vivre ensemble semble découler naturellement de sa grande et merveilleuse diversité, diversité auquel le québécois primitif est un obstacle, un bloc, lui-même étant dépeint comme un xénophobe intolérant et dépourvu intellectuellement dans les commissions Bouchard-Taylor ou dans les entrevues avec le prince Justin Trudeau, qui d’une main nous explique à quel point le nationalisme est une mentalité dépassée, périmée, et de l’autre supporte la nation canadienne, l’une des nations du monde qui utilise le plus agressivement ses sociétés d’état aux fins de propagande en faveur de son nationalisme à elle: le nationalisme canadien, un nationalisme acheté à fort coût à même les taxes des gens auxquels on essait d’insuffler une flamme qui ne demande qu’à s’éteindre.

Dans cette entreprise médiatique d’état qui, selon ce que son ancien président Guy Fournier a déjà dit, défend trop peu les valeurs susceptibles de renforcer l’unité canadienne, les Jeux Olympiques demeurent un moment privilégié pour que s’exerce l’hideuse mission cachée de réingénierie sociale du Québec pour le modeler comme on le veut: dans l’aplatissement et l’inexistence. La symphonie scandaleuse commanditée dont le gouvernement canadien s’est prononcé chef d’orchestre est déjà en marche; ses trompettistes et violoncellistes, les médias et les athlètes, par coeur, ont appris la partition. La marche sinistre est enclenchée avec comme seul issue possible un tapis de feuilles d’érables rouges qui envahissent mon écran. Et nos enfants, qui ne demandent qu’à admirer des athlètes pour leurs performances sportives, se retrouvent noyés de cette mer de drapeaux. Avec une diffusion aussi agressive des symboles canadiens, il ne serait pas surprenant qu’une génération de jeunes québécois pas si lointaine réécoute les films de Pierre Falardeau et en vienne à ne même pas comprendre l’humour dans ces scènes où l’on voit des drapeaux canadiens partout sur les murs, sur la salière, et sur les vestons. Pour eux, ce ne sera que l’état normal des choses.

Les athlètes, toujours canadiens, rarement québécois, ont tout sacrifié pour augmenter leur performances, incluant leur propre capacité à réfléchir. Ils se portent jovialement volontaires comme des marionnettes pour jouer dans ce triste théâtre. C’est loin du rêve original de Pierre de Coubertin qui voulait former des esprits sains dans des corps sains. On a réussi à faire comprendre aux athlètes, sans trop d’efforts, que d’être payés pour faire du sport, c’était déjà bon, alors ils n’ont rien à dire et ils doivent porter le drapeau canadien partout où ils vont, et ne pas trop faire de bruit s’ils sont indépendantistes. Les médias eux jouent le jeu. Alexandre Despatie, Joannie Rochette, Nathalie Lambert, Marilou Dozois-Prévost, ce ne sont pas des athlètes québécois; ce sont des athlètes canadiens. Ils portent fièrement le chandail rouge, la feuille d’érable, et le drapeau.

Comme on le fait à chaque Jeux, on ira aussi visiter les quatre coins du pays question de nous montrer la belle diversité de la culture canadienne. Des inuits qui mangent du phoque, des fermiers de la Sasketchewan, les rocheuses de la Colombie-Britannique; si seulement ces symboles canadiens typiques étaient utilisés pour vendre le Canada à l’étranger comme dans les autres jeux, peut-être que je ne me prononcerais pas sur cette idiote entreprise propagandiste milliardaire vaine que sont les jeux. Mais le fait que ces reportages seront diffusés à même le Canada et le Québec afin de mousser un nationalisme canadien qui n’existerait même pas sans le gouvernement qui le soutient et contrer un nationalisme québécois que l’on veut petit, folklorique et silencieux me dégoûte au plus haut point.

Je voulais l’écrire en 2009 cet article, et non pas en 2010, à l’aube des Jeux. Je veux que vous preniez conscience de la forte pression qui est exercée par les diverses sociétés d’état qui financent les sports et les médias pour que se diffuse la propagande nationaliste canadienne pendant les Jeux. Je veux que vous ayez un article, écrit quelques mois à l’avance, qui vous l’annonce, et je veux que vous compariez mes prédictions à la réalité lorsque ça arrivera.

le TViste

L’église catholique récupère la mort de Gilles Carle.

Samedi, 5 décembre, 2009
publié par le TViste 11:21

Je trouve dommage d’avoir à en parler, parce que je crois que suite à la mort de Gilles Carle, on devrait surtout parler du cinéaste. Donc avant de commencer, je vous dirai ceci : Gilles Carle a été un des cinéastes importants du Québec. Allez louer ou télécharger La vie heureuse de Léopold Z, ou n’importe lequel de ses films, et allez aussi écouter les films de ses contemporains comme Pierre Perrault. Vous découvrirez un cinéma semi-documentaire, semi-fiction, comme il ne s’en fait plus.

Gilles Carle était catholique, et aimait entre autres la Bible, nous l’avons appris d’un de ses proches lors de ses funérailles. Il est donc normal qu’il ait eu des funérailles nationales dans une église catholique. Cependant je trouve dommage que l’église ait profité de l’exposure médiatique découlant des funérailles de Gilles Carle pour nous faire un pitch sur leur opposition à l’euthanasie. Ç’a commencé au début du discours du prêtre diffusé sur Radio-Canada en direct. Le prêtre nous dit d’abord :

L’établissement dans lequel nous sommes est encore une partie importante de la vie culturelle québécoise.

En fait, je dirais que ce qui décrit le mieux la place qu’occupe l’église catholique dans la vie culturelle québécoise, c’est fournisseur de services funéraires et maritaux. On y va lors de notre mariage, puis lors de notre mort et parfois pour le baptême. À part ça, la moyenne d’âge du public pour les messes régulières du dimanche est probablement en haut de 70 ans.

Si ça n’avait été que de ça, je me serais dit que c’était de bonne guerre et qu’il était normal qu’un prêtre profite d’une tribune nationale pour affirmer l’importance imaginée de son institution. Cependant il est allé plus loin :

Gilles Carle et son entourage ont prouvé au cours des dernières années qu’ils avaient un grand respect pour la vie.

Ne vous laissez pas berner par l’apparente innocence de la phrase. Il n’y a rien d’innocent dans ces mots. Ce que la droite religieuse appelle le ‘respect pour la vie’, ce n’est pas le respect que vous et moi avons pour la vie. Ce n’est pas le respect pour la vie qui vous commande d’aider votre prochain, d’assister quelqu’un en difficulté, ou de prôner le pacifisme. Le ‘respect pour la vie’, dans les bouches des prêtres, ça veut dire 2 choses : pas d’euthanasie, et pas d’avortement. Dieu doit décider quand on naît et quand on meurt. Ce que le prêtre nous dit lorsqu’il dit que Gilles Carle et son entourage ont prouvé qu’ils avaient un grand respect pour la vie, c’est d’abord des félicitations destinées à Gilles Carle et Chloé Sainte-Marie pour ne pas avoir succombé à l’euthanasie. Puis c’est un message politique destiné à vous et aux politiciens qui étaient présents : ne légalisez pas l’euthanasie. Est-ce que Gilles Carle et son entourage auraient eu recours à l’euthanasie si ç’avait été légal ? On n’en sait rien, et la question n’est pas là. La question est de savoir s’il est acceptable de laisser l’église catholique utiliser un homme qui n’est même plus sur cette terre pour passer un message politique digne de théocratique québécoise des années 30. J’ai toujours eu horreur des gens qui font parler les morts. Le minimum de respect que l’on doit avoir pour les morts, c’est de laisser leur œuvre parler d’elle-même, sans les utiliser pour passer nos propres messages. L’église catholique nous parle de respect pour la vie, elle a raté une belle occasion de nous montrer qu’elle est au moins capable d’avoir du respect pour la mort.

le TViste

La télévision québécoise a une historique de controverse avec les handicapés et leur présence dans la culture québécoise. En 1988, Jean-Marc Parent, alors sortant d’une brève formation d’humoriste, se faisait connaître par son spectacle L’handicapé au festival Juste Pour Rire. Le spectacle fut jugé trop choquant par certains à l’époque mais est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands classiques de l’humour québécois et comme un moment important pour la cause de la présence des handicapés dans la culture québécoise.

Depuis que l’humoriste et acteur handicapé Dave Richer passait dans des galas d’humour et qu’il jouait dans plusieurs émissions et films québécois, je croyais que le tabou des handicaps physiques était réglé au Québec. De plus, plusieurs humoristes ont repris l’idée originale de Jean-Marc Parent et jouent des rôles d’handicapés, entre autres Patrick Groulx et Mike Ward. Je ne croyais pas que ça pourrait encore choquer des gens que de voir un handicapé passer à la télévision. J’avais tort.

Dimanche dernier, à l’émission Le Banquier de TVA, une trisomique dénommée Julie avait la chance de participer au jeu. Certains ont réagi. Le Détracteur Constructif, dans un article qui même moi m’a choqué, fait une parodie de pétition pour que Cynoque des Goonies soit le prochain invité du Banquier, qu’il décrit comme « une émission progressiste porte-étandard du combat pour la justice sociale ». La Clique du Plateau disent qu’ils ont aimé l’émission, mais la qualifie de Freak Show. Sylvain Bouchard, du FM93, parle d’un malaise devant un cirque, dans une entrevue avec Julie Snyder. La contestation a atteint une telle ampleur que Richard Martineau s’est permis de faire un article de parodie, en feignant un dégoût pour l’idée de laisser des handicapés passer à la télévision. Mauvais Oeil a écrit un excellent article humoristique en disant que d’inviter une trisomique à l’émission est une insulte à son intelligence puisque les participants habituels sont des déficients profonds!

La réaction m’a surpris. Au fond quand on regarde l’évolution de la télévision québécoise depuis ses débuts, elle est passée de sketchs scénarisés au style de plus en plus « documentaire » ou « réalité ». Il est donc normal que l’on soit passé d’handicapés parodiés et exagérés à l’invitation sur le plateau de vrais handicapés. C’est souhaitable pour eux. Ce n’est pas tous les jours où l’on peut en apprendre sur le quotidien d’une trisomique et ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent gagner des prix comme ça, alors pourquoi ne pas la faire participer au Banquier ? Je peux comprendre la critique. Je peux comprendre ceux qui ont peur que ça tourne éventuellement au cirque. Mais je ne crois pas que l’on puisse prêter de mauvaises intentions aux producteurs.

En tout cas s’il y a une place où on ne se serait pas scandalisé, c’est aux États-Unis, où je me trouve présentement pour une série d’articles sur la télévision américaine. Vous connaissez probablement le Discovery Channel, mais un poste conjoint moins connu au Québec et qui est assez populaire ici est Discovery Health. Sur Discovery Health, on n’hésite pas à montrer la souffrance des gens ayant les pires handicaps. Dans l’émission d’hier, une femme qui n’avait ni jambes ni bras, et qui était obèse en plus. C’était essentiellement une boule de graisse qui ne pouvait faire autre chose que d’être portée par quelqu’un. Les obèses, les handicaps mentaux, les défigurations comme je n’en avais jamais vu; tout ça fait partie de la programmation quotidienne de cette chaîne. Franchement je ne sais pas quoi en penser. D’un côté, oui c’est un freak show. D’un autre, le témoignage de ces gens ne vaut-il pas la peine d’être entendu ? Quelle est la société la plus fermée, celle où l’on cache ces gens ou celle où l’on leur permet de parler de leurs souffrance à la télévision ?

le TViste

Artistes québécois et publicité: signer ou ne pas signer

Dimanche, 15 novembre, 2009
publié par le TViste 2:44

Il doit y avoir dans la conscience d’un artiste qui se fait offrir une campagne de publicité une tonne de pensées conflictuelles. Une multinationale qui vous appelle en disant qu’elle est prête à payer cher pour embellir son image au Québec, c’est le capitalisme en pratique, là, devant vous. Et les artistes sont souvent le dernier rempart contre ce capitalisme. Par leurs textes, leur humour, leur contestation, ou l’information qu’ils produisent, les artistes, humoristes et acteurs se font souvent les porte-paroles d’idées opposés au capitalisme ou à son expression la plus sauvage. Un conflit de valeur qui fait monter la facture pour des compagnies qui, de toutes façons, peuvent se le permettre. À un certain moment entre le téléphone initial et celui où il accepte le contrat, l’artiste se questionne probablement sur les impacts potentiels de la publicité sur son image. Or, pour la plupart des artistes, il n’y a pas d’impact. C’est certain que lorsque des gens comme Pierre Falardeau meurent, on admire l’homme et l’intransigeance de l’homme. On admire le fait qu’il n’ait jamais plié. Mais je ne crois pas que quiconque en voudra à un Martin Matte ou à un Louis-José Houde parce qu’ils ont représenté des grandes marques étrangères. C’est probablement la conclusion à laquelle ils en viennent avant d’accepter le contrat; pour les plus militants, ils doivent finir par se convaincre que l’argent ainsi amassée leur offrira au moins une sécurité financière et par conséquent une plus grande liberté artistique.

Le principe même de représentation ne fait aucun sens économique. Le cachet du représentant, pouvant aller jusqu’à 300,000 $ par année selon David Patry, est absorbé par le consommateur que l’on tente de convaincre. Ainsi pendant des années, chaque facture de vis achetée au Réno-Dépôt contient une part cachée destinée à payer le salaire de Normand Brathwaite. Cette absurdité pourrait en agacer certains, mais ce n’est généralement pas le cas.

Dans cet article, je vous offre une rétrospective de 2 cas d’artistes québécois qui ont probablement dû réfléchir avant d’accepter un contrat de publicité et qui ont ensuite fait part d’une partie de leurs réflexions lors d’entrevues télévisées.

Marc Labrèche

Pour Marc Labrèche, il s’agit d’une résignation : s’il a de l’argent, il se permet de refuser, mais s’il a besoin d’argent, il acceptera. Il l’explique dans ce vidéo à 1:21, suivi de quelques publicités auxquelles il a participé :

(Très intéressante la 3e publicité, Axe n’a rien inventé!)

Plus récemment, Marc Labrèche a prêté sa voix à Ikea :

Il doit tout de même y avoir eu un questionnement dans la tête de l’ancien animateur du Fric Show au moment de la décision de prêter ou non sa voix à une multinationale spécialisée dans la standardisation au niveau mondial, le McDonald’s du meuble a-t-on déjà dit.

Louis-José Houde

Louis-José Houde nous résume sa position sur la représentation publicitaire dans l’émission du 15 octobre 2006 de Tout le monde en parle. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de version vidéo de l’entrevue sur Internet, mais voici une partie de la retranscription que j’ai obtenue :

Pourquoi j’ai arrêté de faire de la pub ? Parce que je me suis rendu compte, premièrement faut faire… C’est comme… C’est tof comme décision parce que faire d’la pub j’ai trouvé ça vraiment l’fun au niveau créatif. D’abord l’agence avec qui je travaillais et les gens de Loblaws étaient vraiment vraiment vraiment corrects, pis y m’ont laissé encore là improviser vraiment beaucoup. À la fin j’écrivais quasiment…, ils me laissaient réécrire avec eux beaucoup beaucoup les spots, pis, eeee, tourner ça c’tait trippant, on improvisait beaucoup pis bang bang bang ça s’ramassait en onde. C’est ça le problème un m’ment donné, ça s’ramasse en onde. C’est que un m’ment donné, je me suis rendu compte au bout d’un certain temps que j’étais pas à l’aise, du tout, de représenter une marque. Pis ça a rien à voir avec Loblaws, moi l’épicerie je trouvais ça cool parce que c’t'une place où tu vas déjà dans ta vie là, c’est pas créer un faux besoin. Pis moi les grandes surfaces là bon, j’sais pas là ça me dérangeait pas. Pis je me suis rendu compte que un m’ment donné au bout d’un an ou 2 que quand quelqu’un m’arrêtait dans la rue pour me dire ‘hey j’ai vu ton show’ ou ‘j’ai vu ton émission’ j’tais comme super heureux, pis quand c’tais ‘Hey Loblaws!’, oh, pas l’fun. Moi ça fait 10 ans, depuis que j’ai 18 ans que je donne ma vie à l’étude de l’humour tsé pis à essayer de devenir le meilleur que j’peux pis de m’enregistrer pis de m’écouter pis d’réécrire pis d’écrire pis de travailler pis de faire un paquet de show pour amener cet art là le plus loin que moi j’peux pis là un m’ment donné tu sors un show qui s’met à marcher un petit peu pis au bout de 2 ans, bin là la moitié de la population t’es Monsieur Loblaws. De la marde. Moi ça m’intéresse pas. Pis eh c’est ça, fak j’ai arrêté de faire ça.

Il y a deux éléments intéressants dans la réponse de Louis-José Houde. D’abord il nous dit qu’il considère important que la publicité à laquelle il participait ne crée pas un faux besoin. Il aurait donc probablement refusé pour une publicité d’articles de luxe ou d’articles électroniques non-nécessaires. Puis il nous dit qu’il n’aimait pas que son travail d’humoriste soit obscurci par son rôle de représentant de Loblaws.

Conclusion

Chaque artiste a probablement ses propres raisons pour hésiter à accepter un contrat de publicité. Les rares cas d’artistes qui ont parlé de leurs réflexions sur la question lors d’entrevues télévisées nous offrent une idée du genre d’interrogations qui peuvent passer par leur esprit lorsqu’ils reçoivent l’offre.

L’ensemble des phrases de cet article ont été adaptées à partir d’attaques faites par les supporteurs et/ou membres de l’ADQ envers le PQ et le PLQ durant les 10 dernières années, ainsi que quelques critiques de journalistes envers le PQ. J’ai seulement inversé les mots PQ/PLQ avec ADQ et vice versa. J’ai aussi changé, par exemple, les mots ‘Mario Dumont’ pour ‘Pauline Marois’, ‘Bernard Landry’ pour ‘Gilles Taillon’ et des mots comme ‘publique’ pour ‘privé’ ou ‘gauche’ pour ‘droite’. Il s’agit d’un petit article humoristique et bien sûr je n’endosse pas l’ensemble des propos, je trouve simplement drôle que ce que l’on pouvait dire du PQ il y a 5 ans, on peut maintenant le dire de l’ADQ.

Je suis vraiment tanné des vieux partis, je suis tanné tanné tanné et surtout de ceux qui sont pris dans une idéologie de droidroite inflexible. Au lieu de s’encrouter dans de vieux partis dogmatiques aux programmes sclérosés comme l’ADQ, voire fossilisés, et qui ne peuvent plus être modifiés par la suite, Pauline Marois, elle, est capable de changer les politiques se son parti du jour au lendemain, quand elle le veut, dès qu’elle perçoit un changement dans l’opinion des gens (1). À mon avis il faut garder en mémoire que le PQ représente la seule voie d’avenir du Québec. L’ADQ ne semble pas avoir la capacité de faire preuve d’innovation en proposant des idées nouvelles pour faire avancer un Québec immobile et statique. Ce vieux parti qu’est l’ADQ manque d’imagination, de vision et de courage. Car ils songent d’abord à être élus avant de prendre en charge la société. (3) Le PQ, contrairement à l’ADQ, nous a présenté la réalité quant à la situation du système de santé. Il n’y a aucune autre alternative qu’un système public pour résoudre les graves problèmes en santé au Québec. Vous pouvez rêver d’un système public à la saveur libéral, où le privé s’infiltre en catimini. Ou alors vous pouvez rêver à un système de santé magique avec l’ADQ et l’intervention miraculeuse du privé qui semble avoir la capacité de faire apparaître des infirmières. Mais de retour dans la réalité, rien ne changera ou à peine (3). C’est sans parlé de l’appui incessant des médias de droite comme ces radio-poubelles. Ça fait déjà depuis quasiment un an que, fouillez-moi pourquoi, fort probablement pour plaire aux amis qui donnent des contrats de pubs de l’ADQ, les radios de Québec et leurs amis travaillent jours et nuits à détruire le PQ et à varger dessus d’une façon hypocrite et délibérée dans leur journalisme jaune et biaisé. (4) Comme l’ADQ n’a toujours eu qu’une seule véritable idée en tête (la destruction de l’état québécois), elle doit faire croire à la population indécise sur cette question qu’elle a d’autres projets, d’autres valeurs. (5) Les adéquistes ne savent plus quoi faire. Ils attendent un chef comme les chrétiens attendent le Messie. Mais voilà, on l’attend depuis plus de 2000 ans, déjà! (5) À l’issue d’une session très difficile pour le gouvernement, c’est l’ADQ et Gilles Taillon qui sont dans le pétrin. Les problèmes du chef adéquiste étaient déjà nombreux. Ils se multiplient depuis vendredi avec la démission d’Éric Caire, de loin le meilleur marqueur de l’ADQ depuis le début de l’année. (9) Oui, on réalise de plus en plus chaque jours que les adéquistes n’aiment pas le leadership de Gilles Taillon. Est-ce son leadership ou son manque de grandes compétences? (5) Déjà au printemps, je disais que Gilles Taillon ne serait pas un miracle. (5) L’homme qui s’est littéralement donné pour l’avènement de la droite, Gilles Taillon, l’homme, a démissionné. Il a abandonné, découragé; non pas parce qu’il n’a guère toléré d’être poussé hors du bateau qu’il avait lui-même co-construit, mais parce qu’il n’acceptait pas les motifs qui faisait de lui un politicien désuet. (6) L’an prochain,le 15 novembre, célèbrera-t-on le départ de Gilles Taillon? Comme plusieurs autres, il n’a pu survivre au monstre mangeur de chefs qu’est l’ADQ! (7) Une semaine difficile pour le chef de l’ADQ. J’imagine que le clan adéquiste table sur un revirement rapide de la situation. (8)

Mais pourquoi s’obstine-t-on à faire voter les ti-vieux Alzeimer? Pour les faire voter ADQ? (2) L’ADQ est devenu le clône du PLQ sur la scène provincial. (10). En plus, certains députés de l’ADQ questionnent ouvertement la pertinence de l’ADQ. (11)

Merci à tous les blogueurs, commenteux de droite, et journalistes spécialisés dans l’analyse des problèmes du PQ pour m’avoir fournis ces merveilleuses phrases qui s’appliquent aujourd’hui à l’ADQ :

(1) http://elodiedmartin.wordpress.com/

(2) http://www.tymmachine.blogspot.com/?cx=partner-pub-…

(3) http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales…

(4) http://droitemonde.blogspot.com/2009/05/la-troisieme-voie.html

(5) http://www.cheznouscestpaspauline.com/category/blogroll

(6) http://quebecblogue.com/archives/2005/07/17/landry-le-kamikaze/

(7) http://lejournaldejeanmelancon.blogspot.com…

(8) http://www.vigile.net/Tel-un-phenix-Boisclair-renaitra-t

(9) http://www.cyberpresse.ca/actualites/…

(10) http://www.cyberpresse.ca/actualites…

(11) http://tymmachine.blogspot.com/2008_03_01_archive.html

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Mardi, 10 novembre, 2009
publié par le TViste 2:35

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