Archive pour septembre, 2008
Le non-respect des horaires de diffusion par RDS et RDI.
Ce soir, RDS a décidé de ne pas respecter ses engagements envers ses clients en ne diffusant pas le match préparatoire des Canadiens de Montréal contre les Red Wings de Détroit. Il était annoncé sur le site officiel des Canadiens (canadiens.com), ainsi que sur les horaires de Illico et autres télédiffuseurs que le match allait être diffusé, mais nous avons droit à la place à un match de golf des archives. Le golf est-il devenu le sport national des québécois et je n’ai pas été mis au courant ? Pourtant les caméras sont bien fonctionnelles au Centre Bell, puisque le match a été diffusé sur TSN ainsi que par morceau sur RIS. On comprend alors que la manoeuvre est essentiellement une tactique de marketing pour mousser les inscriptions à RIS, en profitant du début de saison, un moment idéal pour faire sentir aux Québécois qu’ils ont besoin de 2 canaux de sports plutôt qu’un. De plus, on ne retrouve même pas d’excuses en première page de rds.ca, même pas de message à savoir pourquoi le match n’est pas diffusé. Tout ce que l’on peut trouver ce sont les blogs des fans en bas de page, fans qui sont tous frustrés de ne pas pouvoir écouter le match tel que promis.
RDI nous a fait le coup toute la semaine dernière en laissant sur leur horaire de diffusion Le Club des Ex en soirée, qui était finalement remplacé soir après soir par des entrevues ridicules sur les crises de la listériose et de l’économie.
Il est temps que les diffuseurs prennent leur responsabilitées et respectent leurs engagements. Quand je vais chez Future Shop, que j’achète un Core 2 Duo 2 gigs de ram, et que j’arrive chez nous pour découvrir qu’on m’a refilé un Pentium 2, je peux toujours retourner au magasin et contester. Mais quand l’oligopole télévisuel québécois décide de mousser leurs nouvelles chaînes au détriment de leur chaîne principale, à qui dois-je me plaindre ?
le TViste
Loft Story : aimer et hair
Je ne sais pas trop si je vais écouter Loft Story cette année. J’ai été très fan de certaines années, entre autre l’année passée dans laquelle Sébastien avait mis beaucoup de piquant. J’hais Loft Story pour toutes sortes de raison, et je l’aime pour d’autres raisons. Premièrement, écouter Loft Story, c’est 30 minutes chaque soir, une perte de temps énorme. Deuxièmement, il y a ce côté fake et superficiel qui continue de me déranger. Je regardais ce soir le gala d’ouverture, on demandait aux filles d’émettre des commentaires sur les gars : les filles répondaient généralement 1 phrase probablement toute préparée d’avance et l’animatrice enchaînait tout de suite après sur le prochain vidéo. C’est léché, c’est serré, c’est coupé. Pourtant l’expérience d’enfermer des humains et de les observer avec des caméras pourrait avoir une certaine valeur, si on n’emballait pas le tout dans la superficialité, et souvent le ridicule. Au moins l’année passée, on avait Sébastien qui était là pour observer cette stupidité et la critiquer, un peu comme le Doc Mailloux le faisait dans les premières années. Quand je vois que Sébastien aura son blogue sur tqs.ca, je me demande quelle genre de latitude cette organisation lui laissera pour parler vraiment librement de ses idées… Ça reste à voir. Loft Story a une historique de congédiement lorsque ses laquets ne lui sont plus fidèles : ils ont sorti le Doc Mailloux pour ses commentaires, ainsi que Philippe Fehmiu, pour son ultimatum qu’il avait donné à la production afin qu’ils sortent le Doc Mailloux de l’émission. C’est un peu ce qui me dérange avec cette émission, il y aurait un grand potentiel, mais tout ce que l’on veut c’est une histoire qui va en ligne droite exactement là où ils veulent qu’elle aille : quelques petites chicanes, un peu d’amour, un peu de sexe. À vouloir tant contrôler le déroulement de la chose, on se demande quelle est la valeur ajoutée réelle d’avoir une émission de télé-réalité. Si on est pour éliminer tout ce qui dépasse, pourquoi ne pas scénariser le tout ?
Reste que les descriptions des lofteurs sont à faire peur s’ils sont moindrement représentatifs de la population québécoise. Année après année, c’est toujours impressionant de voir les artistes de pacotilles, les monsieurs-muscles, les comptables-bullshiteurs, les barmaids, les accrocs du kodak et les princesses se présenter au freak show de l’année. Au fond c’est peut-être ce que j’aime le plus de Loft Story.
Pour être président américain, il faut les connaissances d’un spécialiste en stratégie militaire.
Un petit mot sur le débat télévisé des candidats à la présidence américains en attendant le nôtre, c’est incroyable: ils ont passé la moitié du débat à parler des pays qu’ils n’attaqueraient pas, des pays qu’ils attaqueraient, des comportements qu’ils allaient adopter avec les différents chefs des nations. Je ne vois pas la question militaire occuper plus de 10% du débat ici au Canada, et on se limite généralement à : Nous allons augmenter les budgets militaire, ou Nous allons diminuer les budgets militaires. Aux États-Unis, le président doit non seulement parler du budget, il doit avoir des connaissances très poussées au niveau de la stratégie militaire. Incroyable! Qu’on ne se surprenne pas que ce pays soit toujours en guerre!
le TViste
Slacker Uprising de Michael Moore, l’avenir de la distribution film/télé
C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité: Michael Moore vient de publier un long métrage complètement gratuit que l’on peut télécharger directement par le fureteur Internet que nous utilisons. Je crois qu’il s’agit de l’avenir de la distribution pour les films et la télévision, bien que le Canada étant très en retard technologiquement, j’imagine qu’il ne s’agira pas du moyen principal de distribution avant une bonne dizaine d’années, minimum. Au fond quand on y pense, un stream P2P, ça ne coûte rien en terme de distribution. Il y aura sûrement éventuellement quelques hommes d’affaires intelligents, des producteurs, qui verront que la part du profit prise par le distributeur, la chaîne télévisée, est beaucoup trop grande, et qu’il est plus viable économiquement de diffuser indépendamment les épisodes sur l’Internet. C’est d’ailleurs ce que rapportait un producteur de télévision australien dans ce vidéo très intéressant. Il est rapporté dans ce vidéo qu’en Australie, le prix d’une seule annonce télévisée de 30 secondes serait suffisant pour payer tous les coûts de production, le reste étant perdu entre autres à la chaîne de télévision. Ne serait-il pas tentant pour un producteur d’une émission de se trouver lui-même 1 ou 2 commanditaires, et bénéficier lui-même des profits générés par les publicités ? N’y aurait-il pas une compagnie intéressée à être le commanditaire spécial et unique d’un Tout le monde en parle, d’un Lost ou d’autres émissions ? J’en suis convaincu, puisque l’économie a tendance à se débarrasser des parties inutiles, et les chaînes télévisées en sont devenus.
Ceci étant dit pour ce qui est du film de Michael Moore, il est tout à fait ridicule, mais il a un certain intérêt en ce qu’il nous montre un pays désolant au niveau politique. Je me disais tout le long, que si l’on avait le dixième de l’engagement politique des américains, nous serions dans une situation décrite comme une révolution. Cependant les américains perdent toute cette énergie merveilleuse à tirer de leur côté de la couverte à savoir si ce sera un républicain ou un démocrate qui dirigera le pays. Très peu de différence si vous voulez mon avis.
le TViste
Le Sedna IV, Jean Lemire et sa mission antarctique – overdose de côté humain.
J’ai éclaté de rire à l’annonce de la nouvelle émission de Jean Lemire et de sa Mission Antarctique (RDI), alors que la voix de l’annonce disait sans rire : Mission antarctique – l’aventure humaine. Ah d’accord, ce avec quoi on nous bourre depuis 2 ans avec les reportages RDI, les émissions spéciales, et les diffusions par le Web, ça ce n’était pas l’aventure humaine ?
RBO, dans leur Bye Bye 2007, résumaient très bien la situation de cette émission en présentant un Jean Lemire parodié qui se brossait les cheveux devant un miroir pendant qu’on l’interviewait.
S’il y a un sujet qui a été surmédiatisé par rapport à son importance réelle ces dernières années au Québec, ce sont bien les états d’âme de l’équipage de cette expédition, dont on ne sait trop s’il s’agit d’une campagne de relations publiques, d’un simple tournage d’émission, ou d’une expédition scientifique réelle. J’en prends pour témoignage les réponses de l’équipage, qui eux-mêmes interrogés à propos de l’objectif de leur voyage, vous répondent des trucs du genre : ‘Je crois que l’homme et la nature ont été séparés, et qu’il est maintenant temps qu’ils se retrouvent’. Pire encore, j’ai même entendu dans l’émission : ‘On ne sait pas trop où on s’en va’. Un scientifique vous aurait dit : Nous allons mesurer le taux de CO2 dans les différentes couches stratosphériques afin de déterminer la variabilité des concentrations de ce gaz en rapport avec la latitude terrestre et le rapprochement des pôles. Devant ce constat, je me retrouve devant l’obligation de reconsidérer le statut d’expédition scientifique de cette (é)mission au statut de campagne de sensibilisation ou campagne de relations publiques.
C’est écrit clairement sur le site web de l’expédition :
Novembre 2006, le Sedna IV est de retour, mais le voyage continue, ici, dans chacune de nos maisons et dans chacune de nos écoles. Une belle aventure vouée à l’environnement, dans laquelle les «marins virtuels» continuent d’embarquer avec passion. Ils ont bien compris que…
La mission c’est nous tous!
En gros, mes amis, vous avez été dupés. L’objectif de la mission n’était pas vraiment d’aller récolter des données scientifiques en antarctique, c’était plutôt de se donner un standing, question de justifier les visites dans des écoles pour sensibiliser les jeunes au réchauffement de la planète. Qu’on veule sensibiliser les jeunes, c’est correct. Mais ce que fait Mission antarctique, c’est de la démagogie, et à terme je crois que c’est mauvais pour la jeunesse. En mettant le focus constamment sur les états d’âme de l’équipage et sur la beauté des paysages, pour ensuite passer un message insidieux sur le réchauffement climatique, on enseigne aux jeunes à ne pas se poser de questions sérieuses, à se laisser se faire dire que le réchauffement climatique, c’est mal, mais sans expliquer pourquoi. Finalement, on élève une belle grosse génération de mous qui vont mettre leurs bouteilles de jus au recyclage, pas parce que la pollution menace la diversité biologique et la survie de l’espèce humaine, mais parce qu’un émerveillé a dit à la télévision que c’était pas bon de polluer.
Ce qui a fait le succès de la science, de toutes les époques, c’est la capacité des scientifiques à conserver une certaine objectivité. Je ne dis pas qu’un scientifique ne peut pas prendre position. Par contre il est tenu à une certaine réserve, un peu comme un juge ne peut pas, avant le procès, dire : Hey avez-vous vu l’accusé, méchant pouilleux! Pourquoi ne laisse-t-on pas les juges dire de telles choses ? Parce que leurs conclusions pourront toujours être remises en doute. On pourra toujours dire : ahhhh il avait des préjugés, c’est pour cela qu’il a rendu un verdict de culpabilité. C’est un peu la même chose avec les scientifiques : bien sûr que pour la plupart des gens, le réchauffement climatique n’est plus quelque chose qui est sujet au doute. Et c’est parfait comme ça. Mais pour la part réticente de la population, pour les Georges W. Bush et les Stephen Harper de ce monde, le scientifique doit garder toute sa crédibilité afin que ses conclusions soient béton, et qu’on ne puisse l’accuser d’avoir des conclusions pré-fabriquées. Entre autres, il ne doit pas s’afficher en public en mélangeant ses émotions personnelles, son amour personnel pour la nature, son émerveillement devant les glaciers et ses résultats scientifiques sur le réchauffement climatique qui menace ces mêmes paysages.
L’expérience mission antarctique, en ce qui me concerne, m’aura appris que science et télé-réalité ne font pas toujours bon ménage. Je ne veux pas dire que la télévision ne peut pas être utilisée pour vulgariser la science. Par contre j’ai des réserves à ce qu’une télé-réalité filme des scientifiques en pleine action. C’est à la fois la qualité de la science et la qualité de l’émission qui sont compromises.
le TViste
Des artistes québécois publient un mini-épisode sur les coupures dans l’art des conservateurs.
Film très bien monté et scénarisé, il n’y a donc pas seulement des acteurs et des caméramans dans le coup, il y a toute une équipe
Le cirque médiatique se poursuit.
La bande de clowns qui écrivent les articles chez La Presse continuent dans la même lancée que celle dénoncée dans mon dernier billet, en ne se gênant pas pour fouiller le fin fond du Québec et trouver une coupe d’anciens députés bloquistes qui pourraient nous donner une quote dans laquelle ils s’opposent à leur ancien parti. C’est très intéressant de voir l’auteur de l’article de Cyberpresse.ca aller fouiller chez les supporters des conservateurs des anciens bloquistes, juste au cas où il trouverait une coupe de citations pour compléter son torchon. C’est ainsi que ça fonctionne chez RDI et Gesca, si vous voulez chialer contre le Bloc Québécois, on vous envois un journaliste à la maison et ils notera chacun de vos mots, le fait que vous ayez été candidat de l’alliance canadienne après avoir été député du Bloc, on s’en fout, dans l’article, on vous présentera comme un ex-député du Bloc en colère, et qui remet en question l’existence de son ancien parti. Toutes les excuses sont bonnes pour remettre en question l’existence du parti qui a amassé le plus grand nombre de votes au Québec depuis sa création. Voyons voir si ils étudieront aussi en profondeur l’avis des 11 ex-députés du Bloc publié dans Le Devoir qui eux croient que le Bloc a plus de pertinence que jamais. Les appelleront-ils pour connaître leur avis ? L’article sera-t-il en première page de Cyberpresse.ca pendant 1 journée ?
RDI et l’abus des analystes politiques
Il fut une époque où le commentaire politique était réservé aux colonnes des journaux. Depuis plusieurs années, des canaux de nouvelles en continue tels que RDI et LCN sont apparus, ce qui a créé une augmentation de la demande pour des analyses ‘plus profondes’ de l’actualité; on ne répètera pas pendant 24 heures le même bulletin de nouvelle d’une heure. C’est ce vide à remplir qui est responsable pour l’agglutinement des commenteux de nouvelles et analystes politiques, ces journalistes professionnels spécialisés dans la dilution de la sauce politique, dans l’étirement de celle-ci jusqu’au point où elle ne goûte plus rien. De leur propre confession, leurs divagations ne s’adressent pas à tout le monde : on les a déjà entendu dire que tel ou tel évènement était très intéressant pour les journalistes du monde politique, mais qu’il aurait très peu d’impact sur le vote. Eh bien messieurs, et mesdames, si ce n’est pas intéressant, pourquoi en parlez-vous pendant 15 minutes ? La réponse est simple : il faut remplir l’émission, on ne peut pas faire une émission raccourcie parce que l’on a rien d’intéressant à dire. S’en résulte un endettement intellectuel, défini par Dany Laferrière comme ce qui arrive lorsque l’on parle ou écrit trop avec une intelligence limitée.
L’analyste politique se doit d’être objectif, ce qui a pour conséquence qu’il ne prendra pas position sur les sujets de fond. Afin de rester dans sa zone de confort, il aura le réflèxe de se contenter d’une analyse superficielle de la ’stratégie’ politique. L’exception à cette règle est Le club des Ex (RDI), un très bon exemple de ce que devrait être l’analyse politique : une analyse par des gens qui sont prêts à prendre position sur les enjeux de fond, avec un commentaire et une analyse de la stratégie politique qui deviennent alors secondaires. En nous mettant des analystes politiques qui sont tenus à l’objectivité et à la non-partisanerie, c’est un peu comme si on nous mettait une bonne soeur catholique pour animer une émission de sexologie, ça marche pas. Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que ne pouvant pas commenter les enjeux de fonds, ils sont réduits à faire une analyse stratégique, un peu comme si la politique était un jeu de hockey, et que les commentateurs nous expliquent le jeu en faisant des dessins de flèches rouges et bleus sur l’écran. Nous sommes en droits de nous inquiéter que l’exercice démocratique qui déterminera le prochain gestionnaire des milliards de dollars collectés par nos impôts soit considéré par les têtes d’affiches des canaux d’information comme une game de hockey.
On parle souvent du cynisme de la population envers la politique. Pas surprenant que les gens soient devenus cyniques alors que leurs premières sources d’informations pour les nouvelles politiques s’appliquent à nous convaincre à grands coups de Chantal Hébert et de Michel C. Auger que l’important en politique, c’est l’image, c’est la petite chicane, c’est l’erreur de campagne, c’est d’avoir des belles journées parfaites sans anicroches, c’est de tenir les membres de son parti en lesse, c’est la planification de l’apparence. Ces experts de l’image, on peut les écouter pendant des heures, et on n’a toujours rien appris d’autre que les chimères qu’ils auront décidés de s’inventer dans leurs propres esprits désaxés. Ils nous disent que la population comprend mal le plan vert de Stéphane Dion, mais dans leurs longues heures d’apparition télévisée n’ont jamais pris le temps d’en parler ne serait-ce qu’une minute. Si il y a quelque chose que vos auditeurs ne comprennent pas, pourquoi ne pas leur expliquer ? Sommes-nous si stupides ? Je ne demande pas une lecture partisane du texte, mais n’est-ce pas possible d’aller un peu plus en profondeur que de dire : ah les gens ne l’ont pas compris en une clip de 10 secondes, alors ils ne comprendront jamais.
Ils ont fait le même coup de l’analyse de l’image au Bloc Québécois mercredi dernier alors que Jacques Brassard, un chroniqueur de droite, écrivait un torchon dans lequel il remettait en cause l’existence du Bloc Québécois. Jusqu’ici, it’s business as usual, il n’y a pas d’élection pendant laquelle on n’ait pas remis en question l’existence du Bloc Québécois, un parti qui a pourtant rallié des majorités importantes au Québec depuis sa naissance. De plus, l’attaque venant d’un vieux chroniqueur de droite, on a de la difficulté à s’en surprendre. Jacques Brassard fait partie de cette génération qui ont vu la révolution tranquille, qui y ont participé, dans son cas qui se sont fait élire sous les gouvernements du Parti Québécois de 1976 à 1998, et qui tout à coup, bogue de l’an 2000 ou autres explications, tel un vin mal conservé, tournent au vinaigre et alors qu’ils approchent la retraite deviennent pro-droite, admirateurs des américains, anti-kyoto, contre l’intervention de l’état. En bref, ils se seront battus pour l’égalité tant que c’était à leur avantage, et appuient maintenant le chacun pour soi alors qu’ils sont riches. Fermeture de la paranthèse, vous comprenez qu’il n’y a dans cette nouvelle aucune nouvelle : un gars de la droite qui chiale contre le Bloc et qui remet en question son existence. Mais nos analystes politiques désaxés n’aiment pas le vide, ils veulent construire, ils veulent des belles structures d’idées, peu importe si c’est bâti sur un sable mou.
On en arrive donc, par un exercice mental douteux, à ce grand titre : Gilles Duceppe critiqué de l’intérieur. Soit j’ai manqué quelque chose, soit il nous faut réviser en profondeur la signification des mots intérieur et extérieur. Juste un rappel comme ça, l’intérieur d’un kiwi par exemple, c’est la chair verte. Et l’extérieur, c’est la pelure brune. Et la boîte de patates pilées en flocons, à côté du kiwi, ça, on considère ça comme l’extérieur. Mais je blague, ce n’est pas la définition de l’extérieur et de l’intérieur qui fait défaut chez nos analystes politiques, c’est qu’ils avaient besoin d’une nouvelle. Or, ‘Vieux de la droite continue de chialer’, ce n’est pas une nouvelle. ‘Gilles Duceppe critiqué de l’intérieur’, ça mon ami, c’est un titre.
le TViste
La joute (Télé-Québec) : une formule très vive d’émission de débats.
Depuis quelques années, la télévision québécoise est sous l’assaut des émissions de débats et de commentaires s’inspirant des grands succès comme 110% (TQS) ou Il va y avoir du sport (Télé-Québec). Dans ce contexte il est toujours surprenant de voir que l’on peut encore innover dans le style des émissions à débat. La joute, adaptée d’un concept croate, réussit très bien en ajoutant des règles qui restreignent et gèrent les interventions des débatteurs, ce qui ajoute un petit côté ‘coincé dans le temps’ à l’émission et qui force les débatteurs à être inventifs pour conquérir le public. La possibilité pour le public de voter va dans le même sens en incitant les débatteurs à trouver la petite phrase-clé qui pourra faire pencher la balance.
Ça me fait un peu penser au Débat des grands chefs (RDS), en ce sens que des règlements clairs d’interventions font un débat qui est dynamique, où le temps alloué à chacun des participants est relativement égal. Les règles ont pu paraître compliquées pour les auditeurs et même les participants et l’animateur, mais je crois qu’il ne faut rien y changer.
Bien sûr, Il va y avoir du sport nous manquera, mais c’est très rafraîchissant d’entendre des personnalités nous parler de 4 sujets différents, ça nous change un peu du débat du type : je suis un expert, je suis spécialisé dans les débats sur l’urbanisme, et vous me verrez dans toutes les émissions qui parlent d’urbanisme mais vous ne connaîtrez jamais mon avis sur quoi que ce soit d’autre. La formule de La joute force les participants à se mouiller sur d’autres sujets, ce qui risque de nous ammener vers des idées plus diversifiées que le format Il va y avoir du sport, qui finissait souvent par des idées hyper-stéréotypées comme : ‘le quartier 10-30 est laid’, ‘Il faut arrêter la monoculture’, etc…
Je vous invite à écouter cette excellente émission animée par Stéphan Bureau, vendredi prochain à 20h.
le TViste
Les publicités web et télé des conservateurs : prendre les québécois pour des caves.
Je n’aime pas les libéraux. Je n’aime pas les conservateurs. Je n’aime pas Stephen Harper. Je n’aime pas Stéphane Dion. Et je n’aime pas les publicités. Mais ce que je n’aime pas plus que tout c’est de me faire prendre pour un cave dans une publicité négative du Parti Conservateur sur Stéphane Dion.
Nos chers analystes politiques nous aurons à peu près tout dit sur les publicités négatives du Parti Conservateur : qu’elles sont négatives, que les québécois n’aiment pas les publicités négatives, qu’elles sont rythmées, qu’elles sont agressives, qu’elles montrent le type de stratégie du Parti Conservateur pour le reste de la campagne. Ils auront oublié le principal : elles s’appuient sur des faussetés.
1er mensonge : Stéphane Dion n’a jamais dit qu’il hausserait la TPS. Il était peut-être contre la baisse de TPS à l’époque où elle a été baissée, mais de là à rehausser la TPS à 7% après qu’elle ait été diminuée, c’est complètement ridicule.
2e mensonge : La taxe sur le carbone. Stéphane Dion a parlé d’une taxe neutre, ce qui signifie que ce qu’il prendrait au niveau de l’imposition du carbone, il le remettrait par une autre voie, alors pourquoi prétendre dans cette campagne de publicité que la taxe sur le carbone est une augmentation de vos taxes.
En plus, les conservateurs se permettent d’essayer de ramener le passé centralisateur de Stéphane Dion, et sa non-reconnaissance de la nation québécoise, comme si eux ils étaient les champions de la défense des intérêts québécois à cause d’une soi-disant reconnaissance de la nation québécoise écrite sur un coin de table, et qui n’a jamais mené à quelque gain concret que ce soit pour le Québec.
Je ne continuerai pas d’énumérer les défauts de ces publicités, ça me donne l’impression que je prends la défense de Stéphane Dion, une idée difficile à supporter pour un souverainiste comme moi. Mais je crois que la malhonnêteté des Conservateurs est un sujet qui devrait commencer à vous inquiéter. Que vous vous excitiez à l’idée d’avoir un gouvernement de droite pour enfin vous libérer de ce que les Fillion de ce monde appellent le monopole de la gaugauche québécoise, à la limite, je suis prêt à le supporter. Mais êtes-vous vraiment prêts à avoir un menteur à la tête d’un gouvernement majoritaire canadien ? Voyant ce qu’il est prêt à faire pour obtenir ce poste, incluant le mensonge, la démagogie dont il fait preuve dans ces publicités, êtes-vous vraiment prêt à vous soumettre aux lois et à la gouvernance de cet homme pendant 4 ans ?
Dites-moi ce que vous en pensez.
le TViste
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