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Le genre d’humour au second degré dont le Québec se prive.
Le 31 décembre 2008, avec le Bye Bye 2008, Radio-Canada retentait l’expérience de l’humour au second degré qui avait depuis plusieurs dizaines d’années caractérisé les différents Bye Bye. Malheureusement, cette année-là, un groupe d’extrémistes spécialisé dans la culpabilisation de masse avait décidé qu’il était temps de nettoyer le Québec de toute référence aux canadiens, aux immigrants ou à Nathalie Simard, et que l’époque de l’humour plate et insensé devait être ramenée, de force s’il le fallait. En se pliant aux divagations de ces soi-disant défenseurs de la tolérance et en ne produisant pas de Bye Bye 2009, la société québécoise se prive d’un genre d’humour dont elle possède le secret, tel qu’elle l’a montré à plusieurs reprises, entre autres à travers les émissions de RBO.
Pendant que les québécois se demandent si on peut ou non parler des phénomènes de société les plus importants pour le Québec à la télévision, d’autres nations n’hésitent pas à aborder ces sujets par le billet de l’humour au second degré, le même genre d’humour que Jean-François Mercier utilisait lors du Bye Bye 2008. C’est ce que fait chaque soir Stephen Colbert de l’émission The Colbert Report, à Comedy Central. Stephen Colbert est en fait un américain de gauche qui parodie un animateur de téléjournal de droite qui s’opposerait au mariage gai et qui adopterait la plupart des positions du parti républicain. Dans ce vidéo, à 5:00, il prend position contre le mariage gai et se porte à la défense de l’Église qui est bouleversée par la possibilité que des homosexuels puissent se marier. Il accuse les homosexuels de vouloir s’approprier les … :
[...] trucs les plus amusants dans le mariage comme… comme le droit de déterrer la dépouille de son époux. C’est de l’homosexualité après la mort, ce sont des genres de zombies-homosexuels. Ces zombies-homosexuels commencent par le droit au mariage, mais ce qui les intéressent vraiment c’est de contrôler notre cerveau. Et puis comment les gens sont-ils supposés pouvoir reposer en paix si ils savent qu’à quelques tombes d’eux, deux hommes sont morts et gais! Dieu a dit que ceux qui étaient reliés sur terre étaient rassemblés au ciel, si on commence à enterrer les homosexuels ensemble ils seront ensemble au paradis! [...] Si on veut que les homosexuels meurent comme ils ont vécu selon leur état légal actuel, ils doivent mourir comme on leur demande de vivre : dans l’invisibilité.
Toute personne avec un minimum de quotient intellectuel pourra écouter l’extrait et conclure qu’il s’agit d’humour au second degré et que Stephen Colbert n’est pas opposé au mariage gai, mais qu’il veut plutôt ridiculiser ceux qui le sont. Si les gens, même les américains, sont capables de faire la différence lorsqu’il s’agit de Stephen Colbert, pourquoi est-ce que les Québécois ne seraient pas capable de reconnaître le deuxième degré dans l’humour de Jean-François Mercier lorsqu’il a fait son sketch sur le Canada anglais ou sur Barack Obama au Bye Bye 2008 ? Pourtant le montage de la scène et le genre de propos se ressemblent énormément. Pourquoi des gens crient-ils au racisme lorsqu’un sketch ne fait qu’aborder le fait que Barack Obama est noir ou que le Canada anglais est différent ? Deux possibilités: soit qu’ils sont incroyablement stupides, ou ils sont de mauvaise foi et ont d’autres objectifs que la simple censure du Bye Bye 2008, ils visent plutôt l’anéantissement de l’identité québécoise dans notre culture télévisuelle.
le TViste
Le 31 décembre 2009 pourrait marquer le début de la mort de la télé traditionnelle québécoise.
La télévision traditionnelle est encombrée par un grand nombre de défauts qui la condamnent à court ou à long terme à disparaître au profit d’une télévision du web. D’abord il y a les restrictions de la plage horaire qui font en sorte qu’une émission doive nécessairement durer 30 ou 60 minutes. Puis le fait que les émissions qui sont en compétition pour les moments importants de la semaine comme le dimanche soir se retrouvent à diviser l’auditoire. Imaginez l’augmentation d’auditoire que chaque émission aurait eue si Tout le monde en parle et Occupation Double auraient pu être diffusées sur le web ces dernières années. Les gens auraient pu écouter l’une et l’autre émission lorsque ça leur plaît, à n’importe quel moment de la semaine. Un avantage économique certain; une émission qui fait 1.5 millions en auditoire, ça n’a pas la même valeur qu’une émission qui en fait 3. Mais il y a d’autres désavantages encore plus importants pour la télévision traditionnelle : le musèlement par le CRTC, le politiquement correct, les coûts élevés, l’absence de contact avec la population, l’absence de représentativité de la diversité de la population. La sensibilité aux scandales comme le scandale fantasmé du Bye Bye 2008 qui a empêché la diffusion d’un Bye Bye 2009. Le web n’en a rien à faire de cela; le jour où il y aura autant de »canaux » que d’émissions, vous aurez beau essayer de soulever un scandale, l’équipe de production qui se sera réunie pour faire l’émission sera déjà dissoute et éparpillée; il n’y aura pas de CRTC à qui se plaindre, pas d’ombudsman à qui écrire, les noms de domaine se recycleront aussi rapidement que les thèmes d’émission de la journée. Les commentaires des saintes vierges offensées résonneront dans Google Cache pour toujours, comme le cri des fourmis sur mon terrain que je n’entends pas. Ils se noieront dans le flux Twitter parmi les autres commentaires; ceux qui ont aimé à fond, ceux qui ont aimé pas pire, ceux qui trouvaient que la robe de l’animatrice ne l’avantageait pas. Joyeux chaos lavé à chaque jour par les tweets du lendemain.
Lorsqu’on regardera en arrière dans quelques dizaines d’années pour chercher à quel moment exactement la télévision web a-t-elle été à même de gruger la télévision traditionnelle, de la remplacer lorsqu’elle fit échec, il se pourrait bien que le 31 décembre 2009 soit une des premières dates qui nous viendra en tête. Effectivement, une équipe de 40 producteurs, réalisateurs et artistes ont décidé de s’associer et de produire des sketchs à saveur humoristique faisant la compilation des évènements qui ont touché le Québec en 2009. L’ensemble des sketchs formera un Bye Bye qui sera diffusé à partir de 19h le 31 décembre 2009. La diffusion d’un Bye Bye sur le web pourrait bien être devenu la solution aux différents problèmes qui ont affecté les Bye Bye depuis plusieurs années. Si l’équipe du Bye Bye 2009 se montre à la hauteur, cette émission web pourrait bien marquer le début de la mort de la télévision traditionnelle au Québec. L’entreprise pourrait aussi s’avérer un flop, tel que suggéré par le non-professionnalisme et l’impertinence de la page web actuelle. Je suis présentement déchiré entre l’espoir et l’attente neutre; mais si l’équipe réussit à produire un Bye Bye de qualité, acide à point, il se pourrait bien qu’une nouvelle page d’histoire en télévision québécoise s’écrive. Quelques conseils aux gens du Bye Bye 2009 : ne vous laissez pas inhiber par la peur du scandale et ne regardez pas les dépenses; produisez le meilleur Bye Bye web qu’il soit possible d’imaginer. Peut-être que vous ne rentrerez pas dans votre argent, mais vous en sortirez avec un honneur et un respect que l’argent ne saurait acheter.
Et n’oubliez pas ceci : personne ne se souviendra de vous pour avoir fait un Bye Bye gentil.
le TViste
Black-Out à TQS: Quand les astres s’alignent.
La plupart du temps, je vous offre des commentaires et réactions à chaud sur l’actualité télévisuelle québécoise. Dans ce deuxième d’une série d’articles, je vous présente plutôt une rétrospective d’un évènement télévisuel qui a marqué l’histoire de la télévision québécoise en l’analysant plus en profondeur que ce qu’un premier regard aurait permis de faire.
Il y a de ces moments dans la vie où des évènements critiques et déterminants pour l’avenir se produisent. Où tous les éléments d’une équation complexe sont précisément mis en place. Où les astres sont alignés. Je vous donne une série de noms, essayez de trouver le dénominateur commun : Robert Gillet, Jean-René Dufort, Jean-François Mercier, Benoit Dutrizac, Richard Desmarais, Gilles Proulx. Ce sont tous des animateurs soit de Bye Bye ou d’émissions d’affaires publiques qui à un moment ou à un autre, ont été controversés. Rien ne relit vraiment ces gens l’un à l’autre à part ça : ils sont de générations différentes, de styles différents et d’idéologies différentes. Pourtant, en 1998, toutes ces personnes sont passées sur le même plateau d’une émission de télévision qui n’aura pas fait long feu mais qui pourrait être à l’origine d’un style en télévision québécoise : Black-Out.
TQS n’a plus ou moins jamais été rentable. Cette chaîne lancée en 1986 avait pour mandat d’offrir une programmation qui soit maintenue sur toute l’année, contrairement aux autres chaînes qui interrompaient plusieurs émissions pour la saison estivale, d’où le nom, Télévision Quatre-Saisons. En 1996, Vidéotron fait une tentative d’achat de TQS, achat qui est rejeté par le CRTC qui ne veut pas que les deux chaînes privées généralistes soient possédées par une seule et même entreprise. C’est finalement Québécor qui met la main sur le réseau (qui mettra ensuite la main sur Vidéotron de toute façon et qui se débarassera de TQS par la suite). Québécor impose ses politiques à TQS et réussit à compresser les dépenses, entre autres en coupant les budgets de production et en réunissant les studios d’enregistrement sous un seul et même toit. Du même souffle, TQS commence à faire dans le sensationnalisme et à se développer l’image de mouton noir qu’on lui connaîtra jusqu’à il y a peu de temps. Les émissions du crû 1998 à TQS sont fortement marquées par un style provocant, irrévérencieux, et parfois américain. Je me souviens comme si c’était hier de l’excitation que je pouvais ressentir quand je voyais les annonces décrivant la nouvelle programmation de l’automne; j’avais alors 14 ans. 1998 c’est l’année de naissance de Black-Out, de 110%, et de plusieurs émissions de sensationnalisme à l’américaine comme ces émissions où l’on voit des interventions policières, etc… Rien de très édifiant intellectuellement, mais très divertissant.
L’émission
Pour vous rafraîchir la mémoire et vous faire comprendre à quel niveau on vole (pas très haut), voici l’émission pendant laquelle on amène sur le plateau des voyants et »ufologues » pour nous parler des phénomènes paranormaux. Jean-René Dufort est présent dans la salle en tant qu’ancien sceptique.
OVNI Black Out à TQS – Ridiculisons le Paranormal!
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C’est quand même drôle de voir Robert Gillet faire la leçon à l’invité qui se dit pédagogue sexuel pour les enfants de 13 ans alors que Robert Gillet a été condamné 7 ans plus tard pour avoir payé une prostituée de 17 ans. L’émission la plus intéressante en termes de personnalités présentes est celle-ci :
Dans cette émission, réunis sur le même plateau : Richard Desmarais, qui répandra par la suite son fiel fédéraliste puant dans des émissions comme L’avocat et le diable, Benoit Dutrizac qui animera l’insignifiant Dutrizac, Robert Gillet qui deviendra l’un des fameux animateurs de radio de Québec, et Gilles Proulx, qui aura été tapoché médiatiquement pour avoir affirmé qu’une victime de viol l’avait cherché et pour ne pas avoir su s’excuser correctement lors d’un passage à Tout le monde en parle. Finalement la seule personne respectable dans cette émission, c’est Jean-François Mercier qui se présente comme un spectateur en chandail de pouilleux qui en veut à Gilles Proulx. C’est tordant. On n’hésite pas à utiliser de faux spectateurs : d’abord Jean-François Mercier et puis Gilles Guindon, à la fin du vidéo, qui quelques émissions plus tard joue le rôle d’intervenant dans l’émission. Il ne manque que Richard Martineau et la photo de famille serait complète, on aurait la collection complète des commentateux auxquels on aura droit jusqu’en 2009 en télévision québécoise.
Au fond Black-Out aura été un lieu de rencontre privilégié pour des animateurs qui ont la caractéristique commune de jouer avec les idées borderline. Plus on est provocant, plus les côtes d’écoutes augmentent, jusqu’au seuil du scandale. Seuil qui aura été atteint très rapidement par Black-Out. Dans ce contexte, il est très facile de tomber dans le syndrome Jerry Springer : descendre à des niveaux vraiment, vraiment, vraiment bas. Après quelques émissions de Black-Out, des plaintes étaient reçues au CRTC. Une émission sur les homosexuels qui ne volait pas haut a été jugée acceptable malgré les plaintes au CRTC. Puis une émission sur le bien-être social a été jugée offensante par le CRTC parce que les gens qui avaient été invités étaient des gens qui disaient être sur le bien-être social par choix et simplement parce qu’ils ne voulaient pas travailler, ce qui laissait une très mauvaise image du bien-être social. Malgré le fait que Black-Out ait cessé d’être diffusé, je suis convaincu que les fantômes de l’émission vivent encore aujourd’hui à travers beaucoup d’émissions dites d’affaires publiques dans lesquelles des vieux cons de droite diffusent leur propagande aux brebis en recherche de prêt-à-penser.
P.S. : Lors de mes recherches sur le sujet, je suis tombé sur un autre blogueur qui avait revu l’histoire de Black-Out. Vous pouvez consulter son article ici. J’ai quand même décidé de publier le mien puisque les contenus ne sont pas redondants.
L’intelligentsia anti-raciste à l’assaut de mon blog.
Jeff de TVQC avait eu des mots très justes et prophétiques comme premier commentaire de mon dernier article :
Attention tu vas passé pour un miiichant miiichant raciss d’extrême droite.
Bien sûr je me doutais bien qu’en soulevant la question de la pertinence de la propagande anti-raciste au Québec dans les reportages et particulièrement à Radio-Canada, et l’effort intellectuellement malhonnête de rééducation et de culpabilisation de la société québécoise face au traitement qu’ils réservent aux immigrants, je m’attirerais les foudres de quelques lecteurs. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’autant de commentaires viennent inonder mon blog. J’étais surpris. 39 commentaires pour certains, c’est le quotidien, mais dans le cas de ce blog, c’est plutôt le nombre de lecteur par jour. C’est après en avoir lu quelques-uns et en regardant les adresses IP que j’ai compris : 36 des commentaires venaient en fait d’une seule et même adresse IP, et donc fort probablement d’une seule et même personne. Je savais que l’intelligentsia anti-raciste était prête à peu près à tout pour nous faire passer son message, mais je ne savais pas que l’usurpation d’identité et la fausse représentation faisaient parti intégrante de leur coffre à outil.
Ils ont commencé la matinée vers 10h00 à envoyer des opinions contre mon article qui portait sur Baklava Blues, un documentaire bâclé sur l’immigration libanaise.
Un supposément dénommé Gabriel Legendre avec l’IP 70.30.249.33 signait :
Je connais bien le réalisateur de Baklava Blues et c’est précisément ce qu’il a tenté de montrer je pense. Que ça n’a pas d’allure. Danic ne pouvait quand même pas faire passer son doc à la télévision d’état en criant aux immigrants d’aller se faire voir s’ils sont pas content. Je pense que vous jugez mal ce documentaire. [...]
Un dénommé Samuel Giguère de Alma avec l’IP 70.30.249.33 de Montréal écrit :
J’ai trouvé le documentaire super bon, de loin meilleur que la plupart des documentaires que j’ai vu. C’est une oeuvre troublante et lucide, choquante.
Puis les insultes envers mon article commencent à se faire sentir à partir des commentaires écrits à 10:30. David Cournoyer, IP 70.30.249.33 écrit :
Vous mettez ce film dans médiocre et Loft Story dans hésitant… Bravo coco. Encore du temps à perdre…
Même que dans certains commentaires, le faussaire se parle à lui-même à l’aide de ses différentes identités. Amira Maalouf, IP 70.30.249.33 écrit :
Monsieur Parent, la bande-annonce que vous avez mis est vraiment magnifique. Où pourrais-je voir ce film en entier je vous prie ? Merci de me répondre. Ça a vraiment l’air très bon. [...]
Si ça se serait arrêté là, je n’en aurais pas fait un plat. Que les anti-racistes utilisent des techniques malhonnêtes comme la dilution de commentaires de blogs pour faire passer des personnalités publiques pour des racistes, ç’aurait été du déjà vu. Mais l’écrivain mystère de l’IP 70.30.249.33 a décidé d’aller plus loin. Il commence à écrire de faux commentaires faisant l’apologie du White Power. White Power, IP 70.30.249.33 écrit :
Fuck les immigrants et ive le québec blancs et libe.
Confirmant ainsi ce que je dis depuis des années: le racisme est tellement inexistant au Québec que les militants anti-racistes doivent eux-mêmes créer le racisme afin de pouvoir par le suite le ‘combattre’. Ça me fait penser à l’affaire Fogiel. Cet animateur de télé française voulant démontrer que les propos de Dieudonné encourageaient le racisme, il avait lui-même demandé à un membre de son équipe technique d’envoyer un SMS à l’émission, SMS qui avait été affiché comme un commentaire venant du public dans son émission. On est devant le même phénomène ici : des gens qui prétendent combattre le racisme mais qui ne voyant pas de manifestation évidente du phénomène qu’ils veulent combattre, le créent de toutes pièces.
Après vers 11 heures, les insultes ont commencé à se faire plus directement. Enfoiré de Tviste, IP 70.30.249.33 écrit :
Joyeuse bande de crétins… Je n’en reviens pas. Pareil torchon de blog devrait être interdit. Tviste, ce n’est pas de la critique, c’est du vomi. Ce que vous dites est complètement gratuit. Ça sent le gros manque de culture, l’ignorance crasse et la jalousie. On voit bien que Tviste aurait aimé faire de la télé et qu’il est trop bête (ou moche).
Enfoiré de Tviste 2, IP 70.30.249.33 écrit :
Et même pas foutu de se révèler… Tu peux bien te cacher derrière un pseudo, petit enfoiré-double.
La personne derrière l’IP 70.30.249.33 a visiblement décidé qu’elle partait en croisade contre ce blogue parce que j’ai osé soulever la question qui, semble-t-il, ne doit pas être soulevée, à savoir : est-ce que les efforts de rééducation anti-raciste de Radio-Canada sont pertinents ? Est-ce que le racisme est un problème réel au Québec ? Est-ce que la présence potentielle de ce problème justifie les demi-vérités, les mensonges, et les reportages bâclés ?
P.S. : Le droit à la vie privé de mes lecteurs est pour moi quelque chose de sacré. Jamais je ne révélerai votre adresse IP pour quelque raison que ce soit, excepté dans des cas exceptionnels comme celui-ci où il y a lieu d’appeler ça de l’abus et de l’usurpation d’identité. Il est aussi important pour moi de dénoncer cette adresse IP car d’autres blogueurs pourraient tomber dans le panneau et croire que la personne derrière cet IP correspond réellement à une trentaine de personnes. Cet évènement soulève de grosses questions quant à la grogne Internet. Dans plusieurs cas ces dernières années, les médias ont parlé de ‘grogne populaire’, et c’était souvent basé sur le nombre de commentaires écrits sur les blogues ou dans leur boîte courriel. Si des personnes telles que celle derrière l’IP 70.30.249.33 continuent d’utiliser leurs techniques malhonnêtes pour monter en mousse de la fausse contestation, on est en droit de se demander si des évènements complètement étranges comme la supposée contestation anti-Bye Bye 2008 n’ont pas été montés en épingle par des groupuscules extrémistes.
Autre P.S. : Les commentaires effectués par Jeff-TVQC, Léon Dompierre et Cassandre Harvey étaient véridiques et ne venaient pas de cet IP.
le TViste
Les terroristes anti-Bye Bye l’emportent
L’année passée, un groupe noyauté armé de mauvaise foi avait pris en otage la société québécoise et même ce blog en nous expliquant que les rires que 4 millions de personnes avaient émis pendant la diffusion de l’excellent Bye Bye 2008 étaient racistes, anti-canadiens, et violents. Nous apprenons cette semaine que ces extrémistes de l’idiotie globale et homogénéisée ont réussi à nous enlever l’une des dernières émissions après laquelle on pouvait dire qu’être québécois, ça voulait encore dire quelque chose. Le Bye Bye est maintenant une patate chaude que personne ne veut tenir. Les divers articles vous fourniront diverses explications à l’absence du Bye Bye cette année : RBO n’avait pas le temps, Véro est enceinte. Oui, tout ça est vrai. Mais en 2006 non plus, ils n’avaient pas de temps, ils le trouvaient. Véro enceinte, d’accord, mais à ce que je sache c’est Louis Morissette et d’autres qui écrivaient les sketchs et l’animatrice aurait été remplaçable. Pourquoi pas une fille de Call TV ? Elles doivent bien savoir lire des scénarios. En gros toutes ces raisons sont bien vraies mais elles ne justifient pas un abandon complet du Bye Bye; la vérité c’est que la marde que le Bye Bye peut soulever est devenue trop grande pour les bénéfices. Le Bye Bye est une émission prestigieuse, qui coûte cher et qui demande énormément d’efforts aux équipes, et ça rapporte peu économiquement par rapport à l’investissement. Ça a toujours été le cas, mais généralement le prestige de l’émission a fait pencher la balance en faveur de la diffusion du Bye Bye à chaque année. Finalement, le tapage anti-Bye Bye 2008 aura fait pencher la balance de l’autre bord. Peut-on vraiment blâmer les artistes ? Investir plus d’efforts qu’à l’habitude pour être payés moins cher et se faire chier dessus pendant deux mois après la diffusion. On ne peut qu’en vouloir aux terroristes anti-Bye Bye.
Bye Bye 2008: Vieillesse, immigration, et moumounisation de la société québécoise.
Aujourd’hui avec l’Internet, la liberté d’expression, la facilité du commentaire, et les projets collectifs comme Wikipédia, n’importe quel tata a l’impression qu’il peut faire un Richard Martineau de lui-même et commenter et même suggérer quoi faire aux auteurs de n’importe quelle émission. Résultat on se retrouve avec une multitude de commentaires, et parfois ce ne sont pas les plus pertinents qui sont mis de l’avant. Finalement à écouter tout ce beau monde sélectivement, on pourrait en venir à la conclusion que les télétubbies sont trop hardcore et que le midi avec André Arthur a trop de classe. À trop les écouter, on obtient ce qu’on a vu cette semaine avec le déferlement médiatique anti-bye bye 2008.
Moi j’étais tout innocent. J’avais écouté le Bye Bye 2008 avec ma famille; des gens variés. Des jeunes, des vieux, des athées, des catholiques (dont une soeur religieuse), des straights, des moins straight. On s’était tous biddonés, et j’avais personnellement été étonné que l’esprit des Bye Bye du bon vieux temps et des émissions RBO plus récentes ait été conservé, renouvellé, et même amélioré. Un vrai bon Bye Bye, bien acide, bien agressif; comme ça a toujours été, depuis des dizaines d’année maintenant. Rien à dire. Mais je vivais dans un monde parrallèle, simplement parce que les 15 jours de vacances que j’ai pour le temps des fêtes sont les 15 seuls pendant lesquels je ne lis pas les journaux et je n’écoute pas les nouvelles télévisées !! Quelle surprise quand j’ouvre le journal Métro ce matin pour lire qu’il y a une controverse et que le Bye Bye 2008 est attaqué de partout. Bon avec les phénomènes d’entraînement qui existent dans les médias québécois, quand ça part, ça n’arrête plus et ça vient dans tous les sens. Alors il va falloir diviser les critiques en quelques sections.
Goût amer
Bon d’abord il y a Hugo Dumas (qui ?) dans La Presse qui se plaint qu’il y avait trop de maladresses et que les blagues sur Nathalie Simard ‘ont rapidement suri’. Il ose même référer au bon vieux temps de RBO, qui eux savaient bien faire des blagues que l’on voulait revoir et revoir encore. D’abord, voici un extrait de RBO, vous verrez qu’ils en ont fait eux aussi des blagues pipi-caca :
Deuxièment, les blagues sur Nathalie Simard étaient parmis les plus pertinentes. Qui n’a pas eu un moment l’impression qu’elle se moquait des gens avec ses histoires d’amours et ses ‘retours à la vie normale’ (4 fois) qu’elle vendait aux revues à potin de façon régulière ? Idéaliser RBO par rapport au Bye Bye 2008, c’est un réflexe de vieux : ahhh dans mon temps les tempêtes de neige étaient plus grosses. Soyons clair : J’adore RBO. Mais en tant que grand fan de RBO, je sais que lorsque l’on fait ce type d’humour, on s’expose forcément à des critiques et on s’expose à ce que certains sketchs soient jugés de mauvais goût. Je préfère ça qu’un Bye Bye complètement vide de contenu critique, et l’équipe du Bye Bye 2008 a osé prendre la direction audacieuse.
Le racisme
Avec l’immigration vient éventuellement la formation de groupes de la société qui se sentent opprimés et qui partent des associations qui ont pour but de justifier leur propre existence en voyant du racisme un peu partout et en contestant ce racisme imaginaire. Sofia Flores, qui a écrit un commentaire dans le métro, fait partie de cette tendance. Voici ce que cette intellectuelle du courrier des lecteurs de journaux gratuit avait à nous faire part :
C’est avec beaucoup d’anticipation que j’ai commencé à regarder le Bye Bye 2008. Petit à petit, mon enthousiasme s’est transformé en dégoût devant les blagues de très mauvais goût et le sketch hyper raciste de Denis Lévesque avec Barack Obama.
C’était extrêmement péjoratif et offensant à l’endroit des Noirs. Le monde entier a applaudi les Américains pour s’être unis afin d’élire Obama, une source d’inspiration pour tout le monde et maintenant la télé québécoise se permet d’encourager un sketch raciste à la veille de 2009.
Bon ça y est, dès qu’on ne se réjouit pas en déchirant nos chemises de l’élection d’un membre de votre race à la présidence des États-Unis, on est ‘hyper raciste’. Soit on se plie aux délires des obamaniaques et on célèbre gaiement avec eux en criant hystériquement que le changement est arrivé avant même qu’il ne soit arrivé, soit on est du mauvais bord et on est bon pour être fusillés. En passant le sketch en tant que tel ne contenait aucun propos offensant, c’était un sketch plutôt banal qui portait sur l’incapacité de Denis Lévesque à poser des questions correctement à ses invités, mais je ne m’attends pas, Mme Flores, à ce que vous en connaissiez assez sur la culture québécoise pour comprendre cette référence au Québec oh combien profond représenté ici par Denis Lévesque reçoit à 22h45 sur TVA. Connaissez-vous l’hyper-racisme Mme Flores ? Connaissez-vous même le racisme ? Vous déshonorez les ancêtres des noirs en qualifiant ce sketch d’hyper-raciste, car eux ils savent ce que c’est que l’hyper-racisme et croyez-moi, ça n’a rien à voir avec ce sketch. Eux ils savent ce que c’est que la vraie discrimination. Le sketch que vous avez vu était beaucoup plus déshonorant pour Denis Lévesque que pour les noirs.
Trop grossier
Et puis il y a les p’tits vieux qui viennent de réaliser qu’ils peuvent écrire des commentaires sur Internet et qui décident que les nouvelles générations, ces jeunes de 10 à 30 ans comme moi qui veulent voir des choses choquantes, que nous n’y avons pas droit. Ah eux ils y ont eu droit avec RBO, mais maintenant qu’ils sont vieux, vive Star Académie et les retrouvailles de Claire Lamarche. C’est incroyable dans ce vidéo de voir l’animatrice du téléjournal faire une leçon à Jean-François Mercier sur son personnage du gros cave, comme si c’était un nouveau personnage de la semaine.
La qualité
Pour ceux qui se plaignent de la qualité, ne me dites pas que vous n’avez pas ri avec le télé-roman Patrick Roy. Ou lors des imitations de Julie Couillard. Ou lors des interventions de Jean-François Mercier.
Moumounisation de la société
Ce à quoi on assiste, ce n’est pas un Bye Bye qui est plus rof que les dernières années. RBO a fait bien pire avec des chanteuses en les imitant, en les grossissant, en les faisant chanter tout croche. Dans le pipi-caca, ils ont fait bien pire que tout ce qui a pu être fait dans le Bye Bye 2008. J’implore Jean-François Mercier et les producteurs du Bye Bye de cesser de s’excuser. Les gens ont aimé le Bye Bye. Nous sommes la majorité silencieuse et nous devons prendre parole pour l’appuyer et pour que des Bye Bye aussi intéressants continuent d’être diffusés pour les années prochaines. Ce à quoi on assiste, c’est à une moumounisation de la société québécoise; des gens plus vieux, moins tolérants, et qui ont une liberté de parole plus grande. Même si 5000 emails auraient été envoyés à Jean-François Mercier pour l’insulter après le Bye Bye, ça ne fait pas le poids. Nous étions 4 millions à l’écouter et à rire. Avec l’individualisme ambiant, tout le monde peut écrire un commentaire et estimer être choqué : ahhhh vous avez parlé des noirs et je me suis senti offensé en tant que noir. Ahhhh vous avez parlé des chanteuses blondes et je me suis senti offensé en tant que chanteuse blonde. Ahhhh vous avez parlé des politiciens et moi j’aime les politiciens, je suis offensé. Jean-François Mercier dit dans son vidéo qu’il veut les Bye Bye rassembleurs; eh bien se rassembler c’est aussi rire des mêmes choses, et rire de nous-mêmes. Lorsque certains disent ne plus rire, c’est peut-être qu’ils ne veulent pas faire parti du groupe. Depuis quelques années, le Bye Bye était probablement la dernière émission exceptionnelle que l’on avait et après laquelle on pouvait dire que d’être québécois, ça voulait encore dire quelque chose. Ne laissons pas les tenants de l’idiotie globale et homogénéisée nous enlever ce fleuron de notre culture.
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