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Archive pour janvier, 2009

Ce soir, la Ville de Québec sortait tout ce qu’elle avait de tatas et de dépourvus intellectuels question de les faire aérer et du même coup participer à une entreprise publicitaire qui la dépasse et qui a pour but de rentrer dans la tête des gens que la boisson Red Bull, malgré son prix élevé, son goût mauvais, et ses effets inexistants, peut se consommer tous les jours afin de vous « énergiser ». Comme quoi dans cette région du Québec ce ne sont pas les tatas qui manquent, on en attendait environs 100,000 qui, semble-t-il, se portent jovialement volontaires année après année pour donner vie à cette célébration publique de la médiocrité et de l’imbécilité. Une célébration de la médiocrité parce que pour les besoins publicitaires d’une compagnie, on invente un sport dans lequel on ne peut pas vraiment exceller. Red Bull ne voudrait pas être associé avec un sport d’élite ou d’excellence, pour lequel on peut s’entraîner pendant 15 ans avant d’atteindre les plus hauts niveaux. Il semble qu’une gang de jeunes joueurs de hockey de niveau garage qu’on équipe de casques et de patins et qu’on pitch en bas d’une côte, ça fait l’affaire côté publicité, et même que c’est mieux. Ça nous donne l’impression que c’est un sport du peuple. Que n’importe qui pourrait y arriver. Un peu comme le poker télévisé. Lorsque la caméra montre l’assistance, on voit en grande majorité une génération de 14 à 30 ans prête à crier devant la caméra lorsque le caméraman leur demande de crier devant la caméra, prête à lever les bras hystériquement lorsqu’on leur demande de le faire. Sont-ils un minimum conscients que l’image qu’ils fabriquent ce faisant sera utilisée dans le but de vendre l’idée que Red Bull est une boisson jeune et cool ? Ou est-ce que la publicité est tellement omniprésente que ça ne dérange plus les gens non seulement de la voir mais d’y participer activement ? Gros mal aise quand on voit le ministre de la capitale nationale Sam Hamad et le maire de Québec Régis Labeaume en entrevue avec les interviewers et caméramans achetés ou loués par Red Bull. Il ne restait plus qu’à leur foutre une canette de Red Bull ouverte dans la main et le portrait aurait été complet. Le gouvernement du Québec appuie Red Bull : Red Bull donne des ailes. Comment des politiciens peuvent-ils participer ainsi à une info-pub d’une boisson énergisante ? D’ailleurs la relation entre TVA et Red Bull reste à clarifier. Est-ce que cette émission était considérée comme une info-pub ? Est-ce que c’est Red Bull qui contrôlait le contenu ou est-ce que c’était TVA ? Est-ce que Red Bull payait TVA et se chargeait de tout organiser au niveau technique comme le font les producteurs d’info-pubs du H2O Vac ou est-ce qu’il s’agit d’une couverture médiatique de type journalistique ?

De l’autre côté, on apprenait il y a deux semaines dans une émission des Francs-Tireurs l’existence d’un phénomène qui ne peut se maintenir que dans une ville à forte concentration de tatas. Ce phénomène est incarné par Marto Napoli, un genre de sous-Jeff Fillion des pauvres. Le but de cet homme ? Catapulter des patates dans l’anus de gens provenant de son public, rentrer des cactus dans leur cul, ou porter des ballounes pliées en formes de testicules au niveau de la ceinture. Et après une fille aux gros totons arrive et la foule l’applaudit. Pour comprendre le phénomène, ses fans sont interrogés. Certains réussissent à articuler des phrases assez complètes pour qu’elles puissent être citées ici :

Tsé Marto c’qui fait c’est, c’est en d’sour des lignes. C’est pas, c’est pas, faut pas croére ça là. C’est n’importe quoi

D’autres font preuve d’une étonnante lucidité :

Il faut être déficient. Un minimum, un minimum. Faut être déficient.

Encore une fois, la ville de Québec réussit à se démarquer non pas en créant quelque chose d’intelligent, mais au contraire, en réduisant à des niveaux encore inexplorés la connerie anale, l’imbécilité, la médiocrité, et l’absence totale de quoi que ce soit qui pourrait être assimilé ou s’adresser à un Q.I. de plus de 70. Il est impératif que les gens intelligents de Québec se mobilisent et fassent en sorte que la merde qui en sort ne s’impose pas comme seule représentante de leur ville. Je suis convaincu que vous existez, sortez de l’ombre, gens au Q.I. moyen et élevé !

Quand on voit ces deux phénomènes, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec tout ce qui a été observé dans la région de Québec ces dernières années. Que ce soit la multiplicité des radios vidanges qui donnent la parole aux pires incultes en ville, Jeff Fillion, les hommes blancs en colère, le mystère Québec. Au moment où on voit un gars avec un chapeau de cowboy se faire catapulter une patate dans le cul, on comprend plus facilement comment cette région du Québec est encore la dernière à voter pour un parti de droite formé essentiellement de gérants de clubs vidéos et de stations-services. Je voudrais conclure ce billet avec un message d’espoir pour le pourcentage de gens intelligents de la ville de Québec, mais comme quoi l’imbécilité s’adresse aux imbéciles, je laisse pour témoignage deux suiveux de Marto Napoli qui nous disent dans le reportage :

Bin Marto j’aime ça parce que c’est euh, ça nous rejoint là. On a pas à se casser la tête on comprend c’qui dit pis euh, c’est juste, bin y dit rien là. C’est ça là ça nous rejoint là.

Bin non c’est aucunement vulgaire c’est la pensée des jeunes d’aujourd’hui j’pense là. Bin j’sais pas comment expliquer ça là.

T’inquiète, moi aussi je me l’explique mal.

le TViste

Sommes-nous (Télé-Québec)

Mercredi, 14 janvier, 2009
publié par le TViste 11:20

Une bonne émission a commencé la semaine passée à Télé-Québec, dommage que nous n’ayons pas pu en parler avant que la poussière soulevée par les fanatiques anti-Bye Bye retombe. Il s’agit de Sommes-nous, une série documentaire présentée par Patrick Masbourian. On entend souvent tout pleins de chiffres sur les québécois qui disent qu’ils sont ci, qu’ils sont ça, cette émission se propose pour analyser en profondeur 10 aspects de la vie québécoise en une série de 10 émissions. Patrick Masbourian a toujours été associé, pour moi, à des produits de qualité, et ça se poursuit pour Sommes-nous. Aujourd’hui, le reportage portait sur la religion. Le montage est très dynamique et ça choque de voir les fanatiques religieux de la nouvelle tendance évangéliste. À voir.

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Aujourd’hui avec l’Internet, la liberté d’expression, la facilité du commentaire, et les projets collectifs comme Wikipédia, n’importe quel tata a l’impression qu’il peut faire un Richard Martineau de lui-même et commenter et même suggérer quoi faire aux auteurs de n’importe quelle émission. Résultat on se retrouve avec une multitude de commentaires, et parfois ce ne sont pas les plus pertinents qui sont mis de l’avant. Finalement à écouter tout ce beau monde sélectivement, on pourrait en venir à la conclusion que les télétubbies sont trop hardcore et que le midi avec André Arthur a trop de classe. À trop les écouter, on obtient ce qu’on a vu cette semaine avec le déferlement médiatique anti-bye bye 2008.

Moi j’étais tout innocent. J’avais écouté le Bye Bye 2008 avec ma famille; des gens variés. Des jeunes, des vieux, des athées, des catholiques (dont une soeur religieuse), des straights, des moins straight. On s’était tous biddonés, et j’avais personnellement été étonné que l’esprit des Bye Bye du bon vieux temps et des émissions RBO plus récentes ait été conservé, renouvellé, et même amélioré. Un vrai bon Bye Bye, bien acide, bien agressif; comme ça a toujours été, depuis des dizaines d’année maintenant. Rien à dire. Mais je vivais dans un monde parrallèle, simplement parce que les 15 jours de vacances que j’ai pour le temps des fêtes sont les 15 seuls pendant lesquels je ne lis pas les journaux et je n’écoute pas les nouvelles télévisées !! Quelle surprise quand j’ouvre le journal Métro ce matin pour lire qu’il y a une controverse et que le Bye Bye 2008 est attaqué de partout. Bon avec les phénomènes d’entraînement qui existent dans les médias québécois, quand ça part, ça n’arrête plus et ça vient dans tous les sens. Alors il va falloir diviser les critiques en quelques sections.

Goût amer

Bon d’abord il y a Hugo Dumas (qui ?) dans La Presse qui se plaint qu’il y avait trop de maladresses et que les blagues sur Nathalie Simard ‘ont rapidement suri’. Il ose même référer au bon vieux temps de RBO, qui eux savaient bien faire des blagues que l’on voulait revoir et revoir encore. D’abord, voici un extrait de RBO, vous verrez qu’ils en ont fait eux aussi des blagues pipi-caca :

Deuxièment, les blagues sur Nathalie Simard étaient parmis les plus pertinentes. Qui n’a pas eu un moment l’impression qu’elle se moquait des gens avec ses histoires d’amours et ses ‘retours à la vie normale’ (4 fois) qu’elle vendait aux revues à potin de façon régulière ? Idéaliser RBO par rapport au Bye Bye 2008, c’est un réflexe de vieux :  ahhh dans mon temps les tempêtes de neige étaient plus grosses. Soyons clair : J’adore RBO. Mais en tant que grand fan de RBO, je sais que lorsque l’on fait ce type d’humour, on s’expose forcément à des critiques et on s’expose à ce que certains sketchs soient jugés de mauvais goût. Je préfère ça qu’un Bye Bye complètement vide de contenu critique, et l’équipe du Bye Bye 2008 a osé prendre la direction audacieuse.

Le racisme

Avec l’immigration vient éventuellement la formation de groupes de la société qui se sentent opprimés et qui partent des associations qui ont pour but de justifier leur propre existence en voyant du racisme un peu partout et en contestant ce racisme imaginaire. Sofia Flores, qui a écrit un commentaire dans le métro, fait partie de cette tendance. Voici ce que cette intellectuelle du courrier des lecteurs de journaux gratuit avait à nous faire part :

C’est avec beaucoup d’anticipation que j’ai commencé à regarder le Bye Bye 2008. Petit à petit, mon enthousiasme s’est transformé en dégoût devant les blagues de très mauvais goût et le sketch hyper raciste de Denis Lévesque avec Barack Obama.

C’était extrêmement péjoratif et offensant à l’endroit des Noirs. Le monde entier a applaudi les Américains pour s’être unis afin d’élire Obama, une source d’inspiration pour tout le monde et maintenant la télé québécoise se permet d’encourager un sketch raciste à la veille de 2009.

Bon ça y est, dès qu’on ne se réjouit pas en déchirant nos chemises de l’élection d’un membre de votre race à la présidence des États-Unis, on est ‘hyper raciste’. Soit on se plie aux délires des obamaniaques et on célèbre gaiement avec eux en criant hystériquement que le changement est arrivé avant même qu’il ne soit arrivé, soit on est du mauvais bord et on est bon pour être fusillés. En passant le sketch en tant que tel ne contenait aucun propos offensant, c’était un sketch plutôt banal qui portait sur l’incapacité de Denis Lévesque à poser des questions correctement à ses invités, mais je ne m’attends pas, Mme Flores, à ce que vous en connaissiez assez sur la culture québécoise pour comprendre cette référence au Québec oh combien profond représenté ici par Denis Lévesque reçoit à 22h45 sur TVA. Connaissez-vous l’hyper-racisme Mme Flores ? Connaissez-vous même le racisme ? Vous déshonorez les ancêtres des noirs en qualifiant ce sketch d’hyper-raciste, car eux ils savent ce que c’est que l’hyper-racisme et croyez-moi, ça n’a rien à voir avec ce sketch. Eux ils savent ce que c’est que la vraie discrimination. Le sketch que vous avez vu était beaucoup plus déshonorant pour Denis Lévesque que pour les noirs.

Trop grossier

Et puis il y a les p’tits vieux qui viennent de réaliser qu’ils peuvent écrire des commentaires sur Internet et qui décident que les nouvelles générations, ces jeunes de 10 à 30 ans comme moi qui veulent voir des choses choquantes, que nous n’y avons pas droit. Ah eux ils y ont eu droit avec RBO, mais maintenant qu’ils sont vieux, vive Star Académie et les retrouvailles de Claire Lamarche. C’est incroyable dans ce vidéo de voir l’animatrice du téléjournal faire une leçon à Jean-François Mercier sur son personnage du gros cave, comme si c’était un nouveau personnage de la semaine.

La qualité

Pour ceux qui se plaignent de la qualité, ne me dites pas que vous n’avez pas ri avec le télé-roman Patrick Roy. Ou lors des imitations de Julie Couillard. Ou lors des interventions de Jean-François Mercier.

Moumounisation de la société

Ce à quoi on assiste, ce n’est pas un Bye Bye qui est plus rof que les dernières années. RBO a fait bien pire avec des chanteuses en les imitant, en les grossissant, en les faisant chanter tout croche. Dans le pipi-caca, ils ont fait bien pire que tout ce qui a pu être fait dans le Bye Bye 2008. J’implore Jean-François Mercier et les producteurs du Bye Bye de cesser de s’excuser. Les gens ont aimé le Bye Bye. Nous sommes la majorité silencieuse et nous devons prendre parole pour l’appuyer et pour que des Bye Bye aussi intéressants continuent d’être diffusés pour les années prochaines. Ce à quoi on assiste, c’est à une moumounisation de la société québécoise; des gens plus vieux, moins tolérants, et qui ont une liberté de parole plus grande. Même si 5000 emails auraient été envoyés à Jean-François Mercier pour l’insulter après le Bye Bye, ça ne fait pas le poids. Nous étions 4 millions à l’écouter et à rire. Avec l’individualisme ambiant, tout le monde peut écrire un commentaire et estimer être choqué : ahhhh vous avez parlé des noirs et je me suis senti offensé en tant que noir. Ahhhh vous avez parlé des chanteuses blondes et je me suis senti offensé en tant que chanteuse blonde. Ahhhh vous avez parlé des politiciens et moi j’aime les politiciens, je suis offensé. Jean-François Mercier dit dans son vidéo qu’il veut les Bye Bye rassembleurs; eh bien se rassembler c’est aussi rire des mêmes choses, et rire de nous-mêmes. Lorsque certains disent ne plus rire, c’est peut-être qu’ils ne veulent pas faire parti du groupe. Depuis quelques années, le Bye Bye était probablement la dernière émission exceptionnelle que l’on avait et après laquelle on pouvait dire que d’être québécois, ça voulait encore dire quelque chose. Ne laissons pas les tenants de l’idiotie globale et homogénéisée nous enlever ce fleuron de notre culture.

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