Il y aura deux Bye Bye 2009.

Vendredi, 20 novembre, 2009
publié par le TViste 10:42

Il y a 10 jours, je parlais du Bye Bye 2009 qui sera produit par un groupe de producteurs/réalisateurs/artistes. Or une information importante m’avait échappée et Mike Tremblay me l’a apprise: il y aura 2 Bye Bye cette année. Il y a donc le Bye Bye 2009 à byebye2009.com dont j’ai déjà parlé puis il y a le Bye Bye des Super Matozoïdes. L’annonce a été faite en septembre mais je l’avais ratée. Si j’ai bien compris, des membres des deux groupes avaient fait le Bye Bye 2008 du web. En tout cas le projet des Super Matozoïdes semble se tenir, Mike Tremblay m’indique dans son message que Ghyslain Taschereau, les Crapules, Mike Ward et les Chick’N Swells seront impliqués. Avec un ancien Bleu Poudre, ça ne pourra qu’être bon. Et avec Mike Ward pour ramener les gars sur la ligne de l’irrévérence, ça me rassure!

Bonne chance aux deux Bye Bye 2009, la compétition ne peut qu’être bénéfique. Espérons que ça poussera les artistes des deux équipes à leur meilleur.

Si La Presse n’exi… on s’en fout.

Vendredi, 20 novembre, 2009
publié par le TViste 4:37

Je viens de lire un billet très intéressant de Michelle Blanc dans lequel elle révèle un courrier électronique qui lui a été envoyé et qui, semble-t-il, a été envoyé à plusieurs blogueurs québécois. La lettre est brève, ça vient du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse et ça demande aux blogueurs de diffuser ce vidéo intitulé « Si La Presse n’existait pas ». Ainsi l’aristocratie journalistique en période trouble demande au bon peuple de la blogosphère qu’elle snob en temps normal de bien vouloir participer à leur vaine entreprise de publicité virale pro-syndicale. Même moi qui suis biaisé pro-syndical, ça me fait rire. Je suis de gauche et je prendrais la défense d’à peu près n’importe quel groupe de travailleurs en grève – j’appuierais les pingouins du Biodôme pour la semaine de 4 jours, mais les journalistes, de La Presse en plus, non!

Pourquoi ?

En gros, pour leur comportement snobinard envers les blogueurs. Même leurs blogueurs supposément ouverts à la blogosphère comme Patrick Lagacé attaquent les initiatives de journalisme citoyen. En effet on voit la blogosphère tellement basse à La Presse que l’on considère qu’un journaliste qui ose apparaître sur un même plateau télévisé ou studio de radio qu’un blogueur est un traître, c’est Patrick Lagacé lui-même qui le révélait dans cette entrevue avec Christiane Charrette. Oui mes amis de la blogosphère, les journalistes de La Presse nous considèrent plus bas que leurs animaux de compagnie, car au moins à eux acceptent-ils de parler!

Une voix en moins pour la démocratie ?

Désolé de vous décevoir les amis, mais la démocratie ne s’est jamais mieux portée. Probablement plus d’une fois par jour, 1 blogueur québécois démarre un blog et ajoute ainsi une voix de plus à la démocratie. Plus ça va, moins la diversité des voix est un problème. Au contraire, c’est quand les 3 journaux québécois monopolisaient le marché de l’information qu’il nous manquait des voix. Si vous voulez me convaincre que la disparition de La Presse serait une grande perte pour le Québec, dites-moi ce que nous perdrons. Dans le vidéo qu’ils envoient, ils parlent des manchettes sur Vincent Lacroix et sur les compteurs d’eau, ensuite ils parlent des éditorialistes, puis ils terminent par les mots croisés (sérieusement.). D’abord, ce n’est pas La Presse qui a découvert le scandale financier Norbourg, c’est l’autorité des marchés financiers. Tout ce que La Presse a fait c’est de bénéficier de ce scandale en le mettant à la Une plus d’une fois. Les blogueurs auraient pu en parler en masse – autant que les gens sont prêts à en entendre parler. Les éditorialistes ? Si l’on mettait sur un plan les différentes idées qui sont exprimées par l’ensemble des éditorialistes de La Presse versus l’ensemble des blogueurs québécois, on s’apercevrait que les opinions des éditorialistes ne sont qu’un sous-ensemble de la diversité québécoise, et que la blogosphère couvre beaucoup mieux cette diversité. Pour ce qui est des mots croisés, je règlerai la question très rapidement : http://www.mots-croises.ch.

Michelle Blanc conclue par un excellent conseil. « Je dis souvent qu’il faut se monter une communauté avant d’en avoir besoin. » Malheureusement pour les journalistes de La Presse, il est tout simplement trop tard. Il fallait participer à la communauté web plusieurs années à l’avance pour avoir notre support. Les gens de cette communauté ont un sixième sens pour détecter l’opportunisme. Ce qui me fait penser à quelque chose. Les élections québécoises s’en viennent dans environs 3 ans. Ça serait peut-être une bonne idée d’informer les dirigeants des partis politiques québécois qu’ils ont ici un exemple duquel ils pourraient apprendre: on ne crée pas une communauté web en 1 semaine. Si, par exemple, le Parti Québécois veut être prêt pour les élections dans 3 ans, il doit commencer tout de suite à bâtir sa communauté. Est-ce que quelqu’un proche de Pauline Marois pourrait lui faire le message ? Ça serait trop triste, en 2012, de voir un autre échec d’intégration des politiciens québécois au web. Je suis très sérieux, faites-lui le message, ça presse. Dans 1 an il sera déjà trop tard.

Les publicitaires ont l’une des professions les plus détestées par les québécois. Le sondage annuel de Léger Marketing sur les professions montrait en 2007 que seulement 31% des québécois leur faisaient confiance, les seuls niveaux de confiance plus bas étant retrouvés chez les politiciens et les vendeurs d’automobiles usagées. Les publicitaires et divers conseillers en image l’ont mérité; ils ont bien montré à travers les années qu’ils étaient prêts à utiliser le mensonge, les demi-véritées, la culpabilisation, en gros n’importe quoi, pour vous rentrer la marque de leur patron dans la tête. Leur définition de tâche est fondamentalement en conflit irréconciliable avec les intérêts du consommateur: ils sont payés par sa propre argent afin de le convaincre de consommer plus du produit à vendre. Étrangement, depuis quelques années, une nouvelle race de marketeux est apparue et semble ne pas être affectée, pour le moment, par la mauvaise opinion des gens face aux publicitaires. Ils s’octroient eux-mêmes plusieurs titres: spécialistes du web 2.0, gestionnaires de communauté, web-guru, stratèges web, consultants web 2.0, etc… Parce qu’ils se sont approprié l’image du web qu’ils n’ont pas du tout contribué à créer, ces agents infectieux vampiriques se déguisant en « amis » n’ont pas encore été affectés par la vague d’incrédulité qui, dûment, touche les autres publicitaires. Mais à voir leur comportement, ça ne saurait tarder.

La fraude 2.0

L’apparition de ce que l’on appelle le web 2.0 est un des évènements les plus importants dans l’avènement d’un Internet démocratique permettant l’expression et la collaboration des utilisateurs dans des projets personnels ou communautaires. Dans certains cas, les meilleurs exemples du web 2.0 sont réellement à but non-lucratifs. Wikipédia et Wordpress sont de bons exemples. Parfois, des intérêts économiques étaient derrière la création d’outils de communications (les outils Google, Facebook, Twitter, etc…) mais dans tous les cas, la communauté s’est emparée de ces outils et en a fait ce qu’elle voulait, pour les intérêts des individus qui la formaient. La fraude 2.0, c’est de s’approprier le réseau qui a été mis en place à l’origine par des individus sans intentions lucratives en utilisant ses utilisateurs comme des outils de passation du message, comme des vendeurs ni plus ni moins. Il y a une ressemblance certaine entre la publicité dite virale et les méthodes de vente que l’empire Tupperware a utilisé pour envahir les salons américains et québécois: dans les deux cas on utilise une figure familière pour passer le message plutôt qu’un vendeur inconnu. Quoi de mieux pour représenter sa marque que le visage d’un ami. C’est ainsi que des compagnies de boisson, des producteurs de film, des webmestres et autres vendeurs de cochonneries vous utilisent dans le but de passer leur message. Les jeunes, qui devraient être parmi les plus aptes à comprendre qu’ils sont ainsi utilisés, se portent joyeusement volontaires pour passer ces publicités à leurs amis malgré leur conscience du phénomène. Pire encore, les blogueurs, les spécialistes de la technologie, et même les animateurs de télévision concernant les phénomènes web se font porte-paroles des compagnies utilisant ces stratégies, comme lorsque EA Sports a fait circuler un vidéo viral à propos d’un supposé bug dans leur jeu Tiger Woods 2009 qui était finalement une grosse stratégie de marketing viral. On voit dans ce cas particulier que les compagnies conseillées par ces spécialistes du marketing viral n’hésitent pas à tourner les coins ronds, à faire semblant que le vidéo est une réponse spontanée alors qu’elle est une campagne de publicité toute planifiée depuis le début. Les publicités virales demeurent sexy pour le moment parce que c’est nouveau, mais le jour n’est pas loin où on en voudra autant à un publicitaire 2.0 qu’à un publicitaire 1.0 pour nous avoir menti.

Si les marketeux soi-disant spécialistes du web 2.0 veulent continuer d’être respectés par le public, ils devraient reconnaître tout d’abord la valeur de l’Internet sans leur présence. Ce ne sont pas eux qui ont bâti la plupart des outils du webs dits 2.0, et ces outils méritent d’être utilisés avec un respect beaucoup plus grand que celui avec lequel ils l’utilisent. Surtout, à chaque fois qu’ils mentiront ou qu’ils créeront des vidéos faussement spontanées comme celui de EA Sports pour le jeu vidéo Tiger Woods, ils perderont un peu plus de leur crédibilité. Aussi, s’ils veulent être respectés des utilisateurs, l’utilisation de certains termes devrait être laissée de côté; ça me donne envie de vomir quand je lis des titres comme « community manager ». C’est d’un manque de respect infini pour les individus qui forment la dite communauté. Comme si j’avais besoin d’être managé.

L’obsession pour l’aspect technique

Il y a une chose qui manque trop souvent dans les exposés et dans les flux Twitter de ces prophètes auto-proclamés du web, c’est la mention que malgré tous les outils disponibles et toutes les façons de les utiliser, ce n’est pas l’outil qui fait le contenu et à la fin le contenu, c’est tout ce qui compte. C’est le genre de détail qui nous permet de différencier les petits joueurs des gens qui connaissent profondément le web. Une personne comme Michelle Blanc vous parlera des différents outils tels que Twitter mais prendra généralement le temps de spécifier que vous auriez beau avoir trouvé un truc pour augmenter à plusieurs milliers vos « suiveux », ce qui compte ce n’est pas seulement le nombre mais l’intérêt que ces gens ont pour votre contenu. C’est le genre de sagesse dont tous les soi-disant spécialistes en marketing web devraient s’inspirer. Mais plutôt que d’entendre ce genre de réflexions, tout ce que l’on voit défiler sur leurs comptes Twitter sont les derniers outils à la mode, les dernières méthodes pour augmenter votre nombre d’amis, les « 10 meilleurs trucs pour si » et « 10 meilleurs trucs pour ça ». Plutôt que de gazouiller et re-gazouiller les mêmes cochonneries, commencez donc par avoir une vraie idée originale, et une fois que ce sera fait, là ce sera le moment de vous demander quels outils utiliser pour la mettre en oeuvre.

En 1960, une technologie extrêmement révolutionnaire est apparue; ça s’appelait la caméra portable. Ça a permis aux cinéastes de sortir des studios et de filmer la vie des gens au quotidien. On doit à l’invention de cette technologie de grandes oeuvres documentaires ou docu-fictions comme celles de Pierre Perreault et de Michel Brault. Or que serait-il arrivé si ces cinéastes, plutôt que de sortir dehors et filmer la vie des québécois, se seraient filmés eux-mêmes en disant à la caméra: « hey regardez comme c’est merveilleux c’te nouvelle technologie là. Hey on peut faire pleins d’affaires regardez on peut filmer du monde. Hey c’est le fun voici mes 10 meilleurs trucs pour filmer du monde. » ? Ils seraient disparus dans l’oubli. C’est de la responsabilité des jovalistes du web 2.0 d’y participer plutôt que d’en prophétiser seulement l’aspect technique.

Conclusion

En web-consultation, il y a le meilleur comme le pire. Malheureusement comme c’est le cas dans plusieurs domaines, le pire représente la proportion la plus importante et les personnes de qualité sont diluées à travers cette mer de médiocrité. Mon conseil à ces gens de qualité qui comprennent réellement le web et ses communautés: dissociez-vous des mauvaises utilisations de la publicité virale, des prophètes auto-proclamés et des amateurs qui pensent qu’en s’ouvrant un compte Twitter ils deviennent soudainement des spécialistes. Sinon tôt ou tard, vous rejoindrez les autres publicitaires dans le sondage Léger Marketing parmi les professions en lesquelles les québécois ont le moins confiance.

Les gens de droite sont convaincus que le Québec est sous le joug de socialistes qui veulent contrôler chacun des aspects de leur vie. Un de leurs arguments pour démontrer que l’état du Québec veut contrôler nos vies: les publicités télévisées que le gouvernement commande. Jeff Plante se plaignait récemment dans un vidéo des publicités qui nous encourageaient à aider les vieilles personnes à traverser la rue. Ian Sénéchal, dans un billet récent, fait une liste des publicités commandées par le gouvernement ces dernières années (même une de 1984). Le ciel est bleu félicite l’article qui dénonce le méchant état québécois qui investit notre argent dans des publicités qui ne fonctionnent pas et dont le but n’est pas toujours clair. Ian Sénéchal, suite à une approximation grossière, en vient à la conclusion que chaque québécois se prive d’un café par année pour pouvoir payer ses publicités et nous exprime à quel point il aurait préféré boire un bon café chaud. Hmmmmm…

Détruisons quelques mythes tirés directement de l’article.

« Ne soyons pas dupe, ces publicités ne fonctionnent pas ou du moins, ne valent pas leur investissement. »

Il y a quand même quelque chose de contradictoire dans cet argument, d’abord les droitistes nous disent qu’ils ne veulent pas être contrôlés par des publicités, d’un autre côté ils nous disent que la publicité ne contrôle personne. Or c’est faux. Un des meilleurs exemples est la lutte contre le tabagisme. Celle-ci consiste en des campagnes publicitaires et d’information à long terme combinée aux différentes lois sur le tabac, incluant celles qui obligent les compagnies à l’impression de messages sur les paquets de cigarette. En 1995, on évaluait à 38% le nombre de fumeurs. Ce nombre a chuté à 25% en 2005 puis entre 20 et 22 % en 2006. La réduction du nombre de fumeur d’environs 17% seulement depuis 1995 est essentiellement attribuable aux campagnes d’information; il n’y a pas de nouvelles données scientifiques depuis 1995 qui indiquent des choses surprenantes sur le tabac. En 1995, les effets cancérigènes du tabac étaient déjà connus. Qu’est-ce que ça peut représenter 17% de fumeurs convertis en non-fumeurs pour le Québec ? Ne serait-ce qu’en se limitant à la question monétaire, c’est des milliards de dollars de sauvé. C’est d’abord des travailleurs plus en forme, plus efficaces, qui coûtent moins cher en frais de santé, et qui plutôt que de mourir à 40-50 ans d’un cancer du poumon peuvent travailler encore pendant 10 à 20 ans. Ne vous inquiétez donc pas, monsieur Sénéchal, votre café n’aura jamais été aussi bien investi. Et je n’ai qu’abordé la question de l’argent; on pourrait parler de bonheur, de famille, de l’entourage.

« Parfois, on se demande même quel est le but de la publicité. Regardez la numéro 1. C’est complètement inutile. »

Ian Sénéchal faisait référence à une publicité qui encourage les gens à aimer la vie. Je ne vois pas le problème qu’il a avec l’idée d’encourager les gens à aimer la vie, à s’assurer que leur vie est plaisante. Les dépressions, les suicides, les burn-outs, tous ces problèmes viennent d’un manque de joie, de passion, ou d’organisation dans la vie émotionnelle des gens. Je ne dis pas que certains cas ne sont pas des maladies physiques affectant le cerveau contre lesquelles on ne peut faire rien d’autre que de prescrire un médicament, mais je crois qu’une partie importante de ces problèmes peuvent être améliorés par des facteurs environnementaux et par l’encouragement à prendre son bonheur en main.

Les publicités, c’est aussi un moyen de financer la culture

Finalement, soyons francs, personne au Québec ne veut d’un univers télévisuel limité à quelques chaînes contrôlées par un géant. Pour maintenir la diversité actuelle des canaux télévisés, un investissement de l’état est nécessaire. Non, malgré tout ce que la droite nous dira, le marché n’injectera jamais assez d’argent ni en télévision, ni en musique, ni en cinéma pour maintenir la qualité et la diversité actuelle de la culture québécoise. Si vous remettez entre les mains de Honda et des soupes Aylmer la culture québécoise, attendez-vous à une réduction autant de la quantité que de la qualité. Donc le gouvernement doit envoyer de l’argent aux producteurs et distributeurs télévisés. Une des manières avec laquelle il le fait, et c’est loin d’être la plus grosse somme, c’est simplement d’acheter des publicités à un peu tout le monde. Ainsi on fait d’une pierre deux coups: sensibiliser la population à des faits de santé et de société extrêmement importants et en profiter pour financer les chaînes télévisées, généralement au prorata de leur popularité puisque les publicités coûtent un prix qui est généralement proportionnel à l’importance de l’auditoire. Ça me semble un bon investissement, hautement efficace, et ça marche. Puis, après tout, vous êtes toujours dans un pays libre; si vous ne voulez pas suivre les recommandations de l’annonce, rien ne vous y force.

Le genre d’humour au second degré dont le Québec se prive.

Mercredi, 18 novembre, 2009
publié par le TViste 10:20

Le 31 décembre 2008, avec le Bye Bye 2008, Radio-Canada retentait l’expérience de l’humour au second degré qui avait depuis plusieurs dizaines d’années caractérisé les différents Bye Bye. Malheureusement, cette année-là, un groupe d’extrémistes spécialisé dans la culpabilisation de masse avait décidé qu’il était temps de nettoyer le Québec de toute référence aux canadiens, aux immigrants ou à Nathalie Simard, et que l’époque de l’humour plate et insensé devait être ramenée, de force s’il le fallait. En se pliant aux divagations de ces soi-disant défenseurs de la tolérance et en ne produisant pas de Bye Bye 2009, la société québécoise se prive d’un genre d’humour dont elle possède le secret, tel qu’elle l’a montré à plusieurs reprises, entre autres à travers les émissions de RBO.

Pendant que les québécois se demandent si on peut ou non parler des phénomènes de société les plus importants pour le Québec à la télévision, d’autres nations n’hésitent pas à aborder ces sujets par le billet de l’humour au second degré, le même genre d’humour que Jean-François Mercier utilisait lors du Bye Bye 2008. C’est ce que fait chaque soir Stephen Colbert de l’émission The Colbert Report, à Comedy Central. Stephen Colbert est en fait un américain de gauche qui parodie un animateur de téléjournal de droite qui s’opposerait au mariage gai et qui adopterait la plupart des positions du parti républicain. Dans ce vidéo, à 5:00, il prend position contre le mariage gai et se porte à la défense de l’Église qui est bouleversée par la possibilité que des homosexuels puissent se marier. Il accuse les homosexuels de vouloir s’approprier les … :

[...] trucs les plus amusants dans le mariage comme… comme le droit de déterrer la dépouille de son époux. C’est de l’homosexualité après la mort, ce sont des genres de zombies-homosexuels. Ces zombies-homosexuels commencent par le droit au mariage, mais ce qui les intéressent vraiment c’est de contrôler notre cerveau. Et puis comment les gens sont-ils supposés pouvoir reposer en paix si ils savent qu’à quelques tombes d’eux, deux hommes sont morts et gais! Dieu a dit que ceux qui étaient reliés sur terre étaient rassemblés au ciel, si on commence à enterrer les homosexuels ensemble ils seront ensemble au paradis! [...] Si on veut que les homosexuels meurent comme ils ont vécu selon leur état légal actuel, ils doivent mourir comme on leur demande de vivre : dans l’invisibilité.

Toute personne avec un minimum de quotient intellectuel pourra écouter l’extrait et conclure qu’il s’agit d’humour au second degré et que Stephen Colbert n’est pas opposé au mariage gai, mais qu’il veut plutôt ridiculiser ceux qui le sont. Si les gens, même les américains, sont capables de faire la différence lorsqu’il s’agit de Stephen Colbert, pourquoi est-ce que les Québécois ne seraient pas capable de reconnaître le deuxième degré dans l’humour de Jean-François Mercier lorsqu’il a fait son sketch sur le Canada anglais ou sur Barack Obama au Bye Bye 2008 ? Pourtant le montage de la scène et le genre de propos se ressemblent énormément. Pourquoi des gens crient-ils au racisme lorsqu’un sketch ne fait qu’aborder le fait que Barack Obama est noir ou que le Canada anglais est différent ? Deux possibilités: soit qu’ils sont incroyablement stupides, ou ils sont de mauvaise foi et ont d’autres objectifs que la simple censure du Bye Bye 2008, ils visent plutôt l’anéantissement de l’identité québécoise dans notre culture télévisuelle.

le TViste

La télévision québécoise a une historique de controverse avec les handicapés et leur présence dans la culture québécoise. En 1988, Jean-Marc Parent, alors sortant d’une brève formation d’humoriste, se faisait connaître par son spectacle L’handicapé au festival Juste Pour Rire. Le spectacle fut jugé trop choquant par certains à l’époque mais est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands classiques de l’humour québécois et comme un moment important pour la cause de la présence des handicapés dans la culture québécoise.

Depuis que l’humoriste et acteur handicapé Dave Richer passait dans des galas d’humour et qu’il jouait dans plusieurs émissions et films québécois, je croyais que le tabou des handicaps physiques était réglé au Québec. De plus, plusieurs humoristes ont repris l’idée originale de Jean-Marc Parent et jouent des rôles d’handicapés, entre autres Patrick Groulx et Mike Ward. Je ne croyais pas que ça pourrait encore choquer des gens que de voir un handicapé passer à la télévision. J’avais tort.

Dimanche dernier, à l’émission Le Banquier de TVA, une trisomique dénommée Julie avait la chance de participer au jeu. Certains ont réagi. Le Détracteur Constructif, dans un article qui même moi m’a choqué, fait une parodie de pétition pour que Cynoque des Goonies soit le prochain invité du Banquier, qu’il décrit comme « une émission progressiste porte-étandard du combat pour la justice sociale ». La Clique du Plateau disent qu’ils ont aimé l’émission, mais la qualifie de Freak Show. Sylvain Bouchard, du FM93, parle d’un malaise devant un cirque, dans une entrevue avec Julie Snyder. La contestation a atteint une telle ampleur que Richard Martineau s’est permis de faire un article de parodie, en feignant un dégoût pour l’idée de laisser des handicapés passer à la télévision. Mauvais Oeil a écrit un excellent article humoristique en disant que d’inviter une trisomique à l’émission est une insulte à son intelligence puisque les participants habituels sont des déficients profonds!

La réaction m’a surpris. Au fond quand on regarde l’évolution de la télévision québécoise depuis ses débuts, elle est passée de sketchs scénarisés au style de plus en plus « documentaire » ou « réalité ». Il est donc normal que l’on soit passé d’handicapés parodiés et exagérés à l’invitation sur le plateau de vrais handicapés. C’est souhaitable pour eux. Ce n’est pas tous les jours où l’on peut en apprendre sur le quotidien d’une trisomique et ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent gagner des prix comme ça, alors pourquoi ne pas la faire participer au Banquier ? Je peux comprendre la critique. Je peux comprendre ceux qui ont peur que ça tourne éventuellement au cirque. Mais je ne crois pas que l’on puisse prêter de mauvaises intentions aux producteurs.

En tout cas s’il y a une place où on ne se serait pas scandalisé, c’est aux États-Unis, où je me trouve présentement pour une série d’articles sur la télévision américaine. Vous connaissez probablement le Discovery Channel, mais un poste conjoint moins connu au Québec et qui est assez populaire ici est Discovery Health. Sur Discovery Health, on n’hésite pas à montrer la souffrance des gens ayant les pires handicaps. Dans l’émission d’hier, une femme qui n’avait ni jambes ni bras, et qui était obèse en plus. C’était essentiellement une boule de graisse qui ne pouvait faire autre chose que d’être portée par quelqu’un. Les obèses, les handicaps mentaux, les défigurations comme je n’en avais jamais vu; tout ça fait partie de la programmation quotidienne de cette chaîne. Franchement je ne sais pas quoi en penser. D’un côté, oui c’est un freak show. D’un autre, le témoignage de ces gens ne vaut-il pas la peine d’être entendu ? Quelle est la société la plus fermée, celle où l’on cache ces gens ou celle où l’on leur permet de parler de leurs souffrance à la télévision ?

le TViste

Jeff Plante et son appel à la nation

Lundi, 16 novembre, 2009
publié par le TViste 11:50

Après sa recette de « sirloin » de porc aux « blackberries » et au poivre de la semaine dernière, Jeff Plante nous sort un nouveau vidéo, apparemment lui aussi filmé directement de sa webcam ou sa caméra personnelle. Le nouveau Pierre Côté des pauvres aborde cette fois une question beaucoup plus sérieuse que la cuisson du filet de porc, il veut une quatrième voix pour le Québec. Une quatrième voix ? allez-vous me demander, alors même que l’on se demande si une 3e peut survivre ? Oui. Parce que pour certains extrémistes de la droite économique comme Jeff Plante, la 3e voix qu’est l’ADQ n’est pas assez à droite. Suggère-t-il la création d’un nouveau parti politique ? Pas tout de suite. Il parle plutôt d’une discussion nationale sur la droite au Québec. Pas la petite droite. Le genre de meeting de droite dans lequel Mario Dumont serait refusé à l’entrée. Jeff Plante dit qu’il organisera une première rencontre à Montréal avec un certain groupe (il utilise le « nous » et le « on », mais on ne sait pas si le groupe en question est formé d’une seule personne ou d’autres). Il félicite et invite des groupes tels que Martin Masse et les Québécois Libres, les libertariens, l’institut Fraser et la ligue des contribuables. Tous des gens qui rêvent de nous voir payer 4000$ à l’hôpital quand on se casse une jambe. Si son rêve se réalise, ces gens seront tous autour d’une table le 28 novembre à Montréal pour discuter de l’avenir de la droite québécoise. Jeff Plante souhaite ainsi se constituer une « base intellectuelle » pour son mouvement, ce qu’il n’a visiblement pas pour le moment.

Jeff Plante a donc suivi mot pour mot la proposition de Sylvain Bouchard, un animateur de radio de droite de Québec comme il s’en produit en série maintenant à Québec. Effectivement, l’animateur Bouchard lançait dans une entrevue du 3 novembre 2009 l’idée suivante :

[...] moi je pense que la droite va bouger au Québec, va faire de quoi. Moi je prône un espèce de mouvement non-partisan de réflexion sur la droite au Québec. Parce que là anyway c’est pas le temps de rebâtir un autre parti. Oublie ça. [...] Tu pars de quoi là, un mouvement de réflexion citoyen. Faut que ça vienne de la base. Et là tu réfléchis. Tu fais une coupelle de forums, d’échanges, d’évènements, moé c’est ça que j’voudrais faire.

Étrangement, Sylvain Bouchard était déjà celui qui avait sorti des informations privilégiées sur Jeff Plante, par exemple lorsqu’il se lança dans la course à la chefferie de l’ADQ. Eh oui mes chers amis, il semble qu’il s’en passe plus qu’on pourrait le croire dans les coulisses des radios de Québec concernant la droite québécoise lorsque les micros ferment.

Entre autres vomissures supplémentaires, Jeff Plante nous offre une contestation de ce qu’il appelle la sainte-évangile, le dogme des changements climatiques. « Ah non avant c’était réchauffement climatique pis là c’est changements climatiques. » nous dit-il, comme si cet argument avait quelque poids que ce soit. Ça nous montre à quel point nous avons affaire à un dinosaure. Cette droite, ce n’est plus la droite adéquiste, c’est la droite républicaine, celle qui remettra en question même le fait scientifique le plus appuyé dans l’ensemble du domaine des sciences écologiques: le fait que la planète se réchauffe.

Il se plaint aussi de l’intervention de l’état dans nos vies. Entre autres, il conteste le fait que l’état tente de nous convaincre d’aider les vieux à traverser la rue (?????) et de nous convaincre de ne par rouler trop vite en automobile (!).

On assiste donc à une division de la droite au Québec, ce qui ne peut qu’être une bonne nouvelle. Que l’ADQ survive ou non, le mouvement de Jeff Plante contribuera à radicaliser la droite québécoise, ce qui la relèguera probablement bonne dernière aux élections, battue par le Parti Vert et Québec Solidaire. Alors même que Jeff Plante critique le fait que les gens de droite sont isolés au Québec, son initiative et ses idées indigestes pour la majorité des québécois contribueront à l’isoler davantage. Mais je m’arrête là, loin de moi l’idée de le convaincre de s’arrêter; je ne voudrais surtout pas qu’un groupe de droite profite de mes conseils politiques gratuitement. De toute façon, ils n’aiment pas ça la gratuité.

Dans notre superbe démocratie canadienne qui fait rougir tout le monde dans toute le monde, la liberté de religion a priorité sur d’autres libertés – entre autres celle de s’habiller en punk (on banni facilement un adolescent d’une école avec habit obligatoire s’il arrive habillé en punk avec les cheveux roses, mais on tremble devant une jeune fille qui veut porter le voile pour des raisons religieuses). On se retrouve donc dans un pays où la liberté d’expression n’est pas égale pour tout le monde : étant donné que la liberté de religion est montée en mousse par rapport aux autres libertés d’expression, l’athée a moins de droit que la personne religieuse. Les croyances en des idées non-religieuses n’ont pas le même droit à l’exposition publique que les croyances religieuses. Une musulmane peut porter le voile en travaillant chez McDonald’s, mais on ne pourrait pas travailler avec une casquette qui dise : ‘Je crois en la théorie de l’évolution’. Au sens légal pourtant, le port du voile ne peut pas être vu comme une utilisation du droit à la liberté de religion: porter le voile c’est plus que vivre sa religion, c’est la diffuser, la montrer à tous. Le port du voile devrait donc être considéré comme un acte non pas de liberté religieuse mais bien de liberté religieuse combiné à la liberté d’expression, et les limites de cette liberté d’expression devraient être les mêmes que les limites imposées à d’autres formes de liberté d’expression. Entre autres, un employeur devrait pouvoir demander à son employée de retirer le voile lorsqu’elle travaille avec le public, tout comme il a le droit de demander à son employé d’enlever sa casquette sur laquelle il est écrit : ‘Je crois en la théorie de l’évolution’. Et quand je parle d’employeur, j’inclus l’état, j’inclus les écoles, et j’inclus les hôpitaux.

Or le déséquilibre entre les idées religieuses et les idées non-religieuses n’est pas seulement symptomatique dans nos institutions, au travail, et dans le système légal canadien. Il est aussi présent dans nos médias. La dernière instance de cet envahissant phénomène est l’invitation de cette soi-disant réalisatrice québécoise qui a fait un film sur le port du voile alors qu’elle ne savait même pas si elle voulait elle-même continuer à le porter. Le problème n’est pas tant ce film en tant que tel mais la masse considérable de petits films-reportages produits sur la question. C’est comme si toute québécoise qui se convertie à l’Islam à cause d’une histoire d’amour folle avec un musulman méritait un reportage de 30 minutes à RDI. Quand va-t-on faire de tels reportages sur des athées qui vivent très bien comme athées ? Il y a à peu près 10 québécoises par année qui se convertissent à l’Islam et il y a à peu près 10 reportages par année sur ces illuminées instantanées. Il y a des dizaine de millier d’athées au Québec. Quelle est la dernière fois où vous avez vu un reportage sur l’athéisme et sur comment ces gens vivent, ce en quoi ils croient ? Pourquoi met-on à l’avant sur notre scène médiatique des cas de bizarreries dont personne ne souhaite la multiplication plutôt que de présenter la vraie diversité des croyances des gens de partout à travers le Québec ?

Le web, par sa supériorité technique, par sa grandeur et par sa qualité, est amené à remplacer définitivement, à court ou à long terme, le système télévisuel traditionnel. Dans un geste digne d’un dinosaure qui tente de survivre après que le météorite soit tombé, la direction de Radio-Canada a décidé que les utilisateurs web de leur canal d’information allaient être les victimes collatérales d’une opération de négociations avec l’oligopole de câblodistribution québécois. Ils ont retiré l’option, le 29 octobre dernier, qui permettait aux utilisateurs d’écouter RDI en direct sur le web. Seulement certaines émissions sont maintenant disponibles, en différé. Et pourquoi prennent-ils ainsi la population en otage ? Pour se donner un levier de négociation avec les câblodistributeurs. Que veulent-ils négocier avec les câblodistributeurs ? Ils veulent recevoir des redevances prélevées sur votre facture de télévision. Je ne m’y oppose pas en tant que tel: plutôt que de se faire fourrer par la compagnie qui amène le fil chez vous, aussi bien se faire fourrer par la compagnie qui produit le signal qui passe à travers. Mais qu’ils aient fait ce cadeau dégueulasse aux câblodistributeurs sur le bras des internautes, ça me dégoûte au plus au point. Parce qu’entendons-nous, ce n’est rien de plus qu’un cadeau que RDI a fait aux câblodistributeurs. Les câblodistributeurs n’ont jamais aimé que du contenu de qualité se ramasse sur l’Internet gratuitement. Ils ont des packages de postes télévisés à vendre, ils ont LCN à vous vendre, ils ne veulent pas que vous ayez accès à de l’information gratuite de qualité, ils veulent qu’on vous la vende. Radio-Canada, avide de redevances et voulant leur faire plaisir, leur a amené sur un plateau d’argent la clientèle web cherchant de l’information en vidéo. Les dinosaures qui sont au coeur de cette décision et de ces négociations devront réaliser quelque chose: leur système féodal est en décrépitude, et le respirateur artificiel ne le maintiendra qu’un peu plus longtemps, tôt ou tard, ils sont appelés à disparaître.

Artistes québécois et publicité: signer ou ne pas signer

Dimanche, 15 novembre, 2009
publié par le TViste 2:44

Il doit y avoir dans la conscience d’un artiste qui se fait offrir une campagne de publicité une tonne de pensées conflictuelles. Une multinationale qui vous appelle en disant qu’elle est prête à payer cher pour embellir son image au Québec, c’est le capitalisme en pratique, là, devant vous. Et les artistes sont souvent le dernier rempart contre ce capitalisme. Par leurs textes, leur humour, leur contestation, ou l’information qu’ils produisent, les artistes, humoristes et acteurs se font souvent les porte-paroles d’idées opposés au capitalisme ou à son expression la plus sauvage. Un conflit de valeur qui fait monter la facture pour des compagnies qui, de toutes façons, peuvent se le permettre. À un certain moment entre le téléphone initial et celui où il accepte le contrat, l’artiste se questionne probablement sur les impacts potentiels de la publicité sur son image. Or, pour la plupart des artistes, il n’y a pas d’impact. C’est certain que lorsque des gens comme Pierre Falardeau meurent, on admire l’homme et l’intransigeance de l’homme. On admire le fait qu’il n’ait jamais plié. Mais je ne crois pas que quiconque en voudra à un Martin Matte ou à un Louis-José Houde parce qu’ils ont représenté des grandes marques étrangères. C’est probablement la conclusion à laquelle ils en viennent avant d’accepter le contrat; pour les plus militants, ils doivent finir par se convaincre que l’argent ainsi amassée leur offrira au moins une sécurité financière et par conséquent une plus grande liberté artistique.

Le principe même de représentation ne fait aucun sens économique. Le cachet du représentant, pouvant aller jusqu’à 300,000 $ par année selon David Patry, est absorbé par le consommateur que l’on tente de convaincre. Ainsi pendant des années, chaque facture de vis achetée au Réno-Dépôt contient une part cachée destinée à payer le salaire de Normand Brathwaite. Cette absurdité pourrait en agacer certains, mais ce n’est généralement pas le cas.

Dans cet article, je vous offre une rétrospective de 2 cas d’artistes québécois qui ont probablement dû réfléchir avant d’accepter un contrat de publicité et qui ont ensuite fait part d’une partie de leurs réflexions lors d’entrevues télévisées.

Marc Labrèche

Pour Marc Labrèche, il s’agit d’une résignation : s’il a de l’argent, il se permet de refuser, mais s’il a besoin d’argent, il acceptera. Il l’explique dans ce vidéo à 1:21, suivi de quelques publicités auxquelles il a participé :

(Très intéressante la 3e publicité, Axe n’a rien inventé!)

Plus récemment, Marc Labrèche a prêté sa voix à Ikea :

Il doit tout de même y avoir eu un questionnement dans la tête de l’ancien animateur du Fric Show au moment de la décision de prêter ou non sa voix à une multinationale spécialisée dans la standardisation au niveau mondial, le McDonald’s du meuble a-t-on déjà dit.

Louis-José Houde

Louis-José Houde nous résume sa position sur la représentation publicitaire dans l’émission du 15 octobre 2006 de Tout le monde en parle. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de version vidéo de l’entrevue sur Internet, mais voici une partie de la retranscription que j’ai obtenue :

Pourquoi j’ai arrêté de faire de la pub ? Parce que je me suis rendu compte, premièrement faut faire… C’est comme… C’est tof comme décision parce que faire d’la pub j’ai trouvé ça vraiment l’fun au niveau créatif. D’abord l’agence avec qui je travaillais et les gens de Loblaws étaient vraiment vraiment vraiment corrects, pis y m’ont laissé encore là improviser vraiment beaucoup. À la fin j’écrivais quasiment…, ils me laissaient réécrire avec eux beaucoup beaucoup les spots, pis, eeee, tourner ça c’tait trippant, on improvisait beaucoup pis bang bang bang ça s’ramassait en onde. C’est ça le problème un m’ment donné, ça s’ramasse en onde. C’est que un m’ment donné, je me suis rendu compte au bout d’un certain temps que j’étais pas à l’aise, du tout, de représenter une marque. Pis ça a rien à voir avec Loblaws, moi l’épicerie je trouvais ça cool parce que c’t'une place où tu vas déjà dans ta vie là, c’est pas créer un faux besoin. Pis moi les grandes surfaces là bon, j’sais pas là ça me dérangeait pas. Pis je me suis rendu compte que un m’ment donné au bout d’un an ou 2 que quand quelqu’un m’arrêtait dans la rue pour me dire ‘hey j’ai vu ton show’ ou ‘j’ai vu ton émission’ j’tais comme super heureux, pis quand c’tais ‘Hey Loblaws!’, oh, pas l’fun. Moi ça fait 10 ans, depuis que j’ai 18 ans que je donne ma vie à l’étude de l’humour tsé pis à essayer de devenir le meilleur que j’peux pis de m’enregistrer pis de m’écouter pis d’réécrire pis d’écrire pis de travailler pis de faire un paquet de show pour amener cet art là le plus loin que moi j’peux pis là un m’ment donné tu sors un show qui s’met à marcher un petit peu pis au bout de 2 ans, bin là la moitié de la population t’es Monsieur Loblaws. De la marde. Moi ça m’intéresse pas. Pis eh c’est ça, fak j’ai arrêté de faire ça.

Il y a deux éléments intéressants dans la réponse de Louis-José Houde. D’abord il nous dit qu’il considère important que la publicité à laquelle il participait ne crée pas un faux besoin. Il aurait donc probablement refusé pour une publicité d’articles de luxe ou d’articles électroniques non-nécessaires. Puis il nous dit qu’il n’aimait pas que son travail d’humoriste soit obscurci par son rôle de représentant de Loblaws.

Conclusion

Chaque artiste a probablement ses propres raisons pour hésiter à accepter un contrat de publicité. Les rares cas d’artistes qui ont parlé de leurs réflexions sur la question lors d’entrevues télévisées nous offrent une idée du genre d’interrogations qui peuvent passer par leur esprit lorsqu’ils reçoivent l’offre.