Archive pour ‘Excellente’ Catégorie
Il y aura deux Bye Bye 2009.
Il y a 10 jours, je parlais du Bye Bye 2009 qui sera produit par un groupe de producteurs/réalisateurs/artistes. Or une information importante m’avait échappée et Mike Tremblay me l’a apprise: il y aura 2 Bye Bye cette année. Il y a donc le Bye Bye 2009 à byebye2009.com dont j’ai déjà parlé puis il y a le Bye Bye des Super Matozoïdes. L’annonce a été faite en septembre mais je l’avais ratée. Si j’ai bien compris, des membres des deux groupes avaient fait le Bye Bye 2008 du web. En tout cas le projet des Super Matozoïdes semble se tenir, Mike Tremblay m’indique dans son message que Ghyslain Taschereau, les Crapules, Mike Ward et les Chick’N Swells seront impliqués. Avec un ancien Bleu Poudre, ça ne pourra qu’être bon. Et avec Mike Ward pour ramener les gars sur la ligne de l’irrévérence, ça me rassure!
Bonne chance aux deux Bye Bye 2009, la compétition ne peut qu’être bénéfique. Espérons que ça poussera les artistes des deux équipes à leur meilleur.
Le genre d’humour au second degré dont le Québec se prive.
Le 31 décembre 2008, avec le Bye Bye 2008, Radio-Canada retentait l’expérience de l’humour au second degré qui avait depuis plusieurs dizaines d’années caractérisé les différents Bye Bye. Malheureusement, cette année-là, un groupe d’extrémistes spécialisé dans la culpabilisation de masse avait décidé qu’il était temps de nettoyer le Québec de toute référence aux canadiens, aux immigrants ou à Nathalie Simard, et que l’époque de l’humour plate et insensé devait être ramenée, de force s’il le fallait. En se pliant aux divagations de ces soi-disant défenseurs de la tolérance et en ne produisant pas de Bye Bye 2009, la société québécoise se prive d’un genre d’humour dont elle possède le secret, tel qu’elle l’a montré à plusieurs reprises, entre autres à travers les émissions de RBO.
Pendant que les québécois se demandent si on peut ou non parler des phénomènes de société les plus importants pour le Québec à la télévision, d’autres nations n’hésitent pas à aborder ces sujets par le billet de l’humour au second degré, le même genre d’humour que Jean-François Mercier utilisait lors du Bye Bye 2008. C’est ce que fait chaque soir Stephen Colbert de l’émission The Colbert Report, à Comedy Central. Stephen Colbert est en fait un américain de gauche qui parodie un animateur de téléjournal de droite qui s’opposerait au mariage gai et qui adopterait la plupart des positions du parti républicain. Dans ce vidéo, à 5:00, il prend position contre le mariage gai et se porte à la défense de l’Église qui est bouleversée par la possibilité que des homosexuels puissent se marier. Il accuse les homosexuels de vouloir s’approprier les … :
[...] trucs les plus amusants dans le mariage comme… comme le droit de déterrer la dépouille de son époux. C’est de l’homosexualité après la mort, ce sont des genres de zombies-homosexuels. Ces zombies-homosexuels commencent par le droit au mariage, mais ce qui les intéressent vraiment c’est de contrôler notre cerveau. Et puis comment les gens sont-ils supposés pouvoir reposer en paix si ils savent qu’à quelques tombes d’eux, deux hommes sont morts et gais! Dieu a dit que ceux qui étaient reliés sur terre étaient rassemblés au ciel, si on commence à enterrer les homosexuels ensemble ils seront ensemble au paradis! [...] Si on veut que les homosexuels meurent comme ils ont vécu selon leur état légal actuel, ils doivent mourir comme on leur demande de vivre : dans l’invisibilité.
Toute personne avec un minimum de quotient intellectuel pourra écouter l’extrait et conclure qu’il s’agit d’humour au second degré et que Stephen Colbert n’est pas opposé au mariage gai, mais qu’il veut plutôt ridiculiser ceux qui le sont. Si les gens, même les américains, sont capables de faire la différence lorsqu’il s’agit de Stephen Colbert, pourquoi est-ce que les Québécois ne seraient pas capable de reconnaître le deuxième degré dans l’humour de Jean-François Mercier lorsqu’il a fait son sketch sur le Canada anglais ou sur Barack Obama au Bye Bye 2008 ? Pourtant le montage de la scène et le genre de propos se ressemblent énormément. Pourquoi des gens crient-ils au racisme lorsqu’un sketch ne fait qu’aborder le fait que Barack Obama est noir ou que le Canada anglais est différent ? Deux possibilités: soit qu’ils sont incroyablement stupides, ou ils sont de mauvaise foi et ont d’autres objectifs que la simple censure du Bye Bye 2008, ils visent plutôt l’anéantissement de l’identité québécoise dans notre culture télévisuelle.
le TViste
Le Banquier, les handicapés et la télévision québécoise.
La télévision québécoise a une historique de controverse avec les handicapés et leur présence dans la culture québécoise. En 1988, Jean-Marc Parent, alors sortant d’une brève formation d’humoriste, se faisait connaître par son spectacle L’handicapé au festival Juste Pour Rire. Le spectacle fut jugé trop choquant par certains à l’époque mais est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands classiques de l’humour québécois et comme un moment important pour la cause de la présence des handicapés dans la culture québécoise.
Depuis que l’humoriste et acteur handicapé Dave Richer passait dans des galas d’humour et qu’il jouait dans plusieurs émissions et films québécois, je croyais que le tabou des handicaps physiques était réglé au Québec. De plus, plusieurs humoristes ont repris l’idée originale de Jean-Marc Parent et jouent des rôles d’handicapés, entre autres Patrick Groulx et Mike Ward. Je ne croyais pas que ça pourrait encore choquer des gens que de voir un handicapé passer à la télévision. J’avais tort.
Dimanche dernier, à l’émission Le Banquier de TVA, une trisomique dénommée Julie avait la chance de participer au jeu. Certains ont réagi. Le Détracteur Constructif, dans un article qui même moi m’a choqué, fait une parodie de pétition pour que Cynoque des Goonies soit le prochain invité du Banquier, qu’il décrit comme « une émission progressiste porte-étandard du combat pour la justice sociale ». La Clique du Plateau disent qu’ils ont aimé l’émission, mais la qualifie de Freak Show. Sylvain Bouchard, du FM93, parle d’un malaise devant un cirque, dans une entrevue avec Julie Snyder. La contestation a atteint une telle ampleur que Richard Martineau s’est permis de faire un article de parodie, en feignant un dégoût pour l’idée de laisser des handicapés passer à la télévision. Mauvais Oeil a écrit un excellent article humoristique en disant que d’inviter une trisomique à l’émission est une insulte à son intelligence puisque les participants habituels sont des déficients profonds!
La réaction m’a surpris. Au fond quand on regarde l’évolution de la télévision québécoise depuis ses débuts, elle est passée de sketchs scénarisés au style de plus en plus « documentaire » ou « réalité ». Il est donc normal que l’on soit passé d’handicapés parodiés et exagérés à l’invitation sur le plateau de vrais handicapés. C’est souhaitable pour eux. Ce n’est pas tous les jours où l’on peut en apprendre sur le quotidien d’une trisomique et ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent gagner des prix comme ça, alors pourquoi ne pas la faire participer au Banquier ? Je peux comprendre la critique. Je peux comprendre ceux qui ont peur que ça tourne éventuellement au cirque. Mais je ne crois pas que l’on puisse prêter de mauvaises intentions aux producteurs.
En tout cas s’il y a une place où on ne se serait pas scandalisé, c’est aux États-Unis, où je me trouve présentement pour une série d’articles sur la télévision américaine. Vous connaissez probablement le Discovery Channel, mais un poste conjoint moins connu au Québec et qui est assez populaire ici est Discovery Health. Sur Discovery Health, on n’hésite pas à montrer la souffrance des gens ayant les pires handicaps. Dans l’émission d’hier, une femme qui n’avait ni jambes ni bras, et qui était obèse en plus. C’était essentiellement une boule de graisse qui ne pouvait faire autre chose que d’être portée par quelqu’un. Les obèses, les handicaps mentaux, les défigurations comme je n’en avais jamais vu; tout ça fait partie de la programmation quotidienne de cette chaîne. Franchement je ne sais pas quoi en penser. D’un côté, oui c’est un freak show. D’un autre, le témoignage de ces gens ne vaut-il pas la peine d’être entendu ? Quelle est la société la plus fermée, celle où l’on cache ces gens ou celle où l’on leur permet de parler de leurs souffrance à la télévision ?
le TViste
Le 31 décembre 2009 pourrait marquer le début de la mort de la télé traditionnelle québécoise.
La télévision traditionnelle est encombrée par un grand nombre de défauts qui la condamnent à court ou à long terme à disparaître au profit d’une télévision du web. D’abord il y a les restrictions de la plage horaire qui font en sorte qu’une émission doive nécessairement durer 30 ou 60 minutes. Puis le fait que les émissions qui sont en compétition pour les moments importants de la semaine comme le dimanche soir se retrouvent à diviser l’auditoire. Imaginez l’augmentation d’auditoire que chaque émission aurait eue si Tout le monde en parle et Occupation Double auraient pu être diffusées sur le web ces dernières années. Les gens auraient pu écouter l’une et l’autre émission lorsque ça leur plaît, à n’importe quel moment de la semaine. Un avantage économique certain; une émission qui fait 1.5 millions en auditoire, ça n’a pas la même valeur qu’une émission qui en fait 3. Mais il y a d’autres désavantages encore plus importants pour la télévision traditionnelle : le musèlement par le CRTC, le politiquement correct, les coûts élevés, l’absence de contact avec la population, l’absence de représentativité de la diversité de la population. La sensibilité aux scandales comme le scandale fantasmé du Bye Bye 2008 qui a empêché la diffusion d’un Bye Bye 2009. Le web n’en a rien à faire de cela; le jour où il y aura autant de »canaux » que d’émissions, vous aurez beau essayer de soulever un scandale, l’équipe de production qui se sera réunie pour faire l’émission sera déjà dissoute et éparpillée; il n’y aura pas de CRTC à qui se plaindre, pas d’ombudsman à qui écrire, les noms de domaine se recycleront aussi rapidement que les thèmes d’émission de la journée. Les commentaires des saintes vierges offensées résonneront dans Google Cache pour toujours, comme le cri des fourmis sur mon terrain que je n’entends pas. Ils se noieront dans le flux Twitter parmi les autres commentaires; ceux qui ont aimé à fond, ceux qui ont aimé pas pire, ceux qui trouvaient que la robe de l’animatrice ne l’avantageait pas. Joyeux chaos lavé à chaque jour par les tweets du lendemain.
Lorsqu’on regardera en arrière dans quelques dizaines d’années pour chercher à quel moment exactement la télévision web a-t-elle été à même de gruger la télévision traditionnelle, de la remplacer lorsqu’elle fit échec, il se pourrait bien que le 31 décembre 2009 soit une des premières dates qui nous viendra en tête. Effectivement, une équipe de 40 producteurs, réalisateurs et artistes ont décidé de s’associer et de produire des sketchs à saveur humoristique faisant la compilation des évènements qui ont touché le Québec en 2009. L’ensemble des sketchs formera un Bye Bye qui sera diffusé à partir de 19h le 31 décembre 2009. La diffusion d’un Bye Bye sur le web pourrait bien être devenu la solution aux différents problèmes qui ont affecté les Bye Bye depuis plusieurs années. Si l’équipe du Bye Bye 2009 se montre à la hauteur, cette émission web pourrait bien marquer le début de la mort de la télévision traditionnelle au Québec. L’entreprise pourrait aussi s’avérer un flop, tel que suggéré par le non-professionnalisme et l’impertinence de la page web actuelle. Je suis présentement déchiré entre l’espoir et l’attente neutre; mais si l’équipe réussit à produire un Bye Bye de qualité, acide à point, il se pourrait bien qu’une nouvelle page d’histoire en télévision québécoise s’écrive. Quelques conseils aux gens du Bye Bye 2009 : ne vous laissez pas inhiber par la peur du scandale et ne regardez pas les dépenses; produisez le meilleur Bye Bye web qu’il soit possible d’imaginer. Peut-être que vous ne rentrerez pas dans votre argent, mais vous en sortirez avec un honneur et un respect que l’argent ne saurait acheter.
Et n’oubliez pas ceci : personne ne se souviendra de vous pour avoir fait un Bye Bye gentil.
le TViste
Pierre Côté et son nouveau type de journalisme.
Je connaissais les tweets de Pierre Côté et je savais qu’il avait une option ’suivez-moi live sur une map Google’, que je trouvais bizarre. Je n’en savais pas plus sur lui, mais une discussion sur son blog avec Patrick Lagacé (kick1972) m’a amené à découvrir son projet RealTime Réalité. La discussion avec Patrick Lagacé, en gros, c’est que Pierre Côté voulait faire une entrevue avec Patrick Lagacé. Patrick Lagacé a refusé en disant qu’il ne pouvait parler au nom de tout ses collègues en grève en pleine négociation alors qu’il n’est pas représentant syndical. Pierre Côté a ensuite dit à Patrick Lagacé que son journalisme était en train de mourir, suggérant que c’était le journalisme de Pierre Côté qui allait remplacer la vieille méthode.
Ça a piqué ma curiosité et j’ai commencé à visionner quelques vidéos sur son blog. Extrêmement intéressant. En gros le principe est le suivant: on peut suivre Pierre Côté 24 heures sur 24. Nos dons Paypal contribuent à son salaire. De son côté, il se promène d’évènement en évènement pour filmer les discours des politiciens, les vaccinations H1N1, n’importe quoi! Pour ceux qui n’ont pas besoin de le suivre en »Realtime », les vidéos sont mis sur qik (une sorte de YouTube), le tout accessible gratuitement. Résultat : Plutôt que d’avoir la petite ‘cut’ de 10 secondes de Jean Charest ou Louise Harel qui prononcent leur punch line, on a tout. Il semble que Pierre Côté porte la caméra à sa tête ou quelque chose du genre, en tout cas on le voit entrer dans la conférence de presse, on le voit attendre avec les journalistes, on voit les responsables des communications des politiciens préparer la scène, on voit l’arrivée des politiciens, on voit l’ensemble du discours des politiciens, on voit les questions posées par les journalistes, on voit le visage des journalistes quand ils posent les questions. Ça c’est intéressant. J’adore le fait que l’information est ainsi libérée; une information avec un filtre journalistique bien sûr puisque Pierre Côté, en choisissant les évènements qu’il filme, impose un certain filtre, mais l’information est tellement moins filtrée qu’à l’habitude qu’on se sent rafraîchit des vieilles rengaines journalistiques habituelles, des formules toutes faites qu’on a l’impression d’avoir entendu 20 fois.
Patrick Lagacé, dans son commentaire, crache littéralement sur le style :
[...] c’est en essence un croisement entre les morceaux de tape qui n’ont pas trouvé leur place vers la diffusion d »Occupation Double et filmer le boucher qui fait de la saucisse.
C’est vrai que le matériel est brut, mais je sais pas pour vous, moi je préfère ça. Sérieusement, ce qu’une jeune journaliste de 25 ans, aussi sexy soit-elle, veut me dire devant une file d’attente pour la vaccination H1N1, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Un bon footage bien filmé de l’évènement, sans trop de description, ça m’intéresse. Après s’il y a des longueurs, pas de problèmes je peux jouer avec le curseur du vidéo et passer sur les parties qui ne m’intéressent pas. Au moins j’ai un vidéo complet, et si je me pose la question »Qu’est-ce que madame Harel avait reçu comme question du journaliste avant de faire cette déclaration ? » eh bien je peux facilement le savoir.
Patrick Lagacé continue son attaque :
Le journalisme meurt ? « Ton » journalisme en direct où le BIP de la boîte vocale d’un PR qu’on appelle « fait partie de l’histoire », comme quatre minutes à voir une reporter de CBC répéter son stand-up sur Saint-Laurent, bruits de truck en prime, c’est ça, le nouveau monde du journalisme ?
Oui Monsieur Lagacé. Pourquoi pas ? Les médias se sont toujours dirigés vers une offre de l’évènement de plus en plus brut. Des pamphlétaires du 19e siècle jusqu’à la prétention à l’objectivité dans les histoires racontées dans la presse écrite du 20e siècle. Puis les nouvelles télévisées du soir qui montrent carrément l’évènement. Puis les chaînes de nouvelles en continue qui nous montrent l’évènement en live. Les gens sont intéressés à la réalité. Les gens sont intéressés à voir le comportement d’un politicien qui est en train de se placer pour faire son discours. Pourquoi le journaliste devrait-il cutter le discours d’un politicien selon ce qu’il juge intéressant ? Pourquoi le citoyen n’aurait pas droit de sélectionner les parties du discours qui l’intéresse ? Et pourquoi ne pourrait-il pas écouter l’ensemble du discours quand ça lui plaît ?
Patrick Lagacé accuse ensuite Pierre Côté de ne pas savoir ce dont il parle :
Comme tu ne comprends rien quand tu écris que les syndicats de La Presse « cachent » de l’information, en refusant de te parler pour commenter les négos.
C’est que Pierre Côté accusait les syndicats de La Presse de refuser de lui accorder une entrevue, ou de lui donner accès à un journaliste qui pourrait répondre à ses questions pendant 5 à 10 minutes. Patrick Lagacé dit qu’il ne s’agit pas de contrôle de l’information, que c’est simplement que le sujet de La Presse n’intéresse personne. Pas d’accord Monsieur Lagacé. Refuser toute forme de contact avec quelqu’un, lui empêcher l’accès à un employé c’est du contrôle de l’information. Alors quand Pierre Côté dit que les syndicats contrôlent l’information qui sort, c’est vrai. On peut être pour ou contre, mais il a raison. On peut dire que c’est un contrôle acceptable. Mais c’est un contrôle. Et c’est vrai que dans le monde du journalisme on va snobber les journalistes citoyens, et pas à peu près. C’est vrai qu’on va leur mettre tous les bâtons possibles dans les roues. Vous l’avez dit vous-mêmes dans une entrevue avec Christiane Charrette et le blogueur de la Clique du Plateau, le simple fait que vous ayez participé à une émission de radio avec un membre de la blogosphère non-corporative et non-journalistique vous fera passer pour un traître auprès de vos collègues. Si l’aristocratie journalistique est prête ainsi à réprimander un de leur membre pour simplement avoir osé adresser la parole à un blogueur, j’imagine qu’ils ne seront pas particulièrement intéressés à répondre aux questions d’un blogueur journaliste-citoyen. De là le contrôle de l’information, et de là les difficultés auxquelles Pierre Côté devra faire face, toujours pris à justifier son existence alors qu’un journaliste de La Presse n’a jamais à le faire. On en voit en masse des exemples de ça. Pendant l’attente de Louise Harel, il faut voir les communicateux et journalistes corporatifs demander avec scepticisme à Pierre Côté : ‘C’est pourquoi ça ?’.
Enfin de l’innovation. Enfin quelque chose de rafraîchissant dans le monde du reportage, un monde si longtemps paralysé par la stupidité, le vide, et le sensationnalisme. Est-ce que c’est LE journalisme du futur ? Franchement, je n’aurais pas de misère à le croire. L’aristocratie journalistique corporative ne pourra s’en vouloir qu’à elle-même si elle se fait dépasser par ce que Patrick Lagacé appelle des bouts de tape inintéressants.
Roman Polanski, Pédophilie et art, Europe vs Amérique
La récente histoire judiciaire avec Roman Polanski m’a rappelé un extrait de la télé française que j’avais écouté il y a quelques années. L’extrait nous montre à quel point la vision de la pédophilie peut être différente en Europe qu’en Amérique. C’est aussi sur le thème de cette différence que portait un récent papier par Stéphane Baillargeon dans Le Devoir. Le journaliste y fait une liste assez exhaustive des différentes réactions des politiciens en Europe qui sont en contraste total avec les réactions des éditorialistes américains.
L’extrait vient d’une émission qui s’appelle On n’est pas couchés, il s’agit de l’émission du dimanche en France, qui remplaça Tout le monde en parle. Les invités sont généralement des politiciens, des artistes, des auteurs, qui viennent défendre leurs œuvres devant les critiques de l’émission : Éric Zemmour, Éric Nauleau, et Michel Polac (qui est maintenant décédé). Voici l’extrait :
En gros, Michel Polac, qui est critique dans cette émission, commence par critiquer le livre de l’invitée Daniela Lumbroso. Il dit ensuite se sentir obligé de déclarer ce qui le lit à l’invitée, une histoire s’étant passée il y a quelques années alors que Michel Polac publiait son journal. Dans celui-ci, il était écrit que Michel Polac s’était déjà masturbé sur un jeune homme de 10 ou 11 ans alors qu’il en avait 40 :
Oui, j’ai vécu cela à 14 ans avec I. J’ai défailli comme on disait au XVIIIe siècle, rien qu’en frôlant son ventre nu avec mon ventre. (…) De même avec un autre I. à 28 ans, il avait 18 ans environ, mais ce fut moins foudroyant car je l’avais pris pour un tapin : et enfin à 40 ans, avec ce curieux gamin un peu bizarre, sauvage, farouche, un rien demeuré, fils de paysan, orphelin peut-être, qui devait avoir 10, 11 ans, peut-être moins, et qui m’a si étrangement provoqué jusqu’à se coucher nu dans ma chambre d’hôtel en me racontant une obscure histoire de relation sexuelle avec un homme de son entourage et je me suis rapproché de lui, et il était nu sur le côté, et j’ai seulement baissé mon pantalon et ai collé mon ventre contre son cul, et j’ai déchargé aussitôt, en une seconde, dans un éblouissement terrible, et il a eu un petit rire surpris comme s’il s’attendait à ce que je le pénètre, il paraissait si expérimenté, si précocement instruit, tout en ignorant ce que cela signifiait, tout en étant capable de préciser ce qu’il savait ou voulait.
Or dans le vidéo, quelle est la défense de Michel Polac ? Il dit tout d’abord que l’invitée est une conne glacée, qu’elle ne sait pas lire, qu’elle est de mauvaise foi, qu’elle est une nunuche, qu’elle s’est attardée à 10 lignes plutôt qu’au livre en entier. Tout ça ne constitue pas une défense terrible. Si l’acte a été fait, il a été fait, peu importe l’importance en proportion dans son journal. Quand Michel Polac affirme qu’elle ment sur l’extrait, l’invitée dit : ‘Mais si, vous allez le retrouver.’ et Laurent Ruquier, l’animateur, lance une blague : ‘Retrouver le petit garçon, peut-être pas!’. Et quelle a été la réaction des français à la révélation de cette information sur Michel Polac ?
J’ai demandé à mon ami français. Ça n’a pas scandalisé les gens de savoir ça ? Il a pu garder son poste ? J’ai soulevé l’exemple de Gilles Proulx, ici, qui avait été congédié parce qu’il avait soulevé la possibilité une fois qu’une victime de viol l’avait cherché. Mon ami français m’a répondu ceci : ‘Tu sais, c’est Michel Polac, et puis il était vieux alors on allait quand même pas se lancer dans une chasse à la sorcière, personne ne voulait s’en prendre à lui de toute façon et c’est normal.’
On est pas loin de l’argumentaire des défendeurs de Roman Polanski comme Christian Mistral. Ces gens ne cessent de nous rappeler que les évènements se sont passés il y a 30 ans. Ils ne cessent de victimiser le criminel. Ils nous rappellent dans chacun de leurs argumentaires que Roman Polanski était un grand homme qui allait chercher son Prix, pire encore, ils traitent les gens qui sont pour l’application de la justice d’incultes ou, disent-ils, nous sommes confus (écouter à partir de 15:00).
Tout ça s’ajoute aux auteurs européens tels que Frédéric Mitterand (aussi ministre de la culture) qui décrit sa participation au tourisme sexuel avec de »jeunes garçons » : son gouvernement le supporte, les »jeunes garçons » en question étaient tous majeurs disent-ils.
Est-ce faire un amalgame que de parler de tout ces évènements tel que le suggère Frédéric Beigbeder ? Je ne crois pas. Si les artistes et auteurs européens ne veulent pas être associés à ces actes de pédophilie, ils devraient simplement prendre position contre les pédophiles, sans laisser de doute. C’est ce que plusieurs artistes québécois avaient fait suite à l’annonce que Guy Cloutier était pédophile. Ils se sont dissociés publiquement, et aujourd’hui on ne se souvient même plus qu’ils avaient déjà été amis. En prenant la défense d’accusés dans des histoires judiciaires en cours, les artistes qui prennent position publiquement risquent de laisser croire au public qu’ils ne considèrent pas la pédophilie comme un crime grave. Qu’ils cessent de nous accuser de faire des amalgames et d’être confus quand c’est eux-mêmes qui amplifient cette confusion.
Celui qui est confus si vous voulez mon avis, c’est Christian Mistral quand il fait l’apologie du bon vieux temps dans cet extrait (18:30). Il y a 25 ans, dit-il, c’était une autre époque. Le crime commis par Roman Polanski n’était pas vu comme aussi grave à l’époque et il ne faut pas juger un vieux crime avec les critères d’aujourd’hui. Wow. On en vient presque à espérer que le Doc Mailloux revienne nous crier après à la radio qu’il reste un fond d’appui latent aux pédophiles au Québec.
le TViste
Red Bull Crashed Ice, Marto Napoli, et la décadence intellectuelle dans la région de Québec.
Ce soir, la Ville de Québec sortait tout ce qu’elle avait de tatas et de dépourvus intellectuels question de les faire aérer et du même coup participer à une entreprise publicitaire qui la dépasse et qui a pour but de rentrer dans la tête des gens que la boisson Red Bull, malgré son prix élevé, son goût mauvais, et ses effets inexistants, peut se consommer tous les jours afin de vous « énergiser ». Comme quoi dans cette région du Québec ce ne sont pas les tatas qui manquent, on en attendait environs 100,000 qui, semble-t-il, se portent jovialement volontaires année après année pour donner vie à cette célébration publique de la médiocrité et de l’imbécilité. Une célébration de la médiocrité parce que pour les besoins publicitaires d’une compagnie, on invente un sport dans lequel on ne peut pas vraiment exceller. Red Bull ne voudrait pas être associé avec un sport d’élite ou d’excellence, pour lequel on peut s’entraîner pendant 15 ans avant d’atteindre les plus hauts niveaux. Il semble qu’une gang de jeunes joueurs de hockey de niveau garage qu’on équipe de casques et de patins et qu’on pitch en bas d’une côte, ça fait l’affaire côté publicité, et même que c’est mieux. Ça nous donne l’impression que c’est un sport du peuple. Que n’importe qui pourrait y arriver. Un peu comme le poker télévisé. Lorsque la caméra montre l’assistance, on voit en grande majorité une génération de 14 à 30 ans prête à crier devant la caméra lorsque le caméraman leur demande de crier devant la caméra, prête à lever les bras hystériquement lorsqu’on leur demande de le faire. Sont-ils un minimum conscients que l’image qu’ils fabriquent ce faisant sera utilisée dans le but de vendre l’idée que Red Bull est une boisson jeune et cool ? Ou est-ce que la publicité est tellement omniprésente que ça ne dérange plus les gens non seulement de la voir mais d’y participer activement ? Gros mal aise quand on voit le ministre de la capitale nationale Sam Hamad et le maire de Québec Régis Labeaume en entrevue avec les interviewers et caméramans achetés ou loués par Red Bull. Il ne restait plus qu’à leur foutre une canette de Red Bull ouverte dans la main et le portrait aurait été complet. Le gouvernement du Québec appuie Red Bull : Red Bull donne des ailes. Comment des politiciens peuvent-ils participer ainsi à une info-pub d’une boisson énergisante ? D’ailleurs la relation entre TVA et Red Bull reste à clarifier. Est-ce que cette émission était considérée comme une info-pub ? Est-ce que c’est Red Bull qui contrôlait le contenu ou est-ce que c’était TVA ? Est-ce que Red Bull payait TVA et se chargeait de tout organiser au niveau technique comme le font les producteurs d’info-pubs du H2O Vac ou est-ce qu’il s’agit d’une couverture médiatique de type journalistique ?
De l’autre côté, on apprenait il y a deux semaines dans une émission des Francs-Tireurs l’existence d’un phénomène qui ne peut se maintenir que dans une ville à forte concentration de tatas. Ce phénomène est incarné par Marto Napoli, un genre de sous-Jeff Fillion des pauvres. Le but de cet homme ? Catapulter des patates dans l’anus de gens provenant de son public, rentrer des cactus dans leur cul, ou porter des ballounes pliées en formes de testicules au niveau de la ceinture. Et après une fille aux gros totons arrive et la foule l’applaudit. Pour comprendre le phénomène, ses fans sont interrogés. Certains réussissent à articuler des phrases assez complètes pour qu’elles puissent être citées ici :
Tsé Marto c’qui fait c’est, c’est en d’sour des lignes. C’est pas, c’est pas, faut pas croére ça là. C’est n’importe quoi
D’autres font preuve d’une étonnante lucidité :
Il faut être déficient. Un minimum, un minimum. Faut être déficient.
Encore une fois, la ville de Québec réussit à se démarquer non pas en créant quelque chose d’intelligent, mais au contraire, en réduisant à des niveaux encore inexplorés la connerie anale, l’imbécilité, la médiocrité, et l’absence totale de quoi que ce soit qui pourrait être assimilé ou s’adresser à un Q.I. de plus de 70. Il est impératif que les gens intelligents de Québec se mobilisent et fassent en sorte que la merde qui en sort ne s’impose pas comme seule représentante de leur ville. Je suis convaincu que vous existez, sortez de l’ombre, gens au Q.I. moyen et élevé !
Quand on voit ces deux phénomènes, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec tout ce qui a été observé dans la région de Québec ces dernières années. Que ce soit la multiplicité des radios vidanges qui donnent la parole aux pires incultes en ville, Jeff Fillion, les hommes blancs en colère, le mystère Québec. Au moment où on voit un gars avec un chapeau de cowboy se faire catapulter une patate dans le cul, on comprend plus facilement comment cette région du Québec est encore la dernière à voter pour un parti de droite formé essentiellement de gérants de clubs vidéos et de stations-services. Je voudrais conclure ce billet avec un message d’espoir pour le pourcentage de gens intelligents de la ville de Québec, mais comme quoi l’imbécilité s’adresse aux imbéciles, je laisse pour témoignage deux suiveux de Marto Napoli qui nous disent dans le reportage :
Bin Marto j’aime ça parce que c’est euh, ça nous rejoint là. On a pas à se casser la tête on comprend c’qui dit pis euh, c’est juste, bin y dit rien là. C’est ça là ça nous rejoint là.
Bin non c’est aucunement vulgaire c’est la pensée des jeunes d’aujourd’hui j’pense là. Bin j’sais pas comment expliquer ça là.
T’inquiète, moi aussi je me l’explique mal.
le TViste
Sommes-nous (Télé-Québec)
Une bonne émission a commencé la semaine passée à Télé-Québec, dommage que nous n’ayons pas pu en parler avant que la poussière soulevée par les fanatiques anti-Bye Bye retombe. Il s’agit de Sommes-nous, une série documentaire présentée par Patrick Masbourian. On entend souvent tout pleins de chiffres sur les québécois qui disent qu’ils sont ci, qu’ils sont ça, cette émission se propose pour analyser en profondeur 10 aspects de la vie québécoise en une série de 10 émissions. Patrick Masbourian a toujours été associé, pour moi, à des produits de qualité, et ça se poursuit pour Sommes-nous. Aujourd’hui, le reportage portait sur la religion. Le montage est très dynamique et ça choque de voir les fanatiques religieux de la nouvelle tendance évangéliste. À voir.
le TViste
Bye Bye 2008: Vieillesse, immigration, et moumounisation de la société québécoise.
Aujourd’hui avec l’Internet, la liberté d’expression, la facilité du commentaire, et les projets collectifs comme Wikipédia, n’importe quel tata a l’impression qu’il peut faire un Richard Martineau de lui-même et commenter et même suggérer quoi faire aux auteurs de n’importe quelle émission. Résultat on se retrouve avec une multitude de commentaires, et parfois ce ne sont pas les plus pertinents qui sont mis de l’avant. Finalement à écouter tout ce beau monde sélectivement, on pourrait en venir à la conclusion que les télétubbies sont trop hardcore et que le midi avec André Arthur a trop de classe. À trop les écouter, on obtient ce qu’on a vu cette semaine avec le déferlement médiatique anti-bye bye 2008.
Moi j’étais tout innocent. J’avais écouté le Bye Bye 2008 avec ma famille; des gens variés. Des jeunes, des vieux, des athées, des catholiques (dont une soeur religieuse), des straights, des moins straight. On s’était tous biddonés, et j’avais personnellement été étonné que l’esprit des Bye Bye du bon vieux temps et des émissions RBO plus récentes ait été conservé, renouvellé, et même amélioré. Un vrai bon Bye Bye, bien acide, bien agressif; comme ça a toujours été, depuis des dizaines d’année maintenant. Rien à dire. Mais je vivais dans un monde parrallèle, simplement parce que les 15 jours de vacances que j’ai pour le temps des fêtes sont les 15 seuls pendant lesquels je ne lis pas les journaux et je n’écoute pas les nouvelles télévisées !! Quelle surprise quand j’ouvre le journal Métro ce matin pour lire qu’il y a une controverse et que le Bye Bye 2008 est attaqué de partout. Bon avec les phénomènes d’entraînement qui existent dans les médias québécois, quand ça part, ça n’arrête plus et ça vient dans tous les sens. Alors il va falloir diviser les critiques en quelques sections.
Goût amer
Bon d’abord il y a Hugo Dumas (qui ?) dans La Presse qui se plaint qu’il y avait trop de maladresses et que les blagues sur Nathalie Simard ‘ont rapidement suri’. Il ose même référer au bon vieux temps de RBO, qui eux savaient bien faire des blagues que l’on voulait revoir et revoir encore. D’abord, voici un extrait de RBO, vous verrez qu’ils en ont fait eux aussi des blagues pipi-caca :
Deuxièment, les blagues sur Nathalie Simard étaient parmis les plus pertinentes. Qui n’a pas eu un moment l’impression qu’elle se moquait des gens avec ses histoires d’amours et ses ‘retours à la vie normale’ (4 fois) qu’elle vendait aux revues à potin de façon régulière ? Idéaliser RBO par rapport au Bye Bye 2008, c’est un réflexe de vieux : ahhh dans mon temps les tempêtes de neige étaient plus grosses. Soyons clair : J’adore RBO. Mais en tant que grand fan de RBO, je sais que lorsque l’on fait ce type d’humour, on s’expose forcément à des critiques et on s’expose à ce que certains sketchs soient jugés de mauvais goût. Je préfère ça qu’un Bye Bye complètement vide de contenu critique, et l’équipe du Bye Bye 2008 a osé prendre la direction audacieuse.
Le racisme
Avec l’immigration vient éventuellement la formation de groupes de la société qui se sentent opprimés et qui partent des associations qui ont pour but de justifier leur propre existence en voyant du racisme un peu partout et en contestant ce racisme imaginaire. Sofia Flores, qui a écrit un commentaire dans le métro, fait partie de cette tendance. Voici ce que cette intellectuelle du courrier des lecteurs de journaux gratuit avait à nous faire part :
C’est avec beaucoup d’anticipation que j’ai commencé à regarder le Bye Bye 2008. Petit à petit, mon enthousiasme s’est transformé en dégoût devant les blagues de très mauvais goût et le sketch hyper raciste de Denis Lévesque avec Barack Obama.
C’était extrêmement péjoratif et offensant à l’endroit des Noirs. Le monde entier a applaudi les Américains pour s’être unis afin d’élire Obama, une source d’inspiration pour tout le monde et maintenant la télé québécoise se permet d’encourager un sketch raciste à la veille de 2009.
Bon ça y est, dès qu’on ne se réjouit pas en déchirant nos chemises de l’élection d’un membre de votre race à la présidence des États-Unis, on est ‘hyper raciste’. Soit on se plie aux délires des obamaniaques et on célèbre gaiement avec eux en criant hystériquement que le changement est arrivé avant même qu’il ne soit arrivé, soit on est du mauvais bord et on est bon pour être fusillés. En passant le sketch en tant que tel ne contenait aucun propos offensant, c’était un sketch plutôt banal qui portait sur l’incapacité de Denis Lévesque à poser des questions correctement à ses invités, mais je ne m’attends pas, Mme Flores, à ce que vous en connaissiez assez sur la culture québécoise pour comprendre cette référence au Québec oh combien profond représenté ici par Denis Lévesque reçoit à 22h45 sur TVA. Connaissez-vous l’hyper-racisme Mme Flores ? Connaissez-vous même le racisme ? Vous déshonorez les ancêtres des noirs en qualifiant ce sketch d’hyper-raciste, car eux ils savent ce que c’est que l’hyper-racisme et croyez-moi, ça n’a rien à voir avec ce sketch. Eux ils savent ce que c’est que la vraie discrimination. Le sketch que vous avez vu était beaucoup plus déshonorant pour Denis Lévesque que pour les noirs.
Trop grossier
Et puis il y a les p’tits vieux qui viennent de réaliser qu’ils peuvent écrire des commentaires sur Internet et qui décident que les nouvelles générations, ces jeunes de 10 à 30 ans comme moi qui veulent voir des choses choquantes, que nous n’y avons pas droit. Ah eux ils y ont eu droit avec RBO, mais maintenant qu’ils sont vieux, vive Star Académie et les retrouvailles de Claire Lamarche. C’est incroyable dans ce vidéo de voir l’animatrice du téléjournal faire une leçon à Jean-François Mercier sur son personnage du gros cave, comme si c’était un nouveau personnage de la semaine.
La qualité
Pour ceux qui se plaignent de la qualité, ne me dites pas que vous n’avez pas ri avec le télé-roman Patrick Roy. Ou lors des imitations de Julie Couillard. Ou lors des interventions de Jean-François Mercier.
Moumounisation de la société
Ce à quoi on assiste, ce n’est pas un Bye Bye qui est plus rof que les dernières années. RBO a fait bien pire avec des chanteuses en les imitant, en les grossissant, en les faisant chanter tout croche. Dans le pipi-caca, ils ont fait bien pire que tout ce qui a pu être fait dans le Bye Bye 2008. J’implore Jean-François Mercier et les producteurs du Bye Bye de cesser de s’excuser. Les gens ont aimé le Bye Bye. Nous sommes la majorité silencieuse et nous devons prendre parole pour l’appuyer et pour que des Bye Bye aussi intéressants continuent d’être diffusés pour les années prochaines. Ce à quoi on assiste, c’est à une moumounisation de la société québécoise; des gens plus vieux, moins tolérants, et qui ont une liberté de parole plus grande. Même si 5000 emails auraient été envoyés à Jean-François Mercier pour l’insulter après le Bye Bye, ça ne fait pas le poids. Nous étions 4 millions à l’écouter et à rire. Avec l’individualisme ambiant, tout le monde peut écrire un commentaire et estimer être choqué : ahhhh vous avez parlé des noirs et je me suis senti offensé en tant que noir. Ahhhh vous avez parlé des chanteuses blondes et je me suis senti offensé en tant que chanteuse blonde. Ahhhh vous avez parlé des politiciens et moi j’aime les politiciens, je suis offensé. Jean-François Mercier dit dans son vidéo qu’il veut les Bye Bye rassembleurs; eh bien se rassembler c’est aussi rire des mêmes choses, et rire de nous-mêmes. Lorsque certains disent ne plus rire, c’est peut-être qu’ils ne veulent pas faire parti du groupe. Depuis quelques années, le Bye Bye était probablement la dernière émission exceptionnelle que l’on avait et après laquelle on pouvait dire que d’être québécois, ça voulait encore dire quelque chose. Ne laissons pas les tenants de l’idiotie globale et homogénéisée nous enlever ce fleuron de notre culture.
le TViste
Le débat des chefs du Québec et Buzzz.tv
Ce soir j’ai essayé la nouvelle expérience web Buzzz.tv. Le principe est simple : à tout moment, on peut cliquer sur : J’aime, J’aime pas, ou Je signale un moment fort.
Il y a environs 1200 participants en ligne et les statistiques sont comptabilisées en temps réel, ce qui fait qu’on peut avoir une idée instantanée de l’avis du public. Ça pourrait être intéressant éventuellement, surtout si ça peut regrouper un public diversifié et de toutes horizons. Et si ça s’étend à autre chose qu’un débat politique. Le fait que ce soit un débat politique, ça laisse place à la partisanerie. Moi-même membre du Parti Québécois, bien sûr que j’avais plus tendance à cliquer sur J’aime lorsque Pauline Marois parlait que lorsque Jean Charest parlait. De plus, considérant que la technologie est présentement sujette à un ‘buzzz’ dans la blogosphère, on a toutes les chances d’avoir une sur-représentation des jeunes, et ça me surprendrait qu’il y ait eu un grand nombre de 60 ans et plus hier soir à cliquer à chaque 10 secondes sur J’aime lorsque Jean Charest parlait. Il ne faut donc pas s’énerver avec la significativité des résultats, ce n’est pas un sondage scientifique, et ça doit rester clair.
Cependant il en ressort plusieurs données intéressantes. D’abord, les gens adorent lorsqu’il y a des interactions et des attaques. Le nombre de votes, autant dans J’aime que J’aime pas, augmente considérablement, et l’augmentation du ‘Je signale un moment fort’ est très claire lorsque les chefs s’attaquent. Deuxièmement, le style agressif de Mario Dumont et de Pauline Marois a été apprécié. Il est fort probable que les partisans de Jean Charest soient sous-représentés dans Buzzz.tv (et peut-être dans la sphère numérique aussi).
C’était les résultats pour les premières questions, juste après l’introduction. On voit un creux qui correspond à l’intervention de Jean Charest.
Quand le débat devient un peu plus chaud dans une section sur les emplois perdus entre autres dans le domaine forestier :
On voit les résultats de 2 attaques dirigées vers Jean Charest. D’abord par Mario Dumont, qui score beaucoup dans la section orange (Je signale un moment fort) et aussi dans la section verte (J’aime). Pauline Marois crée un plus faible impact sur ‘Je signale un moment fort’ mais attire un peu plus de sympathie. Dans d’autres parties du débats, c’était l’inverse : Mario Dumont attirait un peu plus de ‘J’aime’ surtout dans les parties où il se posait en rassembleur. Pauline Marois a aussi déclencher à plusieurs reprises des ‘Je signale un moment fort’ accompagnés d’une montée du ‘J’aime’.
L’expérience était très intéressante. Je crois qu’il y aurait place pour un peu plus que ces statistiques. Pourquoi ne pas y inclure des réactions vidéos, du chat style IRC ? Tout ça est déjà disponible et possible à réaliser. Et pourquoi se limiter à 3 boutons ? Pourquoi pas des boutons ROFL ou WTF ?!? Cependant l’idée est géniale et j’ai adoré y participer. Je vous y invite la prochaine fois!
le TViste


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