Archive pour ‘La Presse et affiliés’ Catégorie
Niqab non, Hijab oui: l’insoutenable contradiction.
Ils sont drôles à voir danser et tergiverser sur leurs grands principes d’acceptation de l’autre ces philosophes à la Daniel Weinstock à 24 heures en 60 minutes, ces journalistes à la Michèle Ouimet et autres apôtres de l’ouverture qui d’un côté voient le Niqab (voile intégral) comme une énorme régression inacceptable pour la société et les femmes, et le Hijab (voile partiel) comme une merveilleuse expression de la diversité religieuse du Québec multiculturaliste.
L’un est un ajout vestimentaire imposé par la religion et par les hommes aux femmes de confession musulmane, l’ordre venant directement de Dieu de se vêtir de manière à ne pas montrer les cheveux. Il symbolise la soumission des femmes à un peu tout, incluant leur mari et Dieu.
L’autre est un ajout vestimentaire imposé par la religion et par les hommes aux femmes de confession musulmane, l’ordre venant directement de Dieu de se vêtir de manière à ne pas montrer les cheveux et le visage. Il symbolise la soumission des femmes à un peu tout, incluant leur mari et Dieu.
Vous avez bien lu. Il ne s’agit pas d’un paragraphe copié collé par erreur. C’est la description d’une seule et même chose, le voile islamique, qui couvre soit plus soit moins la tête et le corps des femmes.
Ce qui est drôle c’est que dans l’intelligentsia de l’acceptation québécoise, on a déterminé de manière plus ou moins arbitraire que le Niqab était le pire des symboles d’inégalité entre les hommes et les femmes, alors que le Hijab pouvait lui être porté par une enseignante musulmane qui donne un cours de biologie à votre enfant de 8 ans. Ce tranchage arbitraire a été fait sans connaissance de cause, et sur une impulsivité émotive à la vue de l’ampleur du Niqab. Comme vous le verrez, la réaction est plus celle d’une mère qui a enduré silencieusement et pendant trop longtemps les cris de son enfant et qui dit: « Là ça va faire. », puisqu’au fond une analyse à froid de la question suggère que le Hijab est en fait un vêtement obligatoire imposé par la religion des hommes, alors que le Niqab n’est nullement obligatoire. S’il y a donc un signe de soumission à la religion et aux hommes qui la contrôlent, c’est bien le Hijab.
Effectivement si on en croit les définitions et applications exactes des deux types de voiles, on s’aperçoit que le port du Niqab relève entièrement de la liberté personnelle de la femme épanouie. La page Wikipédia sur le Niqab explique très bien que l’ensemble des écoles de pensées de la religion musulmane ont parfois recommandé le port du Niqab mais ne l’ont jamais imposé et n’ont jamais prétendu qu’il était obligatoire. Il y a donc toutes les raisons de penser que les femmes qui décident de porter ce type de voile le font librement, puisqu’il ne se trouve aucun musulman pour défendre l’idée qu’il soit obligatoire. Pourtant ça ne semble pas déranger ceux qui se présentent comme de grands défenseurs de l’égalité homme-femme. Michèle Ouimet nous dit :
Une personne en autorité ne devrait pas porter le voile intégral, car c’est un fort symbole d’inégalité entre les hommes et les femmes, que cela plaise ou non aux musulmans.
André Pratte n’hésite pas: interdisons le port du voile intégral dans toutes les écoles de la province!
Cela étant, le gouvernement du Québec devrait interdire ce type de vêtements dans les classes de la province.
Je ne critique pas ces prises de positions, elles me semblent bien sensées. Ce que je pose comme question, c’est pourquoi une personne qui suggérerait les mêmes idées pour le Hijab serait nécessairement un raciste ?
Sur la page Wikipédia du Hijab, au contraire de celle du Niqab, on apprend que « Pendant longtemps, les légistes musulmans ont invariablement affirmé le caractère obligatoire du port du voile pour les femmes musulmanes nubiles de condition libre [...]« . Il y a donc dans les communautés musulmanes une prescription venant de la religion qui rend obligatoire le port du voile. Il y a donc une pression sociale, et comme par hasard cette pression vient de « légistes musulmans » et non de « légistes musulmanes ». Y a-t-il une plus grande privation de liberté que d’affirmer le statut obligatoire de quelque chose, et même d’affirmer que cette obligation est dictée par Dieu ? Y a-t-il une plus grande inégalité que d’appliquer un code vestimentaire obligatoire à l’un des deux sexes seulement ? Les menaces de rejet social et familial que l’on fait subir aux femmes qui pourraient vouloir s’habiller normalement ou marier un non-musulman sont-elles acceptables dans notre société démocratique ?
J’aurais aimé que les philosophes, sociologues, et journalistes québécois se posent des questions fondamentales comme celles-là, plutôt que de baser leur pensée sur un calcul de la grosseur du voile en tant que tel, qui est au fond un élément technique qui n’est d’aucune utilité. Aussi petit soit le symbole, s’il est imposé et symbolise l’infériorité de la femme par rapport à l’homme, c’est l’existence même de ce symbole qu’il faudrait contester, plutôt que de s’amuser à calculer le coefficient de surface qu’il occupe sur le corps.
le TViste
Si La Presse n’exi… on s’en fout.
Je viens de lire un billet très intéressant de Michelle Blanc dans lequel elle révèle un courrier électronique qui lui a été envoyé et qui, semble-t-il, a été envoyé à plusieurs blogueurs québécois. La lettre est brève, ça vient du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse et ça demande aux blogueurs de diffuser ce vidéo intitulé « Si La Presse n’existait pas ». Ainsi l’aristocratie journalistique en période trouble demande au bon peuple de la blogosphère qu’elle snob en temps normal de bien vouloir participer à leur vaine entreprise de publicité virale pro-syndicale. Même moi qui suis biaisé pro-syndical, ça me fait rire. Je suis de gauche et je prendrais la défense d’à peu près n’importe quel groupe de travailleurs en grève – j’appuierais les pingouins du Biodôme pour la semaine de 4 jours, mais les journalistes, de La Presse en plus, non!
Pourquoi ?
En gros, pour leur comportement snobinard envers les blogueurs. Même leurs blogueurs supposément ouverts à la blogosphère comme Patrick Lagacé attaquent les initiatives de journalisme citoyen. En effet on voit la blogosphère tellement basse à La Presse que l’on considère qu’un journaliste qui ose apparaître sur un même plateau télévisé ou studio de radio qu’un blogueur est un traître, c’est Patrick Lagacé lui-même qui le révélait dans cette entrevue avec Christiane Charrette. Oui mes amis de la blogosphère, les journalistes de La Presse nous considèrent plus bas que leurs animaux de compagnie, car au moins à eux acceptent-ils de parler!
Une voix en moins pour la démocratie ?
Désolé de vous décevoir les amis, mais la démocratie ne s’est jamais mieux portée. Probablement plus d’une fois par jour, 1 blogueur québécois démarre un blog et ajoute ainsi une voix de plus à la démocratie. Plus ça va, moins la diversité des voix est un problème. Au contraire, c’est quand les 3 journaux québécois monopolisaient le marché de l’information qu’il nous manquait des voix. Si vous voulez me convaincre que la disparition de La Presse serait une grande perte pour le Québec, dites-moi ce que nous perdrons. Dans le vidéo qu’ils envoient, ils parlent des manchettes sur Vincent Lacroix et sur les compteurs d’eau, ensuite ils parlent des éditorialistes, puis ils terminent par les mots croisés (sérieusement.). D’abord, ce n’est pas La Presse qui a découvert le scandale financier Norbourg, c’est l’autorité des marchés financiers. Tout ce que La Presse a fait c’est de bénéficier de ce scandale en le mettant à la Une plus d’une fois. Les blogueurs auraient pu en parler en masse – autant que les gens sont prêts à en entendre parler. Les éditorialistes ? Si l’on mettait sur un plan les différentes idées qui sont exprimées par l’ensemble des éditorialistes de La Presse versus l’ensemble des blogueurs québécois, on s’apercevrait que les opinions des éditorialistes ne sont qu’un sous-ensemble de la diversité québécoise, et que la blogosphère couvre beaucoup mieux cette diversité. Pour ce qui est des mots croisés, je règlerai la question très rapidement : http://www.mots-croises.ch.
Michelle Blanc conclue par un excellent conseil. « Je dis souvent qu’il faut se monter une communauté avant d’en avoir besoin. » Malheureusement pour les journalistes de La Presse, il est tout simplement trop tard. Il fallait participer à la communauté web plusieurs années à l’avance pour avoir notre support. Les gens de cette communauté ont un sixième sens pour détecter l’opportunisme. Ce qui me fait penser à quelque chose. Les élections québécoises s’en viennent dans environs 3 ans. Ça serait peut-être une bonne idée d’informer les dirigeants des partis politiques québécois qu’ils ont ici un exemple duquel ils pourraient apprendre: on ne crée pas une communauté web en 1 semaine. Si, par exemple, le Parti Québécois veut être prêt pour les élections dans 3 ans, il doit commencer tout de suite à bâtir sa communauté. Est-ce que quelqu’un proche de Pauline Marois pourrait lui faire le message ? Ça serait trop triste, en 2012, de voir un autre échec d’intégration des politiciens québécois au web. Je suis très sérieux, faites-lui le message, ça presse. Dans 1 an il sera déjà trop tard.
Pierre Côté et son nouveau type de journalisme.
Je connaissais les tweets de Pierre Côté et je savais qu’il avait une option ’suivez-moi live sur une map Google’, que je trouvais bizarre. Je n’en savais pas plus sur lui, mais une discussion sur son blog avec Patrick Lagacé (kick1972) m’a amené à découvrir son projet RealTime Réalité. La discussion avec Patrick Lagacé, en gros, c’est que Pierre Côté voulait faire une entrevue avec Patrick Lagacé. Patrick Lagacé a refusé en disant qu’il ne pouvait parler au nom de tout ses collègues en grève en pleine négociation alors qu’il n’est pas représentant syndical. Pierre Côté a ensuite dit à Patrick Lagacé que son journalisme était en train de mourir, suggérant que c’était le journalisme de Pierre Côté qui allait remplacer la vieille méthode.
Ça a piqué ma curiosité et j’ai commencé à visionner quelques vidéos sur son blog. Extrêmement intéressant. En gros le principe est le suivant: on peut suivre Pierre Côté 24 heures sur 24. Nos dons Paypal contribuent à son salaire. De son côté, il se promène d’évènement en évènement pour filmer les discours des politiciens, les vaccinations H1N1, n’importe quoi! Pour ceux qui n’ont pas besoin de le suivre en »Realtime », les vidéos sont mis sur qik (une sorte de YouTube), le tout accessible gratuitement. Résultat : Plutôt que d’avoir la petite ‘cut’ de 10 secondes de Jean Charest ou Louise Harel qui prononcent leur punch line, on a tout. Il semble que Pierre Côté porte la caméra à sa tête ou quelque chose du genre, en tout cas on le voit entrer dans la conférence de presse, on le voit attendre avec les journalistes, on voit les responsables des communications des politiciens préparer la scène, on voit l’arrivée des politiciens, on voit l’ensemble du discours des politiciens, on voit les questions posées par les journalistes, on voit le visage des journalistes quand ils posent les questions. Ça c’est intéressant. J’adore le fait que l’information est ainsi libérée; une information avec un filtre journalistique bien sûr puisque Pierre Côté, en choisissant les évènements qu’il filme, impose un certain filtre, mais l’information est tellement moins filtrée qu’à l’habitude qu’on se sent rafraîchit des vieilles rengaines journalistiques habituelles, des formules toutes faites qu’on a l’impression d’avoir entendu 20 fois.
Patrick Lagacé, dans son commentaire, crache littéralement sur le style :
[...] c’est en essence un croisement entre les morceaux de tape qui n’ont pas trouvé leur place vers la diffusion d »Occupation Double et filmer le boucher qui fait de la saucisse.
C’est vrai que le matériel est brut, mais je sais pas pour vous, moi je préfère ça. Sérieusement, ce qu’une jeune journaliste de 25 ans, aussi sexy soit-elle, veut me dire devant une file d’attente pour la vaccination H1N1, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Un bon footage bien filmé de l’évènement, sans trop de description, ça m’intéresse. Après s’il y a des longueurs, pas de problèmes je peux jouer avec le curseur du vidéo et passer sur les parties qui ne m’intéressent pas. Au moins j’ai un vidéo complet, et si je me pose la question »Qu’est-ce que madame Harel avait reçu comme question du journaliste avant de faire cette déclaration ? » eh bien je peux facilement le savoir.
Patrick Lagacé continue son attaque :
Le journalisme meurt ? « Ton » journalisme en direct où le BIP de la boîte vocale d’un PR qu’on appelle « fait partie de l’histoire », comme quatre minutes à voir une reporter de CBC répéter son stand-up sur Saint-Laurent, bruits de truck en prime, c’est ça, le nouveau monde du journalisme ?
Oui Monsieur Lagacé. Pourquoi pas ? Les médias se sont toujours dirigés vers une offre de l’évènement de plus en plus brut. Des pamphlétaires du 19e siècle jusqu’à la prétention à l’objectivité dans les histoires racontées dans la presse écrite du 20e siècle. Puis les nouvelles télévisées du soir qui montrent carrément l’évènement. Puis les chaînes de nouvelles en continue qui nous montrent l’évènement en live. Les gens sont intéressés à la réalité. Les gens sont intéressés à voir le comportement d’un politicien qui est en train de se placer pour faire son discours. Pourquoi le journaliste devrait-il cutter le discours d’un politicien selon ce qu’il juge intéressant ? Pourquoi le citoyen n’aurait pas droit de sélectionner les parties du discours qui l’intéresse ? Et pourquoi ne pourrait-il pas écouter l’ensemble du discours quand ça lui plaît ?
Patrick Lagacé accuse ensuite Pierre Côté de ne pas savoir ce dont il parle :
Comme tu ne comprends rien quand tu écris que les syndicats de La Presse « cachent » de l’information, en refusant de te parler pour commenter les négos.
C’est que Pierre Côté accusait les syndicats de La Presse de refuser de lui accorder une entrevue, ou de lui donner accès à un journaliste qui pourrait répondre à ses questions pendant 5 à 10 minutes. Patrick Lagacé dit qu’il ne s’agit pas de contrôle de l’information, que c’est simplement que le sujet de La Presse n’intéresse personne. Pas d’accord Monsieur Lagacé. Refuser toute forme de contact avec quelqu’un, lui empêcher l’accès à un employé c’est du contrôle de l’information. Alors quand Pierre Côté dit que les syndicats contrôlent l’information qui sort, c’est vrai. On peut être pour ou contre, mais il a raison. On peut dire que c’est un contrôle acceptable. Mais c’est un contrôle. Et c’est vrai que dans le monde du journalisme on va snobber les journalistes citoyens, et pas à peu près. C’est vrai qu’on va leur mettre tous les bâtons possibles dans les roues. Vous l’avez dit vous-mêmes dans une entrevue avec Christiane Charrette et le blogueur de la Clique du Plateau, le simple fait que vous ayez participé à une émission de radio avec un membre de la blogosphère non-corporative et non-journalistique vous fera passer pour un traître auprès de vos collègues. Si l’aristocratie journalistique est prête ainsi à réprimander un de leur membre pour simplement avoir osé adresser la parole à un blogueur, j’imagine qu’ils ne seront pas particulièrement intéressés à répondre aux questions d’un blogueur journaliste-citoyen. De là le contrôle de l’information, et de là les difficultés auxquelles Pierre Côté devra faire face, toujours pris à justifier son existence alors qu’un journaliste de La Presse n’a jamais à le faire. On en voit en masse des exemples de ça. Pendant l’attente de Louise Harel, il faut voir les communicateux et journalistes corporatifs demander avec scepticisme à Pierre Côté : ‘C’est pourquoi ça ?’.
Enfin de l’innovation. Enfin quelque chose de rafraîchissant dans le monde du reportage, un monde si longtemps paralysé par la stupidité, le vide, et le sensationnalisme. Est-ce que c’est LE journalisme du futur ? Franchement, je n’aurais pas de misère à le croire. L’aristocratie journalistique corporative ne pourra s’en vouloir qu’à elle-même si elle se fait dépasser par ce que Patrick Lagacé appelle des bouts de tape inintéressants.
Le cirque médiatique se poursuit.
La bande de clowns qui écrivent les articles chez La Presse continuent dans la même lancée que celle dénoncée dans mon dernier billet, en ne se gênant pas pour fouiller le fin fond du Québec et trouver une coupe d’anciens députés bloquistes qui pourraient nous donner une quote dans laquelle ils s’opposent à leur ancien parti. C’est très intéressant de voir l’auteur de l’article de Cyberpresse.ca aller fouiller chez les supporters des conservateurs des anciens bloquistes, juste au cas où il trouverait une coupe de citations pour compléter son torchon. C’est ainsi que ça fonctionne chez RDI et Gesca, si vous voulez chialer contre le Bloc Québécois, on vous envois un journaliste à la maison et ils notera chacun de vos mots, le fait que vous ayez été candidat de l’alliance canadienne après avoir été député du Bloc, on s’en fout, dans l’article, on vous présentera comme un ex-député du Bloc en colère, et qui remet en question l’existence de son ancien parti. Toutes les excuses sont bonnes pour remettre en question l’existence du parti qui a amassé le plus grand nombre de votes au Québec depuis sa création. Voyons voir si ils étudieront aussi en profondeur l’avis des 11 ex-députés du Bloc publié dans Le Devoir qui eux croient que le Bloc a plus de pertinence que jamais. Les appelleront-ils pour connaître leur avis ? L’article sera-t-il en première page de Cyberpresse.ca pendant 1 journée ?
Commentaires récents