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Il y aura deux Bye Bye 2009.

Vendredi, 20 novembre, 2009
publié par le TViste 10:42

Il y a 10 jours, je parlais du Bye Bye 2009 qui sera produit par un groupe de producteurs/réalisateurs/artistes. Or une information importante m’avait échappée et Mike Tremblay me l’a apprise: il y aura 2 Bye Bye cette année. Il y a donc le Bye Bye 2009 à byebye2009.com dont j’ai déjà parlé puis il y a le Bye Bye des Super Matozoïdes. L’annonce a été faite en septembre mais je l’avais ratée. Si j’ai bien compris, des membres des deux groupes avaient fait le Bye Bye 2008 du web. En tout cas le projet des Super Matozoïdes semble se tenir, Mike Tremblay m’indique dans son message que Ghyslain Taschereau, les Crapules, Mike Ward et les Chick’N Swells seront impliqués. Avec un ancien Bleu Poudre, ça ne pourra qu’être bon. Et avec Mike Ward pour ramener les gars sur la ligne de l’irrévérence, ça me rassure!

Bonne chance aux deux Bye Bye 2009, la compétition ne peut qu’être bénéfique. Espérons que ça poussera les artistes des deux équipes à leur meilleur.

Les publicitaires ont l’une des professions les plus détestées par les québécois. Le sondage annuel de Léger Marketing sur les professions montrait en 2007 que seulement 31% des québécois leur faisaient confiance, les seuls niveaux de confiance plus bas étant retrouvés chez les politiciens et les vendeurs d’automobiles usagées. Les publicitaires et divers conseillers en image l’ont mérité; ils ont bien montré à travers les années qu’ils étaient prêts à utiliser le mensonge, les demi-véritées, la culpabilisation, en gros n’importe quoi, pour vous rentrer la marque de leur patron dans la tête. Leur définition de tâche est fondamentalement en conflit irréconciliable avec les intérêts du consommateur: ils sont payés par sa propre argent afin de le convaincre de consommer plus du produit à vendre. Étrangement, depuis quelques années, une nouvelle race de marketeux est apparue et semble ne pas être affectée, pour le moment, par la mauvaise opinion des gens face aux publicitaires. Ils s’octroient eux-mêmes plusieurs titres: spécialistes du web 2.0, gestionnaires de communauté, web-guru, stratèges web, consultants web 2.0, etc… Parce qu’ils se sont approprié l’image du web qu’ils n’ont pas du tout contribué à créer, ces agents infectieux vampiriques se déguisant en « amis » n’ont pas encore été affectés par la vague d’incrédulité qui, dûment, touche les autres publicitaires. Mais à voir leur comportement, ça ne saurait tarder.

La fraude 2.0

L’apparition de ce que l’on appelle le web 2.0 est un des évènements les plus importants dans l’avènement d’un Internet démocratique permettant l’expression et la collaboration des utilisateurs dans des projets personnels ou communautaires. Dans certains cas, les meilleurs exemples du web 2.0 sont réellement à but non-lucratifs. Wikipédia et Wordpress sont de bons exemples. Parfois, des intérêts économiques étaient derrière la création d’outils de communications (les outils Google, Facebook, Twitter, etc…) mais dans tous les cas, la communauté s’est emparée de ces outils et en a fait ce qu’elle voulait, pour les intérêts des individus qui la formaient. La fraude 2.0, c’est de s’approprier le réseau qui a été mis en place à l’origine par des individus sans intentions lucratives en utilisant ses utilisateurs comme des outils de passation du message, comme des vendeurs ni plus ni moins. Il y a une ressemblance certaine entre la publicité dite virale et les méthodes de vente que l’empire Tupperware a utilisé pour envahir les salons américains et québécois: dans les deux cas on utilise une figure familière pour passer le message plutôt qu’un vendeur inconnu. Quoi de mieux pour représenter sa marque que le visage d’un ami. C’est ainsi que des compagnies de boisson, des producteurs de film, des webmestres et autres vendeurs de cochonneries vous utilisent dans le but de passer leur message. Les jeunes, qui devraient être parmi les plus aptes à comprendre qu’ils sont ainsi utilisés, se portent joyeusement volontaires pour passer ces publicités à leurs amis malgré leur conscience du phénomène. Pire encore, les blogueurs, les spécialistes de la technologie, et même les animateurs de télévision concernant les phénomènes web se font porte-paroles des compagnies utilisant ces stratégies, comme lorsque EA Sports a fait circuler un vidéo viral à propos d’un supposé bug dans leur jeu Tiger Woods 2009 qui était finalement une grosse stratégie de marketing viral. On voit dans ce cas particulier que les compagnies conseillées par ces spécialistes du marketing viral n’hésitent pas à tourner les coins ronds, à faire semblant que le vidéo est une réponse spontanée alors qu’elle est une campagne de publicité toute planifiée depuis le début. Les publicités virales demeurent sexy pour le moment parce que c’est nouveau, mais le jour n’est pas loin où on en voudra autant à un publicitaire 2.0 qu’à un publicitaire 1.0 pour nous avoir menti.

Si les marketeux soi-disant spécialistes du web 2.0 veulent continuer d’être respectés par le public, ils devraient reconnaître tout d’abord la valeur de l’Internet sans leur présence. Ce ne sont pas eux qui ont bâti la plupart des outils du webs dits 2.0, et ces outils méritent d’être utilisés avec un respect beaucoup plus grand que celui avec lequel ils l’utilisent. Surtout, à chaque fois qu’ils mentiront ou qu’ils créeront des vidéos faussement spontanées comme celui de EA Sports pour le jeu vidéo Tiger Woods, ils perderont un peu plus de leur crédibilité. Aussi, s’ils veulent être respectés des utilisateurs, l’utilisation de certains termes devrait être laissée de côté; ça me donne envie de vomir quand je lis des titres comme « community manager ». C’est d’un manque de respect infini pour les individus qui forment la dite communauté. Comme si j’avais besoin d’être managé.

L’obsession pour l’aspect technique

Il y a une chose qui manque trop souvent dans les exposés et dans les flux Twitter de ces prophètes auto-proclamés du web, c’est la mention que malgré tous les outils disponibles et toutes les façons de les utiliser, ce n’est pas l’outil qui fait le contenu et à la fin le contenu, c’est tout ce qui compte. C’est le genre de détail qui nous permet de différencier les petits joueurs des gens qui connaissent profondément le web. Une personne comme Michelle Blanc vous parlera des différents outils tels que Twitter mais prendra généralement le temps de spécifier que vous auriez beau avoir trouvé un truc pour augmenter à plusieurs milliers vos « suiveux », ce qui compte ce n’est pas seulement le nombre mais l’intérêt que ces gens ont pour votre contenu. C’est le genre de sagesse dont tous les soi-disant spécialistes en marketing web devraient s’inspirer. Mais plutôt que d’entendre ce genre de réflexions, tout ce que l’on voit défiler sur leurs comptes Twitter sont les derniers outils à la mode, les dernières méthodes pour augmenter votre nombre d’amis, les « 10 meilleurs trucs pour si » et « 10 meilleurs trucs pour ça ». Plutôt que de gazouiller et re-gazouiller les mêmes cochonneries, commencez donc par avoir une vraie idée originale, et une fois que ce sera fait, là ce sera le moment de vous demander quels outils utiliser pour la mettre en oeuvre.

En 1960, une technologie extrêmement révolutionnaire est apparue; ça s’appelait la caméra portable. Ça a permis aux cinéastes de sortir des studios et de filmer la vie des gens au quotidien. On doit à l’invention de cette technologie de grandes oeuvres documentaires ou docu-fictions comme celles de Pierre Perreault et de Michel Brault. Or que serait-il arrivé si ces cinéastes, plutôt que de sortir dehors et filmer la vie des québécois, se seraient filmés eux-mêmes en disant à la caméra: « hey regardez comme c’est merveilleux c’te nouvelle technologie là. Hey on peut faire pleins d’affaires regardez on peut filmer du monde. Hey c’est le fun voici mes 10 meilleurs trucs pour filmer du monde. » ? Ils seraient disparus dans l’oubli. C’est de la responsabilité des jovalistes du web 2.0 d’y participer plutôt que d’en prophétiser seulement l’aspect technique.

Conclusion

En web-consultation, il y a le meilleur comme le pire. Malheureusement comme c’est le cas dans plusieurs domaines, le pire représente la proportion la plus importante et les personnes de qualité sont diluées à travers cette mer de médiocrité. Mon conseil à ces gens de qualité qui comprennent réellement le web et ses communautés: dissociez-vous des mauvaises utilisations de la publicité virale, des prophètes auto-proclamés et des amateurs qui pensent qu’en s’ouvrant un compte Twitter ils deviennent soudainement des spécialistes. Sinon tôt ou tard, vous rejoindrez les autres publicitaires dans le sondage Léger Marketing parmi les professions en lesquelles les québécois ont le moins confiance.

Jeff Plante et son appel à la nation

Lundi, 16 novembre, 2009
publié par le TViste 11:50

Après sa recette de « sirloin » de porc aux « blackberries » et au poivre de la semaine dernière, Jeff Plante nous sort un nouveau vidéo, apparemment lui aussi filmé directement de sa webcam ou sa caméra personnelle. Le nouveau Pierre Côté des pauvres aborde cette fois une question beaucoup plus sérieuse que la cuisson du filet de porc, il veut une quatrième voix pour le Québec. Une quatrième voix ? allez-vous me demander, alors même que l’on se demande si une 3e peut survivre ? Oui. Parce que pour certains extrémistes de la droite économique comme Jeff Plante, la 3e voix qu’est l’ADQ n’est pas assez à droite. Suggère-t-il la création d’un nouveau parti politique ? Pas tout de suite. Il parle plutôt d’une discussion nationale sur la droite au Québec. Pas la petite droite. Le genre de meeting de droite dans lequel Mario Dumont serait refusé à l’entrée. Jeff Plante dit qu’il organisera une première rencontre à Montréal avec un certain groupe (il utilise le « nous » et le « on », mais on ne sait pas si le groupe en question est formé d’une seule personne ou d’autres). Il félicite et invite des groupes tels que Martin Masse et les Québécois Libres, les libertariens, l’institut Fraser et la ligue des contribuables. Tous des gens qui rêvent de nous voir payer 4000$ à l’hôpital quand on se casse une jambe. Si son rêve se réalise, ces gens seront tous autour d’une table le 28 novembre à Montréal pour discuter de l’avenir de la droite québécoise. Jeff Plante souhaite ainsi se constituer une « base intellectuelle » pour son mouvement, ce qu’il n’a visiblement pas pour le moment.

Jeff Plante a donc suivi mot pour mot la proposition de Sylvain Bouchard, un animateur de radio de droite de Québec comme il s’en produit en série maintenant à Québec. Effectivement, l’animateur Bouchard lançait dans une entrevue du 3 novembre 2009 l’idée suivante :

[...] moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que là anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça. [...] Tu pars de quoi là, un mouvement de réflexion citoyen. Faut que ça vienne de la base. Et là tu réfléchis. Tu fais une coupelle de forums, d’échanges, d’évènements, moé c’est ça que j’voudrais faire.

Étrangement, Sylvain Bouchard était déjà celui qui avait sorti des informations privilégiées sur Jeff Plante, par exemple lorsqu’il se lança dans la course à la chefferie de l’ADQ. Eh oui mes chers amis, il semble qu’il s’en passe plus qu’on pourrait le croire dans les coulisses des radios de Québec concernant la droite québécoise lorsque les micros ferment.

Entre autres vomissures supplémentaires, Jeff Plante nous offre une contestation de ce qu’il appelle la sainte-évangile, le dogme des changements climatiques. « Ah non avant c’était réchauffement climatique pis là c’est changements climatiques. » nous dit-il, comme si cet argument avait quelque poids que ce soit. Ça nous montre à quel point nous avons affaire à un dinosaure. Cette droite, ce n’est plus la droite adéquiste, c’est la droite républicaine, celle qui remettra en question même le fait scientifique le plus appuyé dans l’ensemble du domaine des sciences écologiques: le fait que la planète se réchauffe.

Il se plaint aussi de l’intervention de l’état dans nos vies. Entre autres, il conteste le fait que l’état tente de nous convaincre d’aider les vieux à traverser la rue (?????) et de nous convaincre de ne par rouler trop vite en automobile (!).

On assiste donc à une division de la droite au Québec, ce qui ne peut qu’être une bonne nouvelle. Que l’ADQ survive ou non, le mouvement de Jeff Plante contribuera à radicaliser la droite québécoise, ce qui la relèguera probablement bonne dernière aux élections, battue par le Parti Vert et Québec Solidaire. Alors même que Jeff Plante critique le fait que les gens de droite sont isolés au Québec, son initiative et ses idées indigestes pour la majorité des québécois contribueront à l’isoler davantage. Mais je m’arrête là, loin de moi l’idée de le convaincre de s’arrêter; je ne voudrais surtout pas qu’un groupe de droite profite de mes conseils politiques gratuitement. De toute façon, ils n’aiment pas ça la gratuité.

Le web, par sa supériorité technique, par sa grandeur et par sa qualité, est amené à remplacer définitivement, à court ou à long terme, le système télévisuel traditionnel. Dans un geste digne d’un dinosaure qui tente de survivre après que le météorite soit tombé, la direction de Radio-Canada a décidé que les utilisateurs web de leur canal d’information allaient être les victimes collatérales d’une opération de négociations avec l’oligopole de câblodistribution québécois. Ils ont retiré l’option, le 29 octobre dernier, qui permettait aux utilisateurs d’écouter RDI en direct sur le web. Seulement certaines émissions sont maintenant disponibles, en différé. Et pourquoi prennent-ils ainsi la population en otage ? Pour se donner un levier de négociation avec les câblodistributeurs. Que veulent-ils négocier avec les câblodistributeurs ? Ils veulent recevoir des redevances prélevées sur votre facture de télévision. Je ne m’y oppose pas en tant que tel: plutôt que de se faire fourrer par la compagnie qui amène le fil chez vous, aussi bien se faire fourrer par la compagnie qui produit le signal qui passe à travers. Mais qu’ils aient fait ce cadeau dégueulasse aux câblodistributeurs sur le bras des internautes, ça me dégoûte au plus au point. Parce qu’entendons-nous, ce n’est rien de plus qu’un cadeau que RDI a fait aux câblodistributeurs. Les câblodistributeurs n’ont jamais aimé que du contenu de qualité se ramasse sur l’Internet gratuitement. Ils ont des packages de postes télévisés à vendre, ils ont LCN à vous vendre, ils ne veulent pas que vous ayez accès à de l’information gratuite de qualité, ils veulent qu’on vous la vende. Radio-Canada, avide de redevances et voulant leur faire plaisir, leur a amené sur un plateau d’argent la clientèle web cherchant de l’information en vidéo. Les dinosaures qui sont au coeur de cette décision et de ces négociations devront réaliser quelque chose: leur système féodal est en décrépitude, et le respirateur artificiel ne le maintiendra qu’un peu plus longtemps, tôt ou tard, ils sont appelés à disparaître.

La télévision traditionnelle est encombrée par un grand nombre de défauts qui la condamnent à court ou à long terme à disparaître au profit d’une télévision du web. D’abord il y a les restrictions de la plage horaire qui font en sorte qu’une émission doive nécessairement durer 30 ou 60 minutes. Puis le fait que les émissions qui sont en compétition pour les moments importants de la semaine comme le dimanche soir se retrouvent à diviser l’auditoire. Imaginez l’augmentation d’auditoire que chaque émission aurait eue si Tout le monde en parle et Occupation Double auraient pu être diffusées sur le web ces dernières années. Les gens auraient pu écouter l’une et l’autre émission lorsque ça leur plaît, à n’importe quel moment de la semaine. Un avantage économique certain; une émission qui fait 1.5 millions en auditoire, ça n’a pas la même valeur qu’une émission qui en fait 3. Mais il y a d’autres désavantages encore plus importants pour la télévision traditionnelle : le musèlement par le CRTC, le politiquement correct, les coûts élevés, l’absence de contact avec la population, l’absence de représentativité de la diversité de la population. La sensibilité aux scandales comme le scandale fantasmé du Bye Bye 2008 qui a empêché la diffusion d’un Bye Bye 2009. Le web n’en a rien à faire de cela; le jour où il y aura autant de  »canaux » que d’émissions, vous aurez beau essayer de soulever un scandale, l’équipe de production qui se sera réunie pour faire l’émission sera déjà dissoute et éparpillée; il n’y aura pas de CRTC à qui se plaindre, pas d’ombudsman à qui écrire, les noms de domaine se recycleront aussi rapidement que les thèmes d’émission de la journée. Les commentaires des saintes vierges offensées résonneront dans Google Cache pour toujours, comme le cri des fourmis sur mon terrain que je n’entends pas. Ils se noieront dans le flux Twitter parmi les autres commentaires; ceux qui ont aimé à fond, ceux qui ont aimé pas pire, ceux qui trouvaient que la robe de l’animatrice ne l’avantageait pas. Joyeux chaos lavé à chaque jour par les tweets du lendemain.

Lorsqu’on regardera en arrière dans quelques dizaines d’années pour chercher à quel moment exactement la télévision web a-t-elle été à même de gruger la télévision traditionnelle, de la remplacer lorsqu’elle fit échec, il se pourrait bien que le 31 décembre 2009 soit une des premières dates qui nous viendra en tête. Effectivement, une équipe de 40 producteurs, réalisateurs et artistes ont décidé de s’associer et de produire des sketchs à saveur humoristique faisant la compilation des évènements qui ont touché le Québec en 2009. L’ensemble des sketchs formera un Bye Bye qui sera diffusé à partir de 19h le 31 décembre 2009. La diffusion d’un Bye Bye sur le web pourrait bien être devenu la solution aux différents problèmes qui ont affecté les Bye Bye depuis plusieurs années. Si l’équipe du Bye Bye 2009 se montre à la hauteur, cette émission web pourrait bien marquer le début de la mort de la télévision traditionnelle au Québec. L’entreprise pourrait aussi s’avérer un flop, tel que suggéré par le non-professionnalisme et l’impertinence de la page web actuelle. Je suis présentement déchiré entre l’espoir et l’attente neutre; mais si l’équipe réussit à produire un Bye Bye de qualité, acide à point, il se pourrait bien qu’une nouvelle page d’histoire en télévision québécoise s’écrive. Quelques conseils aux gens du Bye Bye 2009 : ne vous laissez pas inhiber par la peur du scandale et ne regardez pas les dépenses; produisez le meilleur Bye Bye web qu’il soit possible d’imaginer. Peut-être que vous ne rentrerez pas dans votre argent, mais vous en sortirez avec un honneur et un respect que l’argent ne saurait acheter.

Et n’oubliez pas ceci : personne ne se souviendra de vous pour avoir fait un Bye Bye gentil.

le TViste

Pierre Côté et son nouveau type de journalisme.

Dimanche, 1 novembre, 2009
publié par le TViste 12:31

Je connaissais les tweets de Pierre Côté et je savais qu’il avait une option ’suivez-moi live sur une map Google’, que je trouvais bizarre. Je n’en savais pas plus sur lui, mais une discussion sur son blog avec Patrick Lagacé (kick1972) m’a amené à découvrir son projet RealTime Réalité. La discussion avec Patrick Lagacé, en gros, c’est que Pierre Côté voulait faire une entrevue avec Patrick Lagacé. Patrick Lagacé a refusé en disant qu’il ne pouvait parler au nom de tout ses collègues en grève en pleine négociation alors qu’il n’est pas représentant syndical. Pierre Côté a ensuite dit à Patrick Lagacé que son journalisme était en train de mourir, suggérant que c’était le journalisme de Pierre Côté qui allait remplacer la vieille méthode.

Ça a piqué ma curiosité et j’ai commencé à visionner quelques vidéos sur son blog. Extrêmement intéressant. En gros le principe est le suivant: on peut suivre Pierre Côté 24 heures sur 24. Nos dons Paypal contribuent à son salaire. De son côté, il se promène d’évènement en évènement pour filmer les discours des politiciens, les vaccinations H1N1, n’importe quoi! Pour ceux qui n’ont pas besoin de le suivre en  »Realtime », les vidéos sont mis sur qik (une sorte de YouTube), le tout accessible gratuitement. Résultat : Plutôt que d’avoir la petite ‘cut’ de 10 secondes de Jean Charest ou Louise Harel qui prononcent leur punch line, on a tout. Il semble que Pierre Côté porte la caméra à sa tête ou quelque chose du genre, en tout cas on le voit entrer dans la conférence de presse, on le voit attendre avec les journalistes, on voit les responsables des communications des politiciens préparer la scène, on voit l’arrivée des politiciens, on voit l’ensemble du discours des politiciens, on voit les questions posées par les journalistes, on voit le visage des journalistes quand ils posent les questions. Ça c’est intéressant. J’adore le fait que l’information est ainsi libérée; une information avec un filtre journalistique bien sûr puisque Pierre Côté, en choisissant les évènements qu’il filme, impose un certain filtre, mais l’information est tellement moins filtrée qu’à l’habitude qu’on se sent rafraîchit des vieilles rengaines journalistiques habituelles, des formules toutes faites qu’on a l’impression d’avoir entendu 20 fois.

Patrick Lagacé, dans son commentaire, crache littéralement sur le style :

[...] c’est en essence un croisement entre les morceaux de tape qui n’ont pas trouvé leur place vers la diffusion d »Occupation Double et filmer le boucher qui fait de la saucisse.

C’est vrai que le matériel est brut, mais je sais pas pour vous, moi je préfère ça. Sérieusement, ce qu’une jeune journaliste de 25 ans, aussi sexy soit-elle, veut me dire devant une file d’attente pour la vaccination H1N1, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Un bon footage bien filmé de l’évènement, sans trop de description, ça m’intéresse. Après s’il y a des longueurs, pas de problèmes je peux jouer avec le curseur du vidéo et passer sur les parties qui ne m’intéressent pas. Au moins j’ai un vidéo complet, et si je me pose la question  »Qu’est-ce que madame Harel avait reçu comme question du journaliste avant de faire cette déclaration ? » eh bien je peux facilement le savoir.

Patrick Lagacé continue son attaque :

Le journalisme meurt ? « Ton » journalisme en direct où le BIP de la boîte vocale d’un PR qu’on appelle « fait partie de l’histoire », comme quatre minutes à voir une reporter de CBC répéter son stand-up sur Saint-Laurent, bruits de truck en prime, c’est ça, le nouveau monde du journalisme ?

Oui Monsieur Lagacé. Pourquoi pas ? Les médias se sont toujours dirigés vers une offre de l’évènement de plus en plus brut. Des pamphlétaires du 19e siècle jusqu’à la prétention à l’objectivité dans les histoires racontées dans la presse écrite du 20e siècle. Puis les nouvelles télévisées du soir qui montrent carrément l’évènement. Puis les chaînes de nouvelles en continue qui nous montrent l’évènement en live. Les gens sont intéressés à la réalité. Les gens sont intéressés à voir le comportement d’un politicien qui est en train de se placer pour faire son discours. Pourquoi le journaliste devrait-il cutter le discours d’un politicien selon ce qu’il juge intéressant ? Pourquoi le citoyen n’aurait pas droit de sélectionner les parties du discours qui l’intéresse ? Et pourquoi ne pourrait-il pas écouter l’ensemble du discours quand ça lui plaît ?

Patrick Lagacé accuse ensuite Pierre Côté de ne pas savoir ce dont il parle :

Comme tu ne comprends rien quand tu écris que les syndicats de La Presse « cachent » de l’information, en refusant de te parler pour commenter les négos.

C’est que Pierre Côté accusait les syndicats de La Presse de refuser de lui accorder une entrevue, ou de lui donner accès à un journaliste qui pourrait répondre à ses questions pendant 5 à 10 minutes. Patrick Lagacé dit qu’il ne s’agit pas de contrôle de l’information, que c’est simplement que le sujet de La Presse n’intéresse personne. Pas d’accord Monsieur Lagacé. Refuser toute forme de contact avec quelqu’un, lui empêcher l’accès à un employé c’est du contrôle de l’information. Alors quand Pierre Côté dit que les syndicats contrôlent l’information qui sort, c’est vrai. On peut être pour ou contre, mais il a raison. On peut dire que c’est un contrôle acceptable. Mais c’est un contrôle. Et c’est vrai que dans le monde du journalisme on va snobber les journalistes citoyens, et pas à peu près. C’est vrai qu’on va leur mettre tous les bâtons possibles dans les roues. Vous l’avez dit vous-mêmes dans une entrevue avec Christiane Charrette et le blogueur de la Clique du Plateau, le simple fait que vous ayez participé à une émission de radio avec un membre de la blogosphère non-corporative et non-journalistique vous fera passer pour un traître auprès de vos collègues. Si l’aristocratie journalistique est prête ainsi à réprimander un de leur membre pour simplement avoir osé adresser la parole à un blogueur, j’imagine qu’ils ne seront pas particulièrement intéressés à répondre aux questions d’un blogueur journaliste-citoyen. De là le contrôle de l’information, et de là les difficultés auxquelles Pierre Côté devra faire face, toujours pris à justifier son existence alors qu’un journaliste de La Presse n’a jamais à le faire. On en voit en masse des exemples de ça. Pendant l’attente de Louise Harel, il faut voir les communicateux et journalistes corporatifs demander avec scepticisme à Pierre Côté : ‘C’est pourquoi ça ?’.

Enfin de l’innovation. Enfin quelque chose de rafraîchissant dans le monde du reportage, un monde si longtemps paralysé par la stupidité, le vide, et le sensationnalisme. Est-ce que c’est LE journalisme du futur ? Franchement, je n’aurais pas de misère à le croire. L’aristocratie journalistique corporative ne pourra s’en vouloir qu’à elle-même si elle se fait dépasser par ce que Patrick Lagacé appelle des bouts de tape inintéressants.

J’ai bien aimé les Gémeaux de cette année, ils m’ont permis de faire une sorte de bilan de ce qui peut se faire de meilleur en télévision québécoise ces dernières années. Malheureusement le problème des Gémeaux, c’est qu’il y aura toujours des finalistes et des gagnants années après années, même si le prix n’est pas vraiment mérité. Ça devient une question du genre ‘qui gagnera par défaut ?’ plutôt que ‘qui excellera dans sa catégorie ?’. Les Gémeaux ne s’en apercevraient pas si notre télévision atteindrait des niveaux élevés de médiocrité : l’académie choisirait quand même les 3 émissions les moins pires pour les mettre en nomination dans une catégorie, et la moins pire des 3 serait choisie comme gagnante. Au fond quand on regarde les gagnants des différentes catégories, on s’aperçoit que ce n’est pas tant la médiocrité qui investit la télévision québécoise que le pas pire. Les hauts et les bas de Sophie Paquin, les invincibles, tout ça ce sont des émissions pas pire. Antoine Bertrand dans C.A., pas pire. Mais est-ce que C.A. égal les Bougons ? Non. Est-ce que Les pieds dans la marge égal RBO ? Non. Donc un Gémeaux 2009, ça n’a pas la même valeur qu’un gémeaux 1987 (l’année où RBO a gagné un de ses gémeaux). La valeur d’un Gémeaux, ça dépend de la compétition de l’année, ça dépend de la catégorie.

Du côté des émissions web, Mange ta ville a gagné le gémeaux. Je suis complètement surpris, surtout considérant qu’il y avait des bonnes émissions dans la catégorie comme Les Francs-Tireurs. En passant, j’ouvre une parenthèse, maintenant que Mange ta ville a été rendue publique dans une émission à haute cote d’écoute, les gens de Mange ta ville doivent revoir leur site web. C’est pas sérieux les titres des sections sont biffées et c’est hyper difficile de trouver les fameuses émissions, tout est désorganisé sur ce site. Et puis le nuage de mots en bas, qui est pas mal la seule place où on croit pouvoir cliquer avant une analyse en profondeur du site, on dirait un site web de domain parking destiné à spammer les utilisateurs.

Bref, le constat auquel m’amènent les Gémeaux, c’est qu’avec notre télévision, il n’y a rien qui puisse réellement sortir du lot. On est rendu avec une télévision pas pire, des télé-romans pas pire, et des émissions humoristiques pas pire. Nommez-moi un équivalent des Bougons, ou de RBO. Il n’y en a pas. Et dès qu’une émission essait de sortir du lot comme le Bye Bye 2008, elle se fait ramasser dans les médias. Finalement on a la télé qu’on mérite.

Ceci étant dit, l’animation du gala était très bonne et je trouve ça bien que Véronique Cloutier ne se soit pas laissée inhiber par les terroristes anti-Bye Bye 2008, elle réussit bien à continuer à se moquer de certaines émissions, et ça me donne confiance en la possibilité qu’on pourrait avoir un Bye Bye 2009 aussi intéressant que celui de 2008, par elle ou par d’autres!

Le débat des chefs du Québec et Buzzz.tv

Mardi, 25 novembre, 2008
publié par le TViste 11:02

Ce soir j’ai essayé la nouvelle expérience web Buzzz.tv. Le principe est simple : à tout moment, on peut cliquer sur : J’aime, J’aime pas, ou Je signale un moment fort.

Il y a environs 1200 participants en ligne et les statistiques sont comptabilisées en temps réel, ce qui fait qu’on peut avoir une idée instantanée de l’avis du public. Ça pourrait être intéressant éventuellement, surtout si ça peut regrouper un public diversifié et de toutes horizons. Et si ça s’étend à autre chose qu’un débat politique. Le fait que ce soit un débat politique, ça laisse place à la partisanerie. Moi-même membre du Parti Québécois, bien sûr que j’avais plus tendance à cliquer sur J’aime lorsque Pauline Marois parlait que lorsque Jean Charest parlait. De plus, considérant que la technologie est présentement sujette à un ‘buzzz’ dans la blogosphère, on a toutes les chances d’avoir une sur-représentation des jeunes, et ça me surprendrait qu’il y ait eu un grand nombre de 60 ans et plus hier soir à cliquer à chaque 10 secondes sur J’aime lorsque Jean Charest parlait. Il ne faut donc pas s’énerver avec la significativité des résultats, ce n’est pas un sondage scientifique, et ça doit rester clair.

Cependant il en ressort plusieurs données intéressantes. D’abord, les gens adorent lorsqu’il y a des interactions et des attaques. Le nombre de votes, autant dans J’aime que J’aime pas, augmente considérablement, et l’augmentation du ‘Je signale un moment fort’ est très claire lorsque les chefs s’attaquent. Deuxièmement, le style agressif de Mario Dumont et de Pauline Marois a été apprécié. Il est fort probable que les partisans de Jean Charest soient sous-représentés dans Buzzz.tv (et peut-être dans la sphère numérique aussi).

C’était les résultats pour les premières questions, juste après l’introduction. On voit un creux qui correspond à l’intervention de Jean Charest.

Quand le débat devient un peu plus chaud dans une section sur les emplois perdus entre autres dans le domaine forestier :

On voit les résultats de 2 attaques dirigées vers Jean Charest. D’abord par Mario Dumont, qui score beaucoup dans la section orange (Je signale un moment fort) et aussi dans la section verte (J’aime). Pauline Marois crée un plus faible impact sur ‘Je signale un moment fort’ mais attire un peu plus de sympathie. Dans d’autres parties du débats, c’était l’inverse : Mario Dumont attirait un peu plus de ‘J’aime’ surtout dans les parties où il se posait en rassembleur. Pauline Marois a aussi déclencher à plusieurs reprises des ‘Je signale un moment fort’ accompagnés d’une montée du ‘J’aime’.

L’expérience était très intéressante. Je crois qu’il y aurait place pour un peu plus que ces statistiques. Pourquoi ne pas y inclure des réactions vidéos, du chat style IRC ? Tout ça est déjà disponible et possible à réaliser. Et pourquoi se limiter à 3 boutons ? Pourquoi pas des boutons ROFL ou WTF ?!? Cependant l’idée est géniale et j’ai adoré y participer. Je vous y invite la prochaine fois!

le TViste

C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité: Michael Moore vient de publier un long métrage complètement gratuit que l’on peut télécharger directement par le fureteur Internet que nous utilisons. Je crois qu’il s’agit de l’avenir de la distribution pour les films et la télévision, bien que le Canada étant très en retard technologiquement, j’imagine qu’il ne s’agira pas du moyen principal de distribution avant une bonne dizaine d’années, minimum. Au fond quand on y pense, un stream P2P, ça ne coûte rien en terme de distribution. Il y aura sûrement éventuellement quelques hommes d’affaires intelligents, des producteurs, qui verront que la part du profit prise par le distributeur, la chaîne télévisée, est beaucoup trop grande, et qu’il est plus viable économiquement de diffuser indépendamment les épisodes sur l’Internet. C’est d’ailleurs ce que rapportait un producteur de télévision australien dans ce vidéo très intéressant. Il est rapporté dans ce vidéo qu’en Australie, le prix d’une seule annonce télévisée de 30 secondes serait suffisant pour payer tous les coûts de production, le reste étant perdu entre autres à la chaîne de télévision. Ne serait-il pas tentant pour un producteur d’une émission de se trouver lui-même 1 ou 2 commanditaires, et bénéficier lui-même des profits générés par les publicités ? N’y aurait-il pas une compagnie intéressée à être le commanditaire spécial et unique d’un Tout le monde en parle, d’un Lost ou d’autres émissions ? J’en suis convaincu, puisque l’économie a tendance à se débarrasser des parties inutiles, et les chaînes télévisées en sont devenus.

Ceci étant dit pour ce qui est du film de Michael Moore, il est tout à fait ridicule, mais il a un certain intérêt en ce qu’il nous montre un pays désolant au niveau politique. Je me disais tout le long, que si l’on avait le dixième de l’engagement politique des américains, nous serions dans une situation décrite comme une révolution. Cependant les américains perdent toute cette énergie merveilleuse à tirer de leur côté de la couverte à savoir si ce sera un républicain ou un démocrate qui dirigera le pays. Très peu de différence si vous voulez mon avis.

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