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À voir la publicité qui était diffusée depuis quelques semaines sur TQS, on ne pouvait pas avoir de grandes attentes en écoutant C’t'une joke, une nouvelle émission diffusée les lundis à 19h00 à TQS. Si je me souviens bien, la publicité mettait en scène un homme qui tapait des mouches.

Sa femme lui demande combien de mouches il a tué.

Il répond : 3 mâles et 1 femelle.

Comment peux-tu savoir le sexe des mouches, demande-t-elle.

Facile, 3 sur la bouteille de bière, 1 sur le téléphone.

La compassion

À la limite, on se disait : c’est correct, ce n’était peut-être pas la plus drôle mais peut-être que l’équipe de production a été pressée dans le temps pour sortir cette annonce, et peut-être ont-ils pris une des blagues les moins drôles par pur hasard. Mais non. C’est suite à l’écoute complète de l’émission qu’on s’aperçoit que la séquence qui avait été utilisée pour la publicité était en fait le segment le plus drôle de l’émission, qui enchaîne méthodiquement les unes après les autres et pendant 30 minutes des blagues qui tombent à plat, des blagues cheaps et des punchs qui laissent systématiquement un gros malaise. Pas un malaise du type : mon dieu, cette blague est provocante. Mais plutôt un malaise du type : mon dieu, je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi plate que ça. À côté de C’t'une joke, les pauses publicitaires devenaient presque intéressantes.

Le problème

Jugez par vous-mêmes.

C’t'une joke – Échangisme
C’t'une joke – Bredouille
C’tune joke – La chasse à l’eau

La lignée des émissions à sketchs

J’arrive à me souvenir, même considérant mon jeune âge, que la télévision québécoise a déjà été capable d’utiliser le style des émissions à sketchs pour produire des émissions de grande qualité. Il n’y a qu’à penser au groupe humoristique RBO, qui en plus de produire une émission drôle et divertissante, réussissait en plus à en faire un pamphlet politique. Depuis l’arrêt de RBO, on a assisté à une décadence du style des émissions à sketchs, à commencer par Le Sketch Show (TVA), qu’on peut maintenant considérer, avec le recul, comme un précurseur de C’t'une joke (TQS), dans le style des émissions à sketchs plates.

La faute aux auteurs

Je veux qu’on me comprenne bien ici, la faute ne va pas aux comédiens. Il y a dans C’t'une joke plusieurs comédiens de talents. Malheureusement, dans ce cas-ci, le talent n’a pas suffit à compenser pour la piètre qualité des textes. Difficile d’expliquer les raisons de cette stérilité dans les textes de cette émission qui avait tous les comédiens pour produire quelque chose de bon. On dirait que les blagues de C’t'une joke viennent toutes d’un gros rouleau de gommes Bazooka Joe.

Au fond, l’expérience C’t'une joke a ceci de bon qu’elle nous fait réaliser à quel point la qualité d’une émission repose sur le génie des auteurs, et que sans eux, notre télévision n’aurait certainement pas la qualité que nous lui connaissons. À voir la quantité de diplômés qui sortent de l’École nationale de l’humour, c’est suprenant que TQS n’ait pas réussi à en trouver un qui puisse écrire des blagues qui se tiennent.

le TViste