Archive pour ‘Émissions TVA’ Catégorie
Trauma et l’incapacité québécoise
Hier avait lieue la première de Trauma, une série télévisée sur le monde de la traumatologie et une démonstration de l’incapacité typiquement québécoise de produire des séries télévisées innovantes. On dirait que tout ce que les auteurs de séries fictives québécois sont capables d’écrire revient toujours plus ou moins à une incursion dans un monde, un univers. Les Machos, une incursion dans le monde des vendeurs de char. Scoop, une incursion dans le monde du journalisme. Mirador, une incursion dans le monde des relations publiques. Virginie, une incursion dans le monde scolaire. Un homme mort, une incursion dans le monde de la police et dans le monde des finances frauduleuses. Vice caché, une incursion dans le monde de la banlieue. Les Boys, une incursion dans le monde des ligues de garage. Km/h, une incursion dans le monde des chroniqueurs automobile. Detect.Inc., une incursion dans le monde des détectives. Et maintenant Trauma, une incursion dans le monde de la traumatologie.
On pardonnera Lise Payette pour Les Machos, parce qu’on peut comprendre que dans les années 1990, c’était comme ça que l’on écrivait. Mais 20 ans plus tard, qu’on en soit encore là, c’est pathétique. Surtout quand provient des États-Unis une tonne d’exemples de séries brillantes, bien écrites, qui pourraient être filmées avec les budgets québécois. Prenez Lost. Lost n’est pas une incursion dans un monde. C’est une série épique qui aborde les liens entre le passé et le présent, qui ajoute une charge émotive très forte dans les scènes en passant du passé vers le présent, et qui constitue aussi un très très bon show de science-fiction. Or Lost aurait pu être réalisé au Québec. Malgré les coûts énormes que cette série peut représenter aux États-Unis, la situation aurait été complètement différente au Québec. Simplement parce que les coûts les plus importants sont dus au déménagement de l’équipe de tournage en Hawaii, au salaire élevé des acteurs américains, et aux effets spéciaux qui de toutes façons ne constituent pas une composante essentielle de cette série. Un auteur québécois intelligent aurait pu créer une série du même calibre. Peut-être que ça ne se serait pas filmé sur une île, peut-être qu’il y aurait moins d’effets spéciaux et d’avions qui crashent, mais l’essentiel de Lost, c’est d’abord un scénario à couper le souffle. Or nous n’avons pas ces talents. Un autre exemple ? Dexter. Dexter n’est pas une incursion dans le monde des policiers, ni une incursion dans le monde des tueurs en série. C’est une série basée sur la psychologie d’un personnage, Dexter. Pourquoi nos auteurs québécois sont-ils incapables de créer une série basée sur la psychologie d’un personnage extraordinaire (et n’allez pas me citer Annie et ses hommes en exemple, je vous en prie) ? Une série genre Dexter aurait pu être produite au Québec pour des coûts semblables à Trauma. Un bureau de travail, une maison, et des scènes de crimes extérieures éparpillées à travers le scénario. 5 ou 6 personnages majeurs. Ce qui nous manque, c’est le génie pour l’écrire.
Le monde de la télévision québécoise n’a plus d’excuses; l’argent, ils l’ont. Qu’ils se concentrent donc à former une génération d’auteurs intelligents qui pourront écrire des scénarios à couper le souffle plutôt que de nous jouer du violon dans une salle d’urgence avec les histoires du frère d’un tel qui a coursé avec le fils de l’autre et qui n’a pas pu être sauvé malgré les efforts des médecins. C’est du mauvais Grey’s anatomy.
Le pire c’est que Trauma m’a donné espoir pendant quelques secondes. Il y a eu une scène où on voyait le passé du médecin. Je me suis dit qu’ils s’étaient peut-être inspiré de Lost. Malheureusement ça n’a mené à rien, et il n’y a pas eu de flashbacks supplémentaires. Même s’il y en avait eu et que l’on aurait fait une série dans laquelle on alterne entre le passé et le futur, ç’aurait été 5 ans en retard par rapport aux États-Unis avec Lost. Prenons donc quelques années pour former des jeunes esprits à bien écrire, mettons donc un peu d’argent de côté pendant ces quelques années et évitons de produire plus de déchets télévisuels. Quand on reviendra de cette période de réflexion, la télévision québécoise aura évolué.
le TViste
Le Banquier, les handicapés et la télévision québécoise.
La télévision québécoise a une historique de controverse avec les handicapés et leur présence dans la culture québécoise. En 1988, Jean-Marc Parent, alors sortant d’une brève formation d’humoriste, se faisait connaître par son spectacle L’handicapé au festival Juste Pour Rire. Le spectacle fut jugé trop choquant par certains à l’époque mais est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands classiques de l’humour québécois et comme un moment important pour la cause de la présence des handicapés dans la culture québécoise.
Depuis que l’humoriste et acteur handicapé Dave Richer passait dans des galas d’humour et qu’il jouait dans plusieurs émissions et films québécois, je croyais que le tabou des handicaps physiques était réglé au Québec. De plus, plusieurs humoristes ont repris l’idée originale de Jean-Marc Parent et jouent des rôles d’handicapés, entre autres Patrick Groulx et Mike Ward. Je ne croyais pas que ça pourrait encore choquer des gens que de voir un handicapé passer à la télévision. J’avais tort.
Dimanche dernier, à l’émission Le Banquier de TVA, une trisomique dénommée Julie avait la chance de participer au jeu. Certains ont réagi. Le Détracteur Constructif, dans un article qui même moi m’a choqué, fait une parodie de pétition pour que Cynoque des Goonies soit le prochain invité du Banquier, qu’il décrit comme « une émission progressiste porte-étandard du combat pour la justice sociale ». La Clique du Plateau disent qu’ils ont aimé l’émission, mais la qualifie de Freak Show. Sylvain Bouchard, du FM93, parle d’un malaise devant un cirque, dans une entrevue avec Julie Snyder. La contestation a atteint une telle ampleur que Richard Martineau s’est permis de faire un article de parodie, en feignant un dégoût pour l’idée de laisser des handicapés passer à la télévision. Mauvais Oeil a écrit un excellent article humoristique en disant que d’inviter une trisomique à l’émission est une insulte à son intelligence puisque les participants habituels sont des déficients profonds!
La réaction m’a surpris. Au fond quand on regarde l’évolution de la télévision québécoise depuis ses débuts, elle est passée de sketchs scénarisés au style de plus en plus « documentaire » ou « réalité ». Il est donc normal que l’on soit passé d’handicapés parodiés et exagérés à l’invitation sur le plateau de vrais handicapés. C’est souhaitable pour eux. Ce n’est pas tous les jours où l’on peut en apprendre sur le quotidien d’une trisomique et ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent gagner des prix comme ça, alors pourquoi ne pas la faire participer au Banquier ? Je peux comprendre la critique. Je peux comprendre ceux qui ont peur que ça tourne éventuellement au cirque. Mais je ne crois pas que l’on puisse prêter de mauvaises intentions aux producteurs.
En tout cas s’il y a une place où on ne se serait pas scandalisé, c’est aux États-Unis, où je me trouve présentement pour une série d’articles sur la télévision américaine. Vous connaissez probablement le Discovery Channel, mais un poste conjoint moins connu au Québec et qui est assez populaire ici est Discovery Health. Sur Discovery Health, on n’hésite pas à montrer la souffrance des gens ayant les pires handicaps. Dans l’émission d’hier, une femme qui n’avait ni jambes ni bras, et qui était obèse en plus. C’était essentiellement une boule de graisse qui ne pouvait faire autre chose que d’être portée par quelqu’un. Les obèses, les handicaps mentaux, les défigurations comme je n’en avais jamais vu; tout ça fait partie de la programmation quotidienne de cette chaîne. Franchement je ne sais pas quoi en penser. D’un côté, oui c’est un freak show. D’un autre, le témoignage de ces gens ne vaut-il pas la peine d’être entendu ? Quelle est la société la plus fermée, celle où l’on cache ces gens ou celle où l’on leur permet de parler de leurs souffrance à la télévision ?
le TViste
Quand le TViste n’est pas là, la télé danse
Voilà près de 8 mois que je n’avais pas écrit. Je croyais que ma mission sur terre avait été accomplie; que mes commentaires avaient passés, et que la télévision québécoise était à nouveau sur les rails. Que la médiocrité était devenue l’exception et non la norme. Que l’information était objective. Que la suranalyse politique RDIsienne était terminée. Que les délires TQSiens avaient été remplacés par des émissions de qualité. Que la convergence à la TVA était expirée. Je pensais en m’endormant, TViste, avec ton blogue de 150 lecteurs par jour, tu y es arrivé. Tu as changé la télévision québécoise. Mais non, c’est simplement que c’était l’été et qu’on nous farcissait de reprises et de répétitions de bulletin de nouvelles cheaps. Maintenant que c’est la rentrée automnale, on peut l’affirmer avec encore plus de certitude qu’avant, la télévision québécoise est sous l’assaut de la stupidité, de la médiocrité et de l’insignifiance.
Il est dans mon habitude de commenter des ratées télévisuelles récentes, une par publication. Cependant, avec les récents évènements, il m’est impossible de dédier une publication sur mon blogue pour chaque exemple de tentative ratée dans le milieu télévisuel québécois, et à plus forte raison depuis que TQS a présenté sa nouvelle programmation. Je vais donc pour aujourd’hui rattraper mon retard en listant ce qui m’a scandalisé ces dernières semaines, puis à la prochaine occasion je pourrai recommencer à publier des articles spécifiques sur chaque émission comme à l’habitude.
- TQS devient V – Que TQS change de nom c’est pas ce qui me dérange, mais la qualité des émissions laisse à désirer. The Hole, complètement ridicule. CallTV, Wipe-Out: Ces émissions ne sont pas québécoises. Elles ne sont tellement pas québécoises qu’en fait tout ce qu’il y a de québécois ce sont les animateurs et les participants. Ces émissions sont filmées à l’endroit exact où les versions américaines et autres sont filmées; les mêmes caméras, les mêmes micros, les mêmes producteurs. On fout une québécoise pour enregistrer la version québécoise, on fout une néo-zélandaise pour enregitrer la version néo-zélandaise. L’équipe V n’a pas compris qu’il ne suffit pas que ca soit fait en francais pour être québécois ? Les frères Rémillard auraient tout avantage à faire confiance au génie des créateurs québécois s’ils veulent créer des émissions attirantes.
- RDS et RIS: L’équipe RDS a trouvé un truc pour faire du cash. Il suffit de créer 2 canaux et d’étendre la programmation intéressante sur les deux canaux. C’est pas nouveau c’est comme ça depuis le début mais ça continue et c’est ça qui est inquiétant, c’est qu’il n’y ait pas de commissaire à l’éthique télévisuelle pour les réprimander. Effectivement récemment ils ont diffusé le U.S. Open (tennis) au grand complet… Ça a duré plus d’une semaine et c’était très intéressant. Mais rendu à la finale, ils ont décidé comme ça de diffuser la finale féminine sur RIS. Wow. Quel scandale. Après 1 semaine d’écoute assidue, on rate la finale simplement parce que l’équipe RDS n’est pas satisfaite de recevoir l’argent que vous payez par vos frais d’abonnement, ils veulent en recevoir le double. J’appelle au boycott de RIS pour des raisons idéologiques. Pas surprenant que les gens en viennent à pirater les émissions télévisées quand on se retrouve devant un comportement aussi malhonnête que ça de la part des directeurs de la programmation.
- Dumont 360. Bon ok je comprend le titre de l’émission – faire le tour de Mario Dumont, de sa pensée, etc… Mais après 10 minutes on en a plein le cul. Mario Dumont nous bombarde de ses pensées pendant l’interview avec son invité. Après il y a un reportage sur le terrain, on se dit, cool je vais pouvoir respirer. Mais non, c’est Mario Dumont qui fait le reportage sur le terrain. Et presque rendu au générique, alors qu’on croit avoir droit à un petit moment sans le foutu avis de Mario Dumont sur tout et rien, c’est la partie ‘L’avis de Mario Dumont’ qui commence, et là on a droit à un discours sur l’avis de Mario Dumont sur le stade olympique ou autres débilités. Ce gars est un démagogue de droite déguisé en gars sympathique, il n’a jamais intéressé les québécois comme premier ministre pour la simple raison qu’il manque de profondeur, et ça parait aussi dans son émission. Et puis au niveau du site web de vtele, il y a un tata qui a décidé que sur la page de l’horaire, l’après-midi se termine à 16h30 et le soir se commence à 18h00, résultat, l’émission de Mario Dumont qui commence à 17h00 n’est même pas dans l’horaire. Totalement pathétique. Quoiqu’avec le nombre de personnes qui vont sur ce site, on se dit que l’erreur n’affectera pas la vie québécoise trop trop.
- À une certaine époque, TVA inspirait la crainte pour ses tentatives de convergence. Aujourd’hui elle agit en pleine lumière et tout le monde s’en fout. La convergence à TVA a atteint des niveau de pathétisme jamais atteints hier soir à l’émission Dieu Merci c’est la rentrée! dans laquelle on a hi-jacké la scène de Dieu Merci! pendant 1 heure pour faire de la petite promotion stupide en sur-utilisant les acteurs de Dieu Merci pour leur faire poser des questions aux promoteurs de chacune des émissions de TVA. C’était simplement scandaleux de voir les acteurs de Dieu Merci jouer leurs concierges et serveuses habituels en amenant de manière trop forcée les sujets des émissions TVA sur la table systématiquement. Gros malaise.
C’était tout pour aujourd’hui, je suis bien content d’être de retour et nous explorerons les émissions plus en profondeur dans les prochains articles! Je vous souhaite une bonne rentrée télévisuelle !
Red Bull Crashed Ice, Marto Napoli, et la décadence intellectuelle dans la région de Québec.
Ce soir, la Ville de Québec sortait tout ce qu’elle avait de tatas et de dépourvus intellectuels question de les faire aérer et du même coup participer à une entreprise publicitaire qui la dépasse et qui a pour but de rentrer dans la tête des gens que la boisson Red Bull, malgré son prix élevé, son goût mauvais, et ses effets inexistants, peut se consommer tous les jours afin de vous « énergiser ». Comme quoi dans cette région du Québec ce ne sont pas les tatas qui manquent, on en attendait environs 100,000 qui, semble-t-il, se portent jovialement volontaires année après année pour donner vie à cette célébration publique de la médiocrité et de l’imbécilité. Une célébration de la médiocrité parce que pour les besoins publicitaires d’une compagnie, on invente un sport dans lequel on ne peut pas vraiment exceller. Red Bull ne voudrait pas être associé avec un sport d’élite ou d’excellence, pour lequel on peut s’entraîner pendant 15 ans avant d’atteindre les plus hauts niveaux. Il semble qu’une gang de jeunes joueurs de hockey de niveau garage qu’on équipe de casques et de patins et qu’on pitch en bas d’une côte, ça fait l’affaire côté publicité, et même que c’est mieux. Ça nous donne l’impression que c’est un sport du peuple. Que n’importe qui pourrait y arriver. Un peu comme le poker télévisé. Lorsque la caméra montre l’assistance, on voit en grande majorité une génération de 14 à 30 ans prête à crier devant la caméra lorsque le caméraman leur demande de crier devant la caméra, prête à lever les bras hystériquement lorsqu’on leur demande de le faire. Sont-ils un minimum conscients que l’image qu’ils fabriquent ce faisant sera utilisée dans le but de vendre l’idée que Red Bull est une boisson jeune et cool ? Ou est-ce que la publicité est tellement omniprésente que ça ne dérange plus les gens non seulement de la voir mais d’y participer activement ? Gros mal aise quand on voit le ministre de la capitale nationale Sam Hamad et le maire de Québec Régis Labeaume en entrevue avec les interviewers et caméramans achetés ou loués par Red Bull. Il ne restait plus qu’à leur foutre une canette de Red Bull ouverte dans la main et le portrait aurait été complet. Le gouvernement du Québec appuie Red Bull : Red Bull donne des ailes. Comment des politiciens peuvent-ils participer ainsi à une info-pub d’une boisson énergisante ? D’ailleurs la relation entre TVA et Red Bull reste à clarifier. Est-ce que cette émission était considérée comme une info-pub ? Est-ce que c’est Red Bull qui contrôlait le contenu ou est-ce que c’était TVA ? Est-ce que Red Bull payait TVA et se chargeait de tout organiser au niveau technique comme le font les producteurs d’info-pubs du H2O Vac ou est-ce qu’il s’agit d’une couverture médiatique de type journalistique ?
De l’autre côté, on apprenait il y a deux semaines dans une émission des Francs-Tireurs l’existence d’un phénomène qui ne peut se maintenir que dans une ville à forte concentration de tatas. Ce phénomène est incarné par Marto Napoli, un genre de sous-Jeff Fillion des pauvres. Le but de cet homme ? Catapulter des patates dans l’anus de gens provenant de son public, rentrer des cactus dans leur cul, ou porter des ballounes pliées en formes de testicules au niveau de la ceinture. Et après une fille aux gros totons arrive et la foule l’applaudit. Pour comprendre le phénomène, ses fans sont interrogés. Certains réussissent à articuler des phrases assez complètes pour qu’elles puissent être citées ici :
Tsé Marto c’qui fait c’est, c’est en d’sour des lignes. C’est pas, c’est pas, faut pas croére ça là. C’est n’importe quoi
D’autres font preuve d’une étonnante lucidité :
Il faut être déficient. Un minimum, un minimum. Faut être déficient.
Encore une fois, la ville de Québec réussit à se démarquer non pas en créant quelque chose d’intelligent, mais au contraire, en réduisant à des niveaux encore inexplorés la connerie anale, l’imbécilité, la médiocrité, et l’absence totale de quoi que ce soit qui pourrait être assimilé ou s’adresser à un Q.I. de plus de 70. Il est impératif que les gens intelligents de Québec se mobilisent et fassent en sorte que la merde qui en sort ne s’impose pas comme seule représentante de leur ville. Je suis convaincu que vous existez, sortez de l’ombre, gens au Q.I. moyen et élevé !
Quand on voit ces deux phénomènes, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec tout ce qui a été observé dans la région de Québec ces dernières années. Que ce soit la multiplicité des radios vidanges qui donnent la parole aux pires incultes en ville, Jeff Fillion, les hommes blancs en colère, le mystère Québec. Au moment où on voit un gars avec un chapeau de cowboy se faire catapulter une patate dans le cul, on comprend plus facilement comment cette région du Québec est encore la dernière à voter pour un parti de droite formé essentiellement de gérants de clubs vidéos et de stations-services. Je voudrais conclure ce billet avec un message d’espoir pour le pourcentage de gens intelligents de la ville de Québec, mais comme quoi l’imbécilité s’adresse aux imbéciles, je laisse pour témoignage deux suiveux de Marto Napoli qui nous disent dans le reportage :
Bin Marto j’aime ça parce que c’est euh, ça nous rejoint là. On a pas à se casser la tête on comprend c’qui dit pis euh, c’est juste, bin y dit rien là. C’est ça là ça nous rejoint là.
Bin non c’est aucunement vulgaire c’est la pensée des jeunes d’aujourd’hui j’pense là. Bin j’sais pas comment expliquer ça là.
T’inquiète, moi aussi je me l’explique mal.
le TViste
Bye Bye 2008: Vieillesse, immigration, et moumounisation de la société québécoise.
Aujourd’hui avec l’Internet, la liberté d’expression, la facilité du commentaire, et les projets collectifs comme Wikipédia, n’importe quel tata a l’impression qu’il peut faire un Richard Martineau de lui-même et commenter et même suggérer quoi faire aux auteurs de n’importe quelle émission. Résultat on se retrouve avec une multitude de commentaires, et parfois ce ne sont pas les plus pertinents qui sont mis de l’avant. Finalement à écouter tout ce beau monde sélectivement, on pourrait en venir à la conclusion que les télétubbies sont trop hardcore et que le midi avec André Arthur a trop de classe. À trop les écouter, on obtient ce qu’on a vu cette semaine avec le déferlement médiatique anti-bye bye 2008.
Moi j’étais tout innocent. J’avais écouté le Bye Bye 2008 avec ma famille; des gens variés. Des jeunes, des vieux, des athées, des catholiques (dont une soeur religieuse), des straights, des moins straight. On s’était tous biddonés, et j’avais personnellement été étonné que l’esprit des Bye Bye du bon vieux temps et des émissions RBO plus récentes ait été conservé, renouvellé, et même amélioré. Un vrai bon Bye Bye, bien acide, bien agressif; comme ça a toujours été, depuis des dizaines d’année maintenant. Rien à dire. Mais je vivais dans un monde parrallèle, simplement parce que les 15 jours de vacances que j’ai pour le temps des fêtes sont les 15 seuls pendant lesquels je ne lis pas les journaux et je n’écoute pas les nouvelles télévisées !! Quelle surprise quand j’ouvre le journal Métro ce matin pour lire qu’il y a une controverse et que le Bye Bye 2008 est attaqué de partout. Bon avec les phénomènes d’entraînement qui existent dans les médias québécois, quand ça part, ça n’arrête plus et ça vient dans tous les sens. Alors il va falloir diviser les critiques en quelques sections.
Goût amer
Bon d’abord il y a Hugo Dumas (qui ?) dans La Presse qui se plaint qu’il y avait trop de maladresses et que les blagues sur Nathalie Simard ‘ont rapidement suri’. Il ose même référer au bon vieux temps de RBO, qui eux savaient bien faire des blagues que l’on voulait revoir et revoir encore. D’abord, voici un extrait de RBO, vous verrez qu’ils en ont fait eux aussi des blagues pipi-caca :
Deuxièment, les blagues sur Nathalie Simard étaient parmis les plus pertinentes. Qui n’a pas eu un moment l’impression qu’elle se moquait des gens avec ses histoires d’amours et ses ‘retours à la vie normale’ (4 fois) qu’elle vendait aux revues à potin de façon régulière ? Idéaliser RBO par rapport au Bye Bye 2008, c’est un réflexe de vieux : ahhh dans mon temps les tempêtes de neige étaient plus grosses. Soyons clair : J’adore RBO. Mais en tant que grand fan de RBO, je sais que lorsque l’on fait ce type d’humour, on s’expose forcément à des critiques et on s’expose à ce que certains sketchs soient jugés de mauvais goût. Je préfère ça qu’un Bye Bye complètement vide de contenu critique, et l’équipe du Bye Bye 2008 a osé prendre la direction audacieuse.
Le racisme
Avec l’immigration vient éventuellement la formation de groupes de la société qui se sentent opprimés et qui partent des associations qui ont pour but de justifier leur propre existence en voyant du racisme un peu partout et en contestant ce racisme imaginaire. Sofia Flores, qui a écrit un commentaire dans le métro, fait partie de cette tendance. Voici ce que cette intellectuelle du courrier des lecteurs de journaux gratuit avait à nous faire part :
C’est avec beaucoup d’anticipation que j’ai commencé à regarder le Bye Bye 2008. Petit à petit, mon enthousiasme s’est transformé en dégoût devant les blagues de très mauvais goût et le sketch hyper raciste de Denis Lévesque avec Barack Obama.
C’était extrêmement péjoratif et offensant à l’endroit des Noirs. Le monde entier a applaudi les Américains pour s’être unis afin d’élire Obama, une source d’inspiration pour tout le monde et maintenant la télé québécoise se permet d’encourager un sketch raciste à la veille de 2009.
Bon ça y est, dès qu’on ne se réjouit pas en déchirant nos chemises de l’élection d’un membre de votre race à la présidence des États-Unis, on est ‘hyper raciste’. Soit on se plie aux délires des obamaniaques et on célèbre gaiement avec eux en criant hystériquement que le changement est arrivé avant même qu’il ne soit arrivé, soit on est du mauvais bord et on est bon pour être fusillés. En passant le sketch en tant que tel ne contenait aucun propos offensant, c’était un sketch plutôt banal qui portait sur l’incapacité de Denis Lévesque à poser des questions correctement à ses invités, mais je ne m’attends pas, Mme Flores, à ce que vous en connaissiez assez sur la culture québécoise pour comprendre cette référence au Québec oh combien profond représenté ici par Denis Lévesque reçoit à 22h45 sur TVA. Connaissez-vous l’hyper-racisme Mme Flores ? Connaissez-vous même le racisme ? Vous déshonorez les ancêtres des noirs en qualifiant ce sketch d’hyper-raciste, car eux ils savent ce que c’est que l’hyper-racisme et croyez-moi, ça n’a rien à voir avec ce sketch. Eux ils savent ce que c’est que la vraie discrimination. Le sketch que vous avez vu était beaucoup plus déshonorant pour Denis Lévesque que pour les noirs.
Trop grossier
Et puis il y a les p’tits vieux qui viennent de réaliser qu’ils peuvent écrire des commentaires sur Internet et qui décident que les nouvelles générations, ces jeunes de 10 à 30 ans comme moi qui veulent voir des choses choquantes, que nous n’y avons pas droit. Ah eux ils y ont eu droit avec RBO, mais maintenant qu’ils sont vieux, vive Star Académie et les retrouvailles de Claire Lamarche. C’est incroyable dans ce vidéo de voir l’animatrice du téléjournal faire une leçon à Jean-François Mercier sur son personnage du gros cave, comme si c’était un nouveau personnage de la semaine.
La qualité
Pour ceux qui se plaignent de la qualité, ne me dites pas que vous n’avez pas ri avec le télé-roman Patrick Roy. Ou lors des imitations de Julie Couillard. Ou lors des interventions de Jean-François Mercier.
Moumounisation de la société
Ce à quoi on assiste, ce n’est pas un Bye Bye qui est plus rof que les dernières années. RBO a fait bien pire avec des chanteuses en les imitant, en les grossissant, en les faisant chanter tout croche. Dans le pipi-caca, ils ont fait bien pire que tout ce qui a pu être fait dans le Bye Bye 2008. J’implore Jean-François Mercier et les producteurs du Bye Bye de cesser de s’excuser. Les gens ont aimé le Bye Bye. Nous sommes la majorité silencieuse et nous devons prendre parole pour l’appuyer et pour que des Bye Bye aussi intéressants continuent d’être diffusés pour les années prochaines. Ce à quoi on assiste, c’est à une moumounisation de la société québécoise; des gens plus vieux, moins tolérants, et qui ont une liberté de parole plus grande. Même si 5000 emails auraient été envoyés à Jean-François Mercier pour l’insulter après le Bye Bye, ça ne fait pas le poids. Nous étions 4 millions à l’écouter et à rire. Avec l’individualisme ambiant, tout le monde peut écrire un commentaire et estimer être choqué : ahhhh vous avez parlé des noirs et je me suis senti offensé en tant que noir. Ahhhh vous avez parlé des chanteuses blondes et je me suis senti offensé en tant que chanteuse blonde. Ahhhh vous avez parlé des politiciens et moi j’aime les politiciens, je suis offensé. Jean-François Mercier dit dans son vidéo qu’il veut les Bye Bye rassembleurs; eh bien se rassembler c’est aussi rire des mêmes choses, et rire de nous-mêmes. Lorsque certains disent ne plus rire, c’est peut-être qu’ils ne veulent pas faire parti du groupe. Depuis quelques années, le Bye Bye était probablement la dernière émission exceptionnelle que l’on avait et après laquelle on pouvait dire que d’être québécois, ça voulait encore dire quelque chose. Ne laissons pas les tenants de l’idiotie globale et homogénéisée nous enlever ce fleuron de notre culture.
le TViste
La victoire controversée de Lucian Bute.
La boxe ne changera jamais. À cause du format combattants/juges/arbitre, dans la boxe, tout peut devenir très subjectif. L’application des règles parfaitement, ça n’existe pas. Le jugement des juges; souvent sujet à changement selon leur nationalité. Et les boxeurs qui se défoncent depuis 6 mois pour ce seul et unique combat. Vous avez là tous les ingrédients pour une guerre où violence, émotion, et nationalisme se mêleront. L’historique des québécois en défaites crève coeur est assez bien remplie. Pensons notamment au combat de championnat du monde d’Éric Lucas en Allemagne contre Markus Beyer. Le québécois avait perdu par décision alors que tout le monde s’entendait pour dire qu’il avait gagné. Plus récemment, le combat d’Hermann Ngoudjo contre Paul Malignaggi. Hermann avait perdu à cause d’une ‘décision locale’.
Ce soir, je suis désolé de vous l’apprendre, les québécois ne sont plus les pauvres petites victimes du système qu’ils ont été dans ces deux cas. Ce soir, c’est nous les crosseurs. Lucian Bute a gagné contre Librado Andrade alors qu’il n’était probablement même pas conscient de ce qui se passait autour de lui. Une règle empêche un boxeur de gagner dans un tel état : ça s’appelle la règle du ‘Can’t be saved by the bell’. Cette règle signifie qu’on ne peut remettre un boxeur au combat après un compte de 9 si ce boxeur n’est pas en état de combattre. Même s’il reste… 0.00000000001 secondes au combat. Can’t be saved by the bell.
Pour ajouter à tout cela, le compte de 9 de l’arbitre Marlon B. Wright a duré…. 24 secondes. L’arbitre se défend en disant que c’est Andrade lui-même qui a retardé le compte en ne restant pas dans son coin. Sa défense est très solide à mon avis. Andrade avançait vers Bute, pendant le compte. Il était de la responsabilité de l’arbitre d’arrêter le compte, de laisser Andrade retourner au coin, puis de continuer. C’est pendant ces 24 secondes que, de peine et de misère, Bute se lève en s’aidant des cordes, puis réussit à tenir sur ses deux jambes au moment où B. Wright revient compléter son compte. Ce qui restait du combat s’était déjà écoulé, et la cloche sonne. Bute gagne par décision, puisqu’il avait dominé le reste du match.
Mais que l’argument de B. Wright se tienne, ça ne compte pas. On est à la boxe. Il fallait être sur les forums et les chambres de chat américaines : Fucking Canadian stealers. Fucking Canadien Referee. Worst referee in the history of boxing. Montreal is a city of thefts. I just saw the greatest thief in boxing history.
Aujourd’hui chers québécois, nous sommes les méchants. Tiens j’hais pas ça.
Le TViste
Le reportage de J.E. sur la technique de lasérothérapie pour arrêter de fumer.
J.E. (TVA) a publié un excellent reportage qui peut être écouté ici. Il s’agit d’un reportage sur la lasérothérapie, une soi-disant thérapie qui fait en sorte que l’on arrête de fumer. Pour moi ce reportage est dans la même lignée que celui sur la Biologie Totale qu’Enquête a publié et que j’ai commenté. Dans les deux cas, il s’agit de soi-disant professionnels de la santé qui n’ont généralement pas de connaissances scientifiques et qui prétendent guérir les gens avec des techniques qui n’ont jamais été testées scientifiquement. L’homme qui offre cette thérapie prétend que chaque partie de l’oreille correspond à certains organes ou émotions, et qu’en stimulant certaines de ces parties avec le laser, on peut réparer le problème de la dépendance au tabac. La thérapie est même spécialisée : si vous êtes quelqu’un d’agressif, on s’attaquera à la partie agressive de l’oreille !!! Tout à fait ridicule.
le TViste
Monsieur Showbiz (TQS)
Avec la forte compétition dans le milieu de la télévision, l’attention du public qui est de plus en plus volatile et l’attrait de l’Internet, il est toujours réconfortant de voir que TQS peut encore produire des bijoux d’esthétique et d’intelligence. Monsieur Showbiz est un de ces bijoux. Je vous conseille fortement de l’écouter : bidonnement garanti.
Monsieur Showbiz est l’archétype de l’émission de télévision, comme le gazou est l’archétype de l’instrument de musique : on ne peut lui enlever aucune partie sans qu’elle ne perde son status d’émission de télévision. TQS étant devant une situation économique très grave et devant passer en une année de compagnie qui perd de l’argent à compagnie qui en fait, les producteurs auront trouvé le moyen d’enlever à peu près tout à l’émission classique de Showbiz (qui ne volait déjà pas très haut). Pas de reporters sur le terrain, pas de co-animatrice sexy, pas de glamour, pas de micro en or, pas de verre d’eau. Vous ne le saviez pas, mais Flash, c’était le bon vieux temps. On a donc un gars qui nous lit un magasine de showbiz américain. Avec des vidéos pour accompagner le tout ? Non. Des photos qui défilent.
Ahhhh ça c’est moi au show de Marie-Chantal Toupin.
Un gars, 2 caméras, une petite table, un magasine de showbiz américain, et des photos de vedettes hollywoodiennes et parfois québécoises. Ah et de la convergence. Un petit clin d’oeil à Loft Story de temps en temps. Ce qui m’amuse avec la convergence, c’est qu’au moins quand TVA le fait, ils ont une certaine classe, une certaine arrogance. On sent vraiment l’Empire quand on voit les académiciens invités partout et photographiés dans les revues. Avec TQS, c’en est presque pathétique. Ils réussissent, même dans leur convergence, à faire pitié.
le TViste
C’t’une joke (TQS) ou qu’arrive-t-il quand les auteurs de talents sont absents ?
À voir la publicité qui était diffusée depuis quelques semaines sur TQS, on ne pouvait pas avoir de grandes attentes en écoutant C’t'une joke, une nouvelle émission diffusée les lundis à 19h00 à TQS. Si je me souviens bien, la publicité mettait en scène un homme qui tapait des mouches.
Sa femme lui demande combien de mouches il a tué.
Il répond : 3 mâles et 1 femelle.
Comment peux-tu savoir le sexe des mouches, demande-t-elle.
Facile, 3 sur la bouteille de bière, 1 sur le téléphone.
La compassion
À la limite, on se disait : c’est correct, ce n’était peut-être pas la plus drôle mais peut-être que l’équipe de production a été pressée dans le temps pour sortir cette annonce, et peut-être ont-ils pris une des blagues les moins drôles par pur hasard. Mais non. C’est suite à l’écoute complète de l’émission qu’on s’aperçoit que la séquence qui avait été utilisée pour la publicité était en fait le segment le plus drôle de l’émission, qui enchaîne méthodiquement les unes après les autres et pendant 30 minutes des blagues qui tombent à plat, des blagues cheaps et des punchs qui laissent systématiquement un gros malaise. Pas un malaise du type : mon dieu, cette blague est provocante. Mais plutôt un malaise du type : mon dieu, je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi plate que ça. À côté de C’t'une joke, les pauses publicitaires devenaient presque intéressantes.
Le problème
Jugez par vous-mêmes.
C’t'une joke – Échangisme
C’t'une joke – Bredouille
C’tune joke – La chasse à l’eau
La lignée des émissions à sketchs
J’arrive à me souvenir, même considérant mon jeune âge, que la télévision québécoise a déjà été capable d’utiliser le style des émissions à sketchs pour produire des émissions de grande qualité. Il n’y a qu’à penser au groupe humoristique RBO, qui en plus de produire une émission drôle et divertissante, réussissait en plus à en faire un pamphlet politique. Depuis l’arrêt de RBO, on a assisté à une décadence du style des émissions à sketchs, à commencer par Le Sketch Show (TVA), qu’on peut maintenant considérer, avec le recul, comme un précurseur de C’t'une joke (TQS), dans le style des émissions à sketchs plates.
La faute aux auteurs
Je veux qu’on me comprenne bien ici, la faute ne va pas aux comédiens. Il y a dans C’t'une joke plusieurs comédiens de talents. Malheureusement, dans ce cas-ci, le talent n’a pas suffit à compenser pour la piètre qualité des textes. Difficile d’expliquer les raisons de cette stérilité dans les textes de cette émission qui avait tous les comédiens pour produire quelque chose de bon. On dirait que les blagues de C’t'une joke viennent toutes d’un gros rouleau de gommes Bazooka Joe.
Au fond, l’expérience C’t'une joke a ceci de bon qu’elle nous fait réaliser à quel point la qualité d’une émission repose sur le génie des auteurs, et que sans eux, notre télévision n’aurait certainement pas la qualité que nous lui connaissons. À voir la quantité de diplômés qui sortent de l’École nationale de l’humour, c’est suprenant que TQS n’ait pas réussi à en trouver un qui puisse écrire des blagues qui se tiennent.
le TViste
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